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Drapeaux impériaux pour la bataille de Lützen

Drapeaux impériaux pour la bataille de Lützen

Voici quelques drapeaux d’unités ayant probablement participé à la bataille de Lützen.

Drapeau supposé du régiment Breuner

Drapeaux de plusieurs compagnies d’un (ou plusieurs) régiment(s) non connu vraisemblablement présent(s) à Lützen (source : Armémuseum de Stockholm, le premier en haut à gauche mesure 280×305 cm, le second 370×330 cm).

Drapeau d’un régiment non connu probablement présent à Lützen (source : Armémuseum de Stockholm, taille réelle : 185×200 cm). Au vu des couleurs, probablement des régiments de la ligue catholique (Comargo ou Reinach ?).

 

 

Ci-dessus : drapeaux de la Ligue et de l’Empire, régiments peut-être présents à Lützen.

 

Et pour finir, quelques aigles impériaux pour des drapeaux génériques…

 

 

Stéphane Thion

La bataille de Lützen (16 novembre 1632)

La bataille de Lützen (16 novembre 1632)

Avertissement : tous les schémas qui accompagnent la description de la bataille sont extraits de la superbe thèse d’André Schürger (2015), The archaeology of the Battle of Lützen: an examination of 17th century military material culture.

Après sa victoire de Breitenfeld sur Tilly (17 septembre 1631), Gustave Adolphe confie à l’Electeur de Saxe le soin de porter la guerre en Bohême alors que lui-même lance une offensive sur la Thuringe. Pendant ce temps, l’empereur Ferdinand propose à Wallenstein de reprendre le commandement de l’armée impériale., ce que ce dernier finit par accepter. De son côté, Tilly essaie de ralentir l’avance suédoise avant de se retirer en Haute-Franconie. En mars 1632, Gustave dirige son offensive sur la Bavière et se présente devant la rivière Lech défendue par Tilly. Celui-ci est alors gravement blessé lors d’une reconnaissance. Tous les espoirs de l’Empereur et du duc Maximilien de Bavière reposent maintenant sur Wallenstein. Mais le nouveau généralissime se préoccupe peu de la Bavière. Le 17mai, Gustave Adolphe fait son entrée à Munich. Le 11 juin, à la demande du duc de Bavière, Wallenstein finit par réagir. Le 11 juillet, alors que Gustave Adolphe cantonne non loin de Nuremberg, Wallentein se présente devant cette ville. Il établit son camp à Alta Feste, une forteresse proche de là. Durant deux mois, les Suédois vont s’employer à prendre cette forte position défensive. Sans succès. De son côté Holk, à la tête d’une seconde armée impériale, est parvenu à repousser les Saxons de Bohême. Il occupe maintenant Leipzig. Alerté, Gustave Adolphe se retire et se dirige vers la Saxe. Wallenstein le suit et rejoint Holk à Leipzig. C’est donc à Lützen que va se jouer l’avenir de la Saxe.

Ci-dessus : la bataille de Lützen selon P. Snayers. Ce tableau représente relativement fidèlement le champ de bataille vu de l’arrière des lignes impériales.

Le 15 novembre, alors que Wallenstein n’a pas encore connaissance de la position des ennemis, l’avant-garde impériale est accrochée par les Suédois, quelques kilomètres au sud de Lützen. Wallenstein envoie immédiatement un courrier à Pappenheim qui se trouve à une quarantaine de kilomètres de Lûtzen pour venir le renforcer. Celui-ci ayant reçu la lettre se met en marche vers minuit. Pendant ce temps, Wallenstein déploie son armée sur une ligne allant de Lützen à Leipzig, son flanc droit appuyé sur une petite colline et les moulins de Lützen. Au point du jour, Gustave Adolphe se change, refuse de prendre son casque et sa cuirasse, son épaule étant douloureuse du fait d’une blessure de mousquet, et monte sur Streiff, son cheval gris-pommelé. Il débouche sur le champ de bataille vers 9 heures du matin. La brume et le terrain parcouru de fossés ralentissant le déploiement de son armée, l’attaque ne commencera qu’à 11 heures.  L’aile gauche de cavalerie est menée par Bernard de Saxe-Weimar, l’aile droite par Stalhansk, le centre par Brahe.

Ci-dessus : déploiements impérial et suédois (Schürger, 2015)

La principale attaque est menée par Gustave Adolphe : 3 000 cavaliers suédois progressent difficilement vers les lignes ennemies, à travers les fossés. Heureusement les détachements de mousquetaires en soutien, par la supériorité de leur feu, sauvent l’offensive qui s’annonçait désastreuse. Heureusement, le soutien d’infanterie a suivi. La brigade bleue, soutenue par la brigade jaune bouscule l’aile gauche impériale et prend la batterie d’artillerie. Le reste de la cavalerie perd beaucoup de temps à traverser les fossés.

Ci-dessus : la situation entre 10h30 et 11h (Schürger, 2015).

La situation entre 10h45 et 11h15 (Schürger, 2015).

Pendant ce temps, la brigade verte s’avance vers la batterie de l’aile droite impériale devant les moulins et l’aile gauche de cavalerie weimarienne se heurte aux mousquetaires ennemis bien retranchés. C’est un échec. Mais Bernard de Saxe-Weimar, obsédé par la prise de Lützen, s’acharne et revient à la charge, sans autre résultat que de mettre le feu au village.

Ci-dessus : situation entre 11h et 12h (Schürger, 2015).

Il est midi. Sur l’aile droite, alors que la cavalerie suédoise se reforme, Brahe lance ses brigades sur l’infanterie impériale. Alors que les cavaliers suédois s’avancent, les cuirassiers de Gotz décident de se retirer, ébranlant ainsi les trois régiments d’infanterie à sa droite. Alors que le brouillard se lève, Wallenstein réalise que c’est sur son aile gauche qu’est dirigée la principale attaque : il la fait renforcer par les cuirassiers de Desfours et par une partie de sa réserve de cavalerie. Puis il lance sa seconde ligne d’infanterie contre Brahe.

Ci-dessus : situation entre 11h30 et 12h30 (Schürger, 2015).

C’est alors que l’énergique Pappenheim débouche sur le champ de bataille avec sa cavalerie accourue à marche forcée. Son infanterie n’arrivera qu’en fin de journée. Il prend immédiatement les choses en main sur l’aile gauche impériale et, vers 13 heures, lance une contre-attaque ayant pour but d’envelopper l’aile droite suédoise. Alors que les Croates débordent les cavaliers ennemis et foncent sur les bagages, les cuirassiers de Piccolomini enfoncent les régiments d’Östgota et de Smaland. Mais les mousquetaires commandés suédois accueillent les cuirassiers impériaux par un feu nourri de mousqueterie et d’artillerie légère. Pappenheim, touché par deux coups de mousquets et un boulet de 3 livres, s’effondre. Il est évacué du champ de bataille. Alors que Stalhansk réorganise son aile, les cuirassiers impériaux, découragés par la perte de leur général, stoppent leur offensive.

Ci-dessus : situation entre 12h et 13h (Schürger, 2015).

Dans le même temps, au centre, l’infanterie impériale renforcée par sa seconde ligne a contre-attaqué.  La brigade bleue et la brigade jaune sont attaquées à la fois de face par l’infanterie et de flanc par les escadrons de cuirassiers impériaux (régiment Bredau). Piccolomini, à la tête de ses cuirassiers, Brahe, à la tête de ses brigades sont blessés. Les brigades bleue et jaune sont pratiquement anéanties. L’infanterie suédoise se retire en ordre. C’est alors que Gustave, apercevant l’infanterie de Brahe en difficulté, charge la tête des régiments de Smaland et Östgota après les avoir réorganisés. Un peu après 13 heures, une balle de mousquet va mettre un terme à son épopée. Son corps ne sera retrouvé que 2 heures plus tard. Alors que la contre-attaque impériale s’essouffle et que les cuirassiers impériaux, suivant les ordres, se désengagent, les suédois se réorganisent. Bulach (seconde ligne de cavalerie) est parvenu à repousser les croates et à rallier ses escadrons de cavalerie. Au centre droit, les brigades suédoises orphelines de leur commandant parviennent néanmoins à se reformer.

Ci-dessus : la destruction de la brigade jaune suédoise par la charge de flanc des cuirassiers de Bredau (entre 11h et 13h) avec, en surimpression, toutes les balles de mousquets, carabines et pistolets retrouvées sur le champ de bataille (Schürger, 2015).

Ci-dessus : situation entre 12h30 et 14h (Schürger, 2015).

Bernard de Saxe-Weimar qui commande l’aile gauche suédoise, monte alors une attaque coordonnée avec le centre gauche. Il ordonne aux brigades de seconde ligne de renforcer la première ligne, Mitzlaff à gauche de sa brigade verte et Thurn à droite de cette brigade. L’artillerie lourde parvient à se déployer à droite de la brigade Thurn et est prolongée sur sa droite par la vieille brigade bleue (Alt-Blau). Bernard lance son attaque, probablement vers 13h30. L’aile droite impériale, venant de perdre plusieurs régiments de cuirassiers envoyés renforcés l’aile gauche, vacille. L’infanterie de Bernard parvient à prendre pied sur la colline, à emporter les canons placés à l’aile droite et à refouler la première ligne d’infanterie impériale. Mais une contre-attaque menée par Holk parvient à regagner le centre et à refaire sa ligne de front. Les moulins sont repris et les suédois se replient.

Sur l’autre aile, alors que la cavalerie suédoise, victorieuse, enveloppe ses adversaires, une nouvelle, terrible, se répand. Le roi est mort. L’impact moral de ce drame est terrible. L’élan des troupes protestante est stoppé. Au même moment, Piccolomini annonce la nouvelle aux troupes impériales.

Ci-dessus : la situation entre 14h et 15h (Schürger, 2015).

Bernard de Saxe-Weimar prend alors le commandement de l’armée protestante. Il est autour de 14h30. Toute la ligne suédoise est maintenant épuisée ou démoralisée. A l’exception de la réserve de Knyphausen, pratiquement intact. L’état de l’armée impériale n’est guère meilleur. Les deux adversaires font une pause et se réorganisent. Vers 15 heures, Knyphausen et Bernard débattent de la situation. Le premier suggère une retraite en bon ordre mais le second n’est pas d’accord. Il est persuadé que l’état de l’armée suédoise est bien meilleur que celui de l’adversaire. Il est persuadé qu’un nouvel assaut dirigé sur son aile peut gagner la journée. Le plan de Bernard est d’envelopper Lützen et l’aile droite impériale avec sa cavalerie alors que les brigades verte, Mitzlaff et Knyphausen prendront les moulins d’assaut.

Ci-dessus : la situation entre 15h et 16h (Schürger, 2015).

L’aile gauche suédoise s’ébranle vers 15h30 couverte par un feu intense d’artillerie. C’est une surprise pour les impériaux qui pensaient la bataille gagnée. Les brigades suédoises prennent pied sur la colline sans réelle opposition. Perdant leurs nerfs, les régiments impériaux d’arquebusiers à cheval quittent le champ de bataille. Les suédois tombent alors sur les régiments de cuirassiers restant. Alors que différents régiments se dissolvent, Piccolomini parvient à rétablir la situation. Une contre-attaque impériale est lancée mais Bernard parvient à la repousser et à garder la position.

Ci-dessus : la situation entre 16h et 17h (Schürger, 2015).

Il est maintenant entre 17 et 18 heures. La nuit tombe. L’infanterie de Pappenheim (2 900 hommes commandés par Reinach) apparaît sur le champ de bataille. Mais Wallenstein n’y croit plus. Il ordonne une retraite en bon ordre, couverte par l’infanterie de Reinach. Les Suédois restent maître du champ de bataille mais il s’agit d’une victoire coûteuse. Ils perdent 6 000 hommes, morts, blessés ou disparus soit probablement un peu plus que les impériaux. Et surtout, ils perdent leur leader emblématique.

 

Ordres de bataille

Remarque : pour des ordres de bataille plus détaillés, voir mes précédents articles sur les armées impériale et suédoise à Lützen (en saisissant “1632” ou “Lützen” dans le moteur de recherche du site).

L’armée suédoise (Gustave Adolphe) : 20 900 hommes (13 032 fantassins en 8 brigades et détachements de mousquetaires, 6 240 cavaliers en 25 escadrons, 60 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons de 3 livres avec mousquetaires commandés) :

Première ligne (Bernard, 1550 chevaux, de gauche à droite) : 6 escadrons de cavalerie weimarienne et allemande des régiments Bernard de Saxe-Weimar (2 escadrons), Carberg, Domhoff/Courlande, Tiesenhausen-Livoniens et Courville, 5 détachements de 200 mousquetaires avec 2 pièces de 3 livres par détachement.

Deuxième ligne (Anhalt, 1430 chevaux, de gauche à droite) : 6 escadrons de cavalerie saxonne des régiments Hoffkirch, Anhalt, Lowenstein, Brandenstein, Steinbach et Stechnitz.

Centre (11 030 fantassins en 8 brigades de 1 350 hommes, 300 chevaux et 18 canons moyens et lourds, 24 canons légers de 3 livres) :

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade bleue suédoise, brigade jaune, brigade “ancien-bleu”, brigade verte, une compagnie de mousquetaires (écossais d’Henderson) en réserve, 4 batteries de 5 canons.

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Brigade duc Wilhelm, brigade blanche Knyphausen, brigade Thurn et brigade Mitzlaff et escadron de cavalerie Ohm en réserve en réserve.

Aile droite (2960 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons de 3 livres avec mousquetaires commandés) :

Première ligne (Stalhansk, 1860 chevaux, de droite à gauche) :  6 escadrons de cavalerie suédoise des régiments Stalhansk (finnois), Stoop (Västgota), Sack (Sodermanland), Silversparre (Uppland), Sperreuter (Östgota), Stenbock (Smäland), 5 détachements de 200 mousquetaires avec 2 pièces de 3 livres par détachement.

Seconde ligne (Bulach, 1100 chevaux, de droite à gauche) :  6 escadrons de cavalerie weimarienne et hessoise des régiments Wilhelm Leib, Goldstein, Bulach, Beckermann, Rostein/Dalwigt-hessois et G. Uslar-hessois.

 

Pour LM Tercios, les brigades d’infanterie suédoise sont à 1 580 hommes et les escadrons de cavalerie à un peu moins de 250 chevaux. Les 8 brigades suédoises sont représentées chacune par un modern squadron reinforced, avec une stamina de 5 (et non 3 comme dans le livre de règles). Les brigades bleu suédoise et jaune étant veteran. Les 4 brigades de première ligne ont en plus la règle regimental gun. Les détachements de mousquetaires sont représentés par 4 compagnies (2 sur chaque aile) shot company musketeers brigade rule avec regimental gun. Les 25 escadrons de cavalerie (250 chevaux par escadron) sont cuirassiers modern cavalry, l’escadron de finnois (Stalhansk) étant en plus fearless. L’artillerie est représentée par 1 canon lourd et 2 canons moyens (les pièces légères étant intégrées dans les brigades d’infanterie).

 

L’armée impériale (Wallenstein) : 12 000 hommes (8 200 fantassins en 8 bataillons, 5 250 chevaux en 17 escadrons, 34 canons)

L’infanterie est déployée en 7 brigades de théoriquement 1000 h, 900 hommes une fois les mousquetaires détachés, dont 5 en première ligne et 2 en seconde lignes.

Devant l’armée : 24 canons moyens et lourds (9 canons de 24 livres, 2 de 16 livres, 6 de 12 livres, un de 10 livres, 6 de 6 livres) plus théoriquement 1 à 2 pièce légère par régiment d’infanterie).

Aile gauche (Holk, 2 350 cavaliers dont 900 croates, compagnie de mousquetaires et 7 canons) :

4 escadrons de cavalerie en échelons, plus 3 escadrons de croates, du centre vers l’extérieur, flanquant les 3 lignes du centre : cuirassiers de Gotz, arquebusiers à cheval de Piccolomini, arquebusiers à cheval de Leutersheim, cuirassiers de Lohe et arquebusiers de Loyers en un escadron, 4 croates d’Isolano, et un petit détachement de mousquetaires (150 hommes).

Centre (Wallenstein, 7 500 fantassins en 7 brigades/bataillons, 1 050 cavaliers et 20 canons, plus réserve) :

10 canons.

1ère ligne d’infanterie (de gauche à droite) : 5 bataillons des régiments Comargo, Breuner, Breuner & Grana, Colloredo & Chiesa, Waldstein & Alt-Saxen.

2nd ligne (de gauche à droite, 2 bataillons d’infanterie et 3 escadrons de cavalerie) :   un escadron de cuirassiers de Tontinelli/Lindelo, un bataillon d’infanterie du régiment Baden, un escadron de arquebusiers à cheval de Westfalen, un bataillon d’infanterie du régiment Jung-Breuner, un escadron des cuirassiers de Breda.

3ème ligne : un escadron d’arquebusiers à cheval de Goschütz et un escadron d’arquebusiers à cheval de Westrumb encadrant un petit bataillon d’infanterie (compagnies de mousquetaires).

Aile droite (Colloredo, 1 850 cavaliers, compagnie de mousquetaires/dragons et 7 canons) :

14 canons devant le moulin.

4 escadrons de cavalerie, 1 escadron de croates et un détachement de mousquetaires/dragons (550 hommes), en échelons, avec du centre vers la droite : un escadron des cuirassiers de Holk, un escadron des cuirassiers de Trcka & Desfours, un escadron des arquebusiers à cheval de Hagen et un escadron des arquebusiers à cheval de Drost, détachement de mousquetaires et dragons (dragons de Trcka) dans Lützen.

Corps de Pappenheim :

La cavalerie de Pappenheim arrive sur le champ de bataille (par le côté de table du joueur impérial) vers midi (quelques régiments de cavalerie sont déjà arrivés et en ligne). L’infanterie de Pappenheim n’arrivant sur le champ de bataille qu’à la nuit tombée, elle n’est pas intégrée dans ce scénario*.

Cavalerie : 6 escadrons de cavalerie se décomposant en 1 escadron de cuirassiers (régiment Sparr, 300 chevaux), 2 escadrons d’arquebusiers à cheval (régiments Bönninghausen et Lamboy, 750 chevaux), 1 escadron de dragons (régiments Merode et Pappenheim, 220 à 300 hommes) et 2 escadrons de croates (régiments Batthyanyi, Forgacs, Orossy et polonais, 1 000 hommes).

*Pour information, l’infanterie de Pappenheim comprend les régiments d’infanterie Gil de Haes, Goltz, Moriamez, Pallant, Reinach et Würzburg pour un total d’un peu plus de 2900 hommes (probablement 3 bataillons de 950 à 1 000 hommes).

 

Pour LM Tercios : les bataillons d’infanterie impériaux sont à 1000 hommes,  sauf celui de troisième ligne qui est à 500 hommes, auxquels s’ajoutent et 17 escadrons de cavalerie à 310 chevaux chacun. Les 7 bataillons d’infanterie des deux premières lignes sont classic squadron modernised musket only. Le bataillon de dernière ligne, constitué de compagnies de mousquetaires, est shot company musketeers. De plus, deux des bataillons de première ligne ont un regimental gun.  Les 2 autres compagnies de mousquetaires (une sur chaque aile sont shot company musketeers). La compagnie de l’aile droite inclue les quelques dragons de Trcka (100h). Les 6 escadrons de cuirassiers sont cuirassiers large formation, les 7 escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers large formation avec pistol, les 4 escadrons de croates sont light horse. L’artillerie se décompose en 2 canons lourds et 2 canon moyens.

Le champ de bataille : vous pouvez vous inspirer de la gravure du Theatri europaei ci-dessous. Le déploiement impérial y est faux mais les éléments de terrain sont bons.

Les impériaux sont protégés par un fossé : ce fossé est  very difficult. De plus, les deux compagnies de mousquetaires (et uniquement elles) placées sur les ailes et derrière ce fossé sont considérées protected. La compagnie de mousquetaires placée à l’aile droite (dans Lützen et la maison du meunier au pied des 3 moulins) est en plus covered. Les bataillons d’infanterie et les escadrons de cavalerie, placés derrière, sont plus éloignés du fossé et ne profitent donc pas de ces couvertures.

Ci-dessous : quelques représentations de ce fossé.

Ci-dessus et ci-dessous : d’après Schürger (2015).

 

La bataille commence à 11 heures et se termine vers 17-18 heures à la nuit tombée. A Lützen, le soleil se couche vers 16h20 le 16 novembre. La partie se joue donc en 7 tours. La cavalerie de Pappenheim arrive à midi sur le champ de bataille, c’est à dire au tour 2. Les 3 bataillons d’infanterie du corps de Pappenheim arrivent au 6e tour sur un 4+ sur un dé 6 ou automatiquement au 7e tour de jeu. La visibilité se réduit à partir du tour 5 : elle est de 8 pouces au tour 5, de 4  pouces au tour 6 et 2 pouces au tour 7. Il n’est pas possible de tirer et charger au-delà de ces distances.

Stéphane Thion

Sources :

W.P. Guthrie (1953), Battles of the Thirty Years War (Greenwood Press)

R. Brzezinski (2001), Lützen 1632 (Osprey Military)

A. Schürger (2015), The archaeology of the Battle of Lützen: an examination of 17th century military material culture. PhD thesis.

La bataille d’Oldendorf (8 juillet 1633)

La bataille d’Oldendorf (8 juillet 1633)

Si, la mort de Gustave Adolphe à Lützen (1632) a affaibli le parti protestant, la Suède continue à soutenir leur cause. En Westphalie, c’est le duc Georges de Brunswick-Luneburg qui commande la principale armée suédoise. Le duc a persuadé Oxenstierna de renforcer son corps par les restes des unités présentes à Lützen, ce qui lui permet d’aligner 20 000 hommes. En 1632, Pappenheim  exploite brillamment la situation par une très belle campagne. Mais il est rappelé au sud. Il laisse Bonninghausen en Westphalie, chargé de réunir les forces impériales et de tenir les Suédois en échec. Le 7 juillet 1633, l’agressif duc George apprend qu’une armée catholique approche le long de la rive nord du Weser. Il décide alors de la stopper à Oldendorf.

L’armée suédoise, bien positionnée sur les hauteurs d’Oldendorf, sa gauche appuyée sur le village, aperçoit l’avant-garde impériale pointer le 8 juillet à 6 heures du matin. Du côté catholique, Gronsfeld et Geleen, trouvant les positions suédoises trop fortes, suggèrent que leur corps fixe l’attention des ennemis pendant que Bonninghausen les contourne par leur droite. Mais Merode n’est pas d’accord et Bonninghausen va prendre son parti. L’armée catholique se déploie donc sur les hauteurs face aux protestants.

Le combat commença à 9h30 par une attaque prudente (Geleen ne croyait pas au succès du plan de Merode) de la gauche impériale. Gellen envoie en effet ses mousquetaires, qu’il espère dissimulés, pour déborder l’aile droite suédoise pendant que sa cavalerie avance vers eux. Mais les détachements de mousquetaires et les dragons (démontés) de Kagge mettent en déroute les mousquetaires impériaux qui déroutent. Le reste des mousquetaires et dragons suédois avancent ensuite sur le reste des mousquetaires impériaux et les engage. Pendant ce temps, l’artillerie des deux camps à ouvert le feu sans que les centres d’infanterie ne s’ébranlent. Stalhansk, voulant profiter de l’avantage gagné sur son aile, lance ses escadrons sur ceux de Geleen mais ceux-ci résistent. La gauche impériale s’écroule, la première ligne déroutant sur la seconde. Le duc George ordonne alors une avance générale. Alors que Knyphausen et le reste de l’infanterie avance, l’aile gauche suédoise (plus de 4000 chevaux)  fond su la faible aile droite impériale (1300 chevaux). L’aile droite impériale s’écroule. Knyphausen ayant débordé l’aile droite, le centre impérial subit maintenant tout le feu de la ligne suédoise. Au début, Merode résiste bien. Mais il est tué en reformant ses défenses sur la seconde ligne. L’aile gauche impériale s’écroule à son tour. Alors que toute l’armée catholique est en fuite, les régiments d’infanterie Westerhold et Flamorsin sont mis en pièce. Bonninghausen laissera 3000 tués sur le champ de bataille et 1000 prisonniers.

 

L’armée catholique et impériale (Bonninghausen) : 14 350 hommes sont 9725 fantassins en 10 bataillons, 3805 cavaliers en 18 escadrons, 1000 dragons et 12 canons

Aile gauche (Geleen) : 2035 cavaliers et 1300 fantassins

Première ligne (de gauche à droite) : 4 escadrons de cavalerie des régiments Wartenburg (demi-cuirassiers), Pallant (arquebusiers à cheval) et Westfalen (cuirassiers, 2 escadrons) et 4 détachements de mousquetaires du régiment d’infanterie Geleen intercalés entre eux.

Entre les deux lignes : 1 escadron du régiment de demi-cuirassiers Horst

Seconde ligne (de gauche à droite) : 1 escadron de dragons (dragons de Merode) puis, 3 escadrons de cavalerie des régiments Quadt (demi-cuirassiers), Rittberg (arquebusiers-montés) et Mansfeld (cuirassiers) et 2 détachements de mousquetaires du régiment Geleen intercalés entre eux.

Centre (Bonninghausen) : 5225 fantassins, 100 cavaliers et 12 canons

12 canons sur le front

Première ligne (de gauche à droite) : 2 bataillons d’infanterie des régiments Barry et Merode avec un petit escadron des gardes de Bonninghausen (cuirassiers, 100 chevaux) placé entre-eux.

Seconde ligne (de gauche à droite) : 3 bataillons d’infanterie des régiments Westerholt, Westfalen et Waldeck.

Troisième ligne (de gauche à droite) : 3 bataillons d’infanterie des régiments Geleen, Reinach et Flamorsin.

Aile droite  (Gronsfeld) : 1320 cavalier et 1600 fantassins

Première ligne (de gauche à droite) : 5 escadrons de cavalerie des régiments Gronsfeld (arquebusiers à cheval, 2 escadrons), et Ohr (demi-cuirassiers, 3 escadrons) avec 4 détachements de mousquetaires du régiment Gronsfeld intercalés entre eux.

Seconde ligne (de gauche à droite) : 3 escadrons de cavalerie des régiments Mansfeld (demi-cuirassiers, 2 escadrons), et Asti (demi-cuirassiers), 2 détachements de mousquetaires du régiment  Gronsfeld intercalés entre eux, 1 escadron de dragons (dragons de Merode).

Pour LM tercios, les bataillons d’infanterie impériaux sont classic squadron modernised musket only. Pour simuler la différence de taille entre bataillons impériaux et suédois, les impériaux sont large formation. Les 12 détachements de mousquetaires sont simulés par 6 shot company musketeers, commanded shot (pour chaque aile de cavalerie, 2 en première ligne et 1 en seconde ligne). Les dragons de Merode sont dragoons (ils combattront montés durant la bataille pour compenser l’infériorité numérique de la cavalerie impériale). Les régiments de cuirassiers sont cuirassiers, les régiments de demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers. Les 12 canons sont simulés par 2 canons moyens.

 

L’armée suédoise (duc Georges) : 14 300 hommes sont 6800 fantassins en 4 brigades (12 bataillons), 7500 cavaliers en 19 escadrons et 37 canons

Aile gauche (Melander et Knyphausen) : 4 122 cavaliers

Première ligne (de gauche à droite) : 8 escadrons de cavalerie des dragons de Königsmark. et régiments de Mercier (gardes du corps hessois), Melander, Bruneck, Carberg, Saint-Andreas, Lewe (courlandais) et Stalhansk (finnois).

Seconde ligne (de gauche à droite) : 3 escadrons de cavalerie des régiments hessois de Seekirch, Dalwigk et Rostein

Centre (duc Georges) : 4 500 fantassins et 17 canons moyens et 15 canons légers

Première ligne (Kagge) : artillerie (37 pièces) et 3 brigades d’infanterie; (de gauche à droite), brigade hessoise (régiments Hesse-Cassel, Eberstein, Uslar et Geiso en 3 bataillons), brigade Knyphausen (régiments Knyphausen, Kriegbaum et Heyden en 3 bataillons)  et brigade Kagge (régiments Jaune, Bleu et Adams en 3 bataillons).

Seconde ligne (duc Georges) :  (de gauche à droite)  1 escadron du régiment de cavalerie Merode, brigade de Luneburg (3 bataillons d’infanterie des régiments duc George, et Saxe-Lauenburg), 1 escadron de cavalerie hessoise (gardes du crorps de George).

Aile droite (Stalhansk) : 1 976 cavaliers, 787 mousquetaires et 5 canons

Première ligne (de gauche à droite) : 6 escadrons de cavalerie des régiments Smaland, Uppland et Est-Gothland en 1 escadron, Sodermanland, Ouest-Gothland, Stalhansk (finnois) et dragons de Kagge, plus 4 détachements de 200 mousquetaires du régiment de Schönbeck (régiment jaune suédois) placés entre les escadrons de cavalerie avec chacun un canon léger.

Pour LM Tercios, les brigades d’infanterie sont constituées chacune de trois modern squadrons, brigade, regimental gun. De plus, la brigade Kagge est veteran. Les mousquetaires détachés  de l’aile droite sont simulés par 1 shot company musketeers, commanded shot, regimental gun. Les dragons sont dragoons. Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers modern cavalry. Les finnois sont fearless. De plus, pour simuler la différence de taille entre les escadrons impériaux et suédois (ceux-ci sont deux fois plus gros), tous les escadrons de cavalerie suédois sont large formation. Les gardes du corps du duc george sont elite. L’artillerie est représentée par 2 canons moyens et 3 canons légers intégrés (regimental gun) dans le bataillons de pointe de chacune des 3 brigades de première ligne.

Les deux armées occupent chacune une colline, ces deux collines se faisant face.

 

Stéphane Thion, d’après W.P. Guthrie (1953)

La bataille de Kempen (17 janvier 1642)

La bataille de Kempen (17 janvier 1642)

Après la victoire de Wolfenbüttel en 1641 (voir le scénario sur le sujet), Guébriant, à la tête de l’armée d’Allemagne soldée par la France, se sépare des Suédois et repart vers la Westphalie, plus à l’Ouest. Il fait sa jonction avec les Hessois du général Eberstein qui avait fait appel à lui puis passe le Rhin à Wesel. Il est alors à la tête de 4000 fantassins, 4700 cavaliers et 21 pièces d’artillerie. L’électeur de Cologne, pour se défendre de ces “hôtes” encombrants, rassemble des troupes  sous Lamboy et fait appel au général Hatzfeld.

Le 15 janvier à 8 heures du matin, Guébriant marche avec toute sa cavalerie et deux brigades françaises sur le Landwert de Lin (probablement Lintfort aujourd’hui) où il apprend que Mercy a fait sa jonction avec Lamboy. Le 17 janvier à 8 heures du matin, Guébriant se déploit à Lin mais Lamboy est à Kempen. Guébriant part alors reconnaître les positions de Lamboy avec les dragons de Rosen. Il est suivi du reste de l’armée.

Guébriant dispose alors son armée en trois corps devant mener chacun une attaque en même temps. Le premier corps est composé de l’infanterie qu’il conduira lui-même pour forcer la digue. Le second est composé des Hessois d’Eberstein et doit donner à l’aile droite. Le troisième est composé des weimariens commandés par Taupadel et doit donner à gauche.

Arrivé à portée de mousquet, Guébriant fait tirer au canon sur les impériaux bien retranchés derrière une digue. Une partie des mousquetaires sont bien retranchés sur les parapets alors que le reste des bataillons sont alignés derrière en soutien. La cavalerie impériale est aussi placée en soutien, derrière la ligne d’infanterie. Une partie des retranchements est constituée d’une élevée de 12 pieds (3m60) derrière un fossé qui a des barrières aux deux bouts. La digue mène d’un côté à un autre fossé et de l’autre à des grosses haies qui ferment le camp.

Guébriant ordonne alors à l’infanterie de forcer les retranchements afin d’ouvrir des passages pour la cavalerie. Malgré la résistance des impériaux, barrières, haies et palissades sont abattues. La digue est prise et le canon des ennemis est retourné contre lui. Guébriant fait placé ses trois petites pièces de trois livres sur les retranchements pour accabler les impériaux. Weimariens et Hessois parviennent aussi à entrer dans les fortifications après avoir mis les barrières par terre. L’infanterie ayant ouvert la voie à la cavalerie, les escadrons weimariens, hessois et français s’engouffrent dans les brèches et enfoncent la cavalerie impériale. Guébriant, Eberstein, Ohm, Rosen, Taupadel, Wittemberg, Flerscheim et Betz font des merveilles. L’infanterie impériale est en déroute.

Lamboy  fait alors donner sa cavalerie, mais Guébriant parvient à le mettre en échec en lui opposant notamment “deux gros” escadrons de cavalerie. Tout est terminé.  Lamboy et Mercy sont prisonniers. Les pertes impériales sont supérieures à 2000 tués et 3500 prisonniers. Toute l’artillerie, 30 chariots de munitions, le bagage, 35 drapeaux et 3 cornettes restent aux mains des alliés.

Ce jour-là,17 janvier 1642, Guébriant gagna son bâton de maréchal.

 

Armée alliée (Guébriant) : 4 200 fantassins en 7 bataillons, 4 700 chevaux en 34 escadrons et 21 canons.

Armée d’Allemagne de Guébriant : 4 bataillons d’infanterie de 500 hommes chacune (2 000 hommes), 3 500 chevaux en 24 escadrons (de 146 chevaux ou 23 escadrons de 152 chevaux), 9 canons (2 de 24 livres, 4 de 6 livres et 3 de 3 livres). Deux des bataillons d’infanterie (appelés “brigades”) sont français et les deux autres sont weimariens. La totalité de la cavalerie est weimarienne mais deux des régiments sont en cours de devenir “français” (Müller qui devient Guébriant et Watronville qui devient Tracy).

Corps Hessois d’Eberstein : 2 200 fantassins et 1 200 chevaux (4 000 hommes selon une autre source) en 3 bataillons d’infanterie (de 735 hommes) et 8 escadrons de cavalerie (de 150 chevaux).  Artillerie hessoise :  12 canons soit 2 canons de 12 livres, 9 canons de 3 livres plus 1 mortier.

Aile gauche (Taupadel et Ohm, cavalerie franco-weimarienne) : 16 escadrons de demi-cuirassiers

Première ligne : 9 escadrons weimariens des régiments Russwurm (1 escadron), Guébriant (ex-Muller, 2 escadrons), Margrave (2), Taupadel (2) et Betz (2).

Seconde ligne : 7 escadrons weimariens en français des régiments Russwurm (1), Canoffsky (2), Watronville qui devient Tracy (2) et Fleckenstein (2).

Centre (Infanterie sous Guébriant, 6 600 hommes) :

Première ligne : 4 bataillons d’infanterie dont 2 weimariens (Schönbeck et Flersheim) et 2 hessois (Ross et Felberg).

Seconde ligne : 3 bataillons d’infanterie dont 2 français (Nettancourt et Guébriant) et 1 hessois (Dingen).

Aile droite (Eberstein et Rosen, cavalerie hessoise et weimarienne) : 16 escadrons de demi-cuirassiers et 2 escadrons de dragons

En avant : 2 escadrons des dragons de Rosen (démontés).

Première ligne : 9 escadrons des régiments hessois General-Lieutnant (1 escadron), Eberstein (2), La Bodie et Lessie (2) et régiments weimariens Wittgenstein (2) et Alt-Rosen (2).

Seconde ligne : 7 escadrons des régiments hessois Getse (2) et General-Lieutnant (1) et des régiments weimariens Ohm (2) et Neu-Rosen (2).

Artillerie devant le front de l’armée : 21 canons dont 2 pièces de 24 livres, 2 pièces de 12 livres, 4 de 6 livres et 12 de 3 livres.

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie alliés (y compris hessois) sont des bataillons réformés modernisés (musket only). Les 4 bataillons français et weimariens sont veteran (Schönbeck est l’ancien régiment jaune suédois, Nettancourt est un petit vieux et ces 4 bataillons ont plusieurs campagnes derrière eux).

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom), les escadrons français et weimariens étant veteran.  Les dragons de Rosen sont dragoons veteran.

Les 21 pièces d’artillerie peuvent être simulés par 1 canon moyen et 2 canons légers (light artillery).

 

Armée impériale (Lamboy assisté de Henri de Mercy) : 10 000 hommes en 6 ou 8 bataillons d’infanterie, 16+ escadrons de cavalerie et 9 canons.

L’effectif et les régiments impériaux sont plus difficile à déterminer.

Lamboy aurait eu avec lui 9 000 hommes et 6 canons selon une première source, 10 000 hommes selon une seconde.  Afin d’équilibrer le scénario, nous prendrons 9000 hommes dont 4500 fantassins (562 hommes par bataillon) et 4500 chevaux (en 23 ou 24 escadrons pour avoir des escadrons équivalents à ceux des français).

Suggestion de déploiement après analyse de deux plans de la bataille :

Aile gauche de cavalerie  :

Première ligne : 4 escadrons de cavalerie

Centre d’infanterie (Ladron, autour de 4 500 hommes et 9 canons) :

Première ligne : mousquetaires détachés des bataillons et 9 canons

Seconde ligne : 8 bataillons d’infanterie en échiquier (de gauche à droite : Eppe/Laisenon, Dünckel, Hammersbach, Butbergh, Leit, Saveri, Isaacq et Delbrucq) et un escadron/bataillon de dragons (entre Dünckel et Buttberg).

Aile droite de cavalerie (?) : 4 escadrons de cavalerie

Troisième ligne, derrière l’infanterie (Lamboy) : 14 escadrons de cavalerie dont (de gauche à droite) régiments Gonzaga, La Garde, Alt-Beck et La Rivière.

Autres régiments de cavalerie peut-être présents (d’après les noms des colonels fait prisonniers ou tués) : de Were, Rodan, Bruay, Rietberg, Guditsch, Grysenwyb ou Griese, Grifenay, Mordaco ou Mordaci, Henderson, Bicht, Marone, Vera, Hennin, Ohr, Fierbheimer,  Bell, Franchepani, Hund et Chritii.

 

Pour LM Tercios, les 8 bataillons d’infanterie sont scindés en deux (compagnies de mousquetaires sur le parapet, bataillon de piques en soutien). Placer les 8 compagnies de mousquetaires sur le parapet  (shot companies musketeers) et 8 compagnies de piques en soutien (pike company).

N’ayant aucune indication sur leur composition, les escadrons impériaux sont tous modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom).  Il est d’ailleurs très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers). Les dragons de Gallas sont dragoons. Placer les dragons (démontés) sur le parapet avec les compagnies de mousquetaires de l’infanterie.

Les 9 pièces d’artillerie peuvent être simulées par 1 seul canon medium artillery.

Les compagnies de mousquetaires sur le parapet sont covered et protected, et l’artillerie est fortified.

Ci-dessus : déploiement des armées (le tracé en bleu représente la digue derrière laquelle les impériaux sont retranchés, les deux ouvertures représente des portes.

Pour le champ de bataille, s’inspirer de la gravure du Theatri europaei, ci-dessous entre les deux ordres de bataille, ou sur le schéma ci-dessus mais en laissant de la place sur les ailes (pour que la cavalerie puisse contourner la digue). Au total, laisser dans la digue deux portes de la taille d’un bataillon sur le front et deux portes de même taille de chaque côté (sur chaque flanc) sur chaque côté/flanc de la digue. Les deux armées étant de même taille, cela va être compliqué pour les franco-weimariens-hessois qui combattent contre des unités retranchées (protected et covered). En contrepartie, tous les bataillons et escadrons franco-weimariens sont veteran.

 

       

Ci-dessus : drapeaux du régiment Nettancourt et d’un régiment weimarien (d’après K.A. WIlke) au service de la France.

Ci-dessous : drapeau suggéré pour le régiment de Schönbeck (drapeau du régiment jaune suédois avec croix blanche  française). Il s’agit d’une supputation.

Stéphane Thion

La bataille de Jankaw (6 mars 1645)

La bataille de Jankaw (6 mars 1645)

Au début de 1645, alors qu’Axel Lilienstern inquiète la Saxe électorale et que Koenigmark occupe la région de Brême, Torstenson pénètre en Bohême avec 16 000 hommes et 80 pièces d’artillerie. L’empereur Ferdinand réagit : Hatzfeld, remplaçant l’inefficace Gallas à la tête de l’armée, réunit des forces austro-bavaroises : le corps de Götz (8 à 10 000 hommes) est rappelé de Hongrie, des unités saxonnes et l’armée bavaroise de Mercy et de Werth (4 000 hommes) viennent renforcer les corps impériaux. Sur les ordres de l’empereur, Hatzfeld se lance à la poursuite des suédois et se présente, le 24 février 1645 à Jankaw (ou Jankowitz), à la tête de 16 000 hommes (10 000 impériaux, 5 000 bavarois et plus de 1 000 saxons). Face à une telle armée, Torstenson ne peut réunir que 15 000 hommes (8 100 cavaliers, 6 100 fantassins et 800 dragons). Torstenson reconnait dans une lettre que le terrain était très défavorable. Mais, pressé par l’ennemi qui le poursuit, il décide d’accepter la bataille.

L’aile droite impériale, est formée de cavalerie sous de Werth. Le centre, commandé par Suys, est composé de l’infanterie. L’aile gauche de cavalerie, commandée par Götz est placée derrière un bois. L’aile droite suédoise est composée de cavalerie, commandée par Wittenberg et Torstenson. L’infanterie au centre est commandée par le général Mortaigne. L’aile gauche de cavalerie est commandée par Douglas.

L’aile gauche impériale commandée par Götz prend l’offensive mais se trouve désorganisée en traversant le bois. Wittenberg traverse alors la rivière Jankowa sur sa droite , se place sur la colline Chapel, à l’extrême droite, et repousse la cavalerie impériale. Celle-ci reflue alors sur les hauteurs en laissant son commandant, Götz, mort sur le terrain. L’aile gauche impériale parvient néanmoins à se reformer en bataille sur la colline derrière le bois.  Hatzfeld avait fait suivre Götz par l’infanterie de Suys pour le soutenir. Si l’infanterie parvint à traverser le bois en bon ordre, l’artillerie ne parvint pas à suivre (9 pièces et toutes les munitions restèrent empêtré dans le bois). Les combats qui s’ensuivent dans les bois verront néanmoins la supériorité suédoise de feu annulée. Les Suédois poussent alors en avant et combattent sans relâche. Il faudra 3h30 (de 8 heures du matin à 11 heures 30), pour qu’ils parviennent à repousser l’attaque impériale. La capacité des suédois à se reformer rapidement aura été décisive. Mais si, à 11h30, Hatzfeld a ordonné la retraite, c’est pour reformer son armée sur sa seconde ligne, derrière le bois. Mais il n’a plus d’artillerie : 9 pièces (sur 26) et pratiquement toutes les munitions ont été perdues dans le bois.

Hatzfeld a fait pivoter sa ligne de front de 90° en arrière. Son aile droite, composée des rescapés démoralisés du corps de Götz et commandée par Bruay, est dorénavant appuyée sur la Jankowa. Son centre est toujours formé par l’infanterie de Suys et son aile gauche est dorénavant formée par la cavalerie de de Werth. A la grande surprise du général impérial, Torstenson fait alors placer une batterie d’artillerie, renforcée des prises ennemies, sur une colline face à la jonction de l’aile droite et du centre des impériaux. Ceux-ci, n’ayant plus aucune puissance de feu pour répondre, vont créer des sillons sanglants dans les rangs des bataillons de Suys. La première charge des escadrons de Douglas fait reculer les escadrons de Bruay derrière l’infanterie. Douglas lance alors 3 escadrons sur le brigade Zuniga qui, après avoir repoussé une première charge, rompt à la seconde. Douglas taille en pièce cette brigade et déborde toute l’aile droite impériale. Au centre, l’infanterie de Suys était parvenue à repousser l’infanterie de Mortaigne. Et sur l’aile droite impériale, de Werth a fait avancer si rapidement son aile de cavalerie qu’il parvient à surprendre la cavalerie de Wittenberg qui n’avait pas terminé de se réorganiser. De Werth parvient ainsi à repousser l’aile droite suédoise en lui infligeant de lourdes pertes. Il parviendra même à atteindre les bagages des suédois et à faire prisonnier la femme de Torstenson. Malheureusement, alors que de Werth aurait pu tourner toute l’aile droite suédoise, les bavarois ne surent résister à la tentation du pillage. Cinq escadrons seulement continueront leur marche. Mais le mal était fait. Plusieurs escadrons suédois ayant eu le temps de se reformer, et la seconde ligne étant restée intacte, Wittenberg lance une contrattaque et prennent, à leur tour, les bavarois par surprise. Ceux-ci se dispersent avec le butin qu’ils ont réussi à garder, et la femme de Torstenson est libérée. L’infanterie saxonne qui soutenait l’infanterie impériale, au centre, voyant les deux ailes impériales défaites, décide de battre en retraite, abandonnant l’infanterie impériale à son sort. A 16 heures, tout est terminé.

Ce jour-là, les suédois feront 4 000 prisonniers et six généraux impériaux dont Hatzfeld et Mercy, et prendront 77 drapeaux et étendards et 26 canons. Le maréchal Götz, le comte Bruay et le jeune Piccolomini y trouveront la mort.

Jankaw fut la dernière et la plus belle des victoires de Torstenson. Torstenson, l’un des meilleurs généraux suédois de l’époque était réputé pour son habileté à manœuvrer l’artillerie. La victoire de Jankaw fut attribuée à cette supériorité.

Armée impériale (Hatzfeld) : 10 500 cavaliers en 50 escadrons (210 chevaux par escadron), 5 000 fantassins en 6 brigades (833 hommes par bataillon), 500 croates et dragons, 26 canons, pour un total de 16 000 hommes.

Aile droite : cavalerie de de Werth (23 escadrons) :

Première ligne (Werth) : 12 escadrons bavarois formés des cuirassiers de Lapierre (2 escadrons), Alt-Kolb (2), Fleckenstein (2) et Gayling (3) et des arquebusiers à cheval d’Alt-Werth (2) et Sporck (1).

Seconde ligne (Trauditsch) : 3 escadrons impériaux formés des cuirassiers de Trauditsch (2) et de Pompeji (1).

Troisième ligne (H. Mercy) : 8 escadrons impériaux formés des cuirassiers de Jung-Nassau (2), Waldeck (2), Beck (2) et Hatzfeld (2)

Flanqueurs : croates

Centre : infanterie de Suys (6 brigades, 6 escadrons et 26 canons)

Première ligne : 6 brigades (bataillons) et 26 canons des brigades Zuniga (1000h), Zaradetzky (1000h), Suys (1000h), Holz (bavarois, 650h), Ruischenberg (bavarois, 700h) et Gil de Haas (bavarois, 650h). L’artillerie est composée de 4 pièces de 12 livres, 2 pièces de 6 livres et 20 pièces de 3 livres.

Deuxième ligne (Callenberk) : 6 escadrons saxons formés des régiments de cavalerie (demi-cuirasseirs) Callenberk (2 escadrons), Hanau (1), Schleinitz (1), Gersdorff (1) et Rukert (1).

Aile gauche : cavalerie de Götz (21 escadrons)

Première ligne (Bruay et Bassompierre) : 12 escadrons de cuirassiers impériaux de Pallavicini (3 escadrons), Henet (2), Neu-Piccolomini (3), Piccolomini (3), et pompeji (1).

Seconde ligne (Pompeji) : 9 escadrons de cuirassiers impériaux de Tapp (1 escadron), Bruay (2), Gonzaga (3), Salm (2) et Pompeji (1).

Flanqueurs : dragons.

Pour LM Tercios, les 18 bataillons d’infanterie sont classic squadron modernised, musket only.

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons de demi-cuirassés saxons sont modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusier, arquebus & pistol. Il est très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers) : si vous convenez de cette hypothèse, passez tous les régiments en modern cavalry demi-cuirassiers. Les escadrons de croates sont light horse, les régiments de dragons sont dragoons.

L’artillerie est composée d’un canon moyen et 3 canons légers.

Armée suédoise (Torstenson) : 16 000 hommes formés de 8 130 chevaux 47 escadrons de cavalerie (173 chevaux par escadron), 6 135 hommes en 8 brigades d’infanterie  (767 hommes par bataillon), 920 mousquetaires en 23 détachements et 60 canons.

Aile droite : cavalerie de Wittenberg (24 escadrons, 12 détachements de mousquetaires et 12 canons)

Première ligne (Wittenberg) : 13 escadrons et 12 détachements de 40 mousquetaires avec un canon léger de 3 livres placés entre les escadrons ; escadrons des régiments de Fritzlaw (2 escadrons), Raabe (1), Margrave (2), Karl Gustav / Courlande (2), Jordan (2), Wittenberg (2) et gardes de Torstenson (600).

Seconde ligne (Goldstein) : 11 escadrons des régiments de Wiitkopt (2), Rochow (2), Axel Lillie (1), Galbrecht (2), Goldstein (2) et Derfflinger (2).

Centre : infanterie de Mortaigne (8 bataillons/brigades et 37 canons)

Première ligne (Mortaigne) : 6 bataillons et 33 canons des régiments de Wolckmar (676h), Paikull et Seestedt (955h), Mortaigne (670h), Wrangel et Linde (810h), gardes de Torstenson (776h, ancien Alt-Blau), ribbing et Stalarm (500h). Chaque brigade a 2 ou 3 pièces de 3 livres et le front de l’infanterie est couvert de 8 pièces de 24 livres et 10 pièces de 12 livres.

Seconde ligne : 2 bataillons et 5 canons de 3 livres (2-3 par bataillon) formés des régiments Lewenhaupt et Jordan (985h) et Axl Lillie et Koppy (763h).

Aile gauche : cavalerie de Douglas (23 escadrons, 11 détachements de mousquetaires et 11 canons)

Première ligne (Douglas) : 12 escadrons et 11 détachements de 40 mousquetaires avec un canon léger de 3 livres placés entre les escadrons ; escadrons des régiments Landgrave (3 escadrons), Horn (2), Hammerstein (2), Douglas (2), d’Avangour (1) et Tideman (2).

Seconde ligne : 11 escadrons des régiments Muller (2), Pentz (1), Reuschel (2), Butler (1), Riesengrun (2), Dannenberg (1) et Reichart (2).

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie suédois sont des bataillons modern squadrons avec regimental gun. Le reste de l’artillerie est composée d’un canon lourd et deux canons moyens.

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom). Les petits détachements de mousquetaires (commanded shot) sont à simuler en les regroupant : 5-6 détachements réels de 40 hommes peuvent être simulés par une compagnie de mousquetaires command shot avec regimental gun, pour un total de 4 de ces unités (2 sur chaque aile de cavalerie).

Attention, toutes les unités d’infanterie suédoises avec regimental gun risquent de décoiffer !

Ci-dessus : plan de déploiement original.

Quelques cartes pour vous aider à préparer le terrain :

Phase d’approche :

Attaque dans le bois (les collines sont celles d’en bas sur la carte précédente) :

Ci-dessus : une autre représentation du combat sur l’aile droite.

Ci-dessous : plan simplifié d’après Guthrie (The later Thirty years War) :

Bien sûr, cela fait beaucoup de figurines à peindre : N’hésitez donc pas à diviser par 2 ou 3 ces nombres de bataillons et escadrons.

Stéphane Thion

Ordre de bataille d’après William P . Guthrie (1953).

La bataille d’Allerheim ou Nördlingen (3 août 1645)

La bataille d’Allerheim ou Nördlingen (3 août 1645)

 

Ci-dessus : Condé (qui n’est encore que duc d’Enghien en 1645)

La bataille d’Allerheim est intéressante à plus d’un titre. Elle est probablement à l’origine d’un tournant dans la carrière de deux des plus grands généraux français. Il s’agit de la troisième bataille (après les deux journées de Fribourg en 1644) qui voit le duc d’Enghien et Turenne affronter, côte à côté, un des plus grands généraux bavarois : Gaspard de Mercy. Et ce sera la troisième bataille, après ces deux journées de Fribourg, a se terminer en de demi-succès (ou demi-échecs) même si la seconde journée de Fribourg et Allerheim sont considérées comme des victoires françaises, le champ de bataille restant à Enghien et Turenne. Fribourg et Allerheim seront en effet des victoires à la Pyrrhus (voire des boucheries, il ne restera que 1500 fantassins français opérationnels le lendemain d’Allerheim) face à Mercy, excellent général et, dans les deux cas, très bien retranché. La victoire d’Allerheim est par ailleurs probablement due à la mort de ce général, dès le début de la bataille.

Ces trois batailles sont intéressantes à double titre : (1) elles révèlent la formidable énergie du futur Condé et de Turenne ainsi que leur capacité à prendre des décisions. Rocroi fut la première bataille commandée par le duc d’Enghien et il était bien conseillé. Turenne obtient son premier grand commandement en 1643, en remplacement de Guébriant à la tête de l’armée d’Allemagne. Les années 1644 et 1645 sont donc de vrais tests et ces tests, contrairement aux apparences, sont plutôt réussis ; (2) en second lieu, Enghien comme Turenne vont énormément apprendre lors de ces deux années. La superbe victoire de Condé à Lens (1648) voit le duc devenu prince refuser d’attaquer un ennemi bien retranché et l’attirer en plaine. A l’issue d’une superbe campagne, l’année 1646 verra Turenne aller à l’aide des Suédois et mettre la Bavière à genou sans livrer une seule bataille. Un exploit peu connu et exceptionnel. Jetons donc un coup d’œil à cette bataille d’Allerheim, aussi appelée seconde Nördlingen, qui aura eu un impact majeur sur les carrières de ces deux superbes commandants.

Ci-dessus : Turenne

3 août 1645 : La bataille

Après sa défaite à Fribourg le général bavarois Mercy se retire vers Dinkelpuhel. Enghien et Turenne le suivent. Les escadrons de Mercy refluent devant l’armée française. Le 3 août 1645 vers 9 heures du matin, l’armée française débouche dans la plaine de Nördlingen. Mercy qui vient d’être rejoint par le corps impérial de Gleen (6 à 7 000 hommes), est persuadé que les français n’attaqueront pas ce jour-là. Il se retranche sur une montagne, à 400 pas derrière un ruisseau et le village d’Allerheim. Il place le corps impérial sur son aile droite, ses bavarois occupant le centre, derrière le village et sur l’aile gauche. Quelques mousquetaires commandés occupent l’église du village. A midi, l’armée française débouche dans la plaine. Le déploie va prendre du temps. L’intention du duc d’Enghien est de prendre le village afin de ne pas désarticuler ses deux ailes de cavalerie.

Il est 17 heures : le duc d’Enghien fait canonner le village puis il le fait attaquer par quelques bataillons de Marsin. Les premiers retranchements sont forcés mais les mousquetaires positionnés dans le village repoussent cette attaque par une violente décharge. Le duc d’Enghien, soutenu par Turenne, lance un second puis un troisième assaut, dont il prend la tête, sans plus de succès. Enghien a deux chevaux légers sous lui. Mercy s’écrit alors : Dieu a tourné la tête aux français, ils vont être battus ! Prenant la tête de l’infanterie, il attaque à son tour le village. Mais il est tué à la tête de ses hommes. Les Bavarois, rendus fous de rage par la mort de leur général, taillent l’infanterie française en pièces. Sur l’aile gauche bavaroise, la cavalerie de Jean de Werth charge et enfonce son homologue française. Grammont tente de stopper la cavalerie bavaroise en engageant la réserve de Chabot, sans succès. Sur l’aile gauche française, Turenne gravit la colline, malgré les décharges continuelles de leur artillerie, et charge l’aile droite bavaroise.

A l’aile gauche, Turenne gravit la montagne à la tête de 8 ou 9 escadrons mais se fait accueillir par un feu nourri. Il s’aperçoit alors que le centre et l’aile droite de l’armée française sont en déroute. Heureusement, de Werth se laisse emporter inconsidérément dans sa poursuite.  Après plusieurs charges, Turenne parvient à passer la première ligne bavaroise mais Gleen s’avance à la tête de la seconde ligne.

Il reste le corps hessois de Geyso. Turenne et Enghien lancent ce corps à l’attaque. Les escadrons et bataillons de Gleen sont rompus. Turenne retourne l’artillerie contre les Bavarois et prend les derniers défenseurs de flancs. Les régiments qui s’étaient retranchés dans l’église et le cimetière se rendent, les autres se retirent. C’est alors que Jean de Werth revient avec sa cavalerie victorieuse, mais il est trop tard.

À minuit, tout est fini. A une heure, de Werth profite de la nuit pour se retirer et regagner Donauwörth avec les restes de l’armée, poursuivi par Turenne. Toute l’aile droite française a été très malmenée. Trois à quatre milles hommes sont morts sur le champ de bataille. A l’inverse, l’aile droite bavaroise et impériale a beaucoup souffert. Mais globalement, les pertes françaises sont supérieures : « On fut quelques jours sans pouvoir mettre ensemble plus de douze ou quinze cents hommes de pied de toute l’infanterie française » écrira Ramsay dans les mémoires de Turenne.

 

L’armée alliée : 7800 fantassins en 20 bataillons (390 hommes par bataillon), 9200 cavaliers en 40 escadrons (230 chevaux par escadron) et 27 canons

L’armée de Condé comptait 3 contingents : les restes de l’armée d’Allemagne de Turenne (5,000 hommes), l’armée de France de Gramont (6,000 hommes) et l’armée Hessoise de Geiso (6,000 hommes), pour un total de 17 000 hommes. L’armée alliée compte au total 7800 fantassins (20 bataillons), 9200 cavaliers (40 escadrons) et 27 canons (vraisemblablement des nouvelles pièces de 4 ou de 8 livres).

Armée de France (Enghien) : 11 bataillons d’infanterie totalisant 3 300 hommes et 17 escadrons de cavalerie formés à partir de 11 régiments, pour un total de 2 700 chevaux.

Armée d’Allemagne (Turenne) : 3 bataillons d’infanterie totalisant 1500 hommes et 13 escadrons de cavalerie formés à partir de 10 régiments de cavalerie, pour un total de 3 500 chevaux.

Armée hessoise (Geiso) : 6 régiments d’infanterie formant 6 bataillons faisant 3 000 fantassins et 10 escadrons de cavalerie formés à partir de 6 régiments, pour un total de 3 000 chevaux. L’armée Hessoise a été formée à la fin de 1631 sur le modèle suédois (en termes d’organisation et de tactique de combat).

En moyenne, les bataillons français sont à 343 hommes et les escadrons français et weimariens à moins de 207 chevaux. Les bataillons hessois sont à 500 hommes et les escadrons à 300 chevaux.

Déploiement de l’armée, de gauche à droite :

Aile gauche française (Turenne)

Première ligne : 7 escadrons de cavalerie des régiments Russwurm (weimariens, 1 esc), Mazarin (allemands, 1 esc), Taupadel (weimariens, 1 esc), Tracy (1 esc), Turenne (franco-allemands, 1 esc), Oysonville (1 esc) et Beauveau (1 esc).

Seconde ligne : 5 escadrons des dragons de Rosen (weimariens) et des régiments de cavalerie weimariens Alt-Rosen, Fleckenstein et Kanoffsky (2 escadrons).

Troisième ligne : 2 escadrons des régiments de cavalerie weimariens Ohm et Betz, et corps hessois de Geiso : 2 escadrons du régiment de cavalerie Rauchhaupt, 2 escadrons du régiment de cavalerie Schwer, 6 bataillons d’infanterie des régiments Franc, Lopez, Uffel, Wrede, Staufer et Kotz, 2 escadrons de cavalerie du régiment Bruckhurst, 2 escadrons du régiment Groot, 2 escadrons des gardes du corps de Geiso.

Centre (Enghien) :

Première ligne : 7 bataillons d’infanterie des régiments Bellenave, Oysonville, Mazarin français, Mazarin italien, Conti, Enghien et Persan.

Seconde ligne : 3 bataillons d’infanterie des régiments Gramont, Le Havre et Montausier.

Troisième ligne : 3 escadrons de gendarmes.

Aile droite (Gramont) :

Première ligne de cavalerie : 1 escadron de gardes du corps d’Enghien et 1 escadron de carabins d’Arnaud.

Seconde ligne de cavalerie :  6 escadrons des régiments de cavalerie Gramont, Mazarin (2 escadrons), et Enghien (3 escadrons).

Troisième ligne de cavalerie : 4 escadrons des régiments de cavalerie Gramont, Chambre, Boury, et La Clavière

Quatrième ligne, corps de Chabot (4 bataillons et 4 escadrons) : 2 escadrons de cavalerie weimarienne Neu-Rosen, 4 bataillons d’infanterie des régiments Trousses, Wahl (irlandais), Fabert, et de la garnison de Lorraine, et 2 escadrons du régiment de cavalerie Marsin.

Remarque : selon une carte allemande que vous trouverez ci-dessous, la cavalerie du centre et de l’aile droite française est placée de façon légèrement différente.

 

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie alliés (y compris hessois) sont des bataillons réformés modernisés (musket only).

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) à l’exception des escadrons de gardes et de gendarmes qui sont modern cavalry gendarmes (voir extension Kingdom) et les carabins qui sont mounted arquebusiers.

Les 27 pièces d’artillerie peuvent être simulés par 5 canons légers (light artillery).

Quelques drapeaux (supposés) de régiments d’infanterie présents à Allerheim :

Mazarin-Italien (ex-Languedoc)

Montausier

Enghien

Mazarin-français

 

Persan

Conti

 

L’armée bavaroise : 8800 fantassins en 14 bataillons (630 hommes par bataillon), 7200 cavaliers en 39 escadrons (185 chevaux par escadron) et 28 canons

L’armée bavaroise et impériale compte au total 16 000 hommes (4,500 impériaux et 11,500 bavarois) dont 8,800 fantassins, 7,200 cavaliers et 28 canons. Elle se décompose en 14 bataillons soit 630 hommes par bataillon (7 bataillons bavarois et 7 impériaux) et 39 escadrons (31 escadrons bavarois et 8 impériaux) de 185 chevaux en moyenne.

Déploiement de l’armée, de gauche à droite :

Aile gauche (de Werth) :

Première ligne : 9 escadrons de cavalerie : Lapierre (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Sporck (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Fleckenstein (cuirassiers bavarois, 2 escadrons) et de Werth (arquebusiers bavarois, 2 escadrons).

Seconde ligne : 8 escadrons de cavalerie : Sporck (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Fleckenstein (cuirassiers bavarois, 1 escadron), Salis (demi-cuirassiers bavarois, 2 compagnies), de Werth (arquebusiers bavarois, 1 escadron).

Troisième ligne à l’extrême gauche : Lapierre (dragons bavarois, 2 escadrons).

Des unités d’infanterie se trouvent dans le château d’Allerheim (à l’extrême gauche), et dans le village d’Hunnerberg (derrière les dragons de Lapierre) : 2 bataillons des régiments bavarois de Winterscheid et Puech occupaient le château d’Allerheim.

Centre (Mercy) :

Première ligne (en retrait, entre les deux premières lignes des ailes de cavalerie) : 7 bataillons : Royer (bavarois), Kolb (bavarois), Halir (impériaux), Gold (bavarois), H. de Mercy (bavarois), Cobb (bavarois), Bournonville-Hennin (impériaux polonais).

3 bataillons des régiments impériaux de Ruischenberg, Marimont et F. Mercy se trouvent dans le village d’Allerheim.

Seconde ligne (un peu en arrière des secondes lignes des ailes) : 6 escadrons de cavalerie :  Salis (demi-cuirassiers bavarois, 1 escadron), Jung-Kolb (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Gil de Haas (cuirassiers impériaux, 1 escadron), et compagnies franches bavaroises (2 escadrons).

Aile droite (Gleen) :

Première ligne : 10 escadrons de cavalerie et 2 bataillons d’infanterie : croates de Marcovich (impériaux, 1 escadron), Hollstein (cuirassiers impériaux, 2 escadrons), Hyller ou Heillen (2 escadrons), Gayling (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Cosalky (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Alt-Kolb (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), régiments d’infanterie Plettenberg (impériaux, 1 bataillon) et Mandesloe (impériaux, 1 bataillon).

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie : Hollstein (cuirassiers impériaux, 1 escadron), Hyller ou Heillen (1 escadron), Gayling (cuirassiers bavarois, 1 escadron), Stahl (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Alt-Kolb (cuirassiers bavarois, 1 escadron).

Les 28 canons se répartissent probablement en 4 demi-canons de 24, 6 demi-couleuvrines de 12, 12 faucons de 5 et 6 fauconneaux de 2-3 livres. Ils étaient déployés en 7 batteries : 1 de 6 pièces dans Allerheim, 1 de 5 sur le Weinberg, 1 de 3 dans le château, 1 de 4 pièces avec Werth, 1 de 3 pièces avec le centre d’infanterie et 2 batteries de 4 et 3 pièces avec la cavalerie de Gléen. Les 4 dernières étaient probablement les faucons et fauconneaux.

Pour LM Tercios, les 18 bataillons d’infanterie sont classic squadron modernised, musket only. Il est possible de passer les bataillons d’infanterie en large squadron afin de simuler la différence de taille moyenne entre bataillons bavaro-impériaux et franco-hessois mais cela risque de déséquilibrer la partie, l’infanterie de Mercy étant déjà bien retranchée. L’infanterie bavaroise est ainsi covered et protected et l’artillerie est fortified.

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons de demi-cuirassés sont modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusier, arquebus & pistol. Il est très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers) : si vous convenez de cette hypothèse, passez tous les régiments en modern cavalry demi-cuirassiers. Les escadrons de croates sont light horse.

Les 28 pièces d’artillerie peuvent être simulées par 5 pièces d’artillerie : une heavy artillery, 3 medium artillery et une light artillery.

Bien sûr, au vu des effectifs, vous pouvez diviser les effectifs ou le nombre d’unités par 2 ou 3.

Pour les éléments du champ de bataille, je vous laisse vous inspirer des cartes ci-dessous.

 

Stéphane Thion

1655, quelque part en Pologne par Mig Wanzer

1655, quelque part en Pologne par Mig Wanzer

Ce compte rendu a été publié pour la première fois sur le forum francophone belge “Opération zéro

Enthousiasmé par la peinture de fantastiques hussards ailés, j’avais proposé à mes partenaires de jeu (M.Poum et Esmbel) une partie de Tercios comme thème central une bataille durant le Déluge, soit l’invasion de la Pologne par les Suédois. Ainsi, voici les listes d’armée, grosso modo :

Union Polono-Lithuanienne – aux ordres du Général Patatky (Thomas / MrPoum)

3 x Hussards ailés
2 x Cosaques
2 x Partisans

Mercenaires allemands – aux ordres du Général Von Schwarzewurtz (Claude / Esmbel)

2 X bataillons réformés
2 x piquiers
1 x Arquebusiers montés
1 x batterie d’artillerie moyenne

Suédois – aux ordres du Général Ikkya (Michel / Wanzer)

3 x bataillons suédois vétérans
1 x bataillon suédois
2 x détachement de mousquetaires
2x Cuirassiers
2 x Hakkapellitas
2x batteries d’artillerie légères
1 x batterie d’artillerie moyenne

La bataille :

Les Polonais étaient donc aidés par un fort contingent de mercenaires allemands, affrontant le déluge suédois, pour la défense des abords d’un village capital pour les quartiers d’hivers : Vyrtbsk.( scratch What a Face )  Chaque contingent disposait d’un marqueur de bagages, à placer lors du déploiement, et à protéger à tout prix.  
Le but de la partie était tout simplement de capturer le bagage ennemi (contacter le bagage avec une unité non en déroute).

A gauche du dispositif allié, les Polonais étaient positionnés en 2 lignes. La milice irrégulière de la ville avait été poussée par les nobles hussards ailés en avant des lignes afin d’attirer les tirs ennemis…
Sur la droite, les mercenaires allemands avaient placé leur infanterie au centre allié, tandis que l’aile droite était constituée d’arquebusiers à cheval et de piquiers.

En face…
L’infanterie suédoise étaient alignée sur le centre, appuyée sur un bosquet sur sa gauche. A gauche de ce bosquet, 2 régiments de féroces hakkapellitas étaient prêts à fondre sur les flancs ennemis. A droite du dispositif, les cuirassiers étaient renforcés de détachements de mousquetaires. Les batteries d’artilleries étaient positionnées entre les différents détachements.

Dès le début de la bataille, les tirs de l’artillerie suédoise causèrent des pertes et désorganisèrent les unités ennemies. Tandis que les deux camps se rapprochaient, les tirs de mousqueterie augmentèrent encore le chaos dans les lignes polonaises, mais le général Patatsky avait astucieusement envoyé ses unités sacrifiables en première ligne.
De l’autre côté du champs de bataille, les Allemands subirent quelques pertes suite à l’assaut des furieux Hakkapellitas, mais ceux-ci finirent par s’empaler sur les piquiers protégeant la fuite de la cavalerie allemande.
Alors que les redoutables mousquetaires suédois s’avançaient au centre, les Polonais virent la faille et en profitèrent : cosaques et hussards ne clouèrent les servants de l’unique batterie d’artillerie qui protégeait les bagages de l’armée et massacrèrent les femmes et enfants de l’envahisseur, tout en pillant joyeusement leurs chariots…

Les généraux alliés se concentrent sur la partie….

 

La bataille du Saint-Gothard en 1664 par Mig Wanzer

La bataille du Saint-Gothard en 1664 par Mig Wanzer

Ce compte rendu a été publié pour la première fois sur le forum francophone belge “Opération zéro

Le 28 juillet 2018, Esmbel, Lotharius et votre dévoué ont pu jouer cette fameuse bataille, opposant les féroces Ottomans aux coalisés impériaux et Français.
Je vous promets un petit compte-rendu dès demain! Ce fut … une boucherie…

La description qu’en donne Wikipédia nous sert de base, ce qui est probablement très léger, j’en conviens, mais tant pis.  C’est quand même drôle  clown

Nous retenons donc que le champs de bataille est bordé de terrains escarpés, avec la présence d’une rivière et du village de Mogersdrof.  Nous représentons l’assaut frontal ottoman, après avoir franchit le Raab, sur le village de Mogersdorf et les trois pauvres régiments allemands, puis la contre-attaque des coalisés. Le scénario choisi est “Détermination”, page 68 du livre de règle. Il suffit assez simplement de détruire l’ennemi, chaque régiment rapportant 3 points de victoire, et les compagnies ou la cavalerie en rapportant 2. Le commandant en chef ennemi rapporte 1 point de victoire.

Ottomans :
L’armée ottomane est assez “classique” et équilibrée : de nombreuses unités de cavalerie légère, dont des alliés tatars, quelques unité de Sipahis, une infanterie de qualité, dont trois unités de redoutables janissaires, et une artillerie solide et efficace.
Le grand vizir Claudius Ben Pacha (Esmbel) dirige les troupes, ses propres figurines, tout à fait adaptée à la période jouée.  Un vrai ODB pour la bataille donnerait sans doute davantage de troupes, mais nous avons fait avec ce qui était disponible.

Alliés :
L’armée impériale est composée de 3 régiments classiques, avec des compagnies de piquiers, une batterie d’artillerie large, et quatre unités de cuirassiers.  Les alliés français sont constitués de 3 régiments réformés et 2 escadrons d’arquebusiers.
Le Généralissime Lotharius prend le commandement des impériaux et Allemands, tandis que le Compte de Wanzer assure le commandement du contingent français.
A nouveau, les troupes sont constituées sur base des figurines disponibles, avec “l’esprit” de la bataille, plutôt que l’ODB le plus historique possible.

Le déroulement de la bataille, par le comte de Wanzer :

“J’alignai mes régiments face au village de Morgensdorf, secondés par mes escadrons d’Harquebusiers, parés à déborder par la gauche, dans la forêt ou la droite, dans le village, afin de supporter l’infanterie de leur feu.

Le Général Lotharius m’informa au même moment de ses dispositions pour le combat : ses canons placés au centre de nos deux contingents assureraient un feu sur le village et supporteraient son centre, constitué de 3 régiments d’infanterie fatiguée.  Toute sa cavalerie cuirassée serait postée sur son aile droite, de façon à prendre l’ennemi de flanc.
Face à nous, les Ottomans du grand Vizir Claudius Ben Pacha s’étaient réorganisé quelque peu : toute la cavalerie légère et lourde s’était reprise derrière le village, face à mes troupes.

Derrière le Raab, je distinguai de fortes unités à pieds, tandis que le fracas d’au moins trois batterie se faisait entendre.

Les Ottomans avancèrent gaillardement face à mes troupes, tandis que leur infanterie tenait sa position.  Seules deux compagnies prirent place dans le village, de façon à arroser de flèches toute troupe qui s’en approchât un peu trop.  Les tirs de canons n’eurent au départ pas grand effet sur les Allemands, qui s’avancèrent rapidement vers le fleuve, leurs cuirassiers amorçant un vaste mouvement de prise de flanc.
Les premiers combats avec l’ennemi eurent lieu de mon côté du champs de bataille : les cavaliers ennemis chargèrent avec fureur – et sans doute une certaine inconscience- mon infanterie fraîche et bien commandée.  Les tirs de mousquets, retenu jusqu’au dernier moment, furent dévastateurs.  (Les ordres de tir conne un gros bonus en réaction! ) Le régiment de Carignan-Salière subit les assauts de pas moins de 4 escadrons de Delhi et Sipahis, fut finalement mis en désordre et forcé de se ré-organiser, puis de se reposer quelque peu, mais la résistance héroïque de ces brave permit de détruire pas moins de 5 escadrons de cavaliers ottomans et tatars!  Jamais je ne vis combat plus acharné ni meurtrier – et n’ai été aussi près d’être submergé par ces furieux combattants.

Le Général Lotharius me fit parvenir des nouvelles inquiétantes : si la première approche de l’ennemi avait été relativement positive, avec une charge initiale des cuirassiers plutôt efficace, ces derniers étaient maintenant empêtrés dans le gros de l’infanterie ennemie, laquelle anticipait tout mouvement par des tirs de réaction meurtriers.  L’artillerie ottomane pilonnait les allemands de tour en tour, tandis que les archers cachés dans le village malmenaient les piquiers catholiques qui cherchaient à les en déloger.

Soudain, les cavaliers ennemis s’étant repris et re-formés, ils débordèrent notre écran d’arquebusiers par la gauche, sabrant un escadron complet!  Les Ottomans exultaient et sur toute notre ligne de front, nos troupes furent prises d’un vent de découragement… (durant 2 tours, Esmbel eu une chance raisonnable aux dés – ça ne lui arrive pas souvent! – mais Lotharius connu un véritable festival de résultats médiocres!  Impossible d’activer les Cuirassiers durant 2 tours!!)  Les pertes s’amoncelant, il devint de plus en plus difficile de faire accepter les ordres à nos soldats.

Je murmurai une courte prière, clôturée d’un “amen” et d’une bordée de jurons, puis donnai l’ordre au régiment La Ferté de charger dans le village, afin de mieux soutenir les Allemands. Malheureusement, l’ennemi se cachait sans aucune fierté (j’avais surtout oublié que la ligne de vue dans le terrain difficile n’est que de 2 pouces…) et aucun résultat ne fut tiré de cette décision. Pire, j’appris de fuyards allemands qu’un régiment entier avait été exterminé par le feu d’archers et de canons! Cependant, Dieu sembla entendre mon appel, et la chance paru abandonner les Ottomans : les cuirassiers parvinrent à culbuter un régiment de janissaires, et gagna les arrières de l’ennemi.

Le soleil était couché depuis quelques minutes, et le combat acharné n’était plus possible – les troupes n’y voyaient plus. Je donnai mes ordres pour la nuit, tandis que l’ennemi, confronté aux mêmes désagrément que nous, firent de même.

La journée s’acheva ainsi, sans que nous ne puissions refouler ces envahisseurs derrière le Raab, mais nous tenions toujours notre position.

Votre Dévoué Compte de Wanzer.

Quelques photos supplémentaires :

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