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La bataille de Wimpfen (6 mai 1622)

La bataille de Wimpfen (6 mai 1622)

Nous sommes le 6 mai 2020. Il y a 398 ans exactement, Ligue catholique et Union protestante s’opposèrent sur le champs de bataille de Wimpfen.

Le 6 mai 1622, l’armée de la ligue catholique du comte jean Tzerclaes de Tilly et de don Gonsalvo de Cordoba (18 000 hommes) rencontre l’armée badoise de Georg Friedrich, margrave de Bade-Durlach (12 700 hommes).

Le comte Palatin ayant été fait roi de Bohême, l’archiduc Ferdinand, empereur du Saint-Empire germanique avait fait appel à l’armée de la ligue catholique commandée par le comte de Tilly. En 1620, la bataille de la Montagne blanche avait vu la défaite des protestants du « roi d’un hiver ».

Le 3 mai 1622, les corps réunis de Georg Friedrich, margrave de Bade-Durlach et Mansfeld, ayant fait leur jonction, totalisent plus de 25 000 hommes. Les deux hommes tentent alors d’empêcher Tilly et Cordoba de réunir leurs forces, sans succès. Face aux 18 000 hommes de la ligue catholique, le précautionneux Mansfeld ne se sent pas assez fort pour attaquer. Il pense alors rediviser les forces de l’union protestante en divisant les siennes. Le 4 mai, Il essaie donc d’attirer Cordoba vers Ladenburg et laisse le corps de Bade-Durlach, solidement retranché, à Wimpfen. Le lendemain, une fois Mansfeld assez loin, et après s’être assuré que cette manœuvre n’est pas un piège, Tilly, flairant l’opportunité, décide d’attaquer les Badois.

La position de Bade-Durlach est solide : des chariots de combats et ses chariots de bagage ont été disposés devant ses lignes en un demi-cercle de deux kilomètres de long. Son aile gauche s’appuie sur un petit bois et le village de Biberach alors qu’un plaine s’étend entre la droite des wagons et le village d’Ober Eisesheim (250 mètres plus loin), sur la rivière Neckar. Son dos est couvert par un ruisseau et des marais. Mais en se positionnant ainsi, Bade-Durlach a laissé les hauteurs à Tilly et Cordoba. Le margrave a placé autour de 2 000 mousquetaires détachés derrière les chariots plus six demi-canons et deux faucons. Le reste des mousquetaires sont placés dans les bois et dans Biberach. Cinq des six bataillons sont alignés à 50 mètres derrière les chariots. Le sixième bataillon (du régiment Helmstadt) est placé dans le village d’Ober Eisenheim. Un escadron de cavalerie est placé à l’aile gauche, deux escadrons entre les chariots et Ober Eisesheim, les six escadrons restant étant placés en réserve, derrière l’infanterie.

Tilly et Cordoba se déploient alors sur la colline boisée de Dornet Wadd, à deux portées de mousquet des chariots. Tilly occupe l’aile gauche de l’armée, avec quatre bataillons en première ligne, deux en seconde ligne, quatre escadrons de cavalerie sur sa gauche et deux escadrons en réserve. Cordoba tient l’aile droite, ses trois bataillons disposés en une ligne (son tercio wallon n’est pas présent) et sa cavalerie protégeant sa droite.

La journée du 5 mai se termine par quelques tirs d’artillerie et escarmouches de cavalerie. Le lendemain, une fois que ses hommes se sont bien rassasiés, la cavalerie commence la journée par des escarmouches et un duel d’artillerie s’engage. Des deux côtés, les boulets tracent des sillons sanglant dans les rangs profonds de l’infanterie. Vers 11 heures, Tilly lance sa première ligne pour tester les défenses ennemies. La seconde ligne et Cordoba avancent en soutien. A 100 mètres, les catholiques sont accueillis par un feu terrible de mousqueterie et d’artillerie qui les font reculer. Alors que Tilly reforme sa première ligne, Cordoba est informé que Mansfeld a soudainement fait demi-tour et approche. Fausse alerte.

Il est 12h30. Rassuré du côté de Mansfeld, Tilly ordonne une pause repas. Bade-Durlach en profite pour faire de même et rappelle ses mousquetaires placés dans le bois à droite. Grosse erreur : Cordoba en profite pour faire occuper le bois par ses propres mousquetaires. Bade-Durlach monte donc une attaque combinée de mousquetaires et de cavalerie (six escadrons) pour reprendre le bois, position qu’il sait stratégique. Les fiers vétérans espagnols repoussent plusieurs les attaques jusqu’à ce que, renforcés par les bataillons de Saxe-Weimar, les protestant parviennent à reprendre le bois.il est 14 heures. Tilly et Cordoba ont redéployé leur infanterie afin de mener un deuxième assaut sur les chariots. A peine ce déploiement terminé, le sol vibre sous l’impact de milliers de sabots qui trottent. Vers 14h15, Bade-Durlach a lancé, sur sa droite, une charge de cavalerie. Un mur de 2 700 cavaliers (sur les 3 300), alignés 250 de front sur six rangs, s’avance vers eux. Bade-Durlach mène le premier échelon, Streiff le second. Le régiment de cavalerie de Maestro qui tient l’aile gauche catholique est surpris : il est repoussé sur les escadrons d’Eynatten et de Schonberg. En un clin d’œil, l’aile gauche de la ligue se dissout. Streiff en profite pour faire pivoter ses escadrons à gauche. L’infanterie de Tilly se voit attaquée sur son front et son flanc gauche. La batterie d’artillerie la plus à gauche est prise. Le régiment le plus à gauche, Schmidt, réagit vite : il se forme en « couronne » et résiste ainsi, tel un fortin.

Alors que les bataillons de Tilly stoppent leur progression afin de faire face à la menace, Cordoba poursuit sa progression et arrive à portée de mousquet de la ligne de chariots. Le feu terrible de mousqueterie qui s’ensuit provoque la retraite des deux régiments allemands (Emden et Bauer). Mais le tercio de Naples, fidèle à sa réputation, tient le choc.

La charge de la cavalerie protestante s’étant épuisée, Cordoba prend la tête de ses cuirassiers wallons et leur ordonne de charger les escadrons de Streiff les plus proches… ce qu’ils refusent de faire ! Heureusement, sans soutien d’infanterie, les escadrons de Bade-Durlach et Streiff se dispersent peu à peu. Ainsi, face à une infanterie catholique affaiblie, Bade-Durlach ne saura profiter de l’occasion.

La résistance héroïque du tercio de Naples et du régiment de Schmidt vont laisser le temps aux catholiques de reprendre l’initiative. Tilly et Schonberg à l’aile gauche, Cordoba et Bauer à l’aile droite parviennent à rallier leurs unités. Il est 15h30 et Tilly lance sa contre-attaque. Alors que les arquebusiers montés de Neu-Herbersdorf et les cuirassiers wallons repoussent les escadrons éparpillés de  Bade-Durlach, le bataillon de Schmidt reprend les pièces d’artillerie perdue et le reste de l’infanterie repart à l’attaque du mur de chariots. Le duc Magnus de Wurtemberg, un des commandants de cavalerie protestante tombe, percé de deux coups de pistolets et les escadrons de Bade-Durlach rompent. L’infanterie catholique prend alors les chariots d’assaut. Un chariot chargé de poudre, malencontreusement placé trop en avant, explose sous les tirs, laissant un trou béant au milieu des retranchements. C’en est de trop pour les mousquetaires protestants qui refluent vers leur soutien d’infanterie. Alors que les deux bataillons protestants de droite et de gauche (Helmstadt et Goldstein) se forment en hérisson pour se protéger de la cavalerie, les trois bataillons du centre, pris sous le feu de l’artillerie que Tilly a retourné contre eux., se dissolvent. Goldstein et Helmstadt résistent encore mais ils seront bientôt débordés. La défaite est consommée : on compte 2 000 morts et 1 100 prisonniers du côté des protestants contre 600 morts et 1 200 blessés côté catholique. Dix drapueaux seront pris, plus 10 canons, 3 mortiers, 70 chariots de combat le bagage et 100 000 thalers en cash.

 

L’armée du margrave de Bade-Durlach : 9 400 fantassins en 6 bataillons, 3 300 cavaliers en 8 escadrons, 80 canons

Première ligne : chariots, 2 000 mousquetaires et 80 canons (70 sur les chariots de combats, 2 canons, 6 demi-canons et 2 faucons).

Deuxième ligne : 6 bataillons des régiments de (de gauche à droite) Goldstein, Saxe-Weimar, Bade, Wurtemberg et Helmstadt (2 bataillons dont un dans Ober Eisesheim) ; 3 escadrons de cavalerie (un à gauche de l’infanterie et deux à droite dans la plaine).

Troisième ligne : 5 escadrons de cavalerie.

Les escadrons sont formés à partie de 6 régiments de cavalerie sont – régiments de Gardes (Stein, 2 compagnies), du Rhingrave (7 compagnies), de Wurtemberg (duc Magnus, 5 compagnies), de Saxe-Weimar (4 compagnies), de Goldstein (3 compagnies) et de Streiff (10 compagnies) – plus 4 compagnies de lorrains et une compagnie de gardes du corps.

Pour LM Tercios : en enlevant les 2 000 mousquetaires, les 6 bataillons d’infanterie comptent 1233 hommes chacun et les 8 escadrons de cavalerie sont en moyenne à 412 chevaux chacun.

Les bataillons d’infanterie sont classic squadron (et non reformed bataillons) et les escadrons de cavalerie sont cuirassiers. Les 2 000 mousquetaires peuvent être organisés en 4 shot company, musketeers. Prendre 2 canons moyens pour l’artillerie et 10 canons légers pour les chariots, le tout retranché (covered et protected). Trois des 4 compagnies de mousquetaires sont à intercaler entre l’artillerie et sont donc aussi retranchées (fortified), la quatrième est à placer dans le bois de gauche.

 

L’armée de la Ligue catholique et d’Espagne (Tilly et Cordoba) : 13 000 fantassins en 9 bataillons, 5 000 cavaliers en 16 escadrons, 10 canons

Aile droite (Cordoba) : 4 000 fantassins en 3 bataillons, 2 100 cavaliers en 10 escadrons et 4 canons.

Extrême droite : 22 compagnies de cavalerie wallonne (Berenguer) en 10 escadrons sur deux ou trois lignes.

Droite : 3 bataillons d’infanterie du tercio de Naples et des régiments allemands d’Emden et de Bauer (4 000 hommes au total) et 4 canons (deux lourds et deux légers).

Aile gauche (Tilly) : 9 000 fantassins en 6 bataillons, 2 900 cavaliers en 6 gros escadrons et 6 canons (4 lourds et 2 légers).

Première ligne (de gauche à droite) : 2 escadrons de cavalerie du régiment de cavalerie Maestro, 4 bataillons d’infanterie des régiments Schmidt, Mortaigne, Haimhausen et Furstenberg. Un escadron de 200 croates.

Seconde ligne (de gauche à droite) : 2 escadrons de cavalerie des régiments Schonberg et Eynatten), 2 bataillons d’infanterie des régiments Buningen et Hohenzollern.

Troisième ligne : 2 escadrons de cavalerie, en échelon derrière les 2 bataillons de seconde ligne, des régiments d’arquebusiers Neu-Herbersdorf (à gauche) de cuirassiers Alt-Herbersdorf (à droite).

Pour LM Tercios : les 9 bataillons sont à 1445 hommes chacun, les escadrons de cavalerie de la ligue à 483 chevaux chacun et les 10 petits escadrons wallons à 210 hommes chacun. Pour simplifier, regrouper les escadrons wallons par deux et ne garder au total que 11 escadrons (au lieu de 16).

Le tercio de Naples est tercio viejo field square, les autres régiments (allemands et bavarois) sont tercio. Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers sauf l’escadron Neu-Herbersdorf qui est mounted arquebusiers. Pour l’artillerie, prendre 2 canons moyens (un dans le corps de Cordoba et un dans le corps de Tilly).

Vue du champ de bataille (les protestants sont à gauche) :

Vision moins claire, le champ de bataille vu des lignes catholiques :

 

Stéphane Thion (d’après W. P. Guthrie)

La bataille de Jankaw (6 mars 1645)

La bataille de Jankaw (6 mars 1645)

Au début de 1645, alors qu’Axel Lilienstern inquiète la Saxe électorale et que Koenigmark occupe la région de Brême, Torstenson pénètre en Bohême avec 16 000 hommes et 80 pièces d’artillerie. L’empereur Ferdinand réagit : Hatzfeld, remplaçant l’inefficace Gallas à la tête de l’armée, réunit des forces austro-bavaroises : le corps de Götz (8 à 10 000 hommes) est rappelé de Hongrie, des unités saxonnes et l’armée bavaroise de Mercy et de Werth (4 000 hommes) viennent renforcer les corps impériaux. Sur les ordres de l’empereur, Hatzfeld se lance à la poursuite des suédois et se présente, le 24 février 1645 à Jankaw (ou Jankowitz), à la tête de 16 000 hommes (10 000 impériaux, 5 000 bavarois et plus de 1 000 saxons). Face à une telle armée, Torstenson ne peut réunir que 15 000 hommes (8 100 cavaliers, 6 100 fantassins et 800 dragons). Torstenson reconnait dans une lettre que le terrain était très défavorable. Mais, pressé par l’ennemi qui le poursuit, il décide d’accepter la bataille.

L’aile droite impériale, est formée de cavalerie sous de Werth. Le centre, commandé par Suys, est composé de l’infanterie. L’aile gauche de cavalerie, commandée par Götz est placée derrière un bois. L’aile droite suédoise est composée de cavalerie, commandée par Wittenberg et Torstenson. L’infanterie au centre est commandée par le général Mortaigne. L’aile gauche de cavalerie est commandée par Douglas.

L’aile gauche impériale commandée par Götz prend l’offensive mais se trouve désorganisée en traversant le bois. Wittenberg traverse alors la rivière Jankowa sur sa droite , se place sur la colline Chapel, à l’extrême droite, et repousse la cavalerie impériale. Celle-ci reflue alors sur les hauteurs en laissant son commandant, Götz, mort sur le terrain. L’aile gauche impériale parvient néanmoins à se reformer en bataille sur la colline derrière le bois.  Hatzfeld avait fait suivre Götz par l’infanterie de Suys pour le soutenir. Si l’infanterie parvint à traverser le bois en bon ordre, l’artillerie ne parvint pas à suivre (9 pièces et toutes les munitions restèrent empêtré dans le bois). Les combats qui s’ensuivent dans les bois verront néanmoins la supériorité suédoise de feu annulée. Les Suédois poussent alors en avant et combattent sans relâche. Il faudra 3h30 (de 8 heures du matin à 11 heures 30), pour qu’ils parviennent à repousser l’attaque impériale. La capacité des suédois à se reformer rapidement aura été décisive. Mais si, à 11h30, Hatzfeld a ordonné la retraite, c’est pour reformer son armée sur sa seconde ligne, derrière le bois. Mais il n’a plus d’artillerie : 9 pièces (sur 26) et pratiquement toutes les munitions ont été perdues dans le bois.

Hatzfeld a fait pivoter sa ligne de front de 90° en arrière. Son aile droite, composée des rescapés démoralisés du corps de Götz et commandée par Bruay, est dorénavant appuyée sur la Jankowa. Son centre est toujours formé par l’infanterie de Suys et son aile gauche est dorénavant formée par la cavalerie de de Werth. A la grande surprise du général impérial, Torstenson fait alors placer une batterie d’artillerie, renforcée des prises ennemies, sur une colline face à la jonction de l’aile droite et du centre des impériaux. Ceux-ci, n’ayant plus aucune puissance de feu pour répondre, vont créer des sillons sanglants dans les rangs des bataillons de Suys. La première charge des escadrons de Douglas fait reculer les escadrons de Bruay derrière l’infanterie. Douglas lance alors 3 escadrons sur le brigade Zuniga qui, après avoir repoussé une première charge, rompt à la seconde. Douglas taille en pièce cette brigade et déborde toute l’aile droite impériale. Au centre, l’infanterie de Suys était parvenue à repousser l’infanterie de Mortaigne. Et sur l’aile droite impériale, de Werth a fait avancer si rapidement son aile de cavalerie qu’il parvient à surprendre la cavalerie de Wittenberg qui n’avait pas terminé de se réorganiser. De Werth parvient ainsi à repousser l’aile droite suédoise en lui infligeant de lourdes pertes. Il parviendra même à atteindre les bagages des suédois et à faire prisonnier la femme de Torstenson. Malheureusement, alors que de Werth aurait pu tourner toute l’aile droite suédoise, les bavarois ne surent résister à la tentation du pillage. Cinq escadrons seulement continueront leur marche. Mais le mal était fait. Plusieurs escadrons suédois ayant eu le temps de se reformer, et la seconde ligne étant restée intacte, Wittenberg lance une contrattaque et prennent, à leur tour, les bavarois par surprise. Ceux-ci se dispersent avec le butin qu’ils ont réussi à garder, et la femme de Torstenson est libérée. L’infanterie saxonne qui soutenait l’infanterie impériale, au centre, voyant les deux ailes impériales défaites, décide de battre en retraite, abandonnant l’infanterie impériale à son sort. A 16 heures, tout est terminé.

Ce jour-là, les suédois feront 4 000 prisonniers et six généraux impériaux dont Hatzfeld et Mercy, et prendront 77 drapeaux et étendards et 26 canons. Le maréchal Götz, le comte Bruay et le jeune Piccolomini y trouveront la mort.

Jankaw fut la dernière et la plus belle des victoires de Torstenson. Torstenson, l’un des meilleurs généraux suédois de l’époque était réputé pour son habileté à manœuvrer l’artillerie. La victoire de Jankaw fut attribuée à cette supériorité.

Armée impériale (Hatzfeld) : 10 500 cavaliers en 50 escadrons (210 chevaux par escadron), 5 000 fantassins en 6 brigades (833 hommes par bataillon), 500 croates et dragons, 26 canons, pour un total de 16 000 hommes.

Aile droite : cavalerie de de Werth (23 escadrons) :

Première ligne (Werth) : 12 escadrons bavarois formés des cuirassiers de Lapierre (2 escadrons), Alt-Kolb (2), Fleckenstein (2) et Gayling (3) et des arquebusiers à cheval d’Alt-Werth (2) et Sporck (1).

Seconde ligne (Trauditsch) : 3 escadrons impériaux formés des cuirassiers de Trauditsch (2) et de Pompeji (1).

Troisième ligne (H. Mercy) : 8 escadrons impériaux formés des cuirassiers de Jung-Nassau (2), Waldeck (2), Beck (2) et Hatzfeld (2)

Flanqueurs : croates

Centre : infanterie de Suys (6 brigades, 6 escadrons et 26 canons)

Première ligne : 6 brigades (bataillons) et 26 canons des brigades Zuniga (1000h), Zaradetzky (1000h), Suys (1000h), Holz (bavarois, 650h), Ruischenberg (bavarois, 700h) et Gil de Haas (bavarois, 650h). L’artillerie est composée de 4 pièces de 12 livres, 2 pièces de 6 livres et 20 pièces de 3 livres.

Deuxième ligne (Callenberk) : 6 escadrons saxons formés des régiments de cavalerie (demi-cuirasseirs) Callenberk (2 escadrons), Hanau (1), Schleinitz (1), Gersdorff (1) et Rukert (1).

Aile gauche : cavalerie de Götz (21 escadrons)

Première ligne (Bruay et Bassompierre) : 12 escadrons de cuirassiers impériaux de Pallavicini (3 escadrons), Henet (2), Neu-Piccolomini (3), Piccolomini (3), et pompeji (1).

Seconde ligne (Pompeji) : 9 escadrons de cuirassiers impériaux de Tapp (1 escadron), Bruay (2), Gonzaga (3), Salm (2) et Pompeji (1).

Flanqueurs : dragons.

Pour LM Tercios, les 18 bataillons d’infanterie sont classic squadron modernised, musket only.

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons de demi-cuirassés saxons sont modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusier, arquebus & pistol. Il est très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers) : si vous convenez de cette hypothèse, passez tous les régiments en modern cavalry demi-cuirassiers. Les escadrons de croates sont light horse, les régiments de dragons sont dragoons.

L’artillerie est composée d’un canon moyen et 3 canons légers.

Armée suédoise (Torstenson) : 16 000 hommes formés de 8 130 chevaux 47 escadrons de cavalerie (173 chevaux par escadron), 6 135 hommes en 8 brigades d’infanterie  (767 hommes par bataillon), 920 mousquetaires en 23 détachements et 60 canons.

Aile droite : cavalerie de Wittenberg (24 escadrons, 12 détachements de mousquetaires et 12 canons)

Première ligne (Wittenberg) : 13 escadrons et 12 détachements de 40 mousquetaires avec un canon léger de 3 livres placés entre les escadrons ; escadrons des régiments de Fritzlaw (2 escadrons), Raabe (1), Margrave (2), Karl Gustav / Courlande (2), Jordan (2), Wittenberg (2) et gardes de Torstenson (600).

Seconde ligne (Goldstein) : 11 escadrons des régiments de Wiitkopt (2), Rochow (2), Axel Lillie (1), Galbrecht (2), Goldstein (2) et Derfflinger (2).

Centre : infanterie de Mortaigne (8 bataillons/brigades et 37 canons)

Première ligne (Mortaigne) : 6 bataillons et 33 canons des régiments de Wolckmar (676h), Paikull et Seestedt (955h), Mortaigne (670h), Wrangel et Linde (810h), gardes de Torstenson (776h, ancien Alt-Blau), ribbing et Stalarm (500h). Chaque brigade a 2 ou 3 pièces de 3 livres et le front de l’infanterie est couvert de 8 pièces de 24 livres et 10 pièces de 12 livres.

Seconde ligne : 2 bataillons et 5 canons de 3 livres (2-3 par bataillon) formés des régiments Lewenhaupt et Jordan (985h) et Axl Lillie et Koppy (763h).

Aile gauche : cavalerie de Douglas (23 escadrons, 11 détachements de mousquetaires et 11 canons)

Première ligne (Douglas) : 12 escadrons et 11 détachements de 40 mousquetaires avec un canon léger de 3 livres placés entre les escadrons ; escadrons des régiments Landgrave (3 escadrons), Horn (2), Hammerstein (2), Douglas (2), d’Avangour (1) et Tideman (2).

Seconde ligne : 11 escadrons des régiments Muller (2), Pentz (1), Reuschel (2), Butler (1), Riesengrun (2), Dannenberg (1) et Reichart (2).

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie suédois sont des bataillons modern squadrons avec regimental gun. Le reste de l’artillerie est composée d’un canon lourd et deux canons moyens.

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom). Les petits détachements de mousquetaires (commanded shot) sont à simuler en les regroupant : 5-6 détachements réels de 40 hommes peuvent être simulés par une compagnie de mousquetaires command shot avec regimental gun, pour un total de 4 de ces unités (2 sur chaque aile de cavalerie).

Attention, toutes les unités d’infanterie suédoises avec regimental gun risquent de décoiffer !

Ci-dessus : plan de déploiement original.

Quelques cartes pour vous aider à préparer le terrain :

Phase d’approche :

Attaque dans le bois (les collines sont celles d’en bas sur la carte précédente) :

Ci-dessus : une autre représentation du combat sur l’aile droite.

Ci-dessous : plan simplifié d’après Guthrie (The later Thirty years War) :

Bien sûr, cela fait beaucoup de figurines à peindre : N’hésitez donc pas à diviser par 2 ou 3 ces nombres de bataillons et escadrons.

Stéphane Thion

Ordre de bataille d’après William P . Guthrie (1953).

La bataille d’Allerheim ou Nördlingen (3 août 1645)

La bataille d’Allerheim ou Nördlingen (3 août 1645)

 

Ci-dessus : Condé (qui n’est encore que duc d’Enghien en 1645)

La bataille d’Allerheim est intéressante à plus d’un titre. Elle est probablement à l’origine d’un tournant dans la carrière de deux des plus grands généraux français. Il s’agit de la troisième bataille (après les deux journées de Fribourg en 1644) qui voit le duc d’Enghien et Turenne affronter, côte à côté, un des plus grands généraux bavarois : Gaspard de Mercy. Et ce sera la troisième bataille, après ces deux journées de Fribourg, a se terminer en de demi-succès (ou demi-échecs) même si la seconde journée de Fribourg et Allerheim sont considérées comme des victoires françaises, le champ de bataille restant à Enghien et Turenne. Fribourg et Allerheim seront en effet des victoires à la Pyrrhus (voire des boucheries, il ne restera que 1500 fantassins français opérationnels le lendemain d’Allerheim) face à Mercy, excellent général et, dans les deux cas, très bien retranché. La victoire d’Allerheim est par ailleurs probablement due à la mort de ce général, dès le début de la bataille.

Ces trois batailles sont intéressantes à double titre : (1) elles révèlent la formidable énergie du futur Condé et de Turenne ainsi que leur capacité à prendre des décisions. Rocroi fut la première bataille commandée par le duc d’Enghien et il était bien conseillé. Turenne obtient son premier grand commandement en 1643, en remplacement de Guébriant à la tête de l’armée d’Allemagne. Les années 1644 et 1645 sont donc de vrais tests et ces tests, contrairement aux apparences, sont plutôt réussis ; (2) en second lieu, Enghien comme Turenne vont énormément apprendre lors de ces deux années. La superbe victoire de Condé à Lens (1648) voit le duc devenu prince refuser d’attaquer un ennemi bien retranché et l’attirer en plaine. A l’issue d’une superbe campagne, l’année 1646 verra Turenne aller à l’aide des Suédois et mettre la Bavière à genou sans livrer une seule bataille. Un exploit peu connu et exceptionnel. Jetons donc un coup d’œil à cette bataille d’Allerheim, aussi appelée seconde Nördlingen, qui aura eu un impact majeur sur les carrières de ces deux superbes commandants.

Ci-dessus : Turenne

3 août 1645 : La bataille

Après sa défaite à Fribourg le général bavarois Mercy se retire vers Dinkelpuhel. Enghien et Turenne le suivent. Les escadrons de Mercy refluent devant l’armée française. Le 3 août 1645 vers 9 heures du matin, l’armée française débouche dans la plaine de Nördlingen. Mercy qui vient d’être rejoint par le corps impérial de Gleen (6 à 7 000 hommes), est persuadé que les français n’attaqueront pas ce jour-là. Il se retranche sur une montagne, à 400 pas derrière un ruisseau et le village d’Allerheim. Il place le corps impérial sur son aile droite, ses bavarois occupant le centre, derrière le village et sur l’aile gauche. Quelques mousquetaires commandés occupent l’église du village. A midi, l’armée française débouche dans la plaine. Le déploie va prendre du temps. L’intention du duc d’Enghien est de prendre le village afin de ne pas désarticuler ses deux ailes de cavalerie.

Il est 17 heures : le duc d’Enghien fait canonner le village puis il le fait attaquer par quelques bataillons de Marsin. Les premiers retranchements sont forcés mais les mousquetaires positionnés dans le village repoussent cette attaque par une violente décharge. Le duc d’Enghien, soutenu par Turenne, lance un second puis un troisième assaut, dont il prend la tête, sans plus de succès. Enghien a deux chevaux légers sous lui. Mercy s’écrit alors : Dieu a tourné la tête aux français, ils vont être battus ! Prenant la tête de l’infanterie, il attaque à son tour le village. Mais il est tué à la tête de ses hommes. Les Bavarois, rendus fous de rage par la mort de leur général, taillent l’infanterie française en pièces. Sur l’aile gauche bavaroise, la cavalerie de Jean de Werth charge et enfonce son homologue française. Grammont tente de stopper la cavalerie bavaroise en engageant la réserve de Chabot, sans succès. Sur l’aile gauche française, Turenne gravit la colline, malgré les décharges continuelles de leur artillerie, et charge l’aile droite bavaroise.

A l’aile gauche, Turenne gravit la montagne à la tête de 8 ou 9 escadrons mais se fait accueillir par un feu nourri. Il s’aperçoit alors que le centre et l’aile droite de l’armée française sont en déroute. Heureusement, de Werth se laisse emporter inconsidérément dans sa poursuite.  Après plusieurs charges, Turenne parvient à passer la première ligne bavaroise mais Gleen s’avance à la tête de la seconde ligne.

Il reste le corps hessois de Geyso. Turenne et Enghien lancent ce corps à l’attaque. Les escadrons et bataillons de Gleen sont rompus. Turenne retourne l’artillerie contre les Bavarois et prend les derniers défenseurs de flancs. Les régiments qui s’étaient retranchés dans l’église et le cimetière se rendent, les autres se retirent. C’est alors que Jean de Werth revient avec sa cavalerie victorieuse, mais il est trop tard.

À minuit, tout est fini. A une heure, de Werth profite de la nuit pour se retirer et regagner Donauwörth avec les restes de l’armée, poursuivi par Turenne. Toute l’aile droite française a été très malmenée. Trois à quatre milles hommes sont morts sur le champ de bataille. A l’inverse, l’aile droite bavaroise et impériale a beaucoup souffert. Mais globalement, les pertes françaises sont supérieures : « On fut quelques jours sans pouvoir mettre ensemble plus de douze ou quinze cents hommes de pied de toute l’infanterie française » écrira Ramsay dans les mémoires de Turenne.

 

L’armée alliée : 7800 fantassins en 20 bataillons (390 hommes par bataillon), 9200 cavaliers en 40 escadrons (230 chevaux par escadron) et 27 canons

L’armée de Condé comptait 3 contingents : les restes de l’armée d’Allemagne de Turenne (5,000 hommes), l’armée de France de Gramont (6,000 hommes) et l’armée Hessoise de Geiso (6,000 hommes), pour un total de 17 000 hommes. L’armée alliée compte au total 7800 fantassins (20 bataillons), 9200 cavaliers (40 escadrons) et 27 canons (vraisemblablement des nouvelles pièces de 4 ou de 8 livres).

Armée de France (Enghien) : 11 bataillons d’infanterie totalisant 3 300 hommes et 17 escadrons de cavalerie formés à partir de 11 régiments, pour un total de 2 700 chevaux.

Armée d’Allemagne (Turenne) : 3 bataillons d’infanterie totalisant 1500 hommes et 13 escadrons de cavalerie formés à partir de 10 régiments de cavalerie, pour un total de 3 500 chevaux.

Armée hessoise (Geiso) : 6 régiments d’infanterie formant 6 bataillons faisant 3 000 fantassins et 10 escadrons de cavalerie formés à partir de 6 régiments, pour un total de 3 000 chevaux. L’armée Hessoise a été formée à la fin de 1631 sur le modèle suédois (en termes d’organisation et de tactique de combat).

En moyenne, les bataillons français sont à 343 hommes et les escadrons français et weimariens à moins de 207 chevaux. Les bataillons hessois sont à 500 hommes et les escadrons à 300 chevaux.

Déploiement de l’armée, de gauche à droite :

Aile gauche française (Turenne)

Première ligne : 7 escadrons de cavalerie des régiments Russwurm (weimariens, 1 esc), Mazarin (allemands, 1 esc), Taupadel (weimariens, 1 esc), Tracy (1 esc), Turenne (franco-allemands, 1 esc), Oysonville (1 esc) et Beauveau (1 esc).

Seconde ligne : 5 escadrons des dragons de Rosen (weimariens) et des régiments de cavalerie weimariens Alt-Rosen, Fleckenstein et Kanoffsky (2 escadrons).

Troisième ligne : 2 escadrons des régiments de cavalerie weimariens Ohm et Betz, et corps hessois de Geiso : 2 escadrons du régiment de cavalerie Rauchhaupt, 2 escadrons du régiment de cavalerie Schwer, 6 bataillons d’infanterie des régiments Franc, Lopez, Uffel, Wrede, Staufer et Kotz, 2 escadrons de cavalerie du régiment Bruckhurst, 2 escadrons du régiment Groot, 2 escadrons des gardes du corps de Geiso.

Centre (Enghien) :

Première ligne : 7 bataillons d’infanterie des régiments Bellenave, Oysonville, Mazarin français, Mazarin italien, Conti, Enghien et Persan.

Seconde ligne : 3 bataillons d’infanterie des régiments Gramont, Le Havre et Montausier.

Troisième ligne : 3 escadrons de gendarmes.

Aile droite (Gramont) :

Première ligne de cavalerie : 1 escadron de gardes du corps d’Enghien et 1 escadron de carabins d’Arnaud.

Seconde ligne de cavalerie :  6 escadrons des régiments de cavalerie Gramont, Mazarin (2 escadrons), et Enghien (3 escadrons).

Troisième ligne de cavalerie : 4 escadrons des régiments de cavalerie Gramont, Chambre, Boury, et La Clavière

Quatrième ligne, corps de Chabot (4 bataillons et 4 escadrons) : 2 escadrons de cavalerie weimarienne Neu-Rosen, 4 bataillons d’infanterie des régiments Trousses, Wahl (irlandais), Fabert, et de la garnison de Lorraine, et 2 escadrons du régiment de cavalerie Marsin.

Remarque : selon une carte allemande que vous trouverez ci-dessous, la cavalerie du centre et de l’aile droite française est placée de façon légèrement différente.

 

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie alliés (y compris hessois) sont des bataillons réformés modernisés (musket only).

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) à l’exception des escadrons de gardes et de gendarmes qui sont modern cavalry gendarmes (voir extension Kingdom) et les carabins qui sont mounted arquebusiers.

Les 27 pièces d’artillerie peuvent être simulés par 5 canons légers (light artillery).

Quelques drapeaux (supposés) de régiments d’infanterie présents à Allerheim :

Mazarin-Italien (ex-Languedoc)

Montausier

Enghien

Mazarin-français

 

Persan

Conti

 

L’armée bavaroise : 8800 fantassins en 14 bataillons (630 hommes par bataillon), 7200 cavaliers en 39 escadrons (185 chevaux par escadron) et 28 canons

L’armée bavaroise et impériale compte au total 16 000 hommes (4,500 impériaux et 11,500 bavarois) dont 8,800 fantassins, 7,200 cavaliers et 28 canons. Elle se décompose en 14 bataillons soit 630 hommes par bataillon (7 bataillons bavarois et 7 impériaux) et 39 escadrons (31 escadrons bavarois et 8 impériaux) de 185 chevaux en moyenne.

Déploiement de l’armée, de gauche à droite :

Aile gauche (de Werth) :

Première ligne : 9 escadrons de cavalerie : Lapierre (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Sporck (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Fleckenstein (cuirassiers bavarois, 2 escadrons) et de Werth (arquebusiers bavarois, 2 escadrons).

Seconde ligne : 8 escadrons de cavalerie : Sporck (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Fleckenstein (cuirassiers bavarois, 1 escadron), Salis (demi-cuirassiers bavarois, 2 compagnies), de Werth (arquebusiers bavarois, 1 escadron).

Troisième ligne à l’extrême gauche : Lapierre (dragons bavarois, 2 escadrons).

Des unités d’infanterie se trouvent dans le château d’Allerheim (à l’extrême gauche), et dans le village d’Hunnerberg (derrière les dragons de Lapierre) : 2 bataillons des régiments bavarois de Winterscheid et Puech occupaient le château d’Allerheim.

Centre (Mercy) :

Première ligne (en retrait, entre les deux premières lignes des ailes de cavalerie) : 7 bataillons : Royer (bavarois), Kolb (bavarois), Halir (impériaux), Gold (bavarois), H. de Mercy (bavarois), Cobb (bavarois), Bournonville-Hennin (impériaux polonais).

3 bataillons des régiments impériaux de Ruischenberg, Marimont et F. Mercy se trouvent dans le village d’Allerheim.

Seconde ligne (un peu en arrière des secondes lignes des ailes) : 6 escadrons de cavalerie :  Salis (demi-cuirassiers bavarois, 1 escadron), Jung-Kolb (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Gil de Haas (cuirassiers impériaux, 1 escadron), et compagnies franches bavaroises (2 escadrons).

Aile droite (Gleen) :

Première ligne : 10 escadrons de cavalerie et 2 bataillons d’infanterie : croates de Marcovich (impériaux, 1 escadron), Hollstein (cuirassiers impériaux, 2 escadrons), Hyller ou Heillen (2 escadrons), Gayling (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Cosalky (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Alt-Kolb (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), régiments d’infanterie Plettenberg (impériaux, 1 bataillon) et Mandesloe (impériaux, 1 bataillon).

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie : Hollstein (cuirassiers impériaux, 1 escadron), Hyller ou Heillen (1 escadron), Gayling (cuirassiers bavarois, 1 escadron), Stahl (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Alt-Kolb (cuirassiers bavarois, 1 escadron).

Les 28 canons se répartissent probablement en 4 demi-canons de 24, 6 demi-couleuvrines de 12, 12 faucons de 5 et 6 fauconneaux de 2-3 livres. Ils étaient déployés en 7 batteries : 1 de 6 pièces dans Allerheim, 1 de 5 sur le Weinberg, 1 de 3 dans le château, 1 de 4 pièces avec Werth, 1 de 3 pièces avec le centre d’infanterie et 2 batteries de 4 et 3 pièces avec la cavalerie de Gléen. Les 4 dernières étaient probablement les faucons et fauconneaux.

Pour LM Tercios, les 18 bataillons d’infanterie sont classic squadron modernised, musket only. Il est possible de passer les bataillons d’infanterie en large squadron afin de simuler la différence de taille moyenne entre bataillons bavaro-impériaux et franco-hessois mais cela risque de déséquilibrer la partie, l’infanterie de Mercy étant déjà bien retranchée. L’infanterie bavaroise est ainsi covered et protected et l’artillerie est fortified.

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons de demi-cuirassés sont modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusier, arquebus & pistol. Il est très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers) : si vous convenez de cette hypothèse, passez tous les régiments en modern cavalry demi-cuirassiers. Les escadrons de croates sont light horse.

Les 28 pièces d’artillerie peuvent être simulées par 5 pièces d’artillerie : une heavy artillery, 3 medium artillery et une light artillery.

Bien sûr, au vu des effectifs, vous pouvez diviser les effectifs ou le nombre d’unités par 2 ou 3.

Pour les éléments du champ de bataille, je vous laisse vous inspirer des cartes ci-dessous.

 

Stéphane Thion

La bataille de Lutter am Barenberg (27 août 1626)

La bataille de Lutter am Barenberg (27 août 1626)

Suite à la défaite du Rhingrave à Calenberg, en juillet 1626, et la perte de Göttingen, le roi Christian IV de Danemark concentre son armée entre Wolfenbüttel et Goslar. Alors que Tilly met le siège devant Northeim, le roi du Danemark part au secours de la ville, à la tête de 16 000 fantassins, 90 cornettes de cavalerie et 25 pièces d’artillerie. Dans un premier temps, Tilly recule devant l’avant-garde danoise puis, à partir du 22 août, ayant réuni ses forces, il reprend énergiquement l’offensive. Christian, intimidé, retraite alors vers Wolfenbüttel. Le 25 août au soir, l’avant-garde catholique rejoint l’arrière-garde du roi, ce qui donne lieu à des escarmouches. Le 26 au matin, Christian IV reprend sa retraite mais, pressé de près par l’avant-garde catholique, il doit faire face et se mettre en bataille. Il est trop tôt pour Tilly, qui doit attendre son infanterie. Après une brève canonnade, les Danois reprennent leur retraite. Le 27, alors qu’il progresse vers le défilé de Walmoden, ayant à sa gauche une colline boisé et à sa droite une plaine marécageuse qui s’étend vers Langelsheim, Christian IV fait mettre son armée en bataille, derrière un ruisseau qui se jette dans la rivière Neile, son aile droite orientée vers Muhle et dominée, derrière, par le château de Lutter.
Tilly fait arrêter son avant-garde et, en attendant que toutes ses troupes rejoignent, fait canonner l’ennemi. À midi, les deux armées se font face, alignées en bataille. Tilly lance son infanterie dans le vallon et envoie sa cavalerie contourner les ailes des danois, par «deux passages étroits». Les protestants sont déployés en trois lignes, dominant l’armée catholique. Un seul pont enjambe le ruisseau de la Neile. Christian lance alors son infanterie sur celle de Tilly qui progresse vers le vallon. Les vétérans du comte soutiennent le choc et repoussent les Danois alors que la cavalerie de des Fours est parvenue à trouver un passage, lui permettant de tomber sur les arrières protestants.

 

Armée de la Ligue Catholique
Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche (cavalerie) – Oberst de Fours

• Colonne d’Erwitte : Régiments de cuirassiers Erwitte en 1 escadron (10 compagnies, 858h) et Hebersdorff en 1 escadron (7 compagnies, 622h), régiments de cavalerie Bock en 1 escadron (5 compagnies, 525h) et Cortenbach en 1 escadron (5 compagnies, 513h).

• Colonne des Fours, à l’extrême gauche : régiment d’arquebusiers à cheval des Fours en 1 escadron (10 compagnies, 600h), régiments de cuirassiers Alt-Saxe en 1 escadron (10 compagnies, 600h) et Hausmann en 1 escadron (6 compagnies, 400h) et les Croates de Peter Gall en 1 escadron (5 compagnies, 300h).

• En réserve (bout de la colonne Erwitte) : régiments de cavalerie Assenberg en 1 escadron (6 compagnies, 587h) et Westerholt en 1 escadron (6 compagnies, 400h).

• Artillerie: 3 fauconneaux (artillerie légère).

Centre – Tilly (centre-gauche et artillerie) et Anhalt (centre-droite)

• Centre-gauche : Régiments d’infanterie Alt-Tilly en 1 bataillon (8 compagnies, 2686h), Cerboni en 1 bataillon (10 compagnies, 1000h) et Colloredo en 1 bataillon (10 compagnies, 1400h). Un détachement de 200 mousquetaires pour occuper le pont.

• Centre-droit : Régiments Herbersdoff et Herliberg (18 compagnies, 3035h) en 1 bataillon commandé par Gronsfeld, Schmidt en 1 bataillon (10 compagnies, 2121h), Gallas en 1 bataillon (10 compagnies, 2000h), Fürstenberg en 1 bataillon (13 compagnies, 2279h), Jung-Tilly en 1 bataillon (6 compagnies, 1439h).

• Artillerie (devant le régiment Alt-Tilly) : 12 pièces d’artillerie réparties en 9 demi-canons et 3 demi-couleuvrines.

Aile droite – Obers Cronberg

• Régiments de cavalerie Cronberg en 1 escadron (10 compagnies, 823h), Schönberg en 1 escadron (10 compagnies, 600h), Lindlo en 1 escadron  (6 compagnies, 625h) et 1000 mousquetaires détachés des régiments d’infanterie Herbersdoff et Herliberg.

 

Armée Danoise
Général en chef : Christian IV de Danemark

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Première ligne – Fuchs

• Régiments de cavalerie Solms en 2 escadrons (6 compagnies, 400h), Uslar en 1 escadron (6 compagnies, 300h), Geest en 1 escadron (6 compagnies, 300h), Brunswick en 2 escadrons (10 compagnies, 400h), Hesse en 1 escadron (6 compagnies, 300h) et Wersabe en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Lohausen (régiment bleu danois à 20 compagnies plus 1 Leib compagnie, 3200h) en 3 bataillons, régiment Kaas en 1 bataillon (1000h) et régiment Linistrow (ou Linsdorf) en 2 bataillons (12 compagnies, 2000h).

• Artillerie : 22 canons (artillerie moyenne) sur la colline.

Seconde ligne – Christian IV de Danemark

• Régiments de cuirassiers Royal-Leib en 1 escadron (1 compagnie, 300h), Royal-Leib arquebusiers en 2 escadrons de 5 compagnies (10 compagnies, 600h), Freytag en 2 escadrons de 5 compagnies (10 compagnies, 600h) et Baudissin en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Kruse (régiment rouge danois à 20 compagnies, 2800h) en 3 bataillons, Frenkin en 1 bataillon (12 compagnies, 1000h), Riese et Rantzau en 1 bataillon (3 compagnies et 500h chacun) et Ungefugt (ou Ongewigt) en 1 bataillon (700h).

Troisième ligne – Rhingrave

• Régiments de cavalerie Erbott en 1 escadron (5 compagnies, 300h), Rhingrave en 2 escadrons (10 compagnies, 600h), et Courville en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Limbach en 1 bataillon (12 compagnies, 800h), Solms en 1 bataillon (600h), Schlammersdorf en 1 bataillon (800h), Gotzen en 1 bataillon (700h), un bataillon suédois (700h) et 1 bataillon de volontaires (700h).

 

Jouer la bataille avec LM Tercios

Les régiments de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les régiments de cavalerie sont modern cavalry (cuirassiers, option modern cavalry), les arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les Croates sont light horse,  pistol. Les escadrons de plus de 550 chevaux sont large formation.

Les bataillons d’infanterie de la Ligue Catholique sont classic squadron, large squadron pour les bataillons de 2000h et plus. Les bataillons Alt-Tilly et Gronsfeld peuvent être considérés veteran.

Les bataillons d’infanterie protestants sont reformed battalion, modernised.

Les mousquetaires détachés sont musketeers companies et skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre un pièce pour 3 ou 4 canons réels.

 

Déploiement

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

En 1618, les états de Bohême se révoltent et donnent la couronne de Bohême à l’Electeur Palatin Frédéric V.  Mais, conformément au traité de paix d’Ulm, signé en 1620 à l’instigation de la France entre l’Union Protestante et la Ligue Catholique, le nouveau roi de Bohême ne peut compter que sur ses propres moyens. Ayant les mains libres, le duc Maximilien de Bavière réunit ses troupes, 22 000 hommes commandés par le feld-marschal  Tilly, et passe en Autriche, le 24 juillet 1620. Son avance est rapide et surprend les Bohémiens. C’est donc avec une armée hâtivement réunie, composée de Bohémiens, de Moraves, d’Allemands du prince d’Anhalt et de Hongrois envoyés par Bethlen Gabord que va devoir se défendre le roi Frédéric V. Tilly quitte Linz le 23 août et fait sa jonction avec l’armée impériale de Bucquoy, comptant 15 000 fantassins et 8 000 cavaliers, le 8 septembre. Au même moment, Frédéric V retire le commandement de son armée à Matthias Thurn et le confie à Christian d’Anhalt. Celui-ci décide de s’éloigner de la capitale, Prague, et de rejoindre les Hongrois de Bethlen Gabor. Mais Maximilien et Tilly décident, plutôt que de le suivre, de marcher sur Prague. Frédéric V et Christian d’Anhalt retournent sur leurs pas et, marchant parallèlement aux troupes de la Ligue, parviennent à la Montagne Blanche, à une heure de marche de Prague, dans la nuit du 7 au 8 novembre. Le 8 novembre, Tilly et Bucquoy qui avaient réunis leurs troupes la veille,  partent reconnaître les positions ennemies. Les Bohémiens ayant abandonné le pont qui franchissait le ruisseau séparant les catholiques de la Montagne Blanche, Tilly le fait franchir pas son armée. Anhalt n’en profite pas, préférant rester sur sa position défensive. Alors que Bucquoy propose de contourner la position pour marcher sur Prague, Maximilien et Tilly proposent une attaque immédiate. C’est ce plan qui est retenu et, le dimanche 8 novembre vers midi, la cavalerie impériale de Tieffenbach se lance sur l’aile gauche ennemie. Celle-ci résiste grâce à une contre-charge de sa cavalerie. Il est temps, pour Tilly, de lancer son aile dans la bataille. Cuirassiers et arquebusiers liguistes se lancent à l’assaut des lignes ennemies suivis de l’infanterie. Les redoutes sont prises, et les canons bohémiens retournés contre eux.  Anhalt n’était pas préparé à cette attaque, c’est la panique dans ses rangs. Alors que Thurn, à l’aile gauche, tente de résister avant de refluer, les Hongrois de la troisième ligne refusent de combattre. Mais la cavalerie d’Anhalt charge brillamment et enfonce l’aile gauche impériale. Tilly va reprendre la situation en main, faisant charger le régiment de Craz sur le flanc des escadrons d’Anhalt. Bucquoy lance alors son aile à l’assaut des lignes bohémiennes. Les wallons et les Italiens abordent l’infanterie ennemie qui part en déroute, suivie de la cavalerie hongroise. Malgré leurs efforts, Anhalt et Thurn ne parviendront pas à rallier leurs troupes. Les dernières unités se rendent à 14 heures. Tout est terminé. Les Bohémiens ont perdu 4 000 homes, tués, blessés et prisonniers, 100 drapeaux et 10 canons. Les Catholiques auraient perdus 800 hommes.

 

Ordre de bataille : Armée Catholique

Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche – Tilly (Ligue Catholique)

Première ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Cratz à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie de Wurzburg (régiment Bauer à 8 compagnies, 1250h), 1 escadron de cuirassiers lorrains (Marcossay à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie lorrain (Florinville à 10 compagnies, 1500h), et 1 escadron de cuirassiers allemands (Ehnatten à 5 compagnies, 400h).

Seconde ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Pappenheim à 3 compagnies, 200h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiments Hasslang et Sulz à 10 compagnies chacun, 2000h), 1 escadron de cuirassiers westphaliens (Böninghausen à 6 compagnies dont 1 d’arquebusiers, 400h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiment Herliberg à 10 compagnies, 1250h), 1 régiment de cuirassiers wallons  (Herzelles à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie autrichienne (régiments Schmidt & Rouville faisant ensemble 14 compagnies, 2000h), 1 escadron de cosaques polonais (400h au total pour 2 escadrons).

Artillerie : sur le front, 4 batteries de 2 pièces d’artillerie.

En avant de l’aile gauche : détachement de 300 mousquetaires et de cavaliers, probablement cosaques (1 ou 2 escadrons, pour observer l’aile droite ennemie.

Aile droite – Bucquoy (Impériaux)

Première ligne : 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Gaucher de 8 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie wallone (tercios Bucquoy et Verdugo faisant ensemble 45 compagnies, 3000h), 2 escadrons de cuirassiers et arquebusiers wallons (régiment Croy / La Croix à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (régiments Tieffenbach et Breuner de 10 compagnies chacun, 1700h), 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Marradas à 4 compagnies, 200h). Derrière, dans les intervalles, 1 escadron d’arquebusiers (Gaucher) et 2 escadrons d’arquebusiers autrichiens (régiment Meggau, 300h en tout)

Seconde ligne : 3 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Wallenstein à 4 ou 6 compagnies, 400h), 1 bataillon du tercio napolitain de Spinelli (31 compagnies, 2500h), 3 escadrons d’arquebusiers allemands et wallons (régiments Lobels et Areyzaga à 5 et 2 compagnies, 400h et 200h).

Troisième ligne : 2 escadrons  des cuirassiers et arquebusiers wallons (Dampierre à 2 compagnies de cuirassiers et 2 compagnies d’arquebusiers, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (Saxe et Nassau de 10 compagnies chacun), 2 escadrons d’arquebusiers allemands (Histerle à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie (Fugger à 8 compagnies, 1400h) 2 escadrons d’arquebusiers (Montecuccoli à 5 compagnies, 300h).

Artillerie : 2 batteries de 2 pièces d’artillerie (4 en tout) sur le front.

Notes : L’aile impériale impérial de Bucquoy compte théoriquement (selon Heilmann) 15 000 fantassins en 5 bataillons et 4 550 chevaux en 23 escadrons. L’aile de Tilly compte théoriquement 17 000 fantassins en 5 bataillons (escadrons) et 7 550 chevaux en 7 escadrons. Mais ces chiffres comptent des régiments à plein effectif. Il est plus raisonnable de compter 19 à 20 000 en 10 bataillons et 6 000 cavaliers en 30 escadrons. L’infanterie des deux ailes est formée en escadrons de type tercios (un bloc de piques encadré par 4 manches de mousquetaires).

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, heavy, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers. Les escadrons de plus de 450 chevaux ont l’option Large formation. Le régiment de cuirassiers de Gaucher est vétéran. Les cosaques polonais sont light horse, pistol, mercenaries.

Les bataillons d’infanterie sont classic squadrons. Les bataillons de 2000 hommes et plus sont Large squadron. Les escadrons d’infanterie wallons, napolitains (Spinelli), Brenuer-Tiefenbach, Saxon-Nassau et Fugger sont tercio. Pour le détachement de mousquetaires en avant de l’aile gauche, prendre une compagnie de tireurs (shot company, musket).

Pour l’artillerie, prendre 6 canons moyens (représentant 6 batteries de 2 pièces).

 

 

Ordre de bataille : Armée Protestante

Général en chef : Christian d’Anhalt

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux de corps : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Avant-garde (1ère ligne) –

1 bataillon d’infanterie (régiment de Thurn, 6 compagnies, 1320h), 1 escadron d’arquebusiers (Bubna & Solms, 9 compagnies, 550h), 1 escadron de cuirassiers bohémiens (4 compagnies dont 1 de la Garde royale, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers (régiment Hohenlohe à 5 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne à (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers autrichiens (Hoffkirch, 8 compagnies, 350h),  1 bataillon d’infanterie morave  (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers silésiens (4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron de cuirassiers et arquebusiers allemands (Sthirum, 4 compagnies, 400h).

Avants postes : 4 compagnies «extraordinaires» de cavalerie pour escarmoucher (500h) et 6 détachements de mousquetaires  avec l’artillerie (500h au total). Artillerie : 6 pièces d’artillerie et canons légers placés dans des redoutes sur le front.

Bataille (2nd ligne) –

1 bataillon d’infanterie  bohémienne (régiment de Thurn, 4 compagnies, 880h), 1 bataillon d’infanterie bohémien (régiment Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (régiment Künen, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron de cavalerie morave ( Borsida, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 3 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 3 compagnies, 360h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 4 compagnies, 400h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 2 compagnies, 240h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (Stubenvolls, 5 compagnies, 700h), 1 escadron de 300 hussards hongrois.

Arrière-garde (3e ligne – 1000 pas derrière)

Un corps de 4 000 Hongrois (ou Transylvaniens) en 9 escadrons (27 compagnies). Derrière, le bataillon de gardes du corps palatins (300h).

Aile droite

1 bataillon allemand (régiment de Saxe-Weimar à 7 compagnies, 600h) et 1 bataillon allemand (Jung-Anhalt à 7 compagnies, 1000h). À l’extrême gauche, 1 600 hussards hongrois (ou Transylvaniens) en 6 escadrons, disposés 1, 2 et 3.

Note :  Cet ordre de bataille provient du rapport initial du prince Christian d’Anhalt, d’après Heilmann. Selon une relation bavaroise et le Theatrum Europaeum, l’armée bohémienne compte 4 bataillons d’infanterie et 12 escadrons de cavalerie en première ligne, 3 bataillons et 5 escadrons en seconde ligne et 6 000 hongrois en réserve pour un total de 21 000 hommes et 10 pièces d’artillerie. Une des représentations du Theatrum Europaeum ne montrent que les régiments d’infanterie Jung-Anhalt, Saxe-Weimar, Thurn, Hohenlohe et Schlick et ajoute un second régiment d’Anhalt.

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les escadrons de cavalerie non désignés cuirassiers ou arquebusiers sont cuirassiers, pistol option modern cavalry. Les escadrons de plus de 450 chevaux (escadron royal, Bubna-Solm, Hohenlohe, Stubenvoll),  ont l’option Large formation. L’escadron royal peut être considéré elite. Les Hongrois/Transylvaniens sont light horse, pistol et mercenaries : prendre une unité de light horse par escadron, soit 16 unités au total. Les 4 “compagnies extraordinaires” forment une unité de light horse, pistol.

Les bataillons d’infanterie sont des reformed battalions, modernised. Regrouper les 2 petits bataillons de Pechman et le petit bataillon des gardes du corps palatin en un seul bataillon (soit un total de 1100h). Regrouper les 6 détachements de mousquetaires aux avants postes en une seule compagnie de mousquetaires qui seront shot company, musketeers, skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre 3 canons moyens et 2 canons léger (ratio de 1 pièce pour 2 canons réels).

 

Déploiement

Ci-dessous : le déploiement des armées d’après la presse de l’époque !

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

La bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631)

La bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631)

La bataille de Breitenfeld : le coup de tonnerre de Gustave Adolphe

1630. La série de victoires remportées par ses armées a consolidé la position de l’empereur Ferdinand II de Habsbourg. La Montagne blanche (1620), Wimpfen et Höchst (1622), Stadtlohn (1623), pont de Dessau et Lutter-am-Barenberg (1626), la conquête du Holstein, du Mecklembourg et de la Poméranie par Tilly et Wallenstein (1627), l’occupation du Jutland (1628) sont autant de succès qui assurent l’assise du parti catholique en Allemagne. A tel point que l’empereur Ferdinand II demande à une commission de préparer, en octobre 1628, un édit de restitution. Si cet édit n’a pas pas pour objet de modifier les libertés religieuses des princes et villes libres d’Allemagne, il veut exiger de ces princes la restitution à l’Église tous les biens ecclésiastiques qui lui avaient appartenus avant 1552. Cet édit est publié officiellement le 28 mars 1629. En parallèle, dès janvier, des pourparlers de paix avaient été engagés avec le roi du Danemark : ils vont aboutir au traité de paix de Lübeck, le 7 juin 1629, qui met fin à la phase danoise de la guerre de Trente Ans. Mais ce traité, qui préserve relativement les intérêts du Danemark grâce à la modération de Wallenstein, va mécontenter le roi de Suède. Celui-ci voit d’un mauvais œil les Impériaux prendre pied sur la Baltique. Dans le même temps, les princes catholiques, mécontents des excès provoqués par les armées impériales, réclament auprès de l’empereur le renvoi de Wallenstein, alors généralissime des armées. Ils vont obtenir gain de cause puisque le Collège électoral, réuni à Ratisbonne par l’Empereur (juillet-août 1630), décide le 13 août de révoquer Wallenstein.

Entre 1621 et 1629, l’attention et les forces armées du roi de Suède étaient mobilisées contre la Pologne, dont le roi Sigismond était cousin de Gustave-Adolphe mais de confession catholique. Le 26 septembre 1629, poussés par les représentants de la France et de l’Angleterre, Gustave-Adolphe et Sigismond signent le traité de paix d’Altmatk. Les conditions sont enfin réunies pour une intervention suédoise en Allemagne. Le 13 mai 1630, Gustave-Adolphe annonce à la diète suédoise sa volonté de se porter au secours des princes protestants allemands. Un peu moins de deux mois plus tard, il débarque près de Wolgast, dans l’ile d’Usedom à la tête d’une armée de quinze mille hommes.

L’armée suédoise : Un outil moderne

L’armée de Gustave-Adolphe, formée de paysans bien entraînés dans le respect de la discipline et des traditions religieuses se distingue par sa souplesse. Inspirée par les enseignements tactiques hollandais et français, équipée de mousquets légers et de canons légers régimentaires, les unités suédoises allient rapidité de manœuvre et puissance de feu. Sur le champ de bataille, le régiment d’infanterie est habituellement scindé en deux « escadrons » d’un peu plus de 500 hommes. Mais peu avant Breitenfeld, Gustave-Adolphe va innover, en entrainant son infanterie à former la fameuse brigade suédoise, formée de trois ou quatre escadrons. De son côté, le régiment de cavalerie suédois, composé de 500 chevaux, se déploie en deux escadrons pour combattre.

Ces hommes, endurcis par le dur climat de Scandinavie, vont être commandés par un leader exceptionnel. Tilly dira ainsi de Gustave-Adolphe qu’il est « un ennemi aussi intelligent que brave, endurci à la guerre, dans la fleur de l’âge. Ses préparatifs sont excellents, ses moyens, considérables. C’est un joueur contre lequel le fait de ne pas avoir perdu constitue déjà un grand gain ». Effectivement, du débarquement de 1630 jusqu’à la bataille de Breitenfeld, le roi de Suède va montrer de réelles qualités de stratège : grand meneur d’hommes, méthodique, rigoureux, ayant le sens de la décision, il va se révéler un adversaire à la hauteur de Tilly.

Les troupes que mobilisent le roi de Suède sont alors importantes : aux 15 000 hommes débarqués sur l’ile d’Usedom, qui ont été rejoints par 5 000 hommes des garnisons, s’ajouteront bientôt 47 000 hommes venant de Prusse, de Suède, de Finlande et de Riga. Face à Gustave-Adolphe, l’Empire aligne les 39 000 hommes non démobilisés de Wallenstein, maintenant commandés par Torquato de Conti et Savelli, et les 30 000 hommes de Tilly.

Tilly généralisme de l’armée impériale

Le 19 août 1630, Gustave-Adolphe offre la bataille à Torquato de Conti. Mais celui-ci la refuse, conscient des faiblesses de son armée dont les hommes désertent en masse. Gustave fait alors bloquer Landsberg, entreprend le « nettoyage » de la Poméranie, puis, le 25 août, parvient enfin à prendre la ville et le château de Wolgast. L’Empereur, inquiet des progrès du suédois, rappelle début septembre son armée d’Italie. Le roi de Suède en profite pour prendre Greiffenberg, le 11 septembre, et envoie un corps assiéger  Colberg (aujourd’hui, Kolobrzeg, en Pologne). Il en expédie un second en Basse-Saxe, afin d’épauler le duc de Saxe-Lauenbourg, Francis-Charles, qui avait levé un corps pour les ducs de Mecklembourg. Mi-octobre, le roi de Suède entreprend le siège de Rostock et inflige une défaite à Savelli. Ses succès en Poméranie et dans le Mecklembourg lui permettent de voir ses rangs grossir des anciens mercenaires de Mansfeld, Brunswick, de Christian IV de Danemark et même de Wallenstein. Le 22 novembre, Gustave-Adolphe envoie Falkenberg à Magdebourg pour soutenir les défenseurs. Car Tilly, tout juste nommé généralissime de l’armée impériale en remplacement de Torquato de Conti, avait envoyé Pappenheim entreprendre le blocus de la ville, alors placée sous la protection du roi de Suède.

C’est le 23 janvier 1631 qu’est signé le traité de Bärwalde entre la Suède et la France. Ce traité est important pour la Suède qui obtient ainsi de Richelieu un subside d’un million de livres pour entretenir une armée contre l’Empereur. Fin janvier, alors que Tilly avance sur Francfort-sur-l’Oder pour y joindre le corps de Schaumburg, Gustave Adolphe demande à Horn ses mouvements. Apprenant que le général impérial se dirige vers la Poméranie, il interrompt sa marche vers le sud pour revenir en Mecklembourg. Il prend alors Neubrandebourg et déloge la garnison de Treptow. Puis il assiège Demmin et prend Löitz. Pendant que Tilly hésite à intercepter les suédois, ne souhaitant pas s’éloigner de Magdebourg, Gustave-Adolphe prend Mallin, Friedland et Westrow.

Fin février, Tilly progresse entre Francfort-sur-l’Oder et le Mecklembourg. Gustave Adolphe place alors Baner à Demmin, Kniphausen à NeuBrandebourg, Ortenberg à Treptow, Horn à Friedland, lui-même restant dans les environs de Pasewalk, pour garder l’Oder et la Poméranie. Ayant appris l’abandon de Demmin, place clé du Mecklembourg, par le duc de Savelli, Tilly réagit. Il reprend Neubrandebourg le 19 mars, après cinq jours de siège. Puis il prend Friedland mais échoue devant Treptow. Gustave-Adolphe dresse alors son camp entre Treptow et Demmin. Selon Monroe, c’est là qu’il aurait entrainé son infanterie à former la brigade suédoise pour la première fois. Puis il traverse la Warthe et prend Zednick. Pendant ce temps, Tilly avance vers Demmin sans l’attaquer puis se retire vers Francfort-sur-l’Oder après avoir renforcé Landsberg. Il se décide alors à marcher sur Magdebourg. De son côté, Gustave-Adolphe est déterminé à prendre Francfort : Celle-ci tombe le 12 avril, après seulement vingt-quatre heures de siège.

La perte de Francfort-sur-l’Oder est un revers pour Tilly. Ses conséquences vont se révéler désastreuses pour le parti catholique. Car les princes protestants allemands commencent à reprendre confiance. Déjà, le duc Bernard de Saxe-Weimar se déclare pour le parti suédois. Fin janvier 1631, les Electeurs de Saxe et de Brandebourg avaient d’ailleurs convoqué à Leipzig une assemblée générale des états protestants. Cette assemblée va donner lieu, deux mois plus tard, à la signature d’une résolution dans laquelle les états évangéliques demandent la révocation de l’Edit de Restitution, le retrait des troupes impériales des places protestantes et ordonnent le recrutement d’une armée de 40 000 hommes dans l’hypothèse où l’Empereur refuserait d’accéder à leurs demandes.

Du drame de Magdebourg à la bataille de Breitenfeld

Après Francfort, c’est maintenant Landsberg qui tombe aux mains du roi de Suède. Le Mecklembourg et la Poméranie ainsi assurés, la voie vers la Silésie lui est désormais ouverte. Tilly, n’ayant pu secourir Landsberg, se concentre sur Magdebourg où il arrive fin avril. Depuis novembre, Pappenheim assiégeait la ville avec plus ou moins de succès. Apprenant le départ de Tilly, Gustave-Adolphe écrit à Falkenberg de patienter jusqu’à son arrivée. Car lui-même se trouve alors à Berlin, pour tenter de convaincre l’Electeur de Brandebourg de rejoindre son parti. Puis il rencontre l’Electeur de Saxe pour le convaincre lui aussi de former une coalition. En vain. Après plusieurs assauts, Falkenberg fait évacuer les faubourgs de Magdebourg. Le 20 mai, Tilly envoie un ultimatum à la ville. L’assaut ayant été donné, les impériaux pénètrent dans la ville. C’est le massacre. A la tuerie s’ajoute un terrible incendie. Le bilan est lourd : entre vingt et vingt-cinq mille morts selon les historiens.

Le sac de Magdebourg va marquer les esprits. Même les princes protestants les plus réticents, comme l’Electeur Georges-Guillaume de Brandebourg, vont bientôt rallier le parti suédois. Ayant pris connaissance de la nouvelle, Gustave-Adolphe quitte Postdam pour tenter d’intercepter la retraite de Tilly. Il prend Altbrandebourg et Ratenau, reconnaît le pays de Magdebourg et reprend Werben et Borg.

Début juin, après avoir échappé à une embuscade dressée par Pappenheim, Gustave-Adolphe sécurise les ponts de Dessau et de Wittemberg sur l’Elbe. Puis il obtient de Georges-Guillaume de Brandebourg la ville de Spandau, dont il a besoin comme centre de ses opérations, ainsi que l’ouverture de Custrin à ses troupes. Il retourne ensuite à Stettin par le fleuve et publie ses excuses concernant Magdebourg (22 juin).

L’Electeur de Saxe et le Landgrave de Hesse-Cassel levant des troupes, Tilly se tourne alors contre ce dernier. Il part occuper Erfurt et il envoie Fugger et Fürstenberg envahir le Hesse-Cassel. Fin juillet, quatre des meilleurs régiments impériaux de Pappenheim se font ruinés par les suédois dans le pays de Magdebourg, provoquant le retour du généralissime impérial. Le roi de Suède prend alors une forte position à Werben. Tilly marche contre lui mais, impuissant face à des suédois solidement retranchés, il préfère attendre à Womirstädt le corps de Fürstenberg. Fin juillet, Tilly avait reçu de l’Empereur l’autorisation d’agir contre l’Electeur de Saxe dont le comportement était suspect. Il part donc le 20 août pour la Saxe. Après avoir signé, le 22 août, un traité avec le Landgrave de Hesse-Cassel, Gustave-Adolphe reçoit des appels à l’aide de l’Electeur de Saxe, qui se trouve alors à Torgau. Celui-ci, après avoir passé en revue sa nouvelle armée de 20 000 hommes, doit déjà défendre les rives de l’Elbe. Il parvient à prévenir la traversée du fleuve par Fürstenberg mais pas le ravage de Misnia par Pappenheim.

Début septembre, Tilly remonte prend Merfberg, Naumburg et Zeitz puis se présente devant Leipzig, exhortant la ville à se rendre. Au même moment, Gustave Adolphe progresse vers Ratenau et Altbrandebourg. Enfin, il arrive le 10 septembre à Coswick où le feldmarschall saxon von Arnim (ou Arnheim) confère avec lui. Le 13 septembre, à Döbein, alors que Tilly investit Leipzig, Gustave-Adolphe réalise sa jonction avec l’Electeur de Saxe. Le 16 septembre, Tilly présente par letrte la bataille au roi de Suède. Acceptant le défi, le roi de Suède marche le lendemain sur Leipzig. Prévoyant, Tilly fait mettre le feu au village de Podelwitz par où les Suédois doivent passer, pour « leur en faire boire la fumée ». Puis il place le comte de Pappenheim à sa gauche et Fürstenberg à sa droite. Erwitte est en réserve avec 2 000 cavaliers. Tilly – ou plutôt Pappenheim qui lui aurait forcé la main – n’ayant cru bon d’attendre les renforts d’Aldringer, ce sont moins de 32 000 impériaux et bavarois qui vont affronter plus de 22 000 « suédois » – en réalité une majorité d’allemands – et 18 000 saxons.

De son côté, le roi de Suède met ses troupes en ordre, « prend la droite lui-même, donne la conduite de la bataille à Teuffel, la gauche à Horn ». Baner est chargé de soutenir l’aile droite, Hall, l’aile gauche et Hebron (ou Hepburn) le centre. L’armée saxonne de Jean-Georges occupe l’extrême gauche du dispositif. Arnim commande la cavalerie saxonne de l’aile droite, Bindauf la cavalerie de l’aile gauche et le duc de Saxe-Altenbourg l’infanterie au centre.

17 septembre 1631 : la bataille

Tilly avait le désavantage du nombre, mais sa position, adossée une colline, était excellente. Vers midi, le généralissime salue l’arrivée de l’armée alliée par une canonnade de ses 26 pièces d’artillerie. Les Suédois répondent alors, par un feu terrible et incessant. Que ce soit de sa propre initiative ou non, nous ne le saurons jamais. Mais vers 14 heures, Pappenheim, « qui menait la fleur de la cavalerie de Tilly », attaque l’aile du roi de Suède. Reçus par le feu des mousquetaires puis, une fois en désordre, chargés par les cavaliers suédois, les impériaux sont repoussés. Pourtant, Pappenheim ne se laisse pas abattre : laissant quelques régiments pour couvrir sa manœuvre, il entreprend de contourner l’aile droite suédoise. Gustave-Adolphe lui répond en incurvant sa ligne. Et cette seconde tentative est repoussée tout aussi vertement que la première. Vers 16 heures, les régiments de Pappenheim, épuisés par sept attaques consécutives, ne pourront résister à la contre-offensive de la droite suédoise.

Dans le même temps, Tilly avait donné l’ordre à Fürstenberg d’attaquer l’aile gauche ennemie. Celui-ci enfonce quelques escadrons saxons. La cavalerie de Bindauf rompue, l’infanterie saxonne lâche pied à son tour. Seuls, les régiments de cavalerie Arnim et Taub feront bonne figure, servant jusqu’à la fin, en soutien de l’aile gauche suédoise.

Les Saxons en déroute, Tilly a maintenant l’opportunité de prendre l’aile gauche suédoise de flanc. Malheureusement pour lui, Fürstenberg ne parvient pas à maitriser ses cavaliers qui poursuivent les fuyards et pillent les chariots. Il lui reste cependant la réserve d’Erwitte, soit cinq régiments de cavalerie, et toute son infanterie. Il fait avancer sa bataille, « en laquelle étaient ses vieux régiments accoutumés de vaincre », soutenue par les cavaliers d’Erwitte. Ayant donné l’ordre à la moitié de ses tercios de fixer le centre suédois, Tilly tente alors de déborder la gauche avec l’autre moitié de son infanterie.

Face à lui, Horn va parfaitement gérer la situation : il fait pivoter sa cavalerie à angle droit pour faire face à la menace et demande le soutien de la seconde ligne d’Hepburn. Les régiments Neu Pappenheim et Goess font maintenant face à la brigade verte écossaise d’Hepburn et à la brigade blanche allemande de Vitzthum. Après avoir fait tirer à mitraille leurs canons régimentaires, les écossais retiennent leur feu avant de délivrer une salve terrible sur la profonde formation catholique. Les vétérans de Tilly stoppent leur progression, hésitants. C’est alors qu’une seconde salve suivie d’une charge des écossais à raison des nerfs de Neu Pappenheim. C’est la déroute. Sur la droite des écossais, les brigades blanche et bleue vont obtenir un résultat comparable. Enfin, les cavaliers de Horn, bien commandés et soutenus par des unités de mousquetaires, ne feront qu’une bouchée des régiments d’Erwitte.

Tilly n’a plus ni aile droite, ni aile gauche. Et il ne lui reste qu’un seul régiment de cavalerie, Cronberg. Pire, vers 17 heures, le généralissime lui-même est blessé d’un tir de mousquet au bras et d’un coup de sabre à la tête. Heureusement pour lui, les cavaliers de Cronberg vont intervenir, parvenant à extraire leur général en chef du champ de bataille.

Il est 18 heures. Les régiments Balderon-Dietrichstein, Goess, Blankhart et Chiesa sont encore les seules unités impériales en état de combattre. Ils gagnent la bordure du bois de Linkelwald pour tenter une dernière résistance. Mais la mitraille et les salves de mousqueterie parviennent à en venir à bout.

A 19 heures, la bataille est terminée. Tilly, s’enfuit vers Halle avec ses rescapés, couvert par 1 400 cavaliers que Pappenheim est parvenu à rassembler. Les pertes sont énormes du côté catholique (7 600 tués et 9 000 prisonniers), comparées à celles des protestants (2 100 « suédois » et 3 000 saxons).

 

Ordre de bataille impérial : Tilly

(21 400 fantassins en 14 bataillons, 9 900 cavaliers en 22 escadrons et 26 canons)

Aile droite : Fürstenberg (1200 fantassins en 1 bataillon et 4100 cavaliers en 10 escadrons)

Régiment d’infanterie Wrangler (10 compagnies, 1200 hommes, 1 bataillon)

Régiment de cavalerie Cronberg (8 compagnies, 850 hommes, ligue catholique)

Régiment de cavalerie Schonberg (9 compagnies, 900 hommes, ligue catholique)

Régiment de cavalerie Baumgarten (5 compagnies, 500 hommes, ligue catholique)

Régiment de cuirassiers Alt-Saxe (10 compagnies, 300 hommes)

Régiment d’arquebusiers montés Wengersky (600 hommes)

Croates d’Isolano (950 hommes)

Soit un escadron classique avec mousquet vétéran, 7 unités de cuirassiers, dont 5 vétérans (régiments Cronberg, Schonberg et Baumbarten en 5 escadrons), et 5 unités de cavalerie légère (light horse), pistolet, vétéran.

Fürstenberg est général en chef et Isolano commande les croates.

Centre : Schonberg (18 700 fantassins en 12 bataillons et 26 canons)

Régiment d’infanterie Chiesa (12 compagnies, 1000 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Gallas (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiments d’infanterie Furstenberg et New-Saxon (10 compagnies, 1100 hommes, 1 bataillon)

Régiments d’infanterie Baldiron et Dietrichstein (11 compagnies, 1100 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Alt-Tilly (10 compagnies, 2200 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiment d’infanterie Geleen (10 compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, Bavarois)

Régiment d’infanterie Savelli (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Goess (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Blankhart (10 compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiments Comargo et Reinach (? compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiment d’infanterie Papenheim (10 compagnies, 2400 hommes, 1 bataillon, Bavarois)

Régiment d’infanterie Wahl (10 compagnies, 2200 hommes, 1 bataillon)

Artillerie : 14 canons moyens et 12 canons légers

Aile gauche : Pappenheim (1500 fantassins en 1 bataillon et 3800 cavaliers en 7 escadrons)

Régiment de cuirassiers Strozzi (5-10 compagnies, 500 hommes, Wallon)

Régiment de cuirassiers Neu-Saxon (6-10 compagnies, 600 hommes)

Régiment de cuirassiers Bernstein (8 compagnies, 400 hommes)

Régiment de cuirassiers Rangoni (5-10 compagnies, 500 hommes)

Régiment de cuirassiers Neu-Piccolomini (10 compagnies, 800 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Merode (5-10 compagnies, 500 hommes, Wallons)

Régiment d’arquebusiers à cheval Alt-Piccolomini (10 compagnies, 800 hommes)

Régiment d’infanterie Holstein (10 compagnies, 1500 hommes, 1 bataillon)

Réserve : Erwitte (2000 cavaliers en 5 escadrons)

Régiment de cavalerie Erwitte (9 compagnies, 600 hommes, la 9e compagnie est formée des gardes du corps de Tilly)

Régiment de cuirassiers Montecuccoli (9-10 compagnies, 300 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Coronini (5 compagnies, 400 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Caffarelli (5-10 compagnies, 300 hommes, Wallons)

Régiment d’arquebusiers à cheval Colloredo (6-10 compagnies, 400 hommes)

 

Ordre de bataille suédois et saxon : Gustave Adolphe

Suédois (14 742 fantassins en 7 brigades, 8 064 cavaliers en 28 escadrons et 54 canons)

Aile droite, 1er échelon : Gustave Adolphe et Baner (2 450 cavaliers en 8 escadrons et 860 mousquetaires en 3 x 4 détachements)

Régiment de cavalerie Stalhansk (4 compagnies, 350 hommes, Finnois)

Régiment de cavalerie Wunsch (4 compagnies, 350 hommes, Finnois)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Tott (12 compagnies, 800 hommes, 3 escadrons)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Soop (8 compagnies, 400 hommes, suédois du Gotland occidental)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Brahe (8 compagnies, 400 hommes, suédois du Smaland)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Sperreuter (8 compagnies, 150 hommes, suédois du Gotland oriental)

Réserve du 1er échelon : Régiment de cavalerie Rhinegrave (12 compagnies, 700 hommes en 3 escadrons)

Aile droite, 2eme échelon : Baner (950 cavaliers en 4 escadrons)

Régiment de cuirassiers Aderkas (5 compagnies, 300 hommes, Livoniens)

Régiment de cavalerie (cuirassiers ?) Domhoff (4 compagnies, 200 hommes, Courlandais)

Régiment de cavalerie Damitz (4 compagnies, 150 hommes)

Régiment de cavalerie Sperreuter (5 compagnies, 300 hommes)

Centre, 1er échelon : Teuffel (6 654 fantassins en 4 brigades et 36 canons)

Brigade jaune avec 6 canons régimentaires, Teuffel (17 compagnies, 1 698 hommes)

Brigade suédoise avec 6 canons régimentaires, Oxenstierna (23 compagnies, 1 400 hommes)

Brigade rouge avec 6 canons régimentaires, Hand (28 compagnies, 1 730 hommes)

Brigade bleue avec 6 canons régimentaires, Winckel (24 compagnies, 1 828 hommes)

Artillerie : 3 batteries de 4 canons (Torstensson)

Centre, 1er échelon réserve (1 010 fantassins en 4 détachements et 500 cavaliers en 2 escadrons)

Détachement Ramsay (6 compagnies, 350 hommes, mousquetaires écossais)

Régiment de cavalerie Ortenbourg (5 compagnies, 250 hommes, en 1 escadron)

Détachement Monro (6 compagnies, 400 hommes, mousquetaires allemands)

Régiment de cavalerie Ortenbourg (5 compagnies, 250 hommes, en 1 escadron)

Détachement Hamilton (6 compagnies, 260 hommes, mousquetaires écossais)

Centre, 2eme échelon : Hepburn (5 276 fantassins en 3 brigades et 18 canons)

Brigade noire avec 6 canons régimentaires, Thurn (17 compagnies, 1 884 hommes)

Brigade verte avec 6 à 8 canons régimentaires, Hepburn (23 compagnies, 2 194 hommes, écossais)

Brigade blanche avec 6 canons régimentaires, Vitzthum (28 compagnies, 1 198 hommes)

Centre, 2eme échelon réserve (700 cavaliers en 2 escadrons)

Régiment de cavalerie Kochtitzky (5 compagnies, 300 hommes)

Régiment de cavalerie Schaffmann (4 compagnies, 400 hommes)

Aile gauche, 1er échelon : Horn (1 250 cavaliers en 5 escadrons et 940 mousquetaires en 3 détachements)

Régiment de cavalerie Caldenbach (5 compagnies, 350 hommes, inclus la compagnie de Gardes de Horn)

Détachement de mousquetaires Waldstein (360 hommes)

Régiment de cavalerie Caldenbach (4 compagnies, 350 hommes)

Détachement de mousquetaires Oxenstierna (280 hommes, Suédois)

Régiment de cavalerie Baudissin (12 compagnies, 600 hommes en 3 escadrons de 200 cavaliers)

Détachement de mousquetaires Hand (300 hommes en 2 détachements de 150 mousquetaires, Suédois)

Aile gauche, 2eme échelon : Effern-Hall (1 050 cavaliers en 3 escadrons)

Régiment de cavalerie Effern-Hall (12 compagnies, 800 hommes en 2 escadrons de 400 cavaliers)

Régiment de cavalerie Domhoff (4 compagnies, 200 hommes, Courlandais)

Réserve du 2eme échelon : régiment de dragons Taupadel (4 compagnies, 464 hommes)

 

Aile gauche alliée (Saxons) : Jean-George de Saxe

Arnim (aile droite – 2350 cavaliers en 6 escadrons) :

Régiment de cavalerie Taube, Gardes du corps de l’Electeur (6 compagnies, 600 hommes, 2 escadrons)

Régiment de Gardes Arnim (2 compagnies, 200 hommes, 1 escadron)

Régiments de cavalerie de milice Loser et Pflugh (12 escadrons, 1550 hommes, 3 escadrons)

Saxe-Altenbourg (centre – 12 100 fantassins en 10 bataillons d’infanterie et 12 canons) :

Régiment d’infanterie Schwalbach (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Starschedel (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Loser (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Arnim (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Klitzing (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Schonberg (3 compagnies, 600 hommes, Brandebourgeois)

Mousquetaires garde (1 compagnie, 243 hommes, avec l’artillerie)

Compagnies franches de Schlieben (3 compagnies, 351 hommes, avec l’artillerie)

Artillerie (6 pièces de 6 livres et 6 pièces de 12 livres)

Bindauf (aile gauche – 2 875 cavaliers en 6 escadrons)

Régiment de cavalerie Saxe-Altenbourg (8 compagnies, 1200 hommes, 3 escadrons)

Régiment de cavalerie Bindauf (8 compagnies, 1200 hommes, 2 escadrons)

Régiment de cavalerie Steinau (3 compagnies, 475 hommes, 1 escadron)

 

Effectif total : 40 131 hommes dont 26 842 fantassins, 13 289 cavaliers et 66 canons.

 

Simuler la bataille avec LM Tercios :

Breitenfeld est une grande bataille avec des effectifs importants : n’hésitez donc pas à diviser le nombre de bataillons et d’escadrons par 2 ou 3 en fonction de vos figurines.

Armée suédoise : Les brigades d’infanterie sont escadrons modernes renforcés (modern squadron reinforced, tir de 5) sauf la brigade jaune et la brigade blanche qui sont escadrons modernes sans option reinforced (tir 4) afin de simuler les différences d’effectifs. Chaque brigade d’infanterie possède la règle regimental gun. Les détachements de mousquetaires sont Shot company option mousquetaires et commanded shot. Pour l’artillerie moyenne et lourde, référez vous à l’ordre de bataille.

Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers pour les régiments allemands, cuirassiers option cavalerie moderne* pour la cavalerie suédoise, et cuirassiers option cavalerie moderne* et fearless pour les 2 escadrons de finnois. Les 2 escadrons de cuirassiers livoniens et courlandais sont cuirassiers option lourd (heavy), les dragons sont bien-sûr dragons.

(*) Ou cavalerie moderne option déterminés (determined) si vous avez l’extension Kingdom.

Armée saxonne : Les 10 bataillons d’infanterie sont escadrons classiques avec mousquet (classic squadron musket only) option hésitant ; les régiments de cavalerie saxons sont cuirassiers modern cavalry, à l’exception des Gardes de l’Electeur (régiment Taube) qui est cuirassiers, heavy. L’artillerie est représentée par 1 unité d’artillerie moyenne.

Armée impériale : Les bataillons d’infanterie de la ligue catholique et bavarois (i.e. les bataillons comptant 2000+ hommes) sont Tercio option modernisé (i.e; avec mousquet). Les autres bataillons sont des escadrons classiques modernisés avec mousquet. Pour la cavalerie, les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers lourds (heavy), les escadrons de cavalerie sont cuirassiers (sans option), les arquebusiers à cheval sont arquebusiers montés, les croates sont light horse pistol. Pour l’artillerie, référez vous à l’ordre de bataille.

Si vous souhaitez une cohérence entre les effectifs réels des bataillons et la simulation, adaptés le niveau de stamina. Par exemple, 1 point de stamina pour 100 chevaux pour la cavalerie et 1 point de stamina pour 300 hommes pour l’infanterie (ce qui ferait des brigades suédoises à 6 points de stamina et des tercios catholiques à 7 ou 8 points !). Ou alors 1 point de stamina pour 150-200 chevaux et 600 fantassins (brigades suédoises à 3 points et tercios catholiques à 4 points de stamina, bataillons impériaux et saxons à seulement 2 points de stamina, une compagnie de mousquetaires commandés sur chaque aile suédoise à 2 points de stamina chacune).

Le plan ci-dessous vous indique les éléments de terrain et la disposition des unités. Le corps saxon est placé sur une colline, ainsi que les bataillons placés à droite de la ligne catholique.

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

L’armée bavaroise à Fribourg (août 1644)

L’armée bavaroise à Fribourg (août 1644)

 

Depuis le début de la guerre de Trente Ans, les Bavarois ont formé le coeur des armées de la Ligue Catholique[1]. À la mort de Tilly, au printemps 1632, les unités bavaroises seront absorbées par l’armée impériale de Wallenstein et de ses successeurs. Après la bataille de Nördlingen, en 1634,  une armée à forte dominante bavaroise réapparait peu à peu, comme le corps de Götz qui combattra en 1638 à Rheinfelden. Cette année-là, Mercy prendra le commandement d’une armée exclusivement bavaroise.

L’organisation de l’armée bavaroise est comparable à celle de l’armée impériale. L’infanterie est composée de régiments comptant de 8 à 13 compagnies de théoriquement 200 à 300 hommes alors que la cavalerie est formée en régiments comptant 5 à 10 compagnies de 100 chevaux. Un régiment d’infanterie peut donc réunir, sur le papier, de 1500 à 4000 hommes alors qu’un régiment de cavalerie peut compter de 500 à 1000 hommes. En pratique, ce n’était bien sûr jamais le cas. Les compagnies d’infanterie du feldmarschall Götz comptent ainsi, en 1638, entre 45 à 150 hommes, soit une centaine d’hommes en moyenne. De même, en 1642, les compagnies d’infanterie de l’armée de Mercy comptent 70 à 120 hommes. Pour la cavalerie, l’effectif réel des compagnies est plus proche de son niveau théorique. Il est ainsi de 90 hommes en 1640 et 93 ou 100 hommes à différentes dates de l’année 1642.

L’encadrement d’une compagnie d’infanterie est particulièrement fourni, les hommes du rang comptant pour moins des deux tiers de l’effectif. Ainsi, une compagnie du régiment Wahl en garnison à Ingolstadt compte, le 3 juin 1644 : un hauptmann (capitaine), un lieutenant, un fähnrich (enseigne), un feldwaibel (sergent), un feldwaibel réformé, un lehrer (précepteur), un furier (fourrier), un musterchreiber (secrétaire), un feldscherer (barbier), 6 corporäle (caporaux), 3 trommelschläger (tambours), 5 leib und fourierschützen (fourriers), 13 gefreite (soldats de première classe) et 64 soldats faisant en tout 100 hommes.

La répartition entre piquiers et mousquetaire est comparable à ce qui se pratique dans les armées impériales, soit un tier de piques pour deux tiers de mousquets. Raimondo Montecuccoli , le futur grand adversaire de Turenne, affirme d’ailleurs que « les régiments d’infanterie (impériaux) sont composés, les deux tiers de mousquetaires et un tiers de piquiers ». Il ajoute que l’on « ne se sert plus d’arquebuses dans les troupes allemandes, parce que le mousquet porte plus loin, et que l’homme qui porterait une arquebuse peut porter un mousquet ». La pique, longue de quinze à dix-sept pieds (de 4,5 à 5 mètres), est considérée comme l’arme reine de l’infanterie.

Infanterie bavaroise, années 1630 (Aquarelle de K.A. Wilke)

Contrairement à son homologue française, la cavalerie bavaroise a gardé la distinction entre cuirassiers et arquebusiers à cheval. À ces deux armes s’ajoutent les dragons, plus polyvalents. Quatre régiments de cuirassiers, trois d’arquebusiers à cheval et deux de dragons seront ainsi alignés à Fribourg.

Montecuccoli décrit les cuirassiers comme « armés aujourd’hui de demi-cuirasses, qui ont le devant et le derrière, de bourguignottes composées de plusieurs lames de fer attachées ensemble par derrière et aux côtés pour couvrir le col et les oreilles, et de gantelets, qui couvrent la main jusqu’au coude. Les devants de cuirasse doivent être à l’épreuve du mousquet, et les autres pièces à l’épreuve du pistolet et du sabre. Leurs armes offensives sont le pistolet et une longue épée qui frappe d’estoc et de taille ». Les arquebusiers à cheval sont théoriquement moins bien protégés mais ajoutent l’arquebuse à leur armement : « Les arquebusiers ou carabiniers ne peuvent faire un corps solide, ni attendre de pied ferme le choc de l’ennemi, parce qu’ils n’ont point d’armes défensives : c’est pourquoi il ne serait pas à propos d’en avoir un grand nombre dans une bataille, parce qu’on ne saurait les placer qu’ils ne causent de la confusion en tournant le dos. Comme leur emploi est de tourner en caracolant, et de faire leur décharge, puis de se retirer si l’ennemi les presse par derrière et qu’ils se retirent si vite que cela ait l’air de fuite, ils ôtent le courage aux autres, ou bien ils les heurtent, et se renversent sur eux. C’est ce qui détermina Wallenstein général, des troupes de l’Empereur, de les proscrire de l’armée après la funeste expérience qu’il en fit à la bataille de Lutzen l’an 1632 ». Enfin, les dragons « ne sont autre chose que de l’infanterie à cheval armée de mousquets légers, un peu plus courts que les autres, de demi-piques et d’épées, pour se saisir d’un poste en diligence, et pour prévenir l’ennemi dans un passage. On leur donne pour cela des hoyaux et des pelles. On les met à cheval au milieu et dans les vides des bataillons pour tirer de là par dessus les autres ; d’ailleurs ils combattent d’ordinaire à pied ».

Ci-dessus : cuirassiers et étendards de cavalerie bavaroise (aquarelle de K.A. Wilke)

En juillet 1644, l’armée du feldmarschall[2] von Mercy compte près de 16 000 hommes dont 8 500 à 9 000 fantassins sous Ruischenberg, 7 à 8 000 cavaliers sous Jean de Werth et 28 canons. Son infanterie compte onze régiments totalisant 94 compagnies : Wahl, Mercy,  Ruischenberg[3], Hasslang, Gold, Holz, Winterscheid, Miehr, Rouyer, Fugger et Entschering.

Sa cavalerie compte, le 18 juillet 1644, quatre régiments de cuirassiers (Mercy, Gayling, Kolb, et Lapierre), trois régiments d’arquebusiers à cheval (de Werth, Sporck et Cosalky), et deux régiments de dragons (Wolf et Kurnreuter).

 

L’armée bavaroise de Mercy à la bataille de Fribourg

Infanterie :                                                                         Effectif le 18 juillet 1644

Régiment de Wahl                        6 compagnies         705 hommes

Régiment de Mercy                    10 compagnies       1031 hommes

Régiment de Ruischenberg       11 compagnies       917 hommes

Régiment d’Hasslang                   8 compagnies         741 hommes

Régiment de Gold                         8 compagnies         1064 hommes

Régiment d’Holz                           8 compagnies         977 hommes

Régiment de Winterscheid         8 compagnies         951 hommes

Régiment de Miehr                      9 compagnies         850 hommes

Régiment de Rouyer                    8 compagnies         862 hommes

Régiment de Fugger                     8 compagnies         900 hommes

Régiment d’Entschering             10 compagnies       929 hommes

Total au 18 juillet                                                      9 927 hommes

Effectif estimé à Fribourg                                          8 500 à 9 000 hommes

 

Cavalerie :                                                                         Effectif estimé

Régiment de cuirassiers de Mercy          8 compagnies         800

Régiment de cuirassiers de Gayling        9 compagnies         900

Régiment de cuirassiers de Kolb             8 compagnies         800

Régiment de cuirassiers de Lapierre      9 compagnies         900

Régiment d’arquebusiers de Werth        8 compagnies         800

Régiment d’arquebusiers de Sporck      10 compagnies       1000

Régiment d’arquebusiers de Cosalky      8 compagnies         800

Régiment de dragons de Wolf                   6 compagnies         600

Régiment de dragons de Kurnreuter          ?                            600

Total estimé                                                             7 200 hommes

Total déclaré                                                            9 713 hommes

 

Artillerie : 4 demi-canons de 24 livres, 5 demi-couleuvrines de 12 livres, 8 faucons de 5 livres, 3 fauconneaux de 3 livres et 3 mortiers.

[1] La Ligue catholique ou Sainte Ligue catholique est une alliance militaire des États allemands catholiques. Elle fut fondée en 1609 par le duc Maximilien de Bavière.

[2] Grade équivalent au Maréchal français.

[3] Ou Reischenberg.

 

Stéphane Thion

 

La bataille de Rheinfelden (3 mars 1638)

La bataille de Rheinfelden (3 mars 1638)

 

Fin 1637, le duc Bernard de Saxe-Weimar, maintenant au service de la France, passe en Alsace, venant de Lorraine, et traverse le Rhin. Puis il traverse la montagne noire en direction de Zürich, dans l’espoir de faire des levées en Suisse. L’armée du Duc compte alors dix régi­ments de cavalerie et huit d’infanterie. Alors que son adversaire, le duc de Savelli, ayant pris ses quartiers d’hivers à Fribourg, pourvoit en hommes les villes menacées, le duc de Weimar remonte le Rhin et fait sa jonction avec le duc de Rohan qui était en Valteline. Souhaitant empêcher les Impériaux de secourir le duc Charles de Lorraine, Weimar part le 28 janvier 1638 pour Laufenburg, qu’il prend le 30 janvier. Après avoir négocier la reddition de la ville de Waldshut, le duc Bernard se porte sur Rheinfel­den, ville située plus en aval, pour en faire le siège alors que ses subordonnés Nassau et Rosen sont envoyés vers l’Est, du côté de Constance et de Lindau, pour surveiller l’ennemi.

Bernard fait bloquer les accès de Rheinfelden aux premiers jours de février puis met son artillerie en batterie. L’armée weimarienne prend alors ses quartiers d’hivers, tout en s’activant au siège. Les 22, 26 et 28 février, trois mines explosent mais la ville résiste toujours. C’est alors que les impériaux vont réagir. Le 28 février, Jean de Werth réunit ses Bavarois aux Impériaux du duc Savelli, et se présente vers 8 heures du matin avec neuf régiments de cavalerie, quatre régiments d’infanterie fai­sant près de 3 000 hommes et deux compagnies de Croates. Les troupes impériales étaient à l’aile droite sous le commandement de Savelli, et les bavaroises à gauche, sous Jean de Werth. Alors que l’aile droite du duc Bernard enfonce l’aile gauche des ennemis, les impériaux mettent la gauche weimarienne en fuite. Le duc de Rohan qui sert alors dans l’armée de Weimar, y est blessé et fait prisonnier.  Le camp weimarien est pris ainsi que plusieurs officiers, forçant le duc à lever le siège.

Cette première bataille se solde par un échec pour le duc de Wei­mar. Mais celui-ci ne se décourage pas : il lève le siège et repart pour Laufenburg et Säckingen où il prend un avant-poste impérial. Enfin, ayant reposé et restauré ses hommes, il revient sur la plaine de Rhein­felden proposer la bataille à Savelli et de Werth, le 3 mars 1638. Les deux généraux bavaro-impériaux ne peuvent réunir toutes leurs trou­pes. Il leur manque ainsi trois de leurs meilleurs régiments de cava­lerie, les cuirassiers de Lamboy & de Billehe et les demi-cuirassiers de Sperreuter. Mais Savelli organise sa défense derrière un fossé de drainage, sa droite appuyée sur le Rhin et sa gauche sur un bois, son armée disposée en trois échelons.

L’armée du duc de Weimar, progresse en bon ordre vers l’ennemi. Alors que Taupadel fixe l’aile gauche ennemie et que l’artillerie ouvre de larges sillons dans les bataillons ennemis, les deux bataillons d’infan­terie weimariens franchissent le fossé. Les trois bataillons impériaux et bavarois, déployés hâtivement et affaiblis par les tirs combinés de l’infanterie et de l’artillerie régimentaire weimarienne, lâchent alors pied en entraînant la cavalerie dans leur fuite. Malgré la bonne tenue de l’aile de Werth, qui essaye de couvrir la déroute, l’armée impériale est annihilée : les pertes sont de 500 tués et 3 000 prisonniers.

 

 

Les armées impériale et bavaroise à Rheinfelden (1638)

Général en chef : duc Frederico Savelli & feld marshall Jean de Werth (Command Rating 8)

Aile droite impériale : Savelli

1er échelon : 1 régiment d’arquebusiers à cheval bavarois (Neunech) en 2 escadrons.

2e échelon : 1 régiment de dragons bavarois diminué (Wolf) soit 1 escadron et 2 esca­drons des cuirassiers bavarois Gayling. Ces deux escadrons sont répartis face aux intervalles de l’infanterie, de part et d’autre d’Henderson.

3e échelon : 1 escadron de Croates impériaux en 2 compagnies (Rejcovics) et 1 escadron des cuirassiers bavarois Gayling, placé entre les 2 premiers escadrons de ce régiment.

Centre : Sperreuter

1er échelon : 3 régiments d’infanterie bavarois, formant 3 bataillons (1 régiment impérial, Hen­derson, et 2 régiments bavarois, Pappenheim et Gold).

2e échelon : 2 escadrons des arquebusiers bavarois de Horst, répartis face aux intervalles de l’infanterie de Gold.

Aile gauche bavaroise : Jean de Werth

1er échelon : 1 régiment d’arquebusiers à cheval bavarois (Werth) en 2 escadrons et 1 régiment d’infanterie bavarois (Wahl) formant 1 bataillon contre les bois à l’extrême gauche.

2e échelon : 2 escadrons d’arquebusiers à cheval impériaux (régiment Valois ou Salis), face aux intervalles du premier échelon, entre les escadrons de Werth et l’infanterie de Wahl.

Aucune artillerie, mais un rideau de tirailleurs, près de la moitié des mousquetaires de l’armée, a été placé derrière le fossé de drainage.

Note : Les Bavarois étaient organisés sur les mêmes lignes que les Im­périaux, en régiments d’une dizaine de compagnies, pour l’in­fanterie comme pour la cavalerie, faisant maintenant de l’ordre d’un millier d’hommes, beaucoup moins en pratique, surtout pour la cavalerie. Durant les années 1636-38, les régiments et bataillons d’infanterie impériaux comptent 600 à 900 hommes alors que les régiments de cavalerie comptent de 300+ chevaux. L’infanterie combat en bataillons disposés sur dix rangs et la cavalerie en escadrons disposés sur quatre ou cinq rangs et chargeant au trot.

Lors de la première bataille de Rheinfelden, le 28 février, l’ar­mée bavaro-impériale est estimée à près de 7 500 hommes dont 4 500 à 5 000 cavaliers en 20 escadrons et 2 500 fantassins en trois bataillons et ne dispose d’aucune pièce d’artillerie. Le 3 mars, il manquera trois des régiments de cavalerie faisant 1 500 chevaux.

Pour LM Tercios, un bataillon d’infanterie impérial ou bavarois est représenté par un escadron classique modernisé (Classic squadron option modernised), les escadrons de cuirassiers par des escadrons de cuirassiers lourds (options heavy et caracole), les escadrons d’arquebusiers à cheval par des escadrons d’arquebusiers montés et les escadrons de Croates par des escadrons de cavalerie légère avec arquebuse (light horse, options veteran & arquebus).

 

L’armée weimarienne à Rheinfelden (1638)

Général en chef : duc Bernard de Saxe-Weimar (Command Rating 9)

Aile droite : Taupadel

Cavalerie : 5 régiments de demi-cuirassiers en 10 esca­drons, sur deux échelons : 3 en première ligne (Potbus, Wurtemberg et Nassau) et 2 en seconde ligne (Tau­padel et Rhingrave), dans les intervalles.

Aile gauche : Bernard de Saxe-Weimar

Cavalerie : 5 régiments de demi-cuirassiers en 10 escadrons, sur deux échelons : 2 en première ligne (Bo­dendorf et Rosen) et 3 en seconde ligne (Kanoffsky, entre les 2 bataillons d’infanterie, Ohm, entre Bodendorf et l’in­fanterie, et Caldenbach, entre les deux régiments de cavale­rie de première ligne).

2 régiments d’infanterie (Forbus & Hattstein) en 2 bataillons au centre.

Artillerie : 8 pièces légères de bataillons (de 3 livres) et 4 pièces moyennes de 12 livres.

Note : À la mi-1637, l’armée du duc Bernard de Saxe-Weimar se com­pose de dix régiments de cavalerie faisant 5 000 chevaux et quatre régiments d’infanterie totalisant 4 000 hommes. En janvier 1638, il ne reste que 4 000 chevaux en dix régiments et 2 000 fantassins en deux régiments. Chaque régiment de cavalerie compte théoriquement huit compagnies totalisant 500 hommes alors que les régiments d’infanterie comprennent théoriquement douze com­pagnies de 100 hommes, pour un total de 1 200 hommes. Cet établissement sera rarement atteint. Les weimariens combattent comme les suédois, en « brigades » (ou bataillons) de 700 à 1 000 hommes disposés sur six rangs et en escadrons de 200 chevaux disposés sur trois rangs et chargeant au galop.

L’armée de Bernard de Saxe-Weimar à Rheinfelden est estimée à 6 000 hom­mes dont 4 000 chevaux en 20 escadrons, 2 000 fantassins en deux bataillons et 14 canons (8 pièces de bataillon de 3 livres, 4 pièces de 12 et 2 pièces de 24).

Pour LM Tercios, les 2 bataillons d’infanterie sont des escadrons modernes vétérans (modern squadron, option veteran) ; les escadrons de cavalerie sont des escadrons de  cavalerie moderne demi-cuirassiers (modern cavalry, options demi-cuirassiers). Si vous n’avez pas l’extension Kingdoms, ces escadrons sont Cuirassiers avec option Modern Cavalry (ce qui revient au même !). L’artillerie légère peut être transformée en regimental gun.

Alternative : donner à l’ensemble de la cavalerie weimarienne, l’option veteran. mais il vous faudra en faire de même avec la cavalerie bavaro-impériale pour équilibrer. Vous pouvez par ailleurs équilibrer les armées en donnant cette option à quelques  unités après calcul des budgets des deux armées.

Enfin, vous pouvez diviser le nombre d’unités par deux, pour les deux armées, si vous n’avez pas assez de figurines.

Bon jeu !

La bataille de Wolfenbuttel (29 juin 1641)

La bataille de Wolfenbuttel (29 juin 1641)

Wolfenbuttel (1641) :  Quand les Français de Guébriant volent au secours des Suédois !

Peu connue, la bataille de Wolfenbuttel voit une armée franco-suédoise affronter les Impériaux de l’Archiduc Leopold et Piccolomini.

Cette année là, c’est le comte de Guébriant, succédant au duc de Longueville, qui est à la tête de l’armée franco-weimarienne d’Allemagne. Leonard Torstensson a été appelé pour succéder au brillant Baner, mort le 20 mai, mais en l’attendant, c’est Königsmark qui est en charge de l’armée suédoise.

Début juin 1641, la ville de Wolfenbuttel est assiégée par les Brunswickois de Klitzing. Ceux-ci, craignant une attaque des Impériaux, appellent le comte de Guébriant à leur secours. L’Archiduc Leopold, secondé par Piccolomini, a de son côté réuni une forte armée composée d’Impériaux et de Bavarois. Le 28 juin au matin, l’armée franco-suédoise franchit l’Oder et se poste vis-à-vis de la digue construite par Klitzing pour inonder la ville. Quatre heures plus tard l’Archiduc et Piccolomini apparaissent. Ils installent leur armée sur une hauteur face à Wolfenbuttel. Prenant peur, les Brunswickois fuient vers les franco-weimariens, en semant la confusion dans leurs rangs. Les Brunswickois parviennent même à convaincre certains généraux Suédois d’abandonner le siège ! Mais Guébriant est là. Prenant les choses en main, il parvient à convaincre ses alliés de combattre. Pendant ce temps, les impériaux vont occuper cette journée à détruire les travaux de siège. L’attaque est planifiée pour le lendemain.

L’armée alliée, estimée à un peu plus de 24 000 hommes (5 400 brunswickois, 6 000 franco-weimariens et 13 000 suédois) se déploie sur une position solide : les troupes du Brunswick-Lünebourg occupent l’extrême gauche, appuyées sur la rivière Ocker et la digue, les Français et Weimariens de Guébriant sont au centre gauche, sur le plateau de Limberg, bien protégés par une large tranchée. Les Suédois de Königsmark occupent le centre droit et la droite, face au bois de Fimmelsen (ou Fümelsen). Une batterie de douze canons placée sur une colline centrale couvre la ligne de bataille.

Les forces impériales et bavaroises, estimées à près de 21 000 hommes vont se déployer face à l’aile droite alliée, formant un angle : à l’aile droite, Piccolomini avec la cavalerie impériale de Bruay devra réaliser une attaque de diversion sur l’aile gauche alliée ; les Impériaux de l’Archiduc Leopold, au centre, et les Bavarois de Wahl, à gauche, renforcés par les défenseurs de Wolfenbuttel, porteront l’attaque sur les Suédois. La gauche bavaroise déborde la droite suédoise : les brigades suédoises traversent donc un marais situé sur leur flanc et forment des abattis pour arrêter la cavalerie ennemie.

La bataille

Il est neuf heures du matin. Sans attendre les Impériaux, les Bavarois se jettent sur les Suédois qui tiennent ferme. Le vieux régiment bleu (alt-blau), un peu avancé, fini par plier, entraînant dans sa retraite toute la première ligne suédoise. Heureusement, c’est à ce moment que le régiment de cavalerie Baner charge les Bavarois de flanc, permettant au régiment d’élite de repartir à l’attaque. Trois attaques successives n’auront pas permis aux Bavarois de rompre les Suédois. Les régiments de Wahl se résolvent alors à se retirer dans les bois.

Il est maintenant midi. L’Archiduc Leopold et Piccolomini ayant erré plusieurs heures, par manque de reconnaissance du terrain, ne lancent leur attaque trois heures après celle des Bavarois, alors que ceux-ci ont été repoussés. Avec trois brigades d’infanterie impériale, l’Archiduc Leopold attaque le centre franco-weimarien qu’il parvient à repousser. Mais une batterie de 12 livres stoppe l’élan impérial. L’Archiduc lance alors deux régiments de cuirassiers à l’assaut de cette batterie et, dans le même temps, engage de nouvelles brigades sur le centre allié. Son attaque échoue une fois de plus, les franco-weimariens résistant fermement.

Un peu plus loin sur la gauche alliée, Piccolomini est parvenu à ébranler les Brunswickois. Tout le centre franco-weimarien menace maintenant de céder. Mais Taupadel, à la tête de quatre escadrons de cavalerie, parvient à prendre l’ennemi de flanc, faisant plier l’aile droite impériale.

Il est quinze heures. Sur l’aile droite alliée, les Bavarois, qui tiennent toujours la lisière du bois de Fimmelsen, reprennent l’offensive. Les régiments de cavalerie bavarois débouchent par une clairière et tentent une percée. Cette charge est dans un premier temps stoppée par la cavalerie suédoise commandée par le comte Hoditz. Mais celui-ci est gravement blessé dans l’action. Les Bavarois profitent alors de la confusion qui s’empare des Suédois. Guébriant, qui a senti le danger, envoie Taupadel à la tête de quatre escadrons weimariens renforcer l’aile droite suédoise. La charge de Taupadel à la tête de deux de ses régiments de cavalerie (Nassau et Taupadel) fait plier les cuirassiers bavarois. Königsmark en profite pour reformer sa cavalerie et repartir à l’attaque : Ses escadrons enfoncent quelques unités ennemies. L’infanterie de Wahl reflue alors dans les bois, au bord de la rupture. Au même moment, les Impériaux resserrent leurs rangs, essayant tant bien que mal de tenir le centre et l’aile droite.

L’heure de la retraite sonne

Vers dix-neuf heures, Piccolomini rameute ses escadrons vers le bois de Fimmelsen, afin de soutenir les Bavarois. Il parvient à rallier les régiments de Wahl. Ceux-ci, épuisés, ne pourront repartir à l’attaque. L’heure de la retraite a sonné. Ce jour là, la cavalerie impériale, placée au début de l’action à l’arrière-garde, aura brillé par son absence : « Elle reçut tant de coups de canon qu’elle se retira sans attaquer » écrira Guébriant. Les cavaliers de Piccolomini se déploient alors à quelque distance du bois de Fimmelsen pour protéger la retraite de la cavalerie bavaroise et de l’infanterie impériale.

Les Impériaux et Bavarois perdirent ce jour là un peu plus de 3100 hommes, ainsi que 45 drapeaux et cornettes. Le général Wahl trouvera la mort durant la bataille. Les alliés ne déplorent pour leur part que 200 tués et 500 blessés. La part prise à cette victoire par Guébriant aurait été fondamentale. « Il empêcha la retraite, il persuade le combat, il y commanda, et il y fit merveilles de sa personne » rapporte la Gazette de France.

Ordre de bataille allié (24 400 hommes)

Suédois (13 000 hommes dont 6 000 cavaliers) :

L’armée suédoise compte au total 12 brigades d’infanterie, 43 escadrons de cavalerie et 26 canons : au centre, quatre brigades d’infanterie sont commandées par Wrangel et trois brigades par Pfuhl, le reste des brigades occupant les fortifications entre franco-weimariens et suédois. La cavalerie est disposée sur les ailes suédoises et en seconde ligne : Wittenberg commande l’aile gauche de cavalerie (entre franco-weimariens et suédois) et Königsmark commande l’aile droite, dont le premier échelon compte quinze escadrons.

Nous ne possédons pas l’ordre de bataille exact des alliés. Mais une montre datant du 30 juin 1641 nous permet de connaître les régiments qui étaient présents lors de la bataille, sans connaître leur position exacte sur le champ de bataille.

L’infanterie « suédoise » (en réalité allemande à l’exception du vieux régiment bleu) compte les régiments Baner (c’est à dire le régiment Alt-Blau à 12 compagnies), Torstensson (12 compagnies), Pfuhl (8), Wrangel (8), Wittenberg (12), Mortaigne (12), Österling (8), Döring (8), Paikull (8), Bibau (8), Schneeberg (8), Ruth (12), Piettenberg (12), Innes (8), Strijks (8), Haake (8), Goltz (8), soit 17 régiments totalisant 168 compagnies et formant 12 brigades de la taille d’un bataillon.

La cavalerie « suédoise » compte les régiments Baner (12 compagnies), Torstensson (8), Cratzenstein (8), Pfuhl (5), Wittenberg (8), Königsmark (12), Billinghausen (12), Gustafson (10), Henrik (12), Horns (8), Landgrave d’Hesse (12), Derfflinger (8), Hoditz (10), Douglas (8), Witzleben (12), Birkenfeld (8), Seckendorf (8), Duwall (8), Geres (8), Jeskew (6), Fritzlews (8), Schlangen (12), Kinsky (6), Höcking (8) et Grünes (dragons, 8), pour un total de 25 régiments totalisant 228 compagnies en 42 escadrons. Les régiments Baner, Königsmark, Billinghausen, Gustafson, Henrik, Landgrave d’Hesse, Hoditz, Witzleben et Schlangen formaient probablement chacun deux escadrons ; les régiments Pfuhl, Jeskew et Kinsky chacun un escadron ; les régiments Torstenson, Cratzenstein, Wittenberg, Horns, Dörfflinger, Douglas, Birkenfeld, Seckendorf, Duwall, Geres, Fritzlews, Höcking et Grünes entre un et deux escadrons chacun.

A ces 7 000 fantassins et 6 000 cavaliers s’ajoutent 26 canons.

Français et Weimariens (6 000 hommes dont 2 000 cavaliers) :

Les régiments de cavalerie français sont probablement les régiments Guébriant et Watronville, répartis en quatre escadrons. Les régiments d’infanterie français sont probablement Melun, Guébriant, Nettancourt et Montausier formant deux bataillons.

Les régiments de cavalerie weimariens sont probablement Rosen, Taupadel, Nassau, Kanoffsky, Ohm, Muller, Schon, Caldenbach, Witersheim, Rotenham, formant vingt escadrons.

Les régiments d’infanterie weimariens ne sont pas connus parmi les huit existants (Forbus, Hattstein, Schonbeck, Flersheim, Hodiowa, Kannoffsky, Moser et Schmidtberg). Les régiments de Flersheim et Schmidtberg sont probablement présents.

Les bataillons ou brigades d’infanterie franco-weimariens sont de l’ordre de 1 000 hommes chacun. Les escadrons sont de petite taille, avec moins de 100 chevaux par escadron.

Quelques drapeaux de régiments français (dont certains étaient présents à la bataille)

Brunswick-Lunebourg (5 400 hommes dont 1 300 cavaliers) :

En 1638, Georges-Guillaume, duc de Brunswick-Lünebourg réunit une armée de 9000 hommes, qui atteignit plus tard à 12 000 hommes. Il nomme von Klintzig lieutenant général pour commander les troupes à son service.

La cavalerie comprend le régiment de cavalerie de la garde commandé par von Schönberg, les régiments de cuirassiers Meier, von Warberg, Koch et Danneberg. L’infanterie comprend le régiment « rouge » von Schlütter et le régiment « bleu » (peut être le régiment Braun) à six compagnies chacun, le régiment de la garde von Bessel et le régiment « jaune » von Waldow à deux compagnies chacun, pour un effectif total de 5 400 hommes, dont 1 300 cavaliers, engagés réellement dans la bataille.

A Wolfenbüttel, la cavalerie formait six gros escadrons d’un peu plus de 200 chevaux chacun : le Leib-régiment formait donc probablement 2 escadrons, les quatre autres régiments formant chacun un escadron.

Les 16 compagnies d’infanterie présentes provenant des quatre régiments cités formaient deux bataillons de 1000 à 1200 hommes, en plus des compagnies réparties dans les différents forts de l’extrême gauche.

L’aile franco-weimarienne compte ainsi six bataillons ou brigades d’infanterie, trente escadrons de cavalerie et cinq canons.

Ordre de bataille impérial et bavarois (20 à 21 000 hommes)

Même si les effectifs de l’armée bavaro-impériale restent sujet à conjecture, son ordre de bataille est lui parfaitement connu, grâce à deux schémas réalisés sur place par l’état-major. Vous en trouverez une reproduction ci-joint.

La cavalerie est répartie aux deux ailes et en réserve, l’infanterie occupant le centre, le tout sur trois échelons.

La cavalerie impériale occupe l’aile droite du dispositif, avec les régiments Montecuccoli, Alt-Piccolomini, Neu-Piccolomini (c’est à dire « vieux » et « nouveau » Piccolomini), Misling, Pompeji, Spiegell, Braganza, Caba, Bucheim, Harasdorf, Brouay et Gonzaga, le tout formant 25 escadrons. Des compagnies de dragons à pied provenant des régiments Gallas et Gall de Burk sont répartis entre les escadrons de cavalerie de la seconde ligne.

L’aile gauche de cavalerie comprend les régiments impériaux Geleen, Gisenburg, Sperreuter, Jung et Rodovan, les régiments impériaux Kolb, Löwenstein, Truckmüller, Gayling, Mercy, Werth et Spork, le tout formant aussi 25 escadrons. Comme pour l’aile droite, des compagnies de dragons à pied provenant du régiment bavarois Wolf sont répartis entre les escadrons de cavalerie de la seconde ligne.

Le centre compte onze bataillons d’infanterie répartis sur deux lignes, formés à partir des régiments impériaux Savelli, Caretto, Suys, Fernemont, Matthei, Gonzaga, Hage, Borri, Waldstein et (probablement) Rannft, ainsi que des régiments bavarois Hagenbach, Mercy, Hunoldstein, Hasslang, Gold et Winterscheid. La troisième ligne est occupée par sept escadrons de cavalerie, les gardes du corps de Piccolomini en formant quatre, le régiment de cuirassiers impérial Wintz un, et les régiments d’arquebusiers montés impériaux Munster et Grodetzky, à priori trois.

Onze canons et trois régiments de croates (Foldvary, Reikowitz et Losy) complètent le tout, sans que l’on sache leur position dans l’ordre de bataille.

Au total, l’armée impériale et bavaroise réunit 57 escadrons (y compris les croates), 11 bataillons et 11 canons.

 

Quelques drapeaux impériaux appartenant à un même régiment (régiment inconnu)

Simuler Wolfenbüttel

Wolfenbüttel est une bataille déséquilibrée avec un peu plus de 24 000 alliés bien protégés affrontant moins de 21 000 impériaux et bavarois. Néanmoins, le déploiement allié, reposant essentiellement sur la ligne de fortifications, est plus rigide. En contrepartie, l’armée impériale et bavaroise a l’initiative, c’est à dire le choix du point où va porter son effort. Piccolomini et l’Archiduc Leopold commandent les impériaux et bavarois, Guébriant et Königsmark les alliés. Pour les besoins du jeu, le comte de Guébriant est considéré comme général en chef de l’armée alliée, Piccolomini comme général en chef de l’armée impériale et bavaroise.

Pour équilibrer la partie, il est donc conseillé de limiter les possibilités d’activation des unités brunswickoises, à l’extrême gauche du dispositif allié : les unités de mousquetaires placées dans les fortins et les deux bataillons d’infanterie brunswickois ne devront pas quitter leur emplacement. Il en sera de même pour le bataillon français (ou brigade) de gauche formé des régiments Guébriant et Melun. La veille de la bataille, Guébriant, pour s’assurer la protection du fort qui gardait la digue, l’avait fait défendre par une brigade brunswickoise et par ces deux régiments, avec ordre de pénétrer dans le fort si nécessaire. Toujours dans un soucis d’équilibre, la cavalerie brunswickoise ne pourra pas quitter l’aile gauche alliée. Elle dépend d’ailleurs du général Klitzing.

Leifferten, Wolfenbüttel, Thÿde et Fimmelsen sont représentés par des villages (fortifiés ou non) et la plaine inondée au sud de Wolfenbüttel par un lac infranchissable.

 

Jouer avec la règle Liber Militum : Tercios

La bataille de Wolfenbüttel voit s’affronter deux armées importantes, avec plus de 20 000 hommes de chaque côté. Vous aurez donc besoin de beaucoup de figurines pour jouer à LM Tercios. Mon conseil est de réduire le nombre d’escadrons et de bataillons par deux (un bataillon/escadron sur la table pour deux bataillons/escadrons réels).

Tous les bataillons d’infanterie français, weimariens et brunswickois sont des bataillons réformés avec la règle « brigade » et sont armés de piques et de mousquets. Les suédois n’utilisent plus la « brigade suédoise » depuis la mort de Gustave Adolphe. Vous pouvez néanmoins utiliser des escadrons modernes pour les suédois mais en prenant l’option d’enlever l’unité de mousquetaire et de compenser en passant l’un des escadrons en vétéran. Les bataillons suédois sont de petite taille (moins de 600 hommes en moyenne) et la stamina de 3 des brigades « modernes » simulera ce petit effectif. Pour simplifier, compter 4 brigades de 3 escadrons suédois et 2 brigades de bataillons français, weimariens ou brunswickois. Pour les suédois, concentrer les bataillons de vétérans au sein d’une même brigade pour représenter le vieux régiment bleu (Alt-Blau).

Les régiments de cavalerie suédois, français et weimariens sont des escadrons de cavalerie moderne, de type « demi-cuirassiers » (les demi-cuirassiers ont un courage de 4 au lieu de 3 : voir page 18 de l’extension Kingdoms). Les régiments de cavalerie brunswickois forment 6 escadrons de cuirassiers (donc 3 unités à 2 escadrons). Il y a au total 72 escadrons de cavalerie alliés soit 36 unités de 2 plaquettes. Il y avait un régiment de dragons dans la cavalerie suédoise, mais ce régiment a à priori combattu au sein de la ligne de bataille : à vous de décider si vous préférez remplacer une unité de 2 escadrons de cavalerie par suédoise par 2 compagnies de dragons.

Les régiments d’infanterie bavarois et impériaux sont des régiments réformés à 3 bataillons réformés (Wallenstein a en effet réformé l’infanterie impériale en 1632), armés de piques et mousquets. Compter 3 brigades à 3 bataillons et une brigade à 2 bataillons

Les régiments de cuirassiers impériaux sont formés en partie d’escadrons de cavalerie moderne, de type demi-cuirassiers (Les demi-cuirassiers ont un courage de 4 au lieu de 3 : voir page 18 de l’extension Kingdoms), et en partie d’escadrons de Cuirassiers. Les gardes du corps de Piccolomini (3 escadrons) sont des cuirassiers « élite » (même s’ils n’ont pas combattus dans la réalité !). Les régiments d’arquebusiers impériaux sont formés d’escadrons d’arquebusiers à cheval. Les régiments de Croates sont formés d’escadrons de cavalerie légère (Light Horse) avec pistolets. Les compagnies de dragons sont formées chacune d’une unité de dragons.

La cavalerie impériale et bavarois comprend au total 57 escadrons dont 3 escadrons de gardes de Piccolomini, 6 escadrons d’arquebusiers à cheval, 48 escadrons de cuirassiers et 2 escadrons de Croates. Huit compagnies de dragons s’ajoutent à ce total. Cela nous donne donc 27 « régiments » à 2 plaquettes, 1 « régiment » à 3 plaquettes (gardes) et 8 compagnies (i.e. plaquettes) de dragons.

Nous ne connaissons pas la répartition des pièces d’artillerie par calibre. Pour simplifier, nous considérerons que tous les bataillons d’infanterie alliés (18) possèdent une pièce d’artillerie légère attachée (fauconneau). Le reste de l’artillerie (13 canons pour les alliés et 11 pour les impériaux et bavarois) est considérée comme artillerie moyenne.

La ligne de bataille alliée, entre l’aile gauche suédoise et la plaine inondée est protégée par des remblais de pierre et de terre, considérés comme des murs (règle « Wall »).

Si vous jouez à la règle LM Tercios avec budget (version règle imprimée), n’hésitez pas à passer quelques unités impériales ou bavaroises en « vétérans » et quelques unités de cuirassiers en « lourd » (heavy) afin d’équilibrer les armées.

Pour jouer ce scénario avec des effectifs plus facilement gérables, diviser tous ces chiffres (bataillons/escadrons d’infanterie et régiments/escadrons de cavalerie) par deux. Compter ainsi 2 brigades d’infanterie suédoise à 3 bataillons modernes et une brigade d’infanterie franco-weimarienne à 3 bataillons réformés pour les alliés et 2 brigades classiques à 3 bataillons pour le camp impériale (une brigade impériale et une brigade bavaroise). Pour la cavalerie alliée, compter 36 plaquettes (18 unités de 2 escadrons) et pour les impériaux, compter 30 plaquettes (15 unités de 2 plaquettes) plus 4 unités de dragons. Diviser aussi le nombre de pièces d’artillerie pas deux.

Bibliographie

Il n’existe à ma connaissance pas d’ouvrage qui aborde la bataille de Wolfenbüttel. « The later Thirty Years War » de William P. Guthrie y consacre tout de même une petite page.

Stéphane Thion

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