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Étiquette : Ordre de bataille

L’armée française en 1643

L’armée française en 1643

Ci-dessus : Gassion en reconnaissance dans les bois environnants Rocroi, par Alphonse Lalauze (1898)

L’infanterie française

Au début de l’année 1643, l’infanterie française compte 166 régiments dont 25 étrangers pour un total estimé de 218 000 hommes. Les régiments peuvent être à 30 compagnies, comme les Gardes françaises, les vieux corps et une partie des petits vieux, ou de 10 à 20 compagnies pour les régiments non entretenus. Les vieux corps (Gardes françaises, Picardie, Piémont, Champagne, Navarre, Normandie, la Marine) et les petits vieux (Rambures, Nerestang, Vaubecourt, La Roue, Villandry, Persan, Sault, Couvonges, La Meilleraye) forment l’essentiel des régiments dits entretenus ou permanents, c’est à dire qui ne seront pas licenciés une fois la paix revenue.

Les compagnies françaises comptent en général une cinquantaine d’hommes. Les compagnies liégeoises, allemandes, irlandaises et écossaises en comptent théoriquement une centaine, les compagnies suisses 200. Sur le champ de bataille, chaque régiment à 30 compagnies forme deux bataillons de 8 à 900 hommes et chaque régiment à 20 compagnies forme un bataillon de 1 000 à 1 200 hommes. Les régiments de 10 et 12 compagnies sont réunis par deux pour former un bataillon. L’encadrement d’une compagnie comprend un capitaine, un lieutenant, un enseigne ou sous-lieutenant, deux sergents armés de hallebardes, trois caporaux, trois anspessade et un tambour. Les caporaux et les anspessades avaient l’armement des soldats qu’ils commandaient.

Le 15 janvier 1643, le Roi écrit à Michel le Tellier, alors intendant de l’armée d’Italie : « Ayant considéré que la plupart des régiments d’infanterie que j’ai mis à 30 compagnies ne sont guère plus forts qu’ils n’étaient quand ils en avaient moins, j’ai décidé de les réduire à 20 compagnies, sauf les vieux corps, les petits vieux et ceux considérés comme tels (Picardie, Piémont, Champagne, Navarre, Normandie, la Marine, Rambures, Nerestang, Vaubecourt, La Roue, Villandry, Persan, Sault, Couvonges et la Meilleraye). Dans chaque régiment, on ne conservera que les 20 compagnies les plus fortes et on y incorporera les soldats des compagnies supprimées. Comme je trouve que les enseignes sont inutiles dans l’infanterie, je ne conserve par régiment que deux enseignes, un à la compagnie mestre de camp, et un à celle du premier capitaine. On licenciera de suite les enseignes des régiments de 20 compagnies. Dans les vieux régiments qui restent à 30 compagnies, les enseignes qui existent seront conservés, mais on ne remplira pas les vacantes jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus que deux par régiment ». Les enseignes supprimés furent envoyés dans les douze compagnies royales créées un mois plus tôt.

Cette lettre à Le Tellier ne fait que confirmer le règlement du 10 octobre 1642. Cette ordonnance ajoute que, pour prétendre être payées, les compagnies devront se présenter complètes à la montre, c’est à dire la revue, sur le pied de 56 hommes chacune, et 150 hommes pour les compagnies royales. Enfin, l’article XXIII de ce règlement précise que les « capitaines d’infanterie seront obligés d’avoir les deux tiers de leurs soldats armés de mousquets, & le tiers de piques ». Depuis 1640, il n’y a plus que les piquiers des Gardes françaises qui portent le corselet, c’est à dire la cuirasse, contre l’avis des anciennes ordonnances, comme celle du 14 juillet 1636. Les piquiers avaient pris l’habitude d’enlever ces armes, ou pièces d’armure.

Quant à la tenue, seules les Gardes françaises semblent avoir été revêtues d’un semblant d’uniforme. Le jeune d’Artagnan, qui est alors aux Gardes Françaises, en témoigne lorsqu’il écrit que de tous les assassins envoyés par son ennemi Rosnay pour le tuer, « il n’y en avait pas un qui me reconnut encore pour être du régiment (des Gardes françaises). Comme ils étaient du premier bataillon, & que je n’était que du second, nous ne nous étions point encore trouvé ensemble. (…) Quand ils m’avaient vu ce n’avait été qu’avec un autre habit que celui du régiment ». Si l’on en croit une lettre de Louis XIII au prévôt des marchands, datant du 27 octobre 1627, les habits des gardes se composent de « pourpoint, jupe à longues basques, haut & bas-de-chausses, de bure minime, teinte en laine ». Mais cela n’empêchait pas le Roi ou les intendants, lorsqu’ils le pouvaient, d’équiper plus ou moins uniformément leur infanterie. Ainsi, le 27 octobre 1641, Mazarin écrit à Le Tellier, alors intendant de l’armée du Piémont, qu’il recevra « l’ordre de faire faire des habits à tous les fantassins de l’armée ». Et celui-ci recevra 5400 paires d’habits un mois plus tard. En 1644, alors qu’il prenait en charge le commandement de l’armée d’Allemagne, le vicomte de Turenne « fit remonter à ses dépends 5 000 cavaliers & habiller 4 000 fantassins ». Le 24 juillet 1646, le parlement de Bretagne ordonnera aux communautés « de fournir à chaque soldat un habit neuf de bonne bure complet, avec deux chemises, un chapeau, une paire de souliers et une épée ». Enfin, le 10 octobre 1647, le Roi ordonne à la ville de Paris, de fournir 1 600 habits complets dont « un quart pour ceux de grande taille, un autre quart pour les plus petits et la moitié pour les moyens ». À cette occasion, Michel Le Tellier essaiera d’imposer un modèle : « Monsieur, je vous envoie un pourpoint ou juste-au-corps qu’on a fait faire ici pour servir de modèle de tous ceux qui seront fournis par les principales villes du royaume auxquelles Sa Majesté en a demandé pour servir aux soldats de nos armées ». Mais cette demande ne pourra être mise en oeuvre avant 1648 et donc bien après la bataille de Rocroi.

La liste des régiments d’infanterie présents à Rocroi est listée dans le scénario sur la bataille. En complément, voici la liste de l’ensemble des régiments d’infanterie au service de la France au début de l’année 1643 :

  • Régiments à 30 compagnies : Gardes françaises, Picardie, Piémont, Champagne, Navarre, Normandie, la Marine, Rambures, Vaubecourt, Lyonnais, Turenne, la Meilleraye, Langeron, Douglas-écossais, Roussillon, Enghien, Conti, Persan.
  • Régiments à 20 compagnies : Gardes suisses, Auvergne, Nerestang, Sault, Poudens-St-Vallier, Lorraine, Plessis-Praslin, Bourdonné, Montausier, Castelmoron, Touraine, Vaillac, La Tour, Aiguebonne, Provence, Annevoux, Nettancourt, Espagny, Grancey, Effiat, Navailles, Tonneins, Vidame d’Amiens, Bussy-Lameth, Vervins, Houdancourt, Florinville, Grandpré, Roquelaure, Lamothe-Houdancourt, Guiche-étranger (liégeois), Lambertie, La Chabrouillaye, maréchal de Brézé, Rébé, Vandy, Huxelles, Roqueservières (allemand), Batilly, Quincé, Biscaras, Castelnau-Mauvissière, Roqueservières français, Bellefonds, Aubeterre, Montpezat, Bourgogne, Périgord, Clauleu, Bretagne, la Suze, Beauce, Bonne, Noailles, Roucherolles, Boissy, Melun, Marquis de Brézé, les Galères, les ïles, le Havre-de-Grâce, Béarn, Languedoc, Poitou, Saintonge, du Tot, Nangis, Espenan, Rasilly, d’Estrées, Villequier, du Passage, Ventadour, Courcelles, Mirepoix, d’Harcourt-Artois, Castrevieille, Castelan, Sauveboeuf, Clermont-Vertillac, la Couronne, Montpeyroux, Kaergroet, Kolhas (allemand), Gesvres, Tavannes, Dauphiné, la Douze, Guebriant, Grignols, Souvigny, Averne, Wall (irlandais), la Feuillade, Oysonville, Estrades, Lesdiguières, Gonnor, Gaderousse, Lannoy, Matha, Sivron, la Mézanzère, Grammont, Fronzac, Laval, comte d’Alais, l’Eglise, Palliers, la Prée, Auduze.
  • Régiment à 18 compagnies : Mignières.
  • Régiments à 15 compagnies : les Vaisseaux, Schombeck (allemand).
  • Régiments à 12 compagnies : Gardes-écossaises, Saint-Etienne, Brasseux, Boisse, La Jonchère-la Ferté, Axtein (allemand), Lignières, Praromann (suisse), Roll (suisse), Bridieu.
  • Régiments à 10 compagnies : Mondejeu, Saint-Paul, Bellebrune, Molondin (suisse), Coosle (irlandais), du Buisson, Zillard (allemand), Feuquières, Rasilly (allemand), Notaf (allemand), Ehm (allemand), Fitz-Williams (irlandais), Belings (irlandais), Lenty (écossais), Watteville (suisse), Metz, Maleyssis, Lermont, Montécler, Am Büchel (suisse), Mazarin-italien, Foulartou (écossais).
  • Régiment à 9 compagnies : Rhoon (suisse).

La cavalerie française

Une première tentative ayant échoué en 1635, le Cardinal de Richelieu ordonne, le 24 janvier 1638, la création de 36 régiments de cavalerie français, composés chacun de 8 compagnies de chevau-légers et une compagnie de mousquetaires. Antoine de Vincart dira d’ailleurs que, à Rocroi, « la cavalerie française était divisée en régiments et chaque régiment ne faisait qu’un groupe de cuirassiers et un petit groupe de carabiniers ».

Avec les 25 régiments de cavalerie étrangers au service de la France, principalement weimariens, la France peut alors compter sur 61 régiments, nombre qui passera rapidement à 70 unités, auxquels s’ajoutent les compagnies de gendarmerie non enrégimentées, et la Maison du roi (les quatre compagnies de Gardes du Corps, les gendarmes et chevau-légers de la garde, la compagnie de mousquetaires du Roi). Selon l’ordonnance du 15 mai 1638, les compagnies de gendarmerie restent franches (non enrégimentées) et doivent servir de garde au général d’armée. Le règlement d’octobre 1642 exige que « les compagnies de gendarmes & chevaux-légers seront payées à la première montre sur le pied de 60 hommes chacune, & celles de carabins pour 50 chacune, le tout officiers compris ».

Six régiments de dragons avaient été formés le 27 mai 1635, à partir des compagnies de carabins : les régiments Cardinal, Alègre, Brûlon, Bernieules, Mahé et Saint-Rémy. Il n’en restera théoriquement qu’un en 1643, le régiment des Fusiliers à cheval de son Eminence, qui a remplacé les dragons du Cardinal en janvier 1638. Il sera renommé Fusiliers à cheval du Roy le 1er août 1643. Les Fusiliers du Roi, ou Fuzeliers comme on disait à l’époque, « ont été établis au lieu des dragons & carabins, dont il ne se voit plus en France », tout au moins en 1648. L’effectif de ces fusiliers n’est pas fixe et il est possible de l’augmenter en faisant prendre « des fusils a quelques compagnies de cavalerie légère ». Mais ils servent réellement comme des dragons, étant « obligés de mettre pied à terre aux occasions où on manque d’infanterie ».

Durant les années 1635-36, à l’imitation des Hongrois et des Suédois, l’équipement du cavalier français va s’alléger. Certains ayant pris l’habitude de se débarrasser de toutes leurs protections, l’ordonnance du 14 juillet 1636 insiste alors pour que « les gens de cheval aient la cuirasse pour le moins ». Et cette habitude va se poursuivre puisque  l’ordonnance d’octobre 1642 rappelle une fois de plus que « les capitaines de cavalerie seront obligés d’avoir leurs soldats armés chacun d’une cuirasse, d’un pot, & deux pistolets, le tout en bon état ».  À cette époque, c’est l’état qui fournit cet équipement. Sirot nous le confirme lorsqu’il écrit qu’en 1642, on lui ordonna « que toutes les compagnies seraient remises à 30 cavaliers, & que l’on donnerait au capitaine 200 livres pour chacun cavalier, afin d’en faire la recrue avec une montre entière ; ce qui fut aussitôt exécuté & l’argent délivré. Les recrues se firent en moins d’un mois, & les cavaliers se trouvant du nombre qu’on le désirait, le maréchal de Guiche me fit délivrer les armes pour les armer, que je distribuai à tous les régiments ; mais il ne s’y trouva que pour armer 2 000 chevaux, & il en restait encore 1 000 qui étaient sans armes ». Les compagnies de gendarmes, dont plusieurs seront présentes à Rocroi, sont équipées plus lourdement. L’État de la France de 1648 précise que « ces gens d’armes ont armes complètes – c’est à dire cuirasse, cuissards, brassards, etc – & sont payés pour deux chevaux, & partant obligés d’avoir avec eux un homme de service ».

Quant à la tenue, seuls les gardes, tels que les mousquetaires du Roi ou les gardes des princes et maréchaux, portent un semblant d’uniforme, sous la forme d’une casaque.  Les cavaliers du régiment Royal semblent avoir porté une casaque à Rocroi, tout au moins son mestre de camp, le vicomte de Montbas. Mais l’ancienne couleur rouge du Cardinal de Richelieu a probablement été remplacée par la couleur bleue du Roi, en gardant la croix blanche.

Le déploiement d’une armée

Le maréchal de bataille est une charge créée par Louis XIII, probablement peu avant sa mort. C’est à lui que revient la responsabilité de régler l’ordre de marche et de ranger l’armée en bataille. Il est aidé dans cette tâche par des sergents de bataille. Le chevalier de La Valière fut le premier connu sous ce titre. Auparavant, les sergents de bataille remplissaient une partie de ces fonctions.

Une armée en marche est à cette époque répartie en trois corps : avant-garde, bataille et arrière-garde. Les troupes en marche conservent en principe 40 pas entre les escadrons et 25 pas entre les bataillons. La disposition d’une vaste armée sur un champ de bataille est une phase critique qui doit prendre en compte les éléments du terrain, ses dimensions et le déploiement de l’ennemi. Selon La Valière, « on met l’armée sur trois lignes, dont la première s’appelle avant-garde, la seconde bataille, qui sont à peu près de même force, & la troisième arrière-garde, lorsqu’elle est à peu près de la force des autres, ou corps de réserve, lorsqu’elle est beaucoup plus faible. On met l’infanterie au milieu, & la cavalerie sur les ailes ; on doit faire les escadrons au moins 80, 100 ou 120 maîtres, & de 200 au plus, & on ne fait plus présentement que de 3 de hauteur. Les bataillons sont de 6, 7 à 800 hommes, & 1 000 au plus, dont les piquiers font le milieu, & les mousquetaires les ailes, & se mettent à 6 de hauteur aux bonnes troupes, & 8 aux moindres. (…) Les bataillons & escadrons de l’arrière-garde se mettent ordinairement vis à vis des intervalles des troupes de la bataille. Il y a diverses façons de disposer ces trois corps, chacune desquelles on a donné des noms particuliers, comme la croix, l’échiquier, le cinquain, le fixain, & plusieurs autres qui n’ont point de nom. Mais la plus ordinaire est la croix, & c’est l’ordre le plus serré, parce que les troupes de l’arrière-garde sont vis à vis de celles de l’avant-garde  ». L’artillerie, fauconneaux et faucons de petit calibre, couleuvrines moyennes et bâtardes, grandes couleuvrines de 15 livres ¼ de calibre ou canons de plus de 33 livres, couvrent généralement de front de l’infanterie. Des mousquetaires peuvent être déployés en avant, en tirailleurs ou enfants perdus, ou sur les flancs, en pelotons de mousquetaires commandés, intercalés entre les escadrons de cavalerie.

Gassion avait l’habitude d’intercaler des mousquetaires entre ses escadrons de cavalerie, comme l’avaient fait avant lui Coligny et Henri IV, puis Gustave-Adolphe, sous lequel il servit de 1630 à 1632. Un biographe du XVIIe siècle nous a décrit cette pratique lors d’un combat mené par lui en 1641, après la prise d’Arras : « Gassion rassembla ses troupes, les mit en bataille sur deux lignes, coula des pelotons d’infanterie dans les intervalles des escadrons, & en cet ordre, marcha droit à l’ennemi. (…) On s’approcha, Gassion essuya le premier feu des ennemis & réserva la décharge de son infanterie jusqu’à ce qu’elle fut à deux ou trois longueurs de piques de distance de leur aile. Mais aussi elle fit un étrange fracas & éclaircit beaucoup les premiers rangs. Gassion avec sa cavalerie fondit en même temps sur eux ».

 

Stéphane Thion

Montre de l’armée du Duc d’Enguien à Thionville le 20 juin 1643

Montre de l’armée du Duc d’Enguien à Thionville le 20 juin 1643

Même si cette montre ne correspond à aucune bataille, par sa proximité, elle permet de reconstituer l’ordre de bataille détaillé de l’armée française un mois avant,  le 19 mai 1643 à Rocroi.

I. Infanterie

Le régiment Royal (infanterie), formé par 30 compagnies de 300 soldats nominaux l’année 1642, selon les données du Musée Condé. À Thionville sont présentes les compagnies suivantes:

Compagnie de Buli: 108 hommes

Compagnie de Maulevrier: 119 hommes.

Compagnie de Gamaches: 101 hommes.

Compagnie de Galerande: 126 hommes.

Compagnie de Vaisé: 144 hommes.

Compagnie de Rotelin: 64 hommes. H*

Compagnie de Rocheguion:  74 hommes.

Compagnie de Mortemar: 84 hommes. H*

Compagnie de Laval: 38 hommes. H*

Compagnie d’Origny: 84 hommes. H*

Compagnie de Saligni: 83 hommes.

Compagnie C. (Comte?) de Nancé: 126 hommes. H*

Compagnie de Sillevi: 90 hommes

Compagnie de S. (Saint) Suplice/Supleix: 38 hommes. H*

Total 14 compagnies et 1.274 hommes.

Il faut tenir compte que les compagnies marquées avec un H* ont participé très probablement à la bataille d’Honnecourt en 1642, car elles formaient une partie de l’armée de Picardie en 1642 dans laquelle il y avait 8 compagnies du régiment Royal. Il est possible que certains capitaines aient été nommés après la bataille d’Honnecourt et donc on ne peut pas identifier la compagnie comme ayant participé à cette dernière bataille.

Régiment d’Harcourt (infanterie)

Compagnie colonelle, Duc d’Epernon: 56 hommes

Compagnie mestre de camp, Comte d’Harcourt: 56 hommes

Compagnie Saint Sauveur: 52 hommes

Compagnie du Me(s)nil: 46 hommes

Compagnie du Hamel: 56 hommes

Compagnie Chanteraine: 18 hommes

Compagnie Valecour ou Vilecour: 51 hommes

Compagnie Mal(h)erbe: 74 hommes

Compagnie Bois Brian: 14 hommes

Compagnie de La Mote: 57 hommes

Compagnie de La Bédinière: 53 hommes

Compagnie de Cartil: 20 hommes

Compagnie de Flaviqui: 30 hommes

Compagnie de Beauvais: 50 hommes

Compagnie de La Roque: 33 hommes

Compagnie de Camarsoc: 20 hommes

Compagnie de Pontac: 59 hommes

Compagnie de Lussan: 54 hommes

Compagnie de Verger: 39 hommes

Compagnie de Lenfernan ou de Lenfernel: 30 hommes

Total 20 compagnies avec 868 hommes

II. Cavalerie

Compagnie de carabins du Duc d’Enguien: 30 hommes

Compagnie de carabins du Halier: 20 hommes

Régiment de cavalerie du Roi

Compagnie d’Hocquincourt: 60 hommes

Compagnie de Monbas: 69 hommes

Compagnie d’Estourmel: 70 hommes

Compagnie de Flavacour: 70 hommes

Compagnie de Fabregues: 61 hommes

Compagnie de Maillé: 52 hommes

Compagnie de Saint Julien: 55 hommes

Compagnie d’Esclainvilliers: 68 hommes

Compagnie de Reinevile: 57 hommes

Compagnie du C. (Comte) de Clerc: 51 hommes

Compagnie de Pontescoulant: 67 hommes

Total 11 compagnies avec 680 hommes.

Régiment de Gassion, Mestre de camp général de la cavalerie française (cavalerie)

Compagnie Colonelle, Gassion: 70 hommes

Compagnie Mestre de camp, Gassion: 70 hommes

Compagnie La Vilette: 67 hommes

Compagnie La Valière: 63 hommes

Compagnie Ravenel: 53 hommes

Compagnie La Garene: 68 hommes

Compagnie du Long: 65 hommes

Compagnie Gassion Bergère: 70 hommes

Compagnie Chomaver: 66 hommes

Compagnie de Roie: 67 hommes

Compagnie de Reine: 68 hommes

Compagnie Savaut: 67 hommes

Total 12 compagnies avec 794 hommes

Régiment du Maréchal de Guiche (cavalerie)

Compagnie Maréchal de camp: 64 hommes

Compagnie de Linoile: 59 hommes

Compagnie d’Orte: 58 hommes

Compagnie La Mote: 59 hommes

Compagnie de Rouvile: 58 hommes

Compagnie C. (Comte?) Layen: 60 hommes

Compagnie du Me(s)nil: 58 hommes

Compagnie La Queique: 59 hommes

Compagnie de Nouailles: 60 hommes

Compagnie de Pontoharnaut: 60 hommes

Total 10 compagnies avec 595 hommes

Régiment de Ferté-Senneterre (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp: 69 hommes

Compagnie Senneterre: 69 hommes

Compagnie d’Equancour: 68 hommes

Compagnie de Romainvile: 67 hommes

Compagnie Chevalier de Jonchères: 65 hommes

Compagnie d’Aubeival: 66 hommes

Compagnie La Morlien: 68 hommes

Compagnie La Montorse: 51 hommes

Total 8 compagnies avec 523 hommes

Régiment de Lénoncourt (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp: 60 hommes

Compagnie de Linières: 58 hommes

Compagnie Chevalier de Bourlemont: 60 hommes

Compagnie L’Astigoti: 60 hommes

Compagnie C. (Comte?) de Bourlemont: 60 hommes

Compagnie Bordes Cris(?): 62 hommes

Total 6 compgnies avec 360 hommes

Régiment de la Mézangère (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp: 50 hommes

Compagnie du Vivier: 30 hommes

Compagnie Chevalier de la Mézangère: 30 hommes

Compagnie Mongobert: 40 hommes

Compagnie La Guete: 36 hommes

Total 5 compagnies avec 186 hommes

Régiment de Coislin (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp, Maréchal de Coislin: 60 hommes

Compagnie Monsieur(?) de Crusi: 60 hommes

Compagnie d’Anglière: 64 hommes

Compagnie de La Bourlie: 60 hommes

Compagnie d’Orthe: 57 hommes

Compagnie Boudienant: 59 hommes

Compagnie Vigneau: 60 hommes

Compagnie de Perne: 60 hommes

Total 8 compagnies avec 480 hommes

Régiment de Sirot (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp, Baron de Sirot: 60 hommes

Compagnie de La Forêt: 60 hommes

Compagnie de Tenance: 60 hommes

Compagnie de La Neuville: 60 hommes

Compagnie d’Eurigni (Origny?): 60 hommes

Compagnie de Sens: 60 hommes

Total 6 compagnies avec 360 hommes

Régiment de La Clavière (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp: 66 hommes

Compagnie d’Andresi: 68 hommes

Compagnie de Richecour: 65 hommes

Compagnie du Baron de Gouri: 64 hommes

Compagnie Breughat: 60 hommes

Compagnie de Rochefort: 60 hommes

Total 6 compagnies avec 383 hommes

Régiment de Roquelaure (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp, Marquis de Roquelaure: 33 hommes

Compagnie du Hamel: 70 hommes

Compagnie Baron de Roquelaure: 43 hommes

Compagnie de Longpré: 73 hommes

Compagnie Enquetot: 70 hommes

Compagnie Novaillac (Novailles?): 68 hommes

Total 6 compagnies avec 357 hommes

Régiment d’Harcourt (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp, Comte d’Harcourt: 40 hommes

Compagnie Maugéron: 44 hommes

Compagnie Comarin ou Comartin: 30hommes

Compagnie de Coligny (-Saligny): 42 hommes

Compagnie d’Escot: 50 hommes

Compagnie du Baron de Laubepin: 62 hommes

Compagnie Hautefort: 65 hommes

Compagnie du Comte de Brione: 60 hommes

Compagnie d’Hervaux: 58 hommes

Compagnie Boislapierre: 64 hommes

Compagnie de Valin: 61 hommes

Total 11 compagnies avec 575 hommes

Régiment de Maroles (cavalerie)

Compagnie Mestre de camp, Baron de Maroles: 65 hommes

Compagnie de Maroles Lenoncourt: 70 hommes

Compagnie du Hamel: 70 hommes

Compagnie d’Argicourt: 60 hommes

Compagnie de Monguères: 60 hommes

Compagnie Courtanmer: 60 hommes

Compagnie du Vicomte de Courtanmer: 61 hommes

Total 7 compagnies avec 446 hommes

 

Régiment de Fusiliers du Roi (cavalerie)

Compagnie colonelle La Mothe Saint Cyr: 66 hommes

Compagnie Saint Martin: 62 hommes

Compagnie Chantcelère: 64 hommes

Compagnie de Sailli: 64 hommes

Compagnie de Châteausavari: 65 hommes

Compagnie de Cuisi: 63 hommes

Total 6 compagnies avec 384 hommes

Régiment weimarien de Wamberg (cavalerie) qui deviendra le régiment de Schack.

Compagnie Colonelle, de Wamberg: 62 hommes

Compagnie Lieutenant Colonel L’Anette: 61 hommes

Compagnie de Flancour: 60 hommes

Compagnie de Spindelbach: 60 hommes

Compagnie de Frimegni: 58 hommes

Compagnie de Beaumont: 62 hommes

Total 6 compagnies avec 363 hommes

Régiment de Raab (cavalerie croate)

Compagnie colonelle, Raab: 68 hommes

Compagnie Milotin: 66 hommes

Compagnie Tobias Molde: 67 hommes

Compagnie de Talange: 66 hommes

Total 4 compagnies avec 267 hommes

Pere Cristòfol

Les soldats de Barcelone pendant la guerre des faucheurs (1640-1652)

Les soldats de Barcelone pendant la guerre des faucheurs (1640-1652)

Les soldats de Barcelone pendant la guerre des faucheurs

(1640-1652)


CHAPITRE PREMIER – La révolte jusqu’à la bataille de Montjouic (26 janvier 1641)

I. Une ville avec une longue tradition armée

Depuis le moyen âge, Barcelone avait une tradition d’autodéfense. Les habitants de la ville et en général ceux de la Catalogne avaient l’obligation de s’armer à ses frais et servir leur comte en cas de menace d’invasion extérieure ou de menace pour la sécurité du comte. Ce comte était le souverain qui gouvernait le pays ensemble avec le peuple moyennant des lois pactionnées.

À partir de 1544, la ville de Barcelone se voit attribuer une nouvelle organisation de ses milices. Le Conseiller en chef (“Conseller en cap”) se voit attribuer le titre de “Coronell” ou colonel et les milices sont organisées en compagnies formées d’hommes des diverses confréries des corps de métier.

Le nombre de compagnies augmentera en fonction de l’évolution démographique de la ville, mais surtout de celle des diverses confréries. En effet, pour former une compagnie on a besoin d’un minimum de 60 hommes et les confréries que n’atteignaient pas ce nombre étaient regroupées en une compagnie formée par les membres de plusieurs compagnies. Comme on peut le supposer, le nombre d’hommes de chaque compagnie variait beaucoup. Certaines compagnies avaient les effectifs minimaux, mais d’autres en avaient plus de 300. C’était le cas pour les professions plus répandues ,comme celle des tailleurs ou des chausseurs. Aucune profession était exempte de servir, ainsi la ville levait des compagnies de notaires royaux ou de commerçants. En cas de menace, même les religieux avaient l’obligation de servir. Le soir, si un quelconque risque existait, les compagnies ou une partie de celles ci faisaient la garde de la ville chacune leur tour.

En 1638, la milice était organisée en 39 compagnies différentes. Ces compagnies s’exerçaient d’une façon plus ou moins régulière et elles arrivaient à se former aux batailles grâce à la pratique des manœuvres des troupes. Cette année là, deux formations regroupant au total 10 compagnies s’exercèrent aux environs de la ville en simulant un combat. Une des compagnies, celle des marchands a pu servir à cheval et à servi aux réceptions des autorités. Cependant ce n’est pas une unité de parade. Ses maîtres sont chevronnés dans l’art équestre et se montreront bien compétents au combat.

Les compagnies servaient à la défense de Barcelone face à des menaces directes. Cependant, en cas d’une mobilisation qui oblige à mobiliser des hommes pour une expédition à l’extérieur de la ville, l’organisation était toute autre. Une levée de soldats était organisée et ceux-ci, volontaires ou désignés par les confréries au sein de ses membres formaient un tercio avec diverses compagnies armées. Le nom de ce tercio était le Tercio de la Bannière de Sainte Eulalie (“Terç de la bandera de Santa Eulàlia”), parce qu’il arborait la bannière de la sainte patronne de la ville. Un des cinq conseillers de Barcelone était désigné comme colonel, mais normalement le Conseiller en Chef restait dans la ville et donc c’était  le Conseiller militaire (choisi entre les nobles), qui était désigné.

 

Catalogne vers 1640

II. La révolte des faucheurs éclate

Le 7 juin 1640 la colère des faucheurs venant à Barcelone éclate. Les quartiers populaires et plus pauvres de la ville rejoignent la colère contre les officiers royaux. Le juges de l’Audience sont particulièrement visés et s’ils n’arrivent pas à se cacher, ils sont massacrés. Le vice-roi Dalmau de Queralt fuit au bastion de la mer (Bastió del mar) mais les révoltés forcent les portes. Obligé à fuir vers Montjouic, il est rattrapé et tué à coups de poignard. La compagnie de Bernardino de Marimón, en garnison à l’arsenal royal des Drassanes, incapable de résister à la foule se disperse. Ses membres qui sont identifiés sont passés par les armes.

Si ce jour là, les Conseillers de Barcelone ont essayé de calmer la révolte usant de la modération, le jour suivant les désordres dérivent vers le pillage. Le soir, les autorités mobilisent 5 compagnies: celles des veloutiers, marchands, argentiers, commerçants et étudiants, soit 470 hommes des classes plus aisées. Celles ci expulsèrent  les révoltés plus bruyants de Barcelone. Le reste ira vers Granollers ou soit disant on regroupait 500 hommes pour lutter contre les tercios espagnols à Perpignan. Ces premiers jours, la ville ferme toutes ses portes moins trois (Marina, portails Nou et Sant Antoni). Dans chacune l’on met une garnison permanente de 25 hommes.

Les premières levées pour servir à l’extérieur de la ville vont se faire à partir du mois de juillet. La ville a occupé l’arsenal royal du chantier naval (“Drassana”) où étaient stockés des milliers d’armes et fournitures, mousquets, arquebuses, épées, 130 canons, 80.000 balles de fer, 500 quintaux de poudres… et même deux galères qui attendent des travaux de réparation. À partir de ce moment les armes ne manquent pas et 4 compagnies de 100 mousquetaires à pied (capitaines Aiguaviva,  Galceran Cors, Josep Molins et Mitjans) et 2 compagnies de cavalerie (Josep de Pinós et Josep d’Ardena – lieut. Francesc Borrell) avec 120 chevaux sont formées. On arme les maîtres avec 2 pistolets, une espingarde et une épée. Elles sont envoyées vers la partie sud ou orientale de la province. Sa mission est purement défensive et une des compagnies de mousquetaires est envoyée à Flix. Barcelone protège ainsi la ville dont elle possède le domaine seigneurial (perception de censives et justice).

À l’intérieur de Barcelone se multiplient les exercices des milices et les premières compagnies de religieux commencent leurs exercices. Les compagnies de religieux sont armés avec un tiers de mousquets, un tiers d’arquebuses et un tiers de piques. Cette proportion va devenir le standard pour les troupes. Elle correspond aux prescriptions des traités militaires de l’époque.

Cependant, la première mobilisation sérieuse se fait en décembre. Pour s’opposer à l’invasion de l’armée du marquis de Los Vélez, le tercio de Sainte Eulalie est levé. Il est formé initialement par 6 compagnies qui regroupent 800 volontaires plus les effectifs de la compagnie de Josep Molins, déjà levée, qui se réunit à Tarragone au tercio. Sa structure est la suivante:

Tercio de la bannière de Sainte Eulalie
Colonel: Le Conseiller tiers Pere Joan Rossell

Lieutenant de colonel: Lluís de Paguera (il était à Lerida et ne sert pas)

Sergent Majeur: Anton Meca (jusqu’au 2 janvier quand il est nommé lieutenant de Colonel)

Enseigne de la bannière de Sainte Eulalie: Geroni Agulló

Consulteurs: Rafael Cervera et Baltasar Càrcer

Un chirurgien, Pau Moles et 4 jeunes chirurgiens.

Compagnie du Lieutenant de colonel (Lluís de Paguera): Enseigne Pere Modolell

Compagnie du sergent majeur Anton Meca

Compagnie du capitaine Anton de Paguera

Compagnie du capitaine Jordi de Paguera

Compagnie du capitaine Martell

Compagnie du capitaine Josep Molins (jusqu’au 2 janvier 1641 quand il est nommé Sergent majeur, substitué par Pere Modolell)

Compagnie de la ville et sous-viguerie d’Igualada

Le tercio sort de Barcelone le 16 décembre et se dirige vers Tarragone. Derrière lui reste le train d’artillerie qui n’est pas encore prêt. Il doit se réunir avec les milices catalanes de la ville et l’armée du Maréchal Espenan. En effet, la Députation du Général (“Diputació del General”) dirigé par le député Pau Clarís a accordé un pacte d’aide avec la France. Pour l’instant 3.092 soldats à pied et 1.040 maîtres rentrent en Catalogne. Ils forment 80 compagnies à pied et 17 à cheval. Passant par Ille (où vont tenir garnison les 20 compagnies du régiment de Tonneins) et Figueres, une partie, soit 24 compagnies à pied et 5 à cheval, est laissé à Castelló d’Empúries pour assurer les communications menacées par les garnisons de Roses. Le reste des troupes passe par Barcelone puis se dirige à Tarragone.

III. Espenan renonce à défendre Tarragone

Espenan s’avance en premier avec 800 chevaux. Un peu plus loin, entre Barcelone et Tarragone arrivent les régiments d’Enguien et 16 compagnies d’Espenan. À Tarragone vont se retrouver la cavalerie d’Espenan, les milices de la ville (7 compagnies), le Tercio de Sainte Eulalie et 3 compagnies de cavalerie catalanes, les deux de la ville et une troisième levée par la Députation , Soit un total de près de 2.200 soldats à pied et 1.000 chevaux. Espenan se plaint qu’on lui avait promis de trouver une armée de 8.000 catalans mais que rien n’est prêt.

S’opposer à l’armée de Los Vélez qui arrive sur lui est suicidaire. Cette dernière est formée par 22.000 soldats à pied, 3.000 chevaux et 24 pièces d’artillerie. En plus, le port de Tarragone n’est pas fortifié et la ville n’est pas prête à résister. Sans doute les massacres qui se sont produits aux villages qui ont résisté: El Perelló, ou 12 miliciens ont été pendus, Cambrils avec 700 prisonniers désarmés exécutés et Vila-seca avec 300 habitants passés par les armes, l’en dissuadent . Un climat de suspicions s’installe entre Français et Catalans mais finalement Espenan négocie la capitulation. Celle-ci est accordée au Marquis de Torrecuso le 23 décembre et inclut les troupes françaises entre Barcelone et Tarragone. Mais, les troupes catalanes sont averties et à l’exception des milices, elles fuient vers Vilafranca puis Martorell. Quand aux troupes françaises elles doivent rentrer en France avant de pouvoir combattre à nouveau.

Ce sera sur cette dernière ville que vont s’affronter pour la première fois les troupes de Barcelone et l’armée de Sa Majesté Catholique.

IV. Le conflit converge sur Martorell

Les miquelets de Joseph de Margarit vont éviter la persécution de l’armée de Los Vélez. Nommé maître de champ du Tercio de la Viguerie de Villefranche en substitution de Felicià Sayol. Ils vont prendre position au Col de Balaguer au sud de Tarragone. Ils interrompent ainsi le flux de fourniture de l’armée par terre, chars et charrettes sont capturés. Los Vélez ne veut pas l’ignorer. Ayant vaincu les Catalans dans toutes les rencontres jusqu’à ce jour, l’affaire semble simple. Ainsi, le Tercio du Comte Duc rebrousse chemin pour nettoyer le passage de ces miliciens qui l’incommodent.

Mais Margarit est un adversaire inespéré. Ayant combattu très jeune dans les bandosités des Nnyers et des Cadells qui divisent la petite noblesse catalane. Il n’a aucune leçon à prendre en l’art de Mars. En plus des 200 soldats mobilisés par la viguerie de Villefranche, il compte avec les miquelets des capitaines Cabanyes et Caselles, soit au total 400 hommes. Ces miquelets sont une espèce de dragons qui combattent à pied mais se déplacent à cheval, en une tradition qui se remonte aux Almogavres du moyen âge. La petite guerre est leur affaire. Le tercio du Comte Duc sera repoussé subissant une cuisante défaite. Les sources hispaniques indiquent qu’il y aurait eu plus de 500 morts et blessés, en réalité ils seront assez moins.

Au retour du tercio, Los Vélez ne peu plus attendre. Les jours passent et on est déjà au mois de janvier. Il lui faut avancer vers Barcelone au plus tôt avant que l’hiver n’empêche de poursuivre les opérations. Il laisse donc un Tercio  de Fernando de Tejada à Tarragone, avec quelques compagnies de cavalerie. Une garnison de 50 soldats est mise au château de Constantin pour garder 370 Catalans survivants du massacre de Cambrils qui n’ont pas été mis aux galères. Après ces dispositions, son armée se dirige sur Vilafranca. Même si une muraille protège la ville, elle date du moyen âge. Il n’est pas surprenant qu’elle soit occupée sans résistance le 4.

Uniquement trois compagnies de cavalerie, une de catalane et deux française font quelque opposition aux alentours de la ville. Pour les Espagnols le scandale est énorme. Les Français auraient cassé l’accord de capitulation. Les missives de Torrecuso et de son fils, le Duc de Saint Georges envers Espenan du 6 arrivent l’une après l’autre et menacent de pendre les Français qui seront capturés. Mais les troupes d’Espenan sont payées par la Députation et celle-ci ne veut rien savoir d’une capitulation qu’elle n’a pas approuvé. Pour la Députation comme il n’y a pas de pitié pour les Catalans, les lois de la guerre ne s’appliquent plus. Les Espagnols vont laisser une garnison de 300 hommes à Vilafranca et vont traiter les malades à l’hôpital, en ville.

Tout l’effort de guerre converge sur Martorell. Le Tercio de Barcelone se voit renforcé de nouvelles compagnies, une de 70 hommes de Sabadell et une autre de 200 de Tarrassa s’incorporent le 25 décembre. Le même jour une centaine de miquelets de Pau Goday, criminel condamné à mort qui se voit libéré en échange de lutter contre les Espagnols, s’incorporent aussi au Tercio. Truffée de criminels, cette compagnie va perpétrer les pires crimes. Ses actions sont si scandaleuses que les Conseillers vont dissoudre la compagnie le 7 janvier et demander l’exécution de Goday à la première occasion.

Le 28 décembre est arrivée une compagnie de Mataró avec 215 hommes et le 29, 100 de plus de la Baronie de Montbui dont Barcelone en a le domaine éminent. Ces derniers vont s’intégrer dans la compagnie d’Anton Paguera. Le 3 janvier un renfort de 100 Barcelonais s’intègre au Tercio. En plus, le 14 c’est le tour de la compagnie à cheval des marchands, aux ordres du capitaine Josep de Clariana, qui arrive à Martorell. Enfin, les 6 pièces d’artillerie de 3 et 4 livres prévues pour l’expédition de Tarragone, rejoignent la place d’armes.

Mais le Tercio de Sainte Eulalie n’est pas seul à Martorell. Il est rejoint par des Tercios formés par des levées des vigueries qui ont convergé sur Martorell. La Députation et diverses villes ont mobilisé le Tercio de Vic (800 h.), celui de la Ville et viguerie de Manresa, celui de la viguerie de Barcelone, le Tercio d’Hostalric et des vicomtés de Cabrera et Bas et celui de Piera. Au total, en comptant près de 1.500 soldats du Tercio de Sainte Eulalie l’infanterie catalane comptera avec 6.000 hommes. La cavalerie quelques 400 maîtres, 220 mobilisés par Barcelone en 3 compagnies et le reste par la Députation.

À ces troupes vont s’ajouter les françaises. Cependant, à Martorell Espenan est dans l’embrouille. D’un côté les pactes de Céret font de lui un mercenaire au service de la Députation à qui il se doit d’obéir. Par contre, il se doit de respecter les pactes de capitulation de Tarragone. Il expose ses régiments à une guerre à mort s’il les brise. Finalement il se décide à respecter les pactes dans sa forme. En premier lieu il encaisse un paiement de 39.000 livres de la Députation puis le 7 janvier il retourne en France.

Il a eu le temps d’écrire une lettre à la Députation lui annonçant qu’il rappelle les troupes laissées à l’Empordà pour venir défendre Martorell. En plus et de forme subreptice, il verse la plus grande partie des maîtres des régiments de Saint Simon et de Boissac dans les compagnies qui ont resté à l’Empordà. Rentreront en France des compagnies encadrées, avec les officiers et quelques soldats. Le résultat est que les 3 compagnies de Boissac auront des effectifs de plus de 320 maîtres et les 2 de Saint Simon 140, soit presque le double du nombre auquel on pourrait s’attendre. Cependant si les troupes à cheval vont arriver le 17 janvier à Barcelone, les choses se compliquent pour l’infanterie. Le régiment de Serignan et les 4 compagnies d’Espenan ont besoin de plus de temps pour faire la route. Ils ne seront à Barcelone que le 21.

V. Barcelone se mobilise

Bien évidemment la mobilisation à l’intérieur de Barcelone sera aussi frénétique. De nombreuses compagnies de religieux seront levées ainsi que celles du Châpitre de la Cathédrale et celle des étudiants de théologie. Sans doute la guerre contre les Tercios hérétiques de Philippe IV était une guerre juste. Les  profanations d’églises par les tercios italiens avaient provoqué la colère des autorités ecclésiastiques. L’évêque de Gérone avait excommunié les tercios de Juan de Arce à cause de la mise à sac des églises de Montiró et Riudarenes. Le 24 décembre la Députation décrète le “somatent” général dans toute la Catalogne, équivalent à l’arrière ban en France.

L’Illustre Châpitre de la Cathédrale, forme le même jour une compagnie de 107 hommes, aux ordres du capitaine, le Docteur Francesc Paga, l’enseigne Fructuós Tos et deux sergents. Le lendemain commence à servir la compagnie des religieux des couvents de Saint Pierre et de Sainte Catherine aux ordres du capitaine Marià Miret avec l’enseigne, le frère Antoni Colomer, et un sergent. Les frères des couvents de Jesús (Jésuites) et de Sant Francesc (Franciscains) et les Capucins forment aussi leurs compagnies.

Au total, l’organisation des compagnies de religieux était la suivante:

Désignation de la compagnie Endroit désigné pour le service le 26 janvier 1641
Pares de Santa Madrona

Pares de Sant Pere i Santa Caterina

Religiosos de Sant Francesc

Pares de la Mercè

Pares de la Trinitat

Religiosos de Sant Agustí

Ilustre Châpitre de la catedrale et bénéficiés

Chanoines de Santa Anna

Pares de Jesús

Pares servites

Pares del Carme

Clergues del Pi

Frares de Santa Mònica

Trinitaris descalços (séculiers)

Porta de la Boqueria (Ancienne muraille des Ramblas)

Entre le bastion de Junqueres et la tour devant de l’hort du Favar

Bastion de Santa Eulalia

Bastion del vi

Bastion de Sant Francesc

Pla de’n Llull

Pla de’n Llull

Porta de l’Àngel

Porta de l’Àngel

Porta de Tallers

Porta de Sant Antoni

Porta de Sant Pau

Porta de Sant Pau

Porta de Sant Bertran

Déjà a Cambrils, Los Vélez s’est retrouvé avec 120 prisonniers religieux sous les bras. Et les religieux de Barcelone, comme les membres des milices ne vont pas se ménager. En effet, connaissant que les troupes espagnoles se rapprochent de Martorell, un nouveau Tercio va être levé, formé à partir d’un noyau d’une compagnie d’étudiants (probablement celle des étudiants de théologie) et des religieux qui font 400 hommes. A eux s’ajoutent des volontaires des diverses confréries. Ils forment le Tercio de la bannière de Saint Raymond de Peñafort, avec des effectifs d’entre 800 et 1.000 hommes selon les sources.

 

Francesc Via – Milicien de la compagnie des argentiers en 1652

À côté de cette organisation, Barcelone organise aussi ses confréries. En se moment elles sont formées par 40 compagnies numérotées sur le feuillet ici reproduit et partiellement traduit:

Aux murailles Endroit
Bastion de Santa Eulària Notaris Causídics (1) A la maison de Ville Le colonel et autres conseillers et conseil de guerre

Notaris de Barcelona (38)

Personnes militaires

Bastion de Sant Francesc Manyans (2)
Bastion del vi (ou de Ponent) Matalassers (3)
Portail de Mar Mercaders (4) Au Pedró Personnes célibataires du Quartó del Raval
Bastion de Migjorn Capitaine de l’artillerie

Argenters (5)

En la montagne de Montjuic L’aide de camp

Sabaters (39)

Sastres (40)

Sur le Rec (Comtal) Julians i sombrerers (5)
Casamate du Bastion de Llevant Pescadors (7)  Rue del Hospital devant de l’ange protecteur Cavalerie del Raval
Bastion de Llevant Mariners i descarregadors (8)
Tour de Sant Joan Carnissers i pastissers (9) Aux Ramblas devant des Agustins descalços Cavalerie du Quartó de Sant Miquel
Portail de Sant Daniel Hortolans del Portal Nou – capitaine Josep Jover (10)
Devant de tiradors Blanquers i cotoners (11) Rambla, devant Sant Josep et Carmelites descalços. Cavalerie du Quartó del Pi
Portal Nou Paraires (12) – capitaine Jacint Vilanova
Portail de Junqueres Velluters i torcedors de seda (13)
Portail de l’Àngel Teixidors i retorcedors de llana (14) La cavalerie du Raval, du Quartó del Pi et du Quartó de Sant Miquel doit sortir de la ville et se mettre sur une éminence entre la Creu Coberta et la montagne de Montjuic protégée de cent mousquetaires.
Tour de Sant Sever Mestres de cases (15)
Portail de Tallers Ollers i gerrers (16)
Devant de Natzaret Fusters (17) – capitaine Lluís Sans Al Pla d’en Llull Cavalerie du Quartó de Santa Maria del Mar
Portail de Sant Antoni Hortolans del Portal de Sant Antoni (18)
Portail de Sant Pau Escudellers i daguers (19) – capitaine Ramón Romeu Place de Santa Anna Cavalerie du Quartó de Sant Pere
Devant la rue des Comèdies Pintors i flassaders (20)
Portail de Sant Bertran Cirurgians i droguers (21) La cavalerie du Quartó de Santa Maria et du Quartó de Sant Pere doivent sortir à la campagne et se mettre sous l’éminence de  Sant Francesc de Paula.
Aux places publiques
Salles des armes Pellers (22)

Assaonadors i carders (23)

Place de la Arboleda Le sergent majeur

Forners i flequers (24)

Taverners i hostalers (25)

Ferrers (26)

Corders (27)

Gent soltera del Quartó de Santa Maria

Place de Sant Agustí Personnes célibataires du Quartó de Sant Pere
Placeta de Sant Pere Passamaners (28)

Calceters, llibreters i vidriers (29)

Place de Junqueres Julians, mercers i botiguers (30)

Notaris reials (31)

Porta Ferrissa Velers i perxers (32)

Teixidors de lli (33)

Gent soltera del Quartó del Pi.

Au portail devant les Drassanes Le sergent majeur

Boters, capsers, torners i esparters (34)

Revenedors (35)

Apotecaris (36)

Estevans i tapiners (37)

Personnes célibataires du Quartó de Sant Miquel.

Le gouverneur des armes n’a pas de place fixe, car il doit aller et aider où le péril est plus grand.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les armes à feu des milices barcelonaises sont l’arquebuse et le mousquet. Le mousquet est hors normes en cette Europe du XVII siècle. En effet, si les mousquets français lancent des balles avec un poids de 3/4 d’once et les espagnols de 0,8 onces, le mousquet de Barcelone a un calibre supérieur et des balles d’une once de poids. Ce calibre permet d’atteindre l’adversaire à une portée supérieure, soit atteindre sans être atteint. Il fait bien plus de dégâts, notamment sur la cavalerie, que les autres mousquets. Cela aura des conséquences sur divers épisodes de la guerre des faucheurs.

Ces armes ont une marque pour les identifier comme appartenant à Barcelone. Si le soldat manque d’armes, en cas de nécessité, la ville lui en prète, mais ce soldat se doit de garantir le prix du matériel livré. On rend ainsi plus difficile que le soldat abandonne des armes qu’il devra payer en cas de perte. Toutefois la norme a ses exceptions. Si l’arme est perdue à cause d’une capitulation ou si le porteur est blessé mais s’est bien battu, on ne lui réclame pas les frais.

VI. L’encontre de Martorell

L’inexpliquée lenteur de Los Vélez entre Vilafranca et Martorell va permetre arriver à cette dernière ville à la cavalerie française. En effet, la première ville est occupée le 4 et la première attaque sur Martorell se fait le 20 janvier. Le changement du rythme de progression se fait évident:

Trajet de l’armée espagnole Jours Distance (km) Vitesse (km/jour) Troupes
Tortose – Cambrils

(7-14 décembre 1640)

7 70 10 Armée
Tarragone-Vilafranca

(31 décembre-4 janvier)

5 52 10,4 avant-garde de cavalerie
Tarragone – Martorell

(4 – 20 janvier)

16 80 5 Gros de l’armée
Martorell – Barcelone

(22-25 janvier)

4 28 7 Gros de l’armée

Certes, Los Vélez doit transporter un train d’artillerie formé par 24 pièces et le terrain devient de plus en plus montagneux entre Vilafranca et Martorell. Mais cela ne justifie pas la vitesse d’escargot de son armée. Quoique les sources consultées ne parlent pas d’incidences météreologiques, uniquement celle cis peuvent expliquer le changement du rythme de progression. Après la prise de Tarragone on est en plein hiver et probablement des pluies abondantes ralentissent la progression.

Une autre cause du ralentissement de la progression peu avoir relation avec les opérations que mène Joseph de Margarit dans l’arrière-garde française. La nuit du 13 janvier il converge sur Constantí avec 1.500 hommes de son Tercio, les deux compagnies de miquelets des capitaines Caselles et Cabanyes et plus de 1.000 miliciens non encadrés des villages des alentours de Tarragone qui sont venus libérer ou venger leurs parents capturés à Cambrils.

Les catalans vont escalader les murs de Constantí et s’aposteront à l’entrée du château. Le matin du 14 quand les espagnols ouvrent les portes, le sergent Pere de Torres et quelques soldats se font passer par des commerçants d’eau de vie. Ils éliminent rapidement les gardes et entrent en masse dans le château. La garnison résiste désespérée, atendant le secours de Tarragone. Et en effet, 400 hommes de la garnison de Tarragone vienent au secours. Mais Margarit a disposé les miquelets de Cabanyes et Caselles et la compagnie du capitaine Potau. Margarit va envoyer à leur secours ses miliciens. Supérieurs en nombre ils menacent le flanc des espagnols qui doivent se replier au plus vite à Tarragone. Les espagnols doivent déplorer 14 morts et 4 blessés qui sont capturés avec le reste de la garrison.

L’assassinat des prétendus malades et blessés d’un hôpital hispanique situé au château est un mythe répété maintes fois depuis la description qu’en a faite Francisco Manuel de Melo et destiné à tacher la figure de Joseph de Margarit qui bien vite va devenir la bête noire de la monarchie hispanique. Pour preuve, les propositions de la même monarchie pour que Margarit change de parti l’année suivante.

Peu de jours plus tard, la Députation va demander à Margarit qu’il raproche ses soldats de Martorell et continue à attaquer l’arrière-garde de l’armée de Los Vélez. Margarit va le faire et les compagnies montées vont s’avancer vers Martorell.

Sur cette ville converge l’armée hispanique. Les catalans ont eu le temps de préparer des défenses. Des tranchées ont été creusées à l’entrée du village. Mais Martorell est une ville ouverte dont le domaine appartient au Marquis de Los Vélez. Bien sûr la Députation a sequestré les biens de Los Vélez, lors de l’invasion de la Catalogne, mais les habitants ne fuient pas. Si los Vélez ocupe l’endroit ils s’attendent à être bien traités. Un pont romain, le Pont du diable, permet de traverser le Llobregat, le fleuve qui est derrière le village. Aucun autre pont permet de traverser la Llobregat jusqu’à son embouchure. C’est donc un lieu de passage obligatoire pour Los Vélez qui ne pourrait faire traverser son artillerie à un autre endroit qu’avec beaucoup de travaux.

La cavalerie espagnole se présente par deux fois devant de Martorell et est renfoulée. Mais ce ne sont que des éclaireurs. Quand l’armée Los Vélez se met en marche 9 tercios aux ordres de Gerí de la Rena et la cavalerie de las Ordenes comandée par Álvaro de Quiñones (20 compagnies et 1.480 maîtres au début de la campagne) avancent directement sur Martorell par le chemin de Gelida.

Le 18, la cavalerie hispanique arrive devant Martorell avant que son infanterie. Leur nombre n’impressiones pas les francocatalans qui sortent devant la ville faire des escaramouches avec sans arriver à la lutte corps a corps. La partie n’est paas facile pour les espagnols, le cheval de Dom Juan de Garay recevant deux blessures et il y a aussi quelques blessés. La lutte va cesser jusqu’au lendemain après-midi quand arrive l’infanterie.

Le 19, à 4 heures de l’après-midi, les espagnols attaquent à nouveau avec 500 soldats comandés per le Sergent Pedro de Cañaveral et délogent les catalans d’une coline situé à côté du village. La nuit tombe mais les escarmouches se poursuivent entre les deux armées.

Entretemps, le marquis de Torrecuso avec 7 tercios qui font 6.000 hommes et le Duc de San Jorge comandant la cavalerie d’Aragon, prennent un chemin situé à leur gauche et qui passe par  le Col del Portell, Corbera et débouche sur Sant Andreu de la Barca puis Martorell. Ils ’emportent quelques mansfelts. Leur objectif, de concert avec le corps principal, prendre les catalans dans une nasse. Le 21 est le jour du rendez-vous à Martorell.

Le 20 après-midi, il arrive à Corbera dont il capture le château après un petit combat. En effet, parmi les 700 catalans commadés per Dídac de Vergós, c’est le chaos. Ils ne s’attendaient pas a l’attaque et pris par surprise une partie des miliciens fuit au plus vite, en commençant par son chef. Cependant, le clocher de Sant Andreu donne le signal d’alarme. La nuit, il y aura aussi des escaramuches avec les troupes catalanes.

Le lendemain Torrecuso se remet en marche. Les escaramouches comencent tout de suite et s’intensifient au fur et mésure de leur progression vers Martorell. Un milier de catalans se replient sur la ville au fur et à mesure de leur avance.

De son côté, le 21 au matin les catalans sortent avec leur cavalerie de Martorell et attaquent l’éminence capturée le jour avant par les espagnols. Ceux ci après avoir résisté pendant quelque temps doivent se replier après avoir épuisé leurs munitions. Cependant los Vélez contrataque. Il envoie une compagnie de chevaux et un bataillon d’infanterie pour récupérer l’éminence et les catalans doivent se réplier sur ses tranchées. La ils résistent avec obstination les avances des espagnols.

Cependant, à 9 heures du matin Torrecuso est arrivé à proximité de Martorell. Se voyant en risque d’être encerclés les catalans abandonnent les tranchées et fuient à travers le Llobregat sur le Pont du Diable. Avant de partir ils incendient leurs poudres, ce qui provoquera plusieurs victimes sur l’armée hispanique. Certaines armes et  munitions sont même entérrées, mais l’artillerie est abandonnée. Cependant, dirigée par des artilleurs français, elle a le temps de faire une décharge sur les troupes qui arrivent, avant que les artilleurs décampent. La ville est prise à l’assaut des deux côtés et commence le sac ce qui facilite la retraite francocatalane.

La cavalerie française protège aussi la retraite et se positionne de l’autre côté du Llobregat pour recevoir les fuyards. entretemps,  le juré en chef de Martorell , pau Roca, se présente devant Los Vélez avec ses insignes pour demander la protection du marquis. Cela ne sert a rien, il est égorgé et le sacage continue. Aux yeux de Los Vélez la ville est doublement traite à son Roi et à son seigneur. Elle est brûlée, les femmes sont violées puis assassinés et même les enfants sont mis à mort, beaucoup d’eux lancés du haut du Pont du Diable dans le Llobregat. Au total on compte plus de 800 morts, pire que Cambrils…

Le pont du Diable vers 1860 (Martorell)

D’autre part, le 21 au matin, sortent de Barcelone le régiment de Serignan et le Tercio de Saint Raimond pour se porter au secours de Martorell. Malgré leur hâte ils n’arrivent pas plus loin que Sant Feliu de Llobregat. De l’autre côté de la rivière Torrecuso a répéré leur progression et fait traverser la rivière à sa cavalerie. L’infanterie francocatalane forme à la défensive et doit supporter le feu des maîtres ennemis. En un premier moment la compagnie de Francesc Borrell arrive à leur secours, mais ils sont trops peu pour faire face aux espagnols. Heuresement peu après arrive le gros de la cavalerie francocatalane.

En effet la plus grande partie de l’infanterie catalane s’est repliée vers la comarque du Vallès à travers d’un terrain montagneux qui empêche aux espagnols de les menacer avec leurs chevaux. Cependant ils sont pressés et ils abandonnent plus de 90 armes à feu dans le terme d’Esparraguera. Plus de la moitié du Tercio de Santa Eulalia se dirige vers Barcelone, cependant les compagnies colonelle et celle du lieutenant-colonel avec le Conseiller Rossell partent vers Tarrassa.

La cavalerie par contre se dirige à Barcelone et rencontre l’infanterie qui est en difficuté. Grâce à eux l’infanterie francocatalane peut se rapprocher des montagnes qui longent le Llobregat et se replier sur Barcelone. En fin de compte, les catalans perdent plus de 1.000 soldats en la déroute et toute leur artillerie, 6 pièces. Les espagnols de leur part uniquement quelques centaines. C’est donc une nouvelle et cuisante défaite.

 

Murailles de Barcelone près du portail de Santa Madrona

VII. Le miracle de Monjouic

Le 22 janvier la situation de Barcelone semble désespérée. L’armée de Los Vélez est à moins de 30 km, distance qu’elle peut parcourir en 2 jours. Les défenses de la ville sont considérables, car sur le papier les murailles sont bastionnées, cependant la muraille médiévale est faible sur certains endroits. el date du XIVe siècle. En plus, sur une grande partie du tracé les bastions sont trop séparés  et ne se protègent pas mutuellement. Sur Montjouic, à l’endroit où il y a la tour de signaux, on a improvisé un fort en pierre sèche dont les murs sont peu élevés. Le fort ne compte même pas avec des pièces d’artillerie.

Dans la ville Du Plessis-Besançon négocie avec Pau Clarís les conditions sous lesquelles la Catalogne peu recevoir la protection de la France. Le 16 janvier, Catalogne a déposé Philippe IV et est devenu une république. Le 23, devant l’évidence de la déroute de Martorell, est votée l’élection de Louis XIII comme Comte de Barcelone. C’et ainsi qu’il devient Louis Ier. À partir de ce moment les militaires français prennent les choses en main.

Les travaux sur Montjuïc s’accélèrent. Sur la montagne on creuse des tranchées pour protéger les accés et le fort de Montjuïc est rehaussé. En plus il est artillé avec 8 pièces, et on y met en garnison près de 300 soldats de 4 compagnies du régiment d’Espenan (Aubigny, La Val, La Conté et Du Bagnan) et probablement de 2 autres du régiment de Serignan. La moitié de ces soldats étant armés de piques, la Députation va les armer avec 152 arquebusses, plus maniables pour des soldats habitués à utiliser des piques. Apparament les mousquetaires de ces compagnies ont été séparées et servent en d’autres endroits.

Devant la porte de Sant Antoni, se situe la compagnie colonelle de Palliers. Ils sont protégés par des une pallissade en forme de bastion formée de tonneaux remplis de pierres et de terre. Dans ces tonneaux on fixe des piques pour éviter que des chevaux puissent supérer l’obstacle. Fortification improvisée, c’est un obstacle formidable contre les armes à feu. Cependant, elle ne peu pas résister le feu de l’artillerie. Ce ne sera pas le dernier cas qu’on utilisera ce système pendant la guerre des faucheurs.

Les compagnies du régiment de Serignan servent dans la majorité des portes et bastions de Barcelone pour les assurer.

Troupes françaises qui combatron à Montjouic le 26 de janvier 1641
Régiment Compagnies d’infanterie Compagnies de cavalerie Effectifs d’infanterie Effectifs de cavalerie
Sérignan 20 c. 800
Espenan 4 c. 250
Boissac 3 321
Saint Simon 2 140
Total 24 5 c. 1.050 c. 460

La cavalerie française est formée par trois compagnies du régiment de Boissac, celles de Fontrailles, Bridoire et Massane et deux compagnies de Saint Simon, celles de Gudane et celle de Vauvette, dont le lieutenant est le Chevalier de Sage.

La cavalerie catalane est formée par la compagnie des marchands de Francesc Borrell qui compte une centaine de maîtres, celles des capitaines Josep d’Ardena et Josep Pinós avec chacune 60 maîtres. Ces trois compagnies sont formées par la ville de Barcelone. Suivent les compagnies de Manel d’Aux, qui revient du Roussillon et a des effectifs d’une trentaine de maîtres et celle du frère Enric Joan avec une cinquantaine.

Cette cavalerie utilise des cuirasses complettes sorties des arsenaux de la ville et des particuliers, qui ont vendu les protections à la Députation. Des casques et des protections pour les bras sont aussi disponibles. Les maîtres sont armés de deux pistolets ou deux “pedrenyals” (arme traditionelle a mi-chemin entre le pistolet et le fusill). Ils ont peut-être une apparence étrange, démodée qui rappelle celle des chevaliers de la renaissance, mais la protection se démontrera très effective. L’avantage pour les catalans est que le combat se fait à côté de Barcelone et les maîtres n’ont pas à supporter de longues marches avec les incomodités d’une armure.

Même si les tercios de Martorell se sont replié sur la Vallès, Barcelone compte sur  les hommes des villages de la vallée du Llobregat qui devant l’avance de Los Vélez désertent en masse la contrée. Les jours suivants l’avance de Los Vélez peu se voir par la progression des incendies qui ne respectent même pas les églises. Même Molins de Rei qui fait partie du domaine du Marquís est incendié.

Ainsi, dans la ville se rassemblent les levées des populations voisines de Barcelone. Trois compagnies de Mataró, reunissant 480 hommes, arrivent dans la ville. Si on leur additionne les nouveaux venus. On peu estimer à plus de 2.000 les hommes armés d’en dehors de Barcelone qui défendront la ville.

Traversant les lignes hispaniques et démontrant à nouveau leur mobilité, les compagnies de miquelets des capitaines Cabanyes et Caselles arrivent à Barcelone. Troupes expérimentées au combat, on les destine à l’endroit le plus risqué, la montagne de Montjouic. Elles comptent une centaine d’effectifs chacune. Avec eux sont aussi arrivé les compagnies du tercio de la Bandera de Santa Eulalia, celle de Pere Modolell (avant Molins), Martell, d’Antoni Paguera et de Jordi Paguera. Au total quelques 800 soldats.

Ces troupes ne se sont pas les seules à avoir pris le chemin de Barcelone, la compagnie du capitaine Lluís Valencià qui forme part très probablement du Tercio de “Piera” est avec eux. Celle ci et celle du capitaine Ambrosi Gallart se situent au couvent de Santa Madrona.

Barcelone va prendre ses dispositions pour se défendre. En premier lieu elle organise 5 tercios. Le premier est celui de Montjouic. Il estformé par 9 compagnies des confréries qui ocupent la montagne. À l’intérieur du fort se situent les compagnies des Julians (marchands de toiles). Celles des Sastres et Sabaters (chausseurs) professions bien nombreuses qui réunissent plus de 300 membres chacune, sont situées dans la montagne de Montjouic. Sont aussi présentes les compagnies des confréries des Passamaners, Velers, Taberners et Teixidors de lli et Pellers qui forment ensemble. Fomellement le tercio réunissait plus de compagnies, comme celle des Notaires publics, Ferrers,

A la Tour de Damians, se situe la compagnie des Blanquers et à l’extrémité de la montagne regardant le Llobregat se situe la compagnie des Estevers. Les compagnies de Rafel Casamitjana et Vives sont aussi présentes. On ne leur a pas su attribuer l’origine et nombre de ses soldats. La compagnie des étudiants (de droit) du capitaine Lluís Valencià est aussi présente.

Les autres tercios, composés des milices des confréries sont ceux de Galceran Dusay avec le sergent majeur Jeroni de Miquel, celui de Rafel Cervera avec le sergent Baltasar de Cárcer, celui de Josep Navell et Joan Tello.

De l’autre côté, l’avance vers Barcelone est menacé par les miliciens de Margarit qui ont arrivé aux alentours de Martorell. Pour protéger son arrière-garde, le 22, Los Vélez laisse deux tercios à Martorell et la cavalerie des Ordenes. ils vont partir le jour suivant, mais l’infanterie n’arrivera pas à temps pour la bataille.

Effectifs de l’armée de Los Vélez Inafanterie *M = présent à Montjouic Cavalerie *M=présence confirmée à Montjouïc
Entrée en Catalogne

Capitaine général et Viceroi Marquis de Los Vélez

Mestre de camp général: Marquis de Torrecuso

Ingénieur général: Marco Antonio Gandolfo

Gouverneur de l’artillerie: Gerí de La Rena.

23 pièces d’artillerie

250 artilleurs

20 tercios avec 22.100 soldats

Régiment de la Guardia (Colonel Fernando de Ribera – Sgt. Maj. Manuel de Aguiar) *M +1.600 h.

¿Régiment du Conde-Duque? (Colonel Luís de Ribera) *M

Régiment du Marquis de Los Vélez (Colonel Gonzalo Fajardo – Sgt. Maj. Castañissas) *M +1.200 h.

Régiment du Duc de Medinaceli (Colonel Martin de Azlor) *M +1.000 h.

Régiment du Duc del Infantado (Colonel Iñigo de Mendoza)

Régiment du Comte d’Oropesa (Colonel Comte Bernabé de Salazar) *M

Régiment du Gran prior de Castilla ou de La Mancha (Colonel Diego Guardiola y Guzmán)

Régiment du Comte de Morata (Colonel Luís Jerónimo de Contreras)  *M

Régiment du Duc de Pastrana (Colonel Pedro de Cañaveral – Sgt. Maj. Villafañé) *M

Régiment du Comte de Montijo ou de Castilla (Colonel Pedro Fernández de Portocarrero, Comte de Montijo)

Tercio d’Alonso de Calatayud *M

Tercio de Diego de Toledo y Guzmán *M

Tercio de Pedro de Lesaca *M

Tercio de Fernando de Tejada

Tercio de Martín de los Arcos (Sgt. Maj. Diego de Cárdenas y Lusón) *M

Tercio irlandais du Comte de Tyrconnel ( Mestre de camp Eugenio O’Neil – Sgt.Maj. Constantine O’Neil) *M

Tercio valon du Duc d’Isinguien *M +1.500 h.

Tercio portuguais de Simón Mascarenhas *M

Tercio portuguais de los presidios de Portugal ou de Lisboa (mestre de camp Tomás Mecía de Acevedo)

 

3.400-3.600 maîtres

Compagnie de la garde du Viceroi Los Vélez, capitaine Alonso Gaitán c. 100 maîtres *M

Ordenes militares (Comissaire géneral Rodrigo de Herrera – Lieutenant général Alvaro de Quiñones) 20 compagnies avec 1.480 maîtres: compagnies de l’ordre d’Alcantara: Tomás de Beaumont, Pedro Chirino de Narváez, Manuel de Arriarán. Compagnies de l’ordre de Calatrava: Francisco Mayoralvo y Sande, Marquis de la Conquista (lieut. José de Alloza),  Pedro Lisón de Fonseca, Rodrigo Arista de Zúñiga Tenorio (arquebussiers), Sancho de Londoño, Juan de Egues y Beaumont. Compagnie de l’ordre de Montesa: Comte de Olocau. Compagnies de l’ordre de Santiago: Rodrigo Herrera de Céspedes, Luís Calderón de Chaves, Diego de Villalba y Toledo, Sebastián Centurión y Córdoba, Pedro Cañaveral y Córdoba, Iñigo de Angulo y Velasco, Manuel Suárez Treviño, Gabriel de la Puebla Escobedo, Juan Bautista de Otto (arquebussiers), Antonio Venegas de Córdoba (formellement compagnie du Comte Duc d’Olivares).

 

Guardas de Castilla (Lieutenant général Duc de San Jorge): c. 1.000 maîtres.

comp. du Duc de San Jorge *M, Cristóbal López.

Guardas de Castilla (Comissaire général Filippo Filangieri / connu comme Felipe Felincher): c. 600 maîtres de cavalerie légère.

Les Guardas de Castilla sous l’autorité de San Jorge ou Filangieri se composent des:

compagnies de Federico Spatafora *M, Mucio Spatafora *M, Fabricio Prignano, Francisco Arias, García Cabanillas *M, Mateo de la Mata,  Juan Muñoz del Peral, Miguel de Iturbide, Luís de Mendoza, Jerónimo Álvarez. (+ d’autres compagnies)

Compagnie d’arquebussiers valons de Bridard.

Laissé à Fraga Tercio du Comte de Montijo c. 1.100 h.
Laissés à Tortose  Bartolomé de Medina c. 1.500 h.
Laissés à Tarragone Tercio de Fernando de Tejada c. 1.000 h. 2 compagnies c. 150
Perdus au Col de Balaguer ¿Régiment du Conde-Duque?  c. 200 h.
Laissés à Vilafranca del Penedès Entre 300 et 400 h.
Perdus à Martorell Autour de 200 h. Autour de 100
Laissés à Martorell n’arrivent pas à temps à Montjouic Tercio de Lisboa et un autre tercio c. 1.700 h. La cavalerie arrive à temps
Arrivés devant Barcelone 14 tercios non complets. c. 13.000 c. 2.700-3.000

Le 23, le mestre de camp du tercio de Montjouic, Josep de Rocabertí, déserte avec son sergent majeur. Il arrive la nuit au camp espagnol et va informer le commandement espagnol des caractéristiques du fort de Montjouic, hauteur des murs, uniquement 1,2 mètres et profondeur des fossés, garrison, absence d’artillerie etc… Mais l’information deviendra caduque bientôt, à cause des dispositions d’Aubigny et de Du Plessis-Besançon, et donc en fin de compte perjudicielle.

En effet, sous la direction d’Aubigny, le fort de Montjouic va être amélioré. Même s’il reste une construction en pierre sèche et donc très vulnérable au feu de l’artillerie, Aubigny fait travailler tout le monde de forme frénétique. Les murs du fort sont rehaussés. En plus il est armé avec 8 pièces d’artillerie qui sont installées sur ses bastions, 2 sacres et 6 fouconneaux de 4 livres. Les pièces ont un calibre de  De son côté, l’aide de camp Tapiolas, du Tercio de Montjouic reste dans le fort aux ordres de son nouveau gouveneur le seigneur d’Aubigny.

Les francocatalans s’organisent aussi en un comandement nominalement tricéfale. La direction est compartie entre le député Tamarit, le conseiller en chef, le Docteur Joan Pere Fontanella et Du Plessis-Besançon, mais c’est ce dernier qui va prendre les choses en main. En vue du traitement des espagnols ils sont prets à résister jusqu’à la dernière extrémité. Négocier avec les espgnols qui ne respectent pas les pactes est impensable.

Arrivés le 25 à Sants, Los Vélez planifie les operations du jour suivant. La décision est de conquérir Montjouic pour avoir une communication aisée avec les galères du Duc de Fernandina. Les fournitures de toutes les munitions de bouche et de guerre peut se faire uniquement par mer. En effet, le pays est en pleine révolte et les fournitures par voie terrestre sont impensable avec Margarit sur l’arrière-garde. En plus, si les catalans perdent Montjouic ils comptent que la ville sera démoralisée. Il y a des chances qu’elle capitule ou que des partidaires prohispaniques ouvrent une porte.

Carte de la montagne de Montjouic et plaine de Valldonzella près de Barcelone

(À partir d’une carte du siège de Barcelone en 1652)

Le 26 au matin, Torrecuso exécute les instructions du conseil de guerre. Lui dirige les sept tercios qui doivent ocuper la montagne et converger sur le fort de Montjouic. Juan de Garay reste à la tête des sept autres doivent faire face à n’importe quelle menace venue de Barcelone. Pour aider ces dernières troupes, la cavalerie doit nettoyer d’ennemis la plaine de Valldonzella. Ainsi Montjouic restera isolée et ne pourra recevoir des aides de la ville.

A 8 heures du matin, commence la progression des hispaniques. Sur le flanc de la montagne qui regarde le Llobregat et Castelldefels monte un escadron volant aux ordres du Comte de Tyrconnel. Il est suivi par le tercio de Simón Mascarenhas. Sur leur côté gauche et donc plus à l’intérieur progresse le tercio de Martín de Azlor (celui du Duc de Medinaceli). Contrairement au mythe du manque d’échelles, les attaquants en transportent avec eux, peut-être en nombre insufisant. Mais ils savent bien qu’àprès avoir traversé la montagne ils devront prendre le fort.

A travers d’un petit vallon, monte un escadron de Fernando de La Ribera. Les témoins oculaires catalans indiquent qu’il est suivi d’un deuxième escadron, probablement formé aussi de soldats du régiment de la Guardia ou du tercio de Los Vélez, qui ataquera aussi le fort de Montjouic. La dépression cache leur progression. Finalement un autre escadron progresse vers les couvents de Santa Madrona et Sant Ferriol. Au total entre 6.600 et 7.000 soldats attaquent Montjouic.

Il est aussi prévu de faire monter plusieurs pièces d’artillerie pour battre le fort. Mais celui ci est considéré si faible que Torrecuso ne se presse pas pour l’instant à Geri de La Rena qui doit s’en charger. Pour l’instant celui-ci prépare ses canons en une batterie pour empécher que des secours de Barcelone arrivent à Montjouic, une tâche lente qui prend beaucoup de temps.

La colonne des irlandais progresse par la montagne mais trouve les compagnies catalanes retranchées. Les catalans laissent les adversaires s’avancer, font des décharges puis décampent vers la suivante tranchée. En cet encontre le mestre de camp irlandais est blessé sérieusement.  Les irlandais plus préocupés par son chef que d’avancer s’arrêtent. Devant cette situation le mestre de camp Mascarenhas prend les choses en main et les hispaniques se déploient en un front plus grand formé par les tercios de Tyrconnel et Mascarenhas, dont ce dernier est en avance. De cette façon ils arrivent à couper une partie de la compagnie des Estevers qui doit se frayer un chemin en une féroce lutte corps a corps dans laquelle les officiers catalans comptent avec des écus. Finalement ils arrivent à passer mais la compagnie pert entre 10 et 12 hommes. Le gros de la compagnie se replie vers le fort de Montjouic. le comte de Tyrconnel descendra la montagne sur son prope pied mais il va mourir le lendemain. Son tercio sera comande par le sergent majeur Constantine O’Neil.

Par contre, l’escandron des mosquetaires aux ordres de Fernando de Ribera, s’approcha à proximité deu fort sans autant d’opposition, faisant son chemain par le lit d’un torrent. En arriver au petit plâteau ou est situé le fort, sa présence fut découverte par les catalans qui chargèrent les espagnosl avant qu’ils puissent se déployer et les refusèrent jusqu’au torrent pour le moment.

Entretemps, Simon Mascarenhas profita pour attaquer les catalans ensemble avec le tercio de Martín de los Arcos qui  montait la montagne à sa gauche, comandé par Diego de Cardenas, car son mestre de camp était malade. Mais la première attaque fut refusée et Diego de Cardenas tué. En une nouvelle attaque, il réussit a suppérer l’obstaque et la tenaille fut prise. Les catalans fuirent par le chemin couvert en direction de Barcelone et probablement s’uniront  avec les défenseurs des couvents de Santa Madrona et Sant Ferriol vu le manque de nouvelles d’un replit de Monjouic qui aurait rentré à Barcelone. Cependant une bonne partie se protège derrière le fort et aidera à défendre celui-ci.

Une fois en vue du fort, Mascarenhas anima ses soldats à l’attaquer et ensemble avec unenseigne qui arborait une bannière ils arrivèrent au pied de ses murs. Tout son tercio le suivait. Aubigny laissa que le gros des soldats hispaniques s’aprochassent avant de faire une décharche mortelle avec ses canons chargés avec des balles de mousquet. De cette façon bien peu des soldats hispaniques arrivèrent au pied du fort, car beaucoup firent demi tour voyant la chaude réception qu’on leur faisait. Malgré tout, Mascarenhas continuerait à avancer et pendant qu’il levait une échelle un tir à la tête le laissa sérieusement blessé. Sur ce point, malheuresement pour les historiens, Mascarenhas interromp son histoire. Pour son bonheur, son casque li sauva la vie. Le mestre de camp fut retiré par ses soldats, mais l’assaut devait provoquer beaucoup de victimes hispaniques qui attaquaient au decouvert une position artillée.

En vue de cette description, on peu déjà conclure que el mythe selon lequel on ne comptit pas avec des échelles est une version intéressée pour justifier la déroute et charger de responsabilité à Torrecuso. En fait les témoignages hispaniques et catalans, c’est à dire  Mascarenhas, Sivilla et un journal anonyme, coincident en que le fort de Montjouic fut assauté. Mascarenhas admet, qu’il disposait au moins d’une échelles mais on peu supposer qu’elles seraient quelques plus, peut-être uniquement 5 des 20 demandées, car sans échelles ou avec une échelle quel sens avait d’attaquer le fort?

De même les hispaniques tentèrent d’entourer avec leur cavalerie la compagnie du capitaine Cabanyes située à l’extremité de la montagne de Montjouic, mais le feu de l’artillerie depuis les murailles de Barcelone leur empêcha de procéder.

Entretemps, sur la Plaine de Valldonzella, la lutte avait comencé aussi très tôt. Le Duc de San Jorge dirigeait la cavalerie des Ordenes. Son objectif était la conquête de Sant Ferriol. Pour s’opposer, la compagnie de Manel d’Aux sortit de Barcelone pour provoquer les hispaniques. Ceux ci poursuiviren la compagnie d’Aux qui les atira envers une troupe d’infanterie catalane formée par 300 effectifs qui avait pris ses posicions darrière un mur et qui fit feu contre eux. Le Duc de San Jorge demanda alors le support d’un escadron de mousquetaires. Ces derniers tarderent en arriber et  la cavallerie continua acumuler des pertes. Cependant, dès leur arrivée, les mosquetaires catalans furent obligés de se replier à la demi lune devant la porte de Sant Antoni, ensemble avec les soldats de Serignan.

Pendant ce temps, la cavalerie francocatalane qui s’avait situé à la droite de la fortification devant la porte de Sant Antoni, s’avança imprudenment vers les hispànics. Quand elle découvrit l’infériorité en laquelle elle se trouvait, elle de replia vers ses positions initiales, sans être perturbée par San Jorge qui devait vaincre encore la resistance des mousquetaires catalans.

Finalement, San Jorge ira ocuper les positions abandonnées par les catalans, dans un camp d’oliviers,  mais il avait mal calculé, car celui ci était à portée de l’artillerie de Barcelone. Des tirs comenceront à pleuvoir sur ses maîtres. En plus la cavalerie francocatalane fit une sortie et comença à escaramoucher avec les hispaniques. San Jorge, en une décision plus qu’imprudente, decida poursuivre les francocatalans qui se replièrent vers les muralles. Ainsi, suivi par un bataillon de cuirasses aux ordres de Felipe Felincher, il reçu le feu de l’artillerie et aussi des mousquets catalans. Tout ensemble le desorganisa suffisamment pour que la contreataque des compagnies de Massane et Gudane l’entourrassent.

Alors, le Duc de San Jorge se decida à s’aproximer rapidement au portail de Sant Antoni et lors de leur aproximation, les soldats français de Monsieur de Palliers les reçurent avec une décharge. San Jorge reçu cinc balles qui lui furent fatales. La cavallerie hispanique se lança sur son corps pour essayer de le recupérer et labas tomba une bonne partie de l’officialité hispanique incluant deux capitans. La melée entre les cavaleries fut confuse, mais même si les hispaniques doublaient en nombre les francocatalans, la cavalerie catalane était très bien protégée et fut clairement supérieure à l’hispanique.. Dans la confusion, certains chevaux valons qui poursuivaient les francocatalansarrivèrent à entrer dans le portail de Sant Antoni, mais les catalans fermèrent l’herse et ils se virent encerclés de toutes parts. Les valons fuyèrent à toute bride jusqu’à devant le Couvent de las Jerònimes, ou aculés, ils furent mis à mort. Felipe Felincher, també fut blessé en cette action, mais il réussit à s’échapper avec une cavalerie hispanique completement desordonnée. Elle laissait quelques 150 morts sur le terrain et s’échappait avec de nombreux blessés. De leur côté, les francocatalans  eurent seulement 10 victimes mortelles, incluant le lieutenant de la compagnie de cavallerie des commerçants Francesc Borrell. Cependant, les blessés seront beaucoup plus nombreux, environ 90. En ce sens, le même Borrell perdit son cheval au combat.

Une fois le combat se termina, DuPlessis Besançon situa la cavalerie francocatalana à gauche de la demi-lune devant le portail de Sant Antoni, ou il estimait qu’elle serait plus protégée. Après il entra à Barcelone et il réunit deux contingents de mousqutaires. Environ 500 hommes du quartier de la Ribera vont partir pour Montjouic sur des barques et lui personnellement conduira un autre contingent de 3.000 hommes vers la montagne.

Quand Torrecuso arriva à la primière ligne, l’infanterie attaqua à nouveau le fort, sans un nombre acceptable d’échelles et comme on devait s’y attendre son effet fut uniquement celui de  debilitar encara més les forces hispàniques que de nou es replegaren. Ainsi la souffrance des troupes hispaniques était si important que Torrecuso ordonna que celles qui étaient situées à la gauche du fort se réfugient en un champ d’oliviers et probablement ils se cachèrent aussi derrière la pente de la montagne pour ne plus offrir une cible à la garrison du fort. S’ils ne reculaient plus c’est parce qu’ils attendaient qu’une fois pour toutes l’artillerie arriverait. Ils avaient envoyé des hommes la chercher à l’arrière garde et devait être formée de quelques quarts de canon et demi-canons. Avec eux  le fort en pierre sèche qu’ils avaient devant serait démolit en un instant. D’autre part, l’échange des tirs laissait les hisoaniques avec de moins en moins de munitions. En définitive, à la vue du fort restaient peu de soldats hispaniques qui escaramoussaient avec les francocatalans.

Mais les troupes qui ocupaient le fort n’étaient pas non plus confiantes. Beaucoup començaient à défaillir car ils s’attendaient à un assaut final des hispaniques. En plus, leur feu avait fait quelques avait fait quelques morts et blessés entre les défenseurs. Alors, le sergent Francesc Ferrer monta en haut de la tour et malgré le feu hispanique, il pu voir que le secours venu de la Ribera était bien proche et que celui qui sortait de la ville, formé par les mousquetaires catalans de Du Plessis, n’était pas beaucoup plus loin. Il commença à crier pour animer aux défenseurs. De leur côté, ceux de la Ribera  lançairent leur crit de guerre: «A carn!, a carn!, que meurent ces traîtres, ici viennent 500 hommes de la Marine, pour défendre la Patrie, courage!». “A carn”, c’est à dire “à la chair”, le crit de guerre traditionnel catalan depuis le moyen âge et qui indiquait à l’ennemi que l’on allait se lancer sur eux au combat corps à corps.

Ceci provoca que l’aide de camp majeur, Tapioles sortit du fort et chargea les hispaniques. A lui se réunit une bonne partie de la garrison du fort et les hommes venus de la Ribera, comandés par un religieux capucin qui croix en main animait son troupeau d’envoyer se réunir l’ennemi hérétique au plus vite avec le créateur. Les troupes hispaniques qui escaramouchaient avec les soldats du fort furent renfoulés sur les gros des troupes qui s’était caché sur le vessant de la muntagne pour ne pas recevoir le feu de Montjouic. Si ce n’était pas suffisant, alors arriveraient les troupes de Du Plessis-Besançon, avec leur masses de 3.000 mousquetaires, qui arrivant à la pente, firent une décharge sur la première ligne hispanique. Leurs soldats, qui ne pouvaient ni soupçonner ce qui leur tombait dessus, se desintégra et même si la deuxième ligne intenta résister, devant l’attaque inespérée, fut aussi prise de panique. En fait, une bonne partie des troupes hispaniques étaient des nouveaux recrues, c’était la première fois en toute la campagne que l’ennemi les attaquait et en plus ils étaient presque à bout de munitions. En définitive pris de la panique ils vont fuir vers la plaine, abandonnant piques, mousquets et arquebusses pour courir au plus vita. Suivis de bien près par les catalans, certains tombaient ou essoufflés étaient ratrappés. Ils imploraient “Quartier!” mais les catalans répondaient “On vous donnera celui de Cambrils!” et étaient tués.

La fuite pu être contrôllée seulement au pied de la montagne par Garay et d’autres officiers qui déployèrent deux tercios pour contenir les fugitifs . Grace aux menaces, insultes et coups d’épée, ils réussirent finalement à calmer la panique. Une partie des troupes  s’ordonna et protegea la retraite des quarts de canons qui avaient déjà commencé a grimper la montagne. De toutes formes après le combat, les troupes hispaniques restèrent desordonnées et démoralisées. Les pertes de son infanterie étaient d’entre 1.500 et 2.000 soldats. Par contre sur Montjouic, les catalans avaient soufert 43 morts et une centaine de blessés. Les pertes françaises, des compagnies protégées derrière les murs du fort seraient négligeables.

À Barcelone on crut au miracle. Les encontres entre troupes réglées catalanes et espagnoles se comptaient par défaites. Le bon dieu à écouté les prières que l’on a fait la veille. Toutes les églises de la ville ont demeurées ouvertes pendant toute la nuit et elles ont été remplies par la population. La ville va garder 9 des étendards capturés et envoyer les 5 autres à son Comte, Louis Ier.

Si les espagnols ont trainé pour faire le trajet Tarragone-Barcelone, leur retraite se fait à une vitesse d’éclair. Dans le désordre de la retraite les tercios portuguais vont se débander. Les désertions se feront en masse, avec soldats et officiers décampant ensemble les rangs des hispaniques. Une fois la retraite finie le tercio de Mascarenhas sera réformé et leurs soldats répartis entre les autres troupes. Cela va ralentir la désertion mais ne l’évitera pas. Mascarenhas se verra attribuer le commandement du tercio de Martín de los Arcos, en substitution de celui ci.

Le 4 février, Los Vélez est à Tarragone. Philippe IV surprenu par le résultat de la campagne ne va pas tarder à le destituer  et nommer un nouveau commandant. Los Vélez sera le bouc émissaire de la défaite, mais les décisions du haut comandement espagnol les deux années suivantes vont se démontrer aussi désastreuses et Philippe IV perdrà jusqu’à 4 armées presque au complet. Le conflit est à ses débuts et les soldats de Barcelone auront de nouvelles ocasions de se distinguer.

(à continuer par)

CHÂPITRE DEUXIÈME – Les soldats de Barcelone jusqu’à la consolidation du Bataillon de Catalogne (février 1641 – 7 d’octobre 1642)

CHÂPITRE TROISIÈME – Les soldats de Barcelone jusqu’à la chute de Tortose (octobre 1642 – décembre 1650)

CHÂPITRE QUATRIÈME – L’apocalypse sur Barcelone, peste, famine et siège (janvier 1651 – octobre 1652)

CONCLUSIONS – L’effort de guerre de Barcelone et récapitulatif

Sources:

Archives consultées:

Archives du  Ministère des Affaires Extérieures (AMAE)

Mémoires et documents num. 1631 et 1633.

Correspondance Politique Espagne num. 21 et 25.

Supplément Espagne num. 3 et 4.

Archives de l’Abbaye de Montserrat (AAM)

Philippe IV d’Habsburg. “Cartas de su Magestad al Sr. Don Juan Ramírez, Marques de la Ynojosa, gouernando el ejercito de Cataluña los años del 1641 y 642 y 43”. Manuscrit num. 1242.

Archives de la Couronne d’Aragon (ACA)

Correspondència Virrei Comte Santa Coloma num.  12.007, 12.015, 12.053, 12.091 et 12.117.

Sèrie general (N), llibres num. 46, 195, 196 et 199.

Sèrie general: Registre de lletres trameses (N), llibre num. 856 et 859.

Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona (AHCB)

Deliberacions de guerra 1B III-2.

Registre de deliberacions 1B II-150.

Lletres closes 1B VI-86.

Lletres comunas originals 1B X-78.

Armades i port 1C VII-24 (Inventari del 1640 de les Drassanes).

Manuscrits C6 B150 La Famosa Comedia de la Entrada del Marques de los Vélez en Catª. rota de las tropas castellanas y assalto de Montjuich. 1641. Dietari de la Guerra dels Segadors de Francesc Puig. Dietari (1649).

Manuscrits C6 B148 Successos de Catalunya en los anys 1640 a 1641.

Manuscrits C6 A73 Successos de Catalunya de 1639 y 1640.

Biblioteca de Catalunya (BC)

Fons Històric de l’Hospital de Santa Creu.Llibre dels malalts que éntran y moren en lo present Hospital general de Santa Creu de Barcelona, començant […] janer de 1641 […]”. BC AH 68.

Fullets Bonsoms. “Verdadera relation de los sucesos de memorables de Illa asetiada dos veces por Don Juan de Garai, Governador de las armas en los Condados de Rosellón”. Manuscrit num. 2073.

Biblioteca Nacional de España (BNE)

– Anonyme. “Diario de las guerras de Cataluña. 1640, 1641 y 1642”. Manuscrit num. 2337.

– Auteurs divers. “Manuscritos del reinado de Felipe IV”. Volum III. Manuscrits num. 7794.

– Auteurs divers. “Sucesos del año de 1641”. Manuscrit num. 2372.

– Auteurs divers, “Documentos relativos a Carlos Andrés Caracciolo, Marqués de Torrecuso”. Manuscrit num. 1630.

– Tormé Liori, Alberto. “Misceláneos históricos y políticos sobre la guerra de Cataluña desde el año 1639”. Manuscrit num. 1927.

Bibliotèque Nationale de France (BNF)

– Auteurs divers. Manuscrit Dupuy num. 590.

– Sivilla, Magí. “Historia General del Principado de Cataluña, Condados de Rossellón y Cerdaña, seguida la conclusión de las Cortes de Barcelona Año 1599”. BNF Manuscrit Espagnol num. 115.

M. Peny. “Cartes diplomatiques”. BNF Manuscrit Français num. 10.760.

Université de Barcelone (UB).

Lumen domus o Annals del convent de Santa Caterina de Barcelona. Vol. 2. Manuscrit num. 1.006.

Musée Condé (MC)

Lettres de Condé M 21.

Papiers de Condé N 20, 23 et 25.

 

Bibliographie

– Avenel, Denis-Louis-Martial. “Lettres et instructions diplomatiques et papiers d’état du Cardinal Richelieu” Tom VI (1638-1642). Paris: Imprimerie Impériale, 1867.

– Camarero, Raquel. “La guerra de recuperación de Cataluña 1640-1652”. Editorial Actas, 2015.

– Cardus, Salvador. “Terrassa durant la guerra dels segadors”. Terrassa: Tallers gràfics Joan Morral, 1971.

– Consell de Cent. Manual de novells ardits” T. XII. (Barcelona), Impremta d’Henrich i Companyia, en comandita, 1910.

– Dupleix, Scipion. “Continuation de l’histoire du regne de Louis le Juste, treizième du nom”. (Paris), Claude Sonnius & Denys Bechet, 1648.

– Duplessis Besançon. “Mémoire de … ” (París), Librairie Renouard, 1892.

– Escoubleau de Sourdis, Henri.  “Correspondance de Henri Escoubleau de Sourdis”, Tom III. (Paris) Imprimerie de Crapelet, 1839.

– Ettinghausen, Henry. “La guerra dels segadors a través de la premsa de l’època”. Tom I. (Barcelona) Curial edicions catalanes, 1993.

– Generalitat de Catalunya. “Dietaris de la Generalitat”. Volum V (Anys 1623-1644). Grinver SA, 1999.

– Florensa i Soler, Núria i Güell i Junkert, Manel. “«Pro Deo, pro Regi et pro Patria» La revolució catalana i la campanya militar de 1640 a les terres de Tarragona”. Omnium cultural,(Barcelona), 2005.

– Güell i Junkert, Manel. “Reus, vila oberta. Els primers anys de la guerra de separació”. Manuscrits, Revista d’història moderna (Bellaterra), 30 , 2012, p. 15-54.

– Jiménez Moreno, Agustín. “Tesis Doctoral. Nobleza, Guerra y Servicio a la Corona: Los caballeros de hábito en el siglo XVII”. Universidad Complutense de Madrid (Madrid), 2011.

– Muñoz, Antoni i Catà, Josep. “Ambaixadors catalans a Madrid. Els inicis de la Guerra de Separació (1640-1641)”. Barcelona: Rafael Dalmau Editor – Col·lecció Bofarull num. 23, 2015.

– Moliné i Brasés, Ernest. “La batalla de Montjuich y la mort d’en Clarís”. Boletín de la Real Academia de Buenas Letras de Barcelona: Año XV. Núm. 57 i 58, 1915. Transcripció del fragment d’un dietari del segle XVII.

– De Melo, Francisco Manuel. “Historia de los movimientos, separación y guerra de Cataluña”. Madrid: Editorial Castalia, 1996.

– De Moradell, Domènec. “Preludis militars en los quals se tracta lo que han de saber y observar los Oficials majors, y menors de guerra, i los soldats de la insigne Ciutat de Barcelona, y lo modo que han de jugar les armes, formar esquadrons, repartir bocas de foch y altres actes militars”. Barcelona: Iaume Romeu, 1640.

– Parets, Miquel. “De los muchos sucesos dignos de la memoria que han ocurrido en Barcelona y otros lugares de Cataluña”. Memorial Historico Español, Tom XXII. Madrid: Imprenta y Fundición de Manuel Tello, 1889.

– Pellicer Tovar, José. “Avisos Históricos”. Semanario Erudito Antonio Valladares (Madrid), T. XXXI. Antonio Espinosa, 1790.

– Pérez Samper, Maria Àngels. “Catalunya i Portugal el 1640”. Barcelona: Curial Edicions Catalanes S.A., 1992.

– Peytavi i Deixona, Joan. “Francisco Vilar, un notari de Ceret al cor de la Guerra dels Segadors”. Afers, fulls de recerca i pensament (Catarroja), 58, 2007, p. 611-654.

– Sala, Gaspar. “Epitome de los principios y progresos de las guerras de Cataluña en los años de 1640 y 1641 y señalada victoria de Momjuyque” (Barcelona), Pedro Lacavalleria, 1641.

– Sanabre i Sanromà, Josep. “La acción de Francia en Cataluña en la pugna por la hegemonía de Europa (1640-1659)” (Barcelona), Talleres Gráficos La Ibérica; Real Academia de las Buenas Letras, 1956.

– Sarroca, Josep. “Politica del Comte d’Olivares, Contrapolitica De Cathaluña y Barcelona…” (Barcelona), Jaume Romeu, 1641.

– Serres, Jean de. “Suite de l’inventaire de l’histoire de France”. T. II. (Paris) Arnould Cotinet, Jean Roger & François Preuveray, 1648.

– Vassal-Reig, Charles. “Richelieu et la Catalogne”. (París), Librairie Cafin. Collection Occitania, 1937.

– Zudaire Huarte, Eulogio. “El Conde-Duque y Cataluña” (Madrid), Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 1964.

L’armée du duc de Lorraine en 1627 d’après le Mercure Français par Stéphane Thion

L’armée du duc de Lorraine en 1627 d’après le Mercure Français par Stéphane Thion

Voici l’armée du duc de Lorraine en 1627 d’après le Mercure Français :

L’armée lorraine est organisée sur le modèle allemand, avec des régiments de cavalerie à 500 maîtres et des régiments d’infanterie à 2000 hommes. Les effectifs entre parenthèses sont bien sûr théoriques !

– Compagnie du duc de Lorraine (100 chevaux / horses)

– Compagnie des Gardes ordinaires du duc de Lorraine (200 chevaux)

– Compagnie des Gardes de Madame le duchesse (100 chevaux)

– Compagnie des Gardes de madame Claude (100 chevaux)

– Régiment de cavalerie du marquis de Mouy (500 chevaux)

– Régiment d’infanterie de Mouy (6 000 hommes)

– Régiment de cavalerie de Fontaines, Maître de camp général (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie d’Araucourt, commandant des étrangers (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie de Siray (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie de Gatinais (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie française de Vault de Poully (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie de Tricheteau (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie de Bern (500 chevaux)

– Régiment de cavalerie d’Endurny (500 chevaux)

– Régiment d’infanterie du prince François, évêque de Verdun (2000 hommes)

– Régiment de Florinville (2000 hommes)

– Régiment de Couvonge le jeune (2000 hommes)

– Régiment de Tantonville (2000 hommes)

– Régiment de Bonnecourt (2000 hommes)

– Régiment du baron de Flechreny (2000 hommes)

– Régiment allemand de Morhange (2000 hommes)

– Régiment allemand de Flechteny (2000 hommes).

Grand étendard de l’union Lorraine ou étendard Charles IV.

 

Les armées franc-comtoise et française au siège de Dôle en mai 1636 par Stéphane Thion

Les armées franc-comtoise et française au siège de Dôle en mai 1636 par Stéphane Thion

L’armée franc-comtoise au siège de Dôle (Mai 1636)

« Quant à la force d’hommes, le régiment de la Verne avait 5 compagnies à Dôle avec le chef de l’état-major, 5 à Gray sous les ordres du lieutenant au gouvernement de la place, 4 à Salins sous le sergent-major, et 1 à Bletterans commandée par son capitaine. On y fit rejoindre cette dernière à Dôle, où se trouvèrent à ce moyen avec la colonelle de ce régiment 5 autres compagnies sous les capitaines de Grandmont Vellechereux, baron de Châtillon, Perrin, Georget et des Gaudières, tous officiers pratiques dressés en l’Académie des Pays-Bas. L’imminent péril fut déclaré et proclamé partout, avec la levée de la milice ordinaire qui portait 5000 fantassins effectifs et fort bien armés, en 25 compagnies réparties en 3 régiments des baillages d’Amont, d’Aval, et de Dôle. Le premier sous le sieur d’Andelot Chevigney, le second sous le seigneur de Poitiers, et le dernier sous le sieur de Cleron Voisey. On résolut de faire 4 autres régiments de surcroit de chacun 1000 hommes de pied en 10 compagnies, et furent choisis pour colonels le marquis de Varembon, le baron de Scey, le prince de Cantecroix et le baron de Vuiltz ; auxquels on adjoignit le baron d’Aubespin pour commander autres 500 qu’il s’offrit de lever et armer en diligence.

L’argent fut aussitôt fourni pour avance des levées, et encore au colonel de la Verne pour la recrue de son régiment, à l’effet de le rendre complet de 3000 hommes. On fit encore entrer à Dôle 5 compagnies des élus de la province commandées par les capitaines d’Esuans, de Mont Saint-Ligier, de Chassagne, et de Legnia, et par le sieur de Goux Alferez de la colonelle du régiment de Dôle.

Pour cavalerie par dessus les 2 compagnies du marquis de Conflans et du sieur de Mandre qui furent accrues chacune jusqu’à 100 chevaux légers, on avisa de tirer deniers des communautés qui devaient fournir des cuirassiers et arquebusiers à cheval avec leurs élus, et pareillement des vassaux étrangers ou naturels du pays qui voulurent se décharger de comparaitre à l’arrière-ban, afin d’en former de nouvelles compagnies dont le service ne fut point limité à 6 semaines, comme est celui de la milice et de l’arrière-ban par leur établissement, ainsi étendu à autant de temps que le besoin de la province le requerrait. De cet argent furent faites les avances pour lever autres 7 compagnies ; 3 de chacune 100 cuirasses sous le commandement des sieurs de Scey, de Thouraise et marquis de Varambon, celui-ci baillis de Dôle, et les 2 autres tenants la place des baillis d’Amont et d’Aval ; et 4 de 50 partie chevaux légers, partie arquebusiers à cheval sous les capitaines de Voisez, de Beaujeu, de Moutonne, et du Prel, sans en arrêter aucun dans la ville de Dôle à raison de la disette du fourrage.

Les villes de Gray et de Salins furent munies par la jonction de quelques compagnies d(élus à celles du régiment de la Verne ; on en fit pareillement entrer à Bletterans ; les petites villes et forteresses des vassaux furent confiées à la vigilance des bourgeois, des seigneurs et des villageois, qui les doivent garder, et y prendre leur retraite avec leurs provisions et armes en saison de guerre ouverte ou imminente. Tout le surplus de la gendarmerie fut destiné à tenir la campagne et courir où les occasions le demanderaient, et afin que les forces fussent aussi grandes que le pays les pourrait contribuer, fut publié et envoyé partout un édit qui portait ordonnance à tous dès l’âge de 15 à 60 ans qui avaient porté les armes auparavant, de les reprendre, et se munitionner et armer suffisamment pour rendre service, et à tous procureurs d’office d’en tenir note et dresser rôles qu’ils adresseraient en diligence aux procureurs fiscaux des ressorts plus voisins, et eux au procureur général en cas ils pussent entrer à Dôle, sinon au conseiller de Champuans dans la ville de Gray. (…)

On permettait à tous ceux qui voudraient lever à leurs frais, soit de gens de pied ou de cheval, tant de leur voisinage qu’autres, de le faire promptement et mener leurs troupes et brigades aux quartiers plus prochains des colonels d’infanterie et des capitaines de cavalerie déjà établis, sans diminution des autres levées qu’ils avaient commencées, avec ordonnance très-expresse aux colonels et capitaines de se rendre aux endroits qui leur seraient désignés par le marquis, et faire passer à la file auprès de lui ce qu’il auraient avancé de leurs régiments et compagnies. »

(Source : Le siège de la ville de Dôle, capitale de la Franche-comté de Bourgogne, et son heureuse délivrance, Dôle 1637)

Dans Dôle,

Infanterie (11 000 hommes) :

  • Régiment de la Vergne, 6 compagnies de 200 hommes (compagnies colonelle, Grandmont Vellechereux, baron de Châtillon, Perrin, Georget et des Gaudières) ; les autres compagnies du régiment sont à Gray (5) et Salins (4) ;
  • Régiments de milice d’Amont, d’Aval et de Dôle, soit 5000 hommes en 25 compagnies, commandés par le sieur d’Andelot Chevigney, le seigneur de Poitiers, et le sieur de Cleron Voisey ;
  • Régiment de Varembon (marquis de Varembon ou Varambon) : 10 compagnies de 100 hommes ;
  • Régiment de Scey (baron de Scey) : 10 compagnies de 100 hommes ;
  • Régiment de Cantecroix (prince de Cantecroix) : 10 compagnies de 100 hommes ;
  • Régiment de Vuiltz (baron de Vuiltz) : 10 compagnies de 100 hommes ;
  • Régiment d’Aubespin (baron d’Aubespin) : 5 compagnies de 100 hommes ;
  • 5 compagnies des élus de la province (commandées par les capitaines d’Esuans, de Mont Saint-Ligier, de Chassagne, de Legnia, et par le sieur de Goux Alferez de la colonelle du régiment de Dôle).

Cavalerie (700 chevaux) :

  • Compagnie de chevaux légers du marquis de Conflans (100 chevaux) ;
  • Compagnie de chevaux légers de Mandre (100 chevaux) ;
  • Compagnie de cuirasses de Scey (100 chevaux) ;
  • Compagnie de cuirasses de Thouraize (100 chevaux) ;
  • Compagnie de cuirasses du marquis de Varambon (100 cuirasses) ;
  • Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Voisez (50 chevaux) ;
  • Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Beaujeu (50 chevaux) ;
  • Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Moutonne (50 chevaux) ;
  • Compagnie de chevaux légers et arquebusiers du Prel (50 chevaux).

L’armée française au siège de Dôle (Mai 1636)

« Ainsi tout se préparait à la guerre tant par mer que par terre, nos généraux sont commandés de s’en aller à leurs armées. Monsieur le comte de Soissons assembla son armée en Champagne. Le duc de Weimar qui avait passé partie de l’hivers à Paris, en parti le 25 mai, et s’en alla en son quartier de Vezelice en Lorraine, où était son armée. Le cardinal de la Valette partit la semaine précédente pour la sienne, qui était aux environs de Toul. Celle du prince de Condé était sur la frontière de la Franche-Comté où la guerre fut résolue à l’Espagnol. Et quoi que cette comté soit en la protection des suisses par traité fait du vivant du feu roi Henri IV le grand d’heureuse mémoire, et qu’elle ne doive être assaillie des français, néanmoins le roi eut plusieurs justes raisons de se ressentir des infractions faites par les comtois audit traité, comme d’avoir donné retraite à ses ennemis, fourni de vivres et munitions aux armées impériales et lorraines, en quoi ils avaient assez rompu la neutralité. (…)

Donc pour venger telles injustes procédures et actes d’hostilité, le roi choisit le prince de Condé pour commander l’armée destinées en Franche-Comté. Il se rend en Bourgogne, y lève des troupes, fait provision de  toutes sortes de munitions de guerre et de vivres ; avec lui fut envoyé le marquis de la Meilleraye grand maître de l’artillerie, et pour maréchaux de camp de l’armée étaient le marquis de Coaslin, le marquis de Villeroy, le colonel Ranzau et le sieur Lambert ; outre ceux-ci s’y rendirent le colonel Gassion, le baron de la Tour du Bosse, le marquis de Breauré, le comte de Chabanes, le sieur d’Aubigny, le sieur d’Espenan, les sieurs d’Auradour, de Courselles, de Gerzé, de Chalousset, de Crevan, de Maululet, de Bacalam, de l’Isle, de la Fresnaye, de Fontenay, de Muz, de Brissailles, de la Renouilliere, de Blanquefort, de la Plaine, de Maupertuis, d’Orsigny, de Pedamour, le chevalier de Tavannes, le baron de Couppet, le sieur de Guercy et autres.

L’armée était composée de onze régiments.

Infanterie :

Le régiment de Conti.

Le régiment d’Enghien.

Le régiment de Picardie.

Le régiment de Noailles.

Le régiment de Navarre.

Le régiment de Tonneins.

Le régiment de Nanteuil.

Cavalerie :

Le régiment de cavalerie hongroise du grand maître de l’artillerie (La Meilleraye).

Le régiment de cavalerie française du colonel Gassion.

Le régiment de cavalerie allemande du colonel Ranzau.

Un régiment de cavalerie suédoise.

Toute cette armée était partie en deux corps marchant en France-Comté. Le premier commandé par monsieur le prince de Condé. Le second par le grand maître de l’artillerie ; et en cette armée était monsieur de Machault conseiller d’état, comme intendant de la justice. »

(Source : Mercure François)

Les 7 régiments d’infanterie sont théoriquement à 20 compagnies de 100-120 hommes pour les régiments entretenus mais l’effectif standard est plutôt de 1000 à 1200 hommes par régiment, souvent moins.

Les régiments de cavalerie sont de 400-500 chevaux.

L’armée impériale à Lützen (16 novembre 1632) selon différentes sources

L’armée impériale à Lützen (16 novembre 1632) selon différentes sources

1- L’armée impériale à Lützen selon Guthrie : 17,000 hommes (9900/10000 fantassins, 6900/7000 chevaux, 38 canons)

d’après les dessins de Holk (7 brigades de 1000 h, dont 5 en première ligne, et 6 compagnies de cavalerie mixées 2 à 2, 6 compagnies de 500 piétons et 2 escadrons soit 12 compagnies de cavalerie)

Devant l’armée : 7 canons lourds à gauche et  31 canons à droite (dont 4 + 13 canons lourds au moulin)

Aile gauche, cavalerie en échelons, du centre vers l’extérieur : Gotz KUR (9), Piccolomini KUR (11), Trcka KUR (7), Holk KUR (8), Hagen ARK (12), plus manches de mousquetaires et Croates : Beygott (5),  Corpses (10), Isolano (5), Reway (5).

Centre, 1ère ligne (infanterie) : Trcka IR (7), Kehraus IR (10), Comargo IR (11), Grana IR (8), Waldstein IR (11), Trcka DR (5) dans le moulin.

Centre, 2nd ligne :  Alt-Saxon IR (8) et Colloredo IR (7) encadrés par escadrons de Westrumb CR (2) et Tontinelli CR (4).

Centre, 3ème ligne : Mansfeld IR (5), Baden IR (8), Jg-Breuner IR (5), Jg-Breuner IR (10), Alt-Breuner IR (10), encadrés par Lohe KUR (6) et Drost ARK (5) à gauche et Westfalen KUR (10) à droite.

Aile droite, cavalerie : Hatzfeld KUR (6), Goschutz ARK (5+5), Leittersheim ARK (10), Desfurs KUR (6) plus manches de mousquetaires.

 

2- L’armée impériale à Lützen selon Brzezinski : 12,000 hommes (7000 fantassins, 4850 chevaux, 34 canons), aussi réalisé d’après les dessins de Holk (7 brigades de 1000 h, dont 5 en première ligne, et 6 compagnies de cavalerie mixées 2 à 2, 6 compagnies de 500 piétons et 2 escadrons soit 12 compagnies de cavalerie)

Aile gauche (cavalerie en échelons, flanquant les 3 lignes du centre en 4 escadrons plus croates) : Croates (Isolano 5, Beygott 5, Corpses 10, Revay 5), Gotz KUR (9), Piccolomini ARK (12), Leutersheim ARK (6), Lohe KUR (5) et Loyers ARK (5), manches de mousquetaires.

Centre 1ère ligne (infanterie et artillerie) : Comargo IR (10), GFZM Breuner IR (13), Breuner&Grana IR (10+8), Colloredo&Chiesa IR (7+?), Waldstein&Alt-Saxen IR (11+8), 34 canons (dont 17 canons lourds au moulin).

Centre 2ème ligne : Tontinelli ou Lindelo KUR (6), Westfalen KUR (10), BredaKUR/ARK en 3 escadrons.

Centre 3ème ligne (infanterie) : Baden IR (8), Jg-Breuner IR (10), en 2 bataillons, avec Compagnies de mousquetaires commandés  en soutien, derrière.

Centre 4ème ligne (cavalerie) : Goshütz ARK (5) et WestrumbARK (3) en 2 escadrons.

Aile droite (cavalerie en échelons, en 4 escadrons plus croates, du centre vers la droite) : Croates, Holk KUR (6), Trcka KUR (4) & Desfours KUR (6), Hagen ARK (13) et Drost ARK (5), manches de mousquetaires.

L’infanterie et la cavalerie de Pappenheim arrivent vers midi en renfort : régiments d’infanterie Gil de Haes, Goltz, Moriamez, Pallant, Reinach et Würzburg ; régiments de cavalerie Bönninghausen, Sparr et Lamboy, dragons, croates de Batthyanyi et Orossy.

3- Gualdo Priorato : 32,500 hommes sans Pappenheim

Aile gauche : 28 escadrons de Croates (Isolani) , 30 escadrons de cuirassiers (derrière) et 10 escadrons de Croates (encore derrière).

Centre : artillerie, 1 gros bataillon de 25 compagnies  (4 régiments : Bertaut-Waldstein, Chiesa, Colloredo, Savelli) et 7 canons  en première ligne,  2 bataillons totalisant 32 compagnies (5 régiments: Galas, Grana, Holck, Geysa, Breuner) en deuxième ligne, 1 bataillon à 22 compagnies regroupant 4 régiments (Walstein, Contrès, Fugger, Lauenbourg) en troisième ligne avec, à sa droite, 1 gros bataillon à 16 compagnies (3 régiments : Dohna, Montecuccoli, Tersica).

Aile droite : 17 canons près des moulins, 24 escadrons de Cuirassiers (régiments Gonzague, Strozzi et Coronino) avec “maniches” de mousquetaires en première ligne, suivis de 2 gros escadrons en deuxième ligne (régiments Colloredo, Reichemberg, Sparr, Schaumbourg et Officutz), suivi de 15 escadrons de dragons (Forgatz) et Croates en troisième ligne.

Remarques : Holk est un régiment de cuirassiers et non d’infanterie. Coronini & Gonzague  sont des régiments d’infanterie et non de cavalerie. Montecuccoli serait un régiment de cavalerie et non d’infanterie, de même que Tersica (Trcka), tout au moins sur cette aile.

Gualdo s’est clairement inspiré de la carte du Theatrum Europaeum pour reconstituer l’ordre de bataille impérial.

 

4- Abelinus (Theatrum Europaeum) : 40,000 hommes

Aile gauche

Première ligne : 1 troupe/compagnie (truppen) de croates, 3 escadrons de cavalerie. Seconde ligne identique (1 unité de croates et 3 escadrons de cavalerie).

Centre

Quatre gros bataillons (brigada) en losange (1-2-1). 7 canons devant le premier bataillon/brigade.

Aile gauche

2 escadrons de cavalerie l’un derrière l’autre. Derrière les moulins : 2 escadrons de cavalerie mêlés à des mousquetaires, un gros bataillon d’infanterie (brigade) puis 2 escadrons de cavalerie. 14 canons devant les 4 moulins.

 

 

Stéphane Thion

Légende :

IR : Régiment d’infanterie ; DR : régiment de Dragons ; KUR : Régiment de cuirassiers ; ARK : Régiment d’Arquebusiers à cheval.

Sources :

Abelinus, Theatrum Europaeum ;

Gualdo Priorato, L’Histoire des dernières campagnes et négociations de Gustave Adolphe en Allemagne (traduit de l’italien en 1772)

Brzezinski, Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign ;

Guthrie, Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press ;

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

1- OdB suédois selon Guthrie (Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press)

Effectif : 19,150 hommes (12,950 fantassins et 6,210 cavaliers, 60 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Domhoff/Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (10950 fantassins, 20 canons lourds, 24 canons légers).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1287), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte  (1748), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne : Brigade Bose (1438), brigade Knyphausen (1120), brigade Thurn (1252), brigade Mitzlaff (1546), Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne : Stalhansk CR (500), Stoop CR (400), Sack CR (200), Silversparre CR (250), Sperreuter CR (100), Stenbock CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne : Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160)

 

2- OdB suédois selon Brzezinski (Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign)

Effectif : 20,900 hommes (14,700 fantassins et 6,210 cavaliers, 50 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne (de droite à gauche) : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (12,700 fantassins).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1581), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte Weimar (2036), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Brigade duc Wilhelm/Bose (1726), brigade Knyphausen blanche (1120), brigade Thurn (1832), brigade Mitzlaff (1834). En réserve, derrière : Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne (de droite à gauche) : Stalhansk (finnois) CR (500), Västgota CR (400), Södermanland CR (200), Uppland CR (250), Östagota CR (100), Smäland CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne (de droite à gauche) : duc Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160).

Artillerie : 20 canons = 10 pièces de 3 livres sur chaque aile avec les mousquetaires commandés).

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

Voici l’ordre de bataille suédois à Lützen selon plusieurs sources d’époque :

1- L’armée suédoise à Lützen selon Abelinus (C’est à dire selon le journal de l’époque Theatrum Europaeum) :

Aile gauche (Bernard de Saxe-Weimar)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires du régiment Stüctlein avec 20 canons.

Deuxième ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Centre

Première ligne (de droite à gauche) : Wisenburg à la tête d’une ligne de 4 brigades : Brigade suédoise, brigade jaune, brigade bleue, brigade Weimar (verte), 4 batteries de 5 canons.

Deuxième ligne : Knyphausen à la tête d’une ligne de 4 brigades d’infanterie.

Aile droite (Gustave-Adolphe)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires avec 19 canons.

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Total : 20 000 hommes

2-  L’armée suédoise à Lützen selon Gualdo Priorato (contemporain des faits mais non présent à Lützen)

Aile gauche

3,000 cavaliers “goths” et finlandais en 6 escadrons et commandés par les colonels Wansleben, Ruthwin et Vitzthum. Cinq pelotons (maniche) de mousquetaires étaient distribués entre ces escadrons.

Seconde ligne : 5 escadrons, précédés de leurs colonels qui marchaient accompagnés de gentilshommes volontaires tous bien montés et bien armés.

Centre

Venaient ensuite 4 gros bataillons d’infanterie allemande et suédoise, assez espacés entre eux : c’étaient les deux brigades noire et jaune, en 28 enseignes, auxquels étaient joints les brigades bleue et verte formées de 18 compagnies des régiments de Winckel et Relingen et de celui de Bernard de Weimar en 26 enseignes.

Au corps de bataille étaient 4 autres bataillons étendus sur un large front et disposés derrière les premiers en 34 compagnies d’infanterie des régiments de Stechnitz, Brandtstein, Loewenstein, Steinbach et Anhalt.

En seconde ligne : l’arrière-garde commandée par le maréchal Kniphausen était de 52 compagnies d’infanterie partagés en 8 gros bataillons, 4 de forme carrée et 4 étendus sur un large front, composés des régiments étrangers de Mitzlaff, Geisdorf, Thurn ou la Tour, Hesse, Kniphausen, Hoffkirch et Guillaume de Weimar.

Aile droite

3,000 hommes de cavalerie allemande en 6 escadrons comme ceux de la droite, commandés par le duc Bernard de Weimar, suivis de gentilhsommes volontaires. Cinq pelotons de mousquetaires flanquaient ces escadrons et y étaient mêlés à même intention qu’à l’aile droite. C’est là qu’étaient les 22 escadrons de la garde royale, et les régiments de Karberg, Churlander (Courlandais), Wrangel (en fait, même régiment que Courlande), Wishaufen (Diesenhausen) et Courville.

5 escadrons conduits par les colonels Oemens, Boosse ou Boosen, Iseler et Agafelt ou Degenfelt, commandés par le lieutenant-général baron de Hoffkirch, étaient entremêlés de mousquetaires.

L’artillerie était distribuée sur le front de la première ligne : 26 pièces de gros canon devant l’infanterie, et 20 pièces de campagne devant chaque aile chargées à cartouche.

3L’armée suédoise à Lützen selon De La Gardie (Archives suédoises)

Effectif : 14 499 piétons (blessés compris, 13 822 sans les blessés) et 9260 cavaliers (6210 cavaliers effectifs)

Infanterie (#compagnies) # Mousquets #Piques #Officiers #Total
Guardie (1) 45m 38p 12o off (Gardes, avec rgt Nilses)
Gr. Nilses (16) 610m 324p 192 off 1221 (brigade jaune – Nils Brahe)
Winckels (16) 486m 432p 192 off 1110 (brigade bleue – old blue)
Er. Hands (8) 465m 267p 96 off 848 (brigade suédoise bleue)
Carl Hårds (8) 447m – 96 off 543 (brigade suédoise bleue)
Finnar (4) 156m – 48 off 204 (Finnar = Finnois = Finnish – brigade suédoise bleue)
Knyphausen (12) 708m 270p 142 off 1120 (brigade blanche)
Mitzlafwes (12) 342m 198p 142 off 682 (brigade Mitzlaff)
Rossows (8) 366m 168p 96 off 630 (brigade Mitzlaff)
Giersdorffs (8) 330m 96p 96 off 522 (brigade Mitzlaff)
Gr. v. Thurn (8) 240m 144p 96 off 480 (brigade Thurn)
Gr. v. Isenburg (8) 120m 54p 96 off 270 (brigade Thurn)
Gr. v. Erpack (8) 144m 18p 96 off 258 (Erbach – brigade hessoise)
Gr. v. Eberstens (12) 216m 144p 142 off 502 (brigade hessoise)
Yslors (12) 144m 36p 142 off 322 (Uslar – brigade hessoise)
Hert. Wilhelms (12) 276m 78p 142 off 496 (brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Posens (8) 540m 156p 96 off 792 (Bose ? – brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Pforts (8) 306m 84p 48 off 438 (Pforte – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Vidtstrumbs (8) 150m 24p 96 off 270 (Vitzthum – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Hert. Bernh. (12) 396m 210p 142 off 748 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Leslies (16) 360m 24p 192 off 576 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Willteust. (12) 468m 102p 142 off 712 (Wildenstein – brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Brandenstein (4) 198m – 48 off 246 (mousquetaires commandés)
Gr. v. Launst. (7) 600m – 84 off 684 (Löwenstein – mousquetaires commandés)
Joh. Hindriks (4) 180m – 48 off 228 (Henderson – réserve)
total : 8293 mousquets, 2867 piques, 3592 officiers, 13 882 hommes, 14 499 hommes avec les blessés

Cavalerie (# compagnies) – Je ne sais pas à quoi corresponde les deux chiffres, le premier correspond peut-être à l’effectif total, blessés compris, ou aux chevaux.
Uppland (4) 300 250
Ohms (8) 450 300
Södermanland (4) 250 200
Östgöta (4) 200 100
Westgöta ou Västgöta (8) 600 400
Småland (8) 600 400
Finnar (Finnois) (8) 800 500
Frans v. Talby 75 50
Cort. v. Talby 150 100
T. Albrecht Yssler 75 50
Verkermans (4) 225 150
Hert. Bernhard (12) 750 500
Rostens 270 180
Lifland (Livoniens) (8) 450 300
Bullasch (8) 180 120
Carlbergs (8) 330 220
Georg Yssler (Uslar) 240 160
Courville (4) 450 300
Golstens (Goldstein) (8) 225 150
Stecknitz 120 80
Hert. Wilhelms (12) 180 120
Anhaltiske (8) 450 300
Curländer (4) 345 230
Hofkirks (12) 525 350
Steinbachs (4) 300 200
Lauensteins (Löwenstein) (6) 300 200
Brandenstein (4) 450 300
Total 9290 6210
Dragons 600
Total 6810

 

Stéphane Thion

L’armée espagnole à Rocroi (mai 1643)

L’armée espagnole à Rocroi (mai 1643)

A Rocroi, l’armée des Flandres est commandée par don Francisco de Mello. Le duc d’Albuquerque vient d’en être nommé général de la cavalerie et Alvaro de Mello, frère de Francisco, en est le général de l’artillerie. Cette armée est scindée en plusieurs corps : l’armée de Brabant, commandée par don Andrea Cantelmo ; un corps rassemblé en Hainaut, commandé par le comte de Bucquoy ; un corps rassemblé du côté de Namur, commandé par Issembourg et un corps destiné à défendre le Luxembourg et à secourir la Bourgogne, commandé par le baron Beck. L’armée de France sera constituée à partir des corps de Bucquoy et d’Issembourg, et le comte de Fontaine sera nommé mestre de camp général de cette armée. Pour la bataille, le sergent-major de bataille, équivalent au maréchal de bataille français, sera don Jacinto de Vera.

Ci-dessus : Etat-Major espagnol à Rocroi (Aquarelle de K.A. Wilke)

L’infanterie d’Espagne

Les tercios seront, durant les guerres de Quatre-vingt et de Trente ans, le bras armé du roi d’Espagne. Et les tercios viejos en sont les unités les plus redoutées.

Un tercio compte, depuis 1632, 12 compagnies de 250 hommes, ou 15 compagnies de 200 hommes pour un tercio levé en dehors de la péninsule ibérique, soit un effectif total  de 3 000 hommes. L’ordonnance de 1632 tolère les tercios à 20 compagnies et en pratique certains auront jusqu’à 26 compagnies. Mais aucun de ces tercios n’atteindront l’effectif théorique de 3 000 hommes. Une compagnie au complet doit compter 11 officiers (un capitaine et son page, un alférez, un enseigne ou abanderado, un sergent, deux tambours, un fifre, un fourrier, un barbier et un chapelain) et 239 soldats dont 90 piquiers en cuirasse (coseletes), 89 arquebusiers et 60 mousquetaires. Dix caporaux (cabos de escuadra) font parti de ce total. La compagnie de 200 hommes doit compter, pour sa part, 70 piquiers coseletes, 90 arquebusiers et 40 mousquetaires. L’état-major permanent du tercio comprend, en plus du mestre de camp, 7 officiers supplémentaires. L’habitude prise par les fantassins de toutes nations d’alléger leur équipement, en se débarrassant de leurs cuirasses et en raccourcissant leurs piques, n’est pas du goût des autorités et l’ordonnance de 1632, modifiée l’année suivante, tente désespérément d’endiguer cette pratique. Elle prévoit cependant que les piquiers moins biens équipés soient placés dans les rangs arrières.

 

Certains tercios sont permanents, ou fixes, comme les régiment entretenus français. Les principaux tercios fixes de l’armée de terre sont (avec le nom de leur mestre de camp en 1643), les tercio viejo de los Estados de Flandes (comte de Garcies), tercio viejo de los estados de Brabante (comte de Villalba), tercio viejo de los Estados de Holanda (duc d’Albuquerque puis Baltasar Mercader), tercio fijo de Napoles (prince d’Ascoli), tercio fijo de Lombardia (Antonio de Velandia), tercio fijo de Sicilia (Francisco de Castilla), et le tercio de Saboya (Vicente Monsoriu). La Marine peut de son côté compter sur ses propres tercios stationnés en Espagne, à Naples et en Sicile.

Aux tercios purement espagnols s’ajoute l’infanterie dite des nations, levée dans les territoires dépendant de la couronne d’Espagne : Flandre, Bourgogne, Sicile, Naples et Lombardie. Les tercios italiens et bourguignons suivent la même organisation que les tercios espagnols, soit 12 compagnies de 250 hommes. Les tercios wallons suivent pour leur part l’organisation des tercios espagnols des Flandres, soit 15 compagnies de 200 hommes. Mais chaque compagnie wallonne compte théoriquement 12 officiers, 46 piquiers et 142 mousquetaires. Les règlements pour faire recrue de nation wallonne prescrivent que chaque mestre de camp doit nommer, pour chaque compagnie, un officier, deux vieux soldats et un tambour, et les envoyer aux quartiers qui leurs seront désignés. Les recrues devront être effectuées dans les pays de Hainaut, de Brabant, de Lille, de Flandre, d’Oudenarde et de Bergue. « Tous maîtres de camp soigneront sérieusement que pendant le temps de ces quarante jours, ils fassent bien ajuster les mousquets et armes à feu de leurs vieux soldats, et pour les piques ils prendront le patron de la longueur et des fers accordés avec Herscamp, marchant de Namur, dont chaque maistre de camp envoyera quérir un patron pour à l’avenant armer les piquiers de son tercio. (…) Tous les maistres de camp seront avertis qu’ils ne pourront enrôler en leurs tercios pour arquebusiers que des forts et robustes garçons, et ne soient plus jeunes que de dix-sept à dix-huit ans. » Les régiments allemands et lorrains au service de l’Espagne sont organisés sur le modèle allemand, en 10 compagnies de 250 ou 300 hommes.

Il s’agit là bien sûr d’effectifs théoriques, peut-être atteints par certains régiments nouvellement levés. En pratique, les effectifs réels s’en éloignent rapidement. En 1634, pour la campagne de Nördlingen, le tercio d’Idiaquez ne compte que 1 800 hommes pour 26 compagnies et le tercio de Fuenclara, 1 450 hommes pour 17 compagnies. De fait, les escadrons espagnols, équivalent aux bataillons français, ne dépasseront que rarement le millier d’hommes. Ils se déploient maintenant comme leurs homologues des autres nations, sur 6 à 8 rangs, les piques formant le bloc du centre, arquebuses et mousquets disposés sur leurs flancs.

Les hommes d’un tercio ne reçoivent leur solde que par tiers. Un tiers au début du mois et le second tiers quinze jours plus tard. Le troisième tiers est retenu pour l’achat de la poudre, des mèches et l’entretien ou le remplacement des équipements. Don Bernardino de Mendoza affirmait que le soldat espagnol diffère de celui des autres nations parce qu’il réclame sa solde uniquement après avoir combattu.

La cavalerie de Philippe IV

La cavalerie d’Espagne ne bénéficie pas de la même réputation que l’infanterie. Et la part des nations au sein de la cavalerie du roi d’Espagne n’en est que plus importante. La cavalerie espagnole dépend d’un capitaine général, assisté d’un lieutenant général, de quatre adjudants, et d’un fourrier-major. Mais, jusqu’à 1642, elle ne bénéficie d’aucune organisation régimentaire. Les compagnies de 25 à 40 chevaux sont regroupées de façon temporaire par des commissaires généraux. Pour combattre, elles sont réunies en escadrons commandés par le plus ancien des capitaines. La cavalerie des nations est pour sa part organisée en régiments regroupant de 5 à 10 compagnies, commandés par un colonel assisté d’un lieutenant-colonel, d’un sergent-major et d’adjudants. La cavalerie espagnole sera aussi organisée en régiments à partir de 1642, apparemment en régiments de 6 compagnies de 100 chevaux.

Les caballos corazas, similaires aux chevaux légers français, forment le corps de cette cavalerie. Comme pour leurs homologues français, l’équipement des cavaliers s’est allégé durant les années 1630, ne consistant plus qu’en une cuirasse à l’épreuve du pistolet, portée sur un buffle, deux pistolets d’arçon et une salade (ou pot). En 1648, Grammont rapporte dans ses Mémoires que les escadrons espagnols, qui s’apprêtent à recevoir la charge de la cavalerie française, « n’avaient point l’épée à la main, mais comme tous les cuirassiers espagnols portent en Flandre des mousquetons, ils les tenaient en arrêt sur la cuisse, de même que si c’eut été des lances ». Rien ne semble donc maintenant les distinguer des arquebusiers à cheval. Les compagnies de gardes, que ce soient celles du gouverneur, du général de la cavalerie ou du lieutenant général, sont probablement mieux équipées, à l’image des gendarmes français. Le gouverneur des Flandres possède deux compagnies particulières de gardes, une compagnie d’arquebusiers et une compagnie de lanciers. Les Espagnols resteront en effet la dernière nation d’Europe occidentale à utiliser des lanciers, même si on ne les trouve plus, en 1643, qu’au sein de cette compagnie de gardes.

L’artillerie

Selon Diego Ufano Velasco, l’artillerie espagnole ne compte plus, depuis 1609, que quatre calibres : le canon tirant 40 livres de balles, le demi-canon tirant 24 livres de balles, le quart de canon tirant 10 livres de balles et le quint de canon – auquel on peut substituer la quart de couleuvrine – tirant 5 livres de balles. Cette artillerie se révélera mieux servie que celle de son adversaire.

Ci-dessus et ci-dessous : 2 variantes du drapeau du tercio d’Albuquerque.

Stéphane Thion

(Illustrations de Daniel Cabrera-Pena).

La seconde bataille de Breitenfeld (2 novembre 1642)

La seconde bataille de Breitenfeld (2 novembre 1642)

Baner meurt en 1641 et Lennart Torstensson lui succède à la tête de l’armée suédoise. Son premier chantier est de remonter le moral et la discipline de ses troupes, le laissant sur la défensive, pendant que Wrangel lève des troupes en Suède. Face à lui, les impériaux, commandés par l’archiduc Leopold Wilhelm dont l’inexpérience lui avait fait adjoindre le prince Ottavio Piccolomini, essaye de le provoquer, sans succès.

Le 20 octobre 1642, Torstensson, rejoint par Wrangel et Konigsmark, met le siège devant Leipzig après avoir traversé l’Elbe. Leopold et Piccolomini se portent alors au secours de la ville à marche forcée. Mais Torstensson vient à leur rencontre, le 22 octobre, et dispose son armée à l’ouest, face aux villages de Lidenthal et Breitenfeld. L’armée impériale se déploie alors face à lui.

L’armée impériale s’établit à quelque 16 000 cavaliers (dont près de 5 000 Croates, Cosaques & Hongrois) en 71 escadrons (dont 16 escadrons de Croates, Cosaques & Hongrois), 10 000 fantassins en 10 brigades et 46 pièces d’artillerie.

L’armée suédoise s’établit à 10 000 cavaliers en 51 escadrons, à 10 000 fantassins en 11 brigades, 29 détachements de 40 mousquetaires et 70 canons (18 pièces lourdes & 52 pièces légères de bataillon).

 

L’armée Impériale

Général en chef : Archiduc Leopold Wilhelm de Habsbourg, assisté du lieutenant général prince Ottavio Piccolomini

Aile droite – H. Gonzaga

Premier échelon (Bruay) : 6 régiments de demi-cuirassiers en 13 escadrons (régiments Mislik, Alt-Piccolomini, Bruay, Montecuccoli, La Corona Traga).

Second échelon (Borneval) : 8 régiments de demi-cuirassiers en 10 escadrons (Gardes du corps de l’Archiduc, Gardes du corps de Piccolomini, régiments Spiegel, Lutthe, Wolframsdorf, Capaun, Alt-Nassau et Borneval) , 1 régiment d’arquebusiers en 1 escadron (régiment Munster).

Flanqueurs : 8 escadrons de Croates & Cosaques.

Centre – Suys

Centre-gauche (Fernemont & Webel) : 5 « brigades » (bataillons) d’infanterie en deux échelon (3 devant & 2 derrière, régiments Sax-Lauenburg, Moncado, Gardes de l’Archiduc, Fernemont et Wachenheim).

Centre-droit (C. Gonzaga) : 6 « brigades » d’infanterie en deux échelons (3 devant & 3 derrière, régiments Caretto, Enkefort, Webel, Suys, Gonzaga et Ranfft), dont une brigade wallone (régiment Suys) en premier échelon .

Artillerie :  4 pièces de 12 livres, 2 pièces de 6 livres et 20 pièces d’artillerie régimentaire (3 livres).

Réserve (Suys) : 5 régiments de demi-cuirassiers (régiments Nicola, Novery, Gissenburg, et Desfours), 1 régiment d’arquebusiers (Grodetzky) et 1 régiment de dragons  (Paconchay) en 8 escadrons sur deux échelons : 3 escadrons de demi-cuirassiers et 1 escadron d’arquebusiers en premier échelon, 3 escadrons de demi-cuirassiers et 1 escadron de dragons en second échelon.

Aile gauche – Puchheim

Premier échelon (Nicola) : 8 régiments de demi-cuirassiers en 11 escadrons (régiments Pompeji, L; Gonzaga, Vorhauer, Wintz, Jung, Jung-Heister, Alt-Heister et Nicola) et 1 régiment d’arquebusiers à cheval en 1 escadron (Madlo).

Second échelon (Schleinitz) : 6 régiments de demi-cuirassiers – dont 4 saxons – en 8 escadrons (régiments Burksdorf, Lammersdorf, régiments saxons Callenberk, Knoche, Hanau et Schleinitz), 1 régiment d’arquebusiers en 1 escadron (Warlowsky) et 2 régiments de dragons en 2 escadrons (Gall de Burke et Gallas).

Flanqueurs : 8 escadrons de Croates et Hongrois.

Pour LM Tercios :

Les demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry  (ou modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez Kingdom) et les arquebusiers montés sont mounted arquebusiers. Deux des escadrons de cuirassiers (Les gardes du corps de l’Archiduc et de Piccolomini) sont elite. Les demi-cuirassiers saxons peuvent aussi être considérés mercenaries. Les dragons sont dragoons. Croates et cosaques son light horse, pistol, mercenaries.

Les brigades d’infanterie sont tous des classic squadrons modernised, musket only. Chaque brigade d’infanterie possède la règle regimental gun.

Artillerie : les 6 canons de 6 et 12 livres sont artillerie moyenne. Prendre un canon pour 2 pièces réelles.

 

L’armée Suédoise

Général en chef : feld marshal Lennart Torstensson

Aile droite – Wittenberg

Premier échelon (Wittenberg) : 5 régiments de demi-cuirassiers allemands (Gardes du corps de Torstensson, régiments Hesse, Duval, Hoking et Kinsky)) en 14 escadrons, 13 détachements de 40 mousquetaires  avec 1 pièce d’artillerie légère par détachement.

Second échelon (Stalhansk)  : 3 régiments de demi-cuirassiers allemands (régiments Derfflinger, Wittkopt et H. Wrangel) et 1 régiment de demi-cuirassiers polonais en 10 escadrons (dont 2 escadrons de Polonais).

Centre  – Lilliehook

Centre-gauche (K.G. Wrangel) : 4 brigades d’infanterie en deux échelons (2 et 2, régiments K.G. Wrangel et Mortaigne devant, Axel Lillie et Schlieben derrière). Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Centre-droite (Mortaigne) : 4 brigades d’infanterie en deux échelons (2 et 2, régiments Lilliehook et Baner devant, Pfuhl et Jeschwitski derrière). Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Réserve en 3e échelon (Axel Lillie) : 3 brigades d’infanterie (régiments Maul, Plettenberg et Alt-Blau), 3 escadrons de demi-cuirassiers. Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Artillerie lourde et moyenne : 8 pièces de 24 livres et 10 pièces de 12 livres. Artillerie légère accompagnant l’infanterie : 19 pièces de 3 livres au total (déjà comptabilisée ci-dessus).

Aile gauche – Königsmark

Premier échelon (Schlang) : 10 régiments de demi-cuirassiers allemands en 19 escadrons (régiments Stalhansk, Wittenberg, Cratzenstein, Douglas, Billinghausen, Schulmann, Pfuhl, Seckendorf et Mitzlaff), 16 détachements de 40 mousquetaires  avec 1 pièce d’artillerie légère par détachement.

Second échelon (Königsmark)  : 2 régiments de demi-cuirassiers allemands en 5 escadrons (régiments Tiderman et Lilliehook).

Pour LM Tercios :

Les demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry (ou modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez Kingdom). les Gardes du corps de Torstensson sont elite.

Les mousquetaires commandés de l’armée suédoise sont musketeer companies, commanded shot : regrouper les 29 détachements en 4 unités de musketeer companies.

Les brigades d’infanterie sont reformed bataillons (depuis la mort de Gustave adolphe, la “brigade suédoise” n’est plus adoptée). Le régiment bleu (Alt-Blau) est veteran.

Toutes les brigades d’infanterie et les compagnies de mousquetaires disposent de la règle canon régimentaire (regimental gun), c’est à dire qu’elles ont toutes un canon léger faisant partie de l’unité.

L’artillerie se décompose en 8 pièces d’artillerie lourde et 10 pièces d’artillerie moyenne. Prendre un canon pour 2 pièces réelles.

 

Simuler cette grande bataille à LM Tercios :

Nous n’avons pas d’effectifs estimés pour cette bataille. L’armée impériale est estimée à 16 000 cavaliers pour 71 escadrons et 10000 fantassins pour 10 brigades, plus 46 pièces d’artillerie. Les escadrons sont donc en moyenne de 225 chevaux et les brigades de 1000 hommes.

L’armée suédoise est estimée à 10 000 cavaliers pour 51 escadrons et 10 000 fantassins pour 11 brigades, 29 détachements de mousquetaires et 60 pièces d’artillerie au total (y compris les 29 pièces légères accompagnant les détachements de mousquetaires). Les escadrons sont donc en moyenne de 200 chevaux et les brigades de 800 hommes. Les 29 détachements de mousquetaires sont de 40 hommes chacun.

Dans les années 1640, les armées suédoises et impériales alignèrent une cavalerie et une artillerie très nombreuse. Ici, plus de la moitié des effectifs est formée de cavalerie. Avec plus de 50 escadrons de cavalerie et  “seulement” 10-11 brigades (i.e. bataillons) de chaque côté, il vous faudra une cavalerie nombreuse. Les escadrons de cavalerie étant de petite taille (200 chevaux en moyenne), prenez une unité de cavalerie pour 2 escadrons réels. Si cela fait encore trop d’unités, divisez le nombre d’unités par deux (soit 5 bataillons d’infanterie et 12-15 unités de cavalerie de chaque côté). L’artillerie étant aussi très nombreuse, prenez une pièce d’artillerie pour 2 voire 3 pièces réelles (hors artillerie régimentaire intégrée grâce à la règle regimental gun).

 

Déploiement

Stéphane Thion

Ordre de bataille d’après William P. Guthrie

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