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Drapeaux suédois pour la bataille de Lützen

Drapeaux suédois pour la bataille de Lützen

Et voici quelques drapeaux de régiments d’infanterie suédois pour simuler la bataille de Lützen.

La brigade “nouveau bleu” ou “brigade suédoise” composée des régiments Hand (bleu), Hard et Hastfer :

Drapeau d’une compagnie du régiment bleu ou vieux-bleu (alt-blau) d’après K.A. Wilke (malheureusement, il me manque la légende)

Drapeau possible d’une des compagnies du régiment bleu (blau)

La brigade jaune, composée des gardes du corps et du régiment jaune de la garde :

Drapeau d’une compagnie du régiment jaune selon K.A. Wilke (gardes du corps royaux ?)

Drapeau d’une compagnie du régiment jaune (Gelb)

La brigade “vieux-bleu” (alt-blau) composée du régiment Winckel :

 

Drapeau d’une compagnie du régiment vieux-bleu (Alt-blau)

La brigade blanche : elle était constituée uniquement du régiment Knyphausen (dont je n’ai pas le drapeau), ce régiment étant formé  en septembre 1632 en réunissant le régiment “vieux blanc” de Bürt et le régiment Mitschefall

Drapeau d’une compagnie du régiment Wilhelm Bürt (vieux-blanc).

3 drapeaux de compagnies du régiment Mitschefall, dissout en septembre 1632 et amalgamé avec le régiment Bürt ci-dessus.

La Brigade verte à Lützen, composé du régiment vert de Bernard, du régiment noir de Wildenstein et du régiment écossais de Leslie :

Drapeau du régiment Bernard de Saxe-Weimar

Drapeau du régiment écossais Leslie

Drapeau du régiment écossais Henderson

La brigade du duc Guillaume de Saxe-Weimar composée du régiment du duc Guillaume et des régiments saxons Bose et Pforte :

Drapeau du régiment Guillaume de Saxe-Weimar

 

 

 

 

 

Stéphane Thion

La bataille de Lützen (16 novembre 1632)

La bataille de Lützen (16 novembre 1632)

Avertissement : tous les schémas qui accompagnent la description de la bataille sont extraits de la superbe thèse d’André Schürger (2015), The archaeology of the Battle of Lützen: an examination of 17th century military material culture.

Après sa victoire de Breitenfeld sur Tilly (17 septembre 1631), Gustave Adolphe confie à l’Electeur de Saxe le soin de porter la guerre en Bohême alors que lui-même lance une offensive sur la Thuringe. Pendant ce temps, l’empereur Ferdinand propose à Wallenstein de reprendre le commandement de l’armée impériale., ce que ce dernier finit par accepter. De son côté, Tilly essaie de ralentir l’avance suédoise avant de se retirer en Haute-Franconie. En mars 1632, Gustave dirige son offensive sur la Bavière et se présente devant la rivière Lech défendue par Tilly. Celui-ci est alors gravement blessé lors d’une reconnaissance. Tous les espoirs de l’Empereur et du duc Maximilien de Bavière reposent maintenant sur Wallenstein. Mais le nouveau généralissime se préoccupe peu de la Bavière. Le 17mai, Gustave Adolphe fait son entrée à Munich. Le 11 juin, à la demande du duc de Bavière, Wallenstein finit par réagir. Le 11 juillet, alors que Gustave Adolphe cantonne non loin de Nuremberg, Wallentein se présente devant cette ville. Il établit son camp à Alta Feste, une forteresse proche de là. Durant deux mois, les Suédois vont s’employer à prendre cette forte position défensive. Sans succès. De son côté Holk, à la tête d’une seconde armée impériale, est parvenu à repousser les Saxons de Bohême. Il occupe maintenant Leipzig. Alerté, Gustave Adolphe se retire et se dirige vers la Saxe. Wallenstein le suit et rejoint Holk à Leipzig. C’est donc à Lützen que va se jouer l’avenir de la Saxe.

Ci-dessus : la bataille de Lützen selon P. Snayers. Ce tableau représente relativement fidèlement le champ de bataille vu de l’arrière des lignes impériales.

Le 15 novembre, alors que Wallenstein n’a pas encore connaissance de la position des ennemis, l’avant-garde impériale est accrochée par les Suédois, quelques kilomètres au sud de Lützen. Wallenstein envoie immédiatement un courrier à Pappenheim qui se trouve à une quarantaine de kilomètres de Lûtzen pour venir le renforcer. Celui-ci ayant reçu la lettre se met en marche vers minuit. Pendant ce temps, Wallenstein déploie son armée sur une ligne allant de Lützen à Leipzig, son flanc droit appuyé sur une petite colline et les moulins de Lützen. Au point du jour, Gustave Adolphe se change, refuse de prendre son casque et sa cuirasse, son épaule étant douloureuse du fait d’une blessure de mousquet, et monte sur Streiff, son cheval gris-pommelé. Il débouche sur le champ de bataille vers 9 heures du matin. La brume et le terrain parcouru de fossés ralentissant le déploiement de son armée, l’attaque ne commencera qu’à 11 heures.  L’aile gauche de cavalerie est menée par Bernard de Saxe-Weimar, l’aile droite par Stalhansk, le centre par Brahe.

Ci-dessus : déploiements impérial et suédois (Schürger, 2015)

La principale attaque est menée par Gustave Adolphe : 3 000 cavaliers suédois progressent difficilement vers les lignes ennemies, à travers les fossés. Heureusement les détachements de mousquetaires en soutien, par la supériorité de leur feu, sauvent l’offensive qui s’annonçait désastreuse. Heureusement, le soutien d’infanterie a suivi. La brigade bleue, soutenue par la brigade jaune bouscule l’aile gauche impériale et prend la batterie d’artillerie. Le reste de la cavalerie perd beaucoup de temps à traverser les fossés.

Ci-dessus : la situation entre 10h30 et 11h (Schürger, 2015).

La situation entre 10h45 et 11h15 (Schürger, 2015).

Pendant ce temps, la brigade verte s’avance vers la batterie de l’aile droite impériale devant les moulins et l’aile gauche de cavalerie weimarienne se heurte aux mousquetaires ennemis bien retranchés. C’est un échec. Mais Bernard de Saxe-Weimar, obsédé par la prise de Lützen, s’acharne et revient à la charge, sans autre résultat que de mettre le feu au village.

Ci-dessus : situation entre 11h et 12h (Schürger, 2015).

Il est midi. Sur l’aile droite, alors que la cavalerie suédoise se reforme, Brahe lance ses brigades sur l’infanterie impériale. Alors que les cavaliers suédois s’avancent, les cuirassiers de Gotz décident de se retirer, ébranlant ainsi les trois régiments d’infanterie à sa droite. Alors que le brouillard se lève, Wallenstein réalise que c’est sur son aile gauche qu’est dirigée la principale attaque : il la fait renforcer par les cuirassiers de Desfours et par une partie de sa réserve de cavalerie. Puis il lance sa seconde ligne d’infanterie contre Brahe.

Ci-dessus : situation entre 11h30 et 12h30 (Schürger, 2015).

C’est alors que l’énergique Pappenheim débouche sur le champ de bataille avec sa cavalerie accourue à marche forcée. Son infanterie n’arrivera qu’en fin de journée. Il prend immédiatement les choses en main sur l’aile gauche impériale et, vers 13 heures, lance une contre-attaque ayant pour but d’envelopper l’aile droite suédoise. Alors que les Croates débordent les cavaliers ennemis et foncent sur les bagages, les cuirassiers de Piccolomini enfoncent les régiments d’Östgota et de Smaland. Mais les mousquetaires commandés suédois accueillent les cuirassiers impériaux par un feu nourri de mousqueterie et d’artillerie légère. Pappenheim, touché par deux coups de mousquets et un boulet de 3 livres, s’effondre. Il est évacué du champ de bataille. Alors que Stalhansk réorganise son aile, les cuirassiers impériaux, découragés par la perte de leur général, stoppent leur offensive.

Ci-dessus : situation entre 12h et 13h (Schürger, 2015).

Dans le même temps, au centre, l’infanterie impériale renforcée par sa seconde ligne a contre-attaqué.  La brigade bleue et la brigade jaune sont attaquées à la fois de face par l’infanterie et de flanc par les escadrons de cuirassiers impériaux (régiment Bredau). Piccolomini, à la tête de ses cuirassiers, Brahe, à la tête de ses brigades sont blessés. Les brigades bleue et jaune sont pratiquement anéanties. L’infanterie suédoise se retire en ordre. C’est alors que Gustave, apercevant l’infanterie de Brahe en difficulté, charge la tête des régiments de Smaland et Östgota après les avoir réorganisés. Un peu après 13 heures, une balle de mousquet va mettre un terme à son épopée. Son corps ne sera retrouvé que 2 heures plus tard. Alors que la contre-attaque impériale s’essouffle et que les cuirassiers impériaux, suivant les ordres, se désengagent, les suédois se réorganisent. Bulach (seconde ligne de cavalerie) est parvenu à repousser les croates et à rallier ses escadrons de cavalerie. Au centre droit, les brigades suédoises orphelines de leur commandant parviennent néanmoins à se reformer.

Ci-dessus : la destruction de la brigade jaune suédoise par la charge de flanc des cuirassiers de Bredau (entre 11h et 13h) avec, en surimpression, toutes les balles de mousquets, carabines et pistolets retrouvées sur le champ de bataille (Schürger, 2015).

Ci-dessus : situation entre 12h30 et 14h (Schürger, 2015).

Bernard de Saxe-Weimar qui commande l’aile gauche suédoise, monte alors une attaque coordonnée avec le centre gauche. Il ordonne aux brigades de seconde ligne de renforcer la première ligne, Mitzlaff à gauche de sa brigade verte et Thurn à droite de cette brigade. L’artillerie lourde parvient à se déployer à droite de la brigade Thurn et est prolongée sur sa droite par la vieille brigade bleue (Alt-Blau). Bernard lance son attaque, probablement vers 13h30. L’aile droite impériale, venant de perdre plusieurs régiments de cuirassiers envoyés renforcés l’aile gauche, vacille. L’infanterie de Bernard parvient à prendre pied sur la colline, à emporter les canons placés à l’aile droite et à refouler la première ligne d’infanterie impériale. Mais une contre-attaque menée par Holk parvient à regagner le centre et à refaire sa ligne de front. Les moulins sont repris et les suédois se replient.

Sur l’autre aile, alors que la cavalerie suédoise, victorieuse, enveloppe ses adversaires, une nouvelle, terrible, se répand. Le roi est mort. L’impact moral de ce drame est terrible. L’élan des troupes protestante est stoppé. Au même moment, Piccolomini annonce la nouvelle aux troupes impériales.

Ci-dessus : la situation entre 14h et 15h (Schürger, 2015).

Bernard de Saxe-Weimar prend alors le commandement de l’armée protestante. Il est autour de 14h30. Toute la ligne suédoise est maintenant épuisée ou démoralisée. A l’exception de la réserve de Knyphausen, pratiquement intact. L’état de l’armée impériale n’est guère meilleur. Les deux adversaires font une pause et se réorganisent. Vers 15 heures, Knyphausen et Bernard débattent de la situation. Le premier suggère une retraite en bon ordre mais le second n’est pas d’accord. Il est persuadé que l’état de l’armée suédoise est bien meilleur que celui de l’adversaire. Il est persuadé qu’un nouvel assaut dirigé sur son aile peut gagner la journée. Le plan de Bernard est d’envelopper Lützen et l’aile droite impériale avec sa cavalerie alors que les brigades verte, Mitzlaff et Knyphausen prendront les moulins d’assaut.

Ci-dessus : la situation entre 15h et 16h (Schürger, 2015).

L’aile gauche suédoise s’ébranle vers 15h30 couverte par un feu intense d’artillerie. C’est une surprise pour les impériaux qui pensaient la bataille gagnée. Les brigades suédoises prennent pied sur la colline sans réelle opposition. Perdant leurs nerfs, les régiments impériaux d’arquebusiers à cheval quittent le champ de bataille. Les suédois tombent alors sur les régiments de cuirassiers restant. Alors que différents régiments se dissolvent, Piccolomini parvient à rétablir la situation. Une contre-attaque impériale est lancée mais Bernard parvient à la repousser et à garder la position.

Ci-dessus : la situation entre 16h et 17h (Schürger, 2015).

Il est maintenant entre 17 et 18 heures. La nuit tombe. L’infanterie de Pappenheim (2 900 hommes commandés par Reinach) apparaît sur le champ de bataille. Mais Wallenstein n’y croit plus. Il ordonne une retraite en bon ordre, couverte par l’infanterie de Reinach. Les Suédois restent maître du champ de bataille mais il s’agit d’une victoire coûteuse. Ils perdent 6 000 hommes, morts, blessés ou disparus soit probablement un peu plus que les impériaux. Et surtout, ils perdent leur leader emblématique.

 

Ordres de bataille

Remarque : pour des ordres de bataille plus détaillés, voir mes précédents articles sur les armées impériale et suédoise à Lützen (en saisissant “1632” ou “Lützen” dans le moteur de recherche du site).

L’armée suédoise (Gustave Adolphe) : 20 900 hommes (13 032 fantassins en 8 brigades et détachements de mousquetaires, 6 240 cavaliers en 25 escadrons, 60 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons de 3 livres avec mousquetaires commandés) :

Première ligne (Bernard, 1550 chevaux, de gauche à droite) : 6 escadrons de cavalerie weimarienne et allemande des régiments Bernard de Saxe-Weimar (2 escadrons), Carberg, Domhoff/Courlande, Tiesenhausen-Livoniens et Courville, 5 détachements de 200 mousquetaires avec 2 pièces de 3 livres par détachement.

Deuxième ligne (Anhalt, 1430 chevaux, de gauche à droite) : 6 escadrons de cavalerie saxonne des régiments Hoffkirch, Anhalt, Lowenstein, Brandenstein, Steinbach et Stechnitz.

Centre (11 030 fantassins en 8 brigades de 1 350 hommes, 300 chevaux et 18 canons moyens et lourds, 24 canons légers de 3 livres) :

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade bleue suédoise, brigade jaune, brigade “ancien-bleu”, brigade verte, une compagnie de mousquetaires (écossais d’Henderson) en réserve, 4 batteries de 5 canons.

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Brigade duc Wilhelm, brigade blanche Knyphausen, brigade Thurn et brigade Mitzlaff et escadron de cavalerie Ohm en réserve en réserve.

Aile droite (2960 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons de 3 livres avec mousquetaires commandés) :

Première ligne (Stalhansk, 1860 chevaux, de droite à gauche) :  6 escadrons de cavalerie suédoise des régiments Stalhansk (finnois), Stoop (Västgota), Sack (Sodermanland), Silversparre (Uppland), Sperreuter (Östgota), Stenbock (Smäland), 5 détachements de 200 mousquetaires avec 2 pièces de 3 livres par détachement.

Seconde ligne (Bulach, 1100 chevaux, de droite à gauche) :  6 escadrons de cavalerie weimarienne et hessoise des régiments Wilhelm Leib, Goldstein, Bulach, Beckermann, Rostein/Dalwigt-hessois et G. Uslar-hessois.

 

Pour LM Tercios, les brigades d’infanterie suédoise sont à 1 580 hommes et les escadrons de cavalerie à un peu moins de 250 chevaux. Les 8 brigades suédoises sont représentées chacune par un modern squadron reinforced, avec une stamina de 5 (et non 3 comme dans le livre de règles). Les brigades bleu suédoise et jaune étant veteran. Les 4 brigades de première ligne ont en plus la règle regimental gun. Les détachements de mousquetaires sont représentés par 4 compagnies (2 sur chaque aile) shot company musketeers brigade rule avec regimental gun. Les 25 escadrons de cavalerie (250 chevaux par escadron) sont cuirassiers modern cavalry, l’escadron de finnois (Stalhansk) étant en plus fearless. L’artillerie est représentée par 1 canon lourd et 2 canons moyens (les pièces légères étant intégrées dans les brigades d’infanterie).

 

L’armée impériale (Wallenstein) : 12 000 hommes (8 200 fantassins en 8 bataillons, 5 250 chevaux en 17 escadrons, 34 canons)

L’infanterie est déployée en 7 brigades de théoriquement 1000 h, 900 hommes une fois les mousquetaires détachés, dont 5 en première ligne et 2 en seconde lignes.

Devant l’armée : 24 canons moyens et lourds (9 canons de 24 livres, 2 de 16 livres, 6 de 12 livres, un de 10 livres, 6 de 6 livres) plus théoriquement 1 à 2 pièce légère par régiment d’infanterie).

Aile gauche (Holk, 2 350 cavaliers dont 900 croates, compagnie de mousquetaires et 7 canons) :

4 escadrons de cavalerie en échelons, plus 3 escadrons de croates, du centre vers l’extérieur, flanquant les 3 lignes du centre : cuirassiers de Gotz, arquebusiers à cheval de Piccolomini, arquebusiers à cheval de Leutersheim, cuirassiers de Lohe et arquebusiers de Loyers en un escadron, 4 croates d’Isolano, et un petit détachement de mousquetaires (150 hommes).

Centre (Wallenstein, 7 500 fantassins en 7 brigades/bataillons, 1 050 cavaliers et 20 canons, plus réserve) :

10 canons.

1ère ligne d’infanterie (de gauche à droite) : 5 bataillons des régiments Comargo, Breuner, Breuner & Grana, Colloredo & Chiesa, Waldstein & Alt-Saxen.

2nd ligne (de gauche à droite, 2 bataillons d’infanterie et 3 escadrons de cavalerie) :   un escadron de cuirassiers de Tontinelli/Lindelo, un bataillon d’infanterie du régiment Baden, un escadron de arquebusiers à cheval de Westfalen, un bataillon d’infanterie du régiment Jung-Breuner, un escadron des cuirassiers de Breda.

3ème ligne : un escadron d’arquebusiers à cheval de Goschütz et un escadron d’arquebusiers à cheval de Westrumb encadrant un petit bataillon d’infanterie (compagnies de mousquetaires).

Aile droite (Colloredo, 1 850 cavaliers, compagnie de mousquetaires/dragons et 7 canons) :

14 canons devant le moulin.

4 escadrons de cavalerie, 1 escadron de croates et un détachement de mousquetaires/dragons (550 hommes), en échelons, avec du centre vers la droite : un escadron des cuirassiers de Holk, un escadron des cuirassiers de Trcka & Desfours, un escadron des arquebusiers à cheval de Hagen et un escadron des arquebusiers à cheval de Drost, détachement de mousquetaires et dragons (dragons de Trcka) dans Lützen.

Corps de Pappenheim :

La cavalerie de Pappenheim arrive sur le champ de bataille (par le côté de table du joueur impérial) vers midi (quelques régiments de cavalerie sont déjà arrivés et en ligne). L’infanterie de Pappenheim n’arrivant sur le champ de bataille qu’à la nuit tombée, elle n’est pas intégrée dans ce scénario*.

Cavalerie : 6 escadrons de cavalerie se décomposant en 1 escadron de cuirassiers (régiment Sparr, 300 chevaux), 2 escadrons d’arquebusiers à cheval (régiments Bönninghausen et Lamboy, 750 chevaux), 1 escadron de dragons (régiments Merode et Pappenheim, 220 à 300 hommes) et 2 escadrons de croates (régiments Batthyanyi, Forgacs, Orossy et polonais, 1 000 hommes).

*Pour information, l’infanterie de Pappenheim comprend les régiments d’infanterie Gil de Haes, Goltz, Moriamez, Pallant, Reinach et Würzburg pour un total d’un peu plus de 2900 hommes (probablement 3 bataillons de 950 à 1 000 hommes).

 

Pour LM Tercios : les bataillons d’infanterie impériaux sont à 1000 hommes,  sauf celui de troisième ligne qui est à 500 hommes, auxquels s’ajoutent et 17 escadrons de cavalerie à 310 chevaux chacun. Les 7 bataillons d’infanterie des deux premières lignes sont classic squadron modernised musket only. Le bataillon de dernière ligne, constitué de compagnies de mousquetaires, est shot company musketeers. De plus, deux des bataillons de première ligne ont un regimental gun.  Les 2 autres compagnies de mousquetaires (une sur chaque aile sont shot company musketeers). La compagnie de l’aile droite inclue les quelques dragons de Trcka (100h). Les 6 escadrons de cuirassiers sont cuirassiers large formation, les 7 escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers large formation avec pistol, les 4 escadrons de croates sont light horse. L’artillerie se décompose en 2 canons lourds et 2 canon moyens.

Le champ de bataille : vous pouvez vous inspirer de la gravure du Theatri europaei ci-dessous. Le déploiement impérial y est faux mais les éléments de terrain sont bons.

Les impériaux sont protégés par un fossé : ce fossé est  very difficult. De plus, les deux compagnies de mousquetaires (et uniquement elles) placées sur les ailes et derrière ce fossé sont considérées protected. La compagnie de mousquetaires placée à l’aile droite (dans Lützen et la maison du meunier au pied des 3 moulins) est en plus covered. Les bataillons d’infanterie et les escadrons de cavalerie, placés derrière, sont plus éloignés du fossé et ne profitent donc pas de ces couvertures.

Ci-dessous : quelques représentations de ce fossé.

Ci-dessus et ci-dessous : d’après Schürger (2015).

 

La bataille commence à 11 heures et se termine vers 17-18 heures à la nuit tombée. A Lützen, le soleil se couche vers 16h20 le 16 novembre. La partie se joue donc en 7 tours. La cavalerie de Pappenheim arrive à midi sur le champ de bataille, c’est à dire au tour 2. Les 3 bataillons d’infanterie du corps de Pappenheim arrivent au 6e tour sur un 4+ sur un dé 6 ou automatiquement au 7e tour de jeu. La visibilité se réduit à partir du tour 5 : elle est de 8 pouces au tour 5, de 4  pouces au tour 6 et 2 pouces au tour 7. Il n’est pas possible de tirer et charger au-delà de ces distances.

Stéphane Thion

Sources :

W.P. Guthrie (1953), Battles of the Thirty Years War (Greenwood Press)

R. Brzezinski (2001), Lützen 1632 (Osprey Military)

A. Schürger (2015), The archaeology of the Battle of Lützen: an examination of 17th century military material culture. PhD thesis.

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

1- OdB suédois selon Guthrie (Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press)

Effectif : 19,150 hommes (12,950 fantassins et 6,210 cavaliers, 60 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Domhoff/Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (10950 fantassins, 20 canons lourds, 24 canons légers).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1287), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte  (1748), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne : Brigade Bose (1438), brigade Knyphausen (1120), brigade Thurn (1252), brigade Mitzlaff (1546), Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne : Stalhansk CR (500), Stoop CR (400), Sack CR (200), Silversparre CR (250), Sperreuter CR (100), Stenbock CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne : Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160)

 

2- OdB suédois selon Brzezinski (Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign)

Effectif : 20,900 hommes (14,700 fantassins et 6,210 cavaliers, 50 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne (de droite à gauche) : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (12,700 fantassins).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1581), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte Weimar (2036), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Brigade duc Wilhelm/Bose (1726), brigade Knyphausen blanche (1120), brigade Thurn (1832), brigade Mitzlaff (1834). En réserve, derrière : Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne (de droite à gauche) : Stalhansk (finnois) CR (500), Västgota CR (400), Södermanland CR (200), Uppland CR (250), Östagota CR (100), Smäland CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne (de droite à gauche) : duc Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160).

Artillerie : 20 canons = 10 pièces de 3 livres sur chaque aile avec les mousquetaires commandés).

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

Voici l’ordre de bataille suédois à Lützen selon plusieurs sources d’époque :

1- L’armée suédoise à Lützen selon Abelinus (C’est à dire selon le journal de l’époque Theatrum Europaeum) :

Aile gauche (Bernard de Saxe-Weimar)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires du régiment Stüctlein avec 20 canons.

Deuxième ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Centre

Première ligne (de droite à gauche) : Wisenburg à la tête d’une ligne de 4 brigades : Brigade suédoise, brigade jaune, brigade bleue, brigade Weimar (verte), 4 batteries de 5 canons.

Deuxième ligne : Knyphausen à la tête d’une ligne de 4 brigades d’infanterie.

Aile droite (Gustave-Adolphe)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires avec 19 canons.

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Total : 20 000 hommes

2-  L’armée suédoise à Lützen selon Gualdo Priorato (contemporain des faits mais non présent à Lützen)

Aile gauche

3,000 cavaliers “goths” et finlandais en 6 escadrons et commandés par les colonels Wansleben, Ruthwin et Vitzthum. Cinq pelotons (maniche) de mousquetaires étaient distribués entre ces escadrons.

Seconde ligne : 5 escadrons, précédés de leurs colonels qui marchaient accompagnés de gentilshommes volontaires tous bien montés et bien armés.

Centre

Venaient ensuite 4 gros bataillons d’infanterie allemande et suédoise, assez espacés entre eux : c’étaient les deux brigades noire et jaune, en 28 enseignes, auxquels étaient joints les brigades bleue et verte formées de 18 compagnies des régiments de Winckel et Relingen et de celui de Bernard de Weimar en 26 enseignes.

Au corps de bataille étaient 4 autres bataillons étendus sur un large front et disposés derrière les premiers en 34 compagnies d’infanterie des régiments de Stechnitz, Brandtstein, Loewenstein, Steinbach et Anhalt.

En seconde ligne : l’arrière-garde commandée par le maréchal Kniphausen était de 52 compagnies d’infanterie partagés en 8 gros bataillons, 4 de forme carrée et 4 étendus sur un large front, composés des régiments étrangers de Mitzlaff, Geisdorf, Thurn ou la Tour, Hesse, Kniphausen, Hoffkirch et Guillaume de Weimar.

Aile droite

3,000 hommes de cavalerie allemande en 6 escadrons comme ceux de la droite, commandés par le duc Bernard de Weimar, suivis de gentilhsommes volontaires. Cinq pelotons de mousquetaires flanquaient ces escadrons et y étaient mêlés à même intention qu’à l’aile droite. C’est là qu’étaient les 22 escadrons de la garde royale, et les régiments de Karberg, Churlander (Courlandais), Wrangel (en fait, même régiment que Courlande), Wishaufen (Diesenhausen) et Courville.

5 escadrons conduits par les colonels Oemens, Boosse ou Boosen, Iseler et Agafelt ou Degenfelt, commandés par le lieutenant-général baron de Hoffkirch, étaient entremêlés de mousquetaires.

L’artillerie était distribuée sur le front de la première ligne : 26 pièces de gros canon devant l’infanterie, et 20 pièces de campagne devant chaque aile chargées à cartouche.

3L’armée suédoise à Lützen selon De La Gardie (Archives suédoises)

Effectif : 14 499 piétons (blessés compris, 13 822 sans les blessés) et 9260 cavaliers (6210 cavaliers effectifs)

Infanterie (#compagnies) # Mousquets #Piques #Officiers #Total
Guardie (1) 45m 38p 12o off (Gardes, avec rgt Nilses)
Gr. Nilses (16) 610m 324p 192 off 1221 (brigade jaune – Nils Brahe)
Winckels (16) 486m 432p 192 off 1110 (brigade bleue – old blue)
Er. Hands (8) 465m 267p 96 off 848 (brigade suédoise bleue)
Carl Hårds (8) 447m – 96 off 543 (brigade suédoise bleue)
Finnar (4) 156m – 48 off 204 (Finnar = Finnois = Finnish – brigade suédoise bleue)
Knyphausen (12) 708m 270p 142 off 1120 (brigade blanche)
Mitzlafwes (12) 342m 198p 142 off 682 (brigade Mitzlaff)
Rossows (8) 366m 168p 96 off 630 (brigade Mitzlaff)
Giersdorffs (8) 330m 96p 96 off 522 (brigade Mitzlaff)
Gr. v. Thurn (8) 240m 144p 96 off 480 (brigade Thurn)
Gr. v. Isenburg (8) 120m 54p 96 off 270 (brigade Thurn)
Gr. v. Erpack (8) 144m 18p 96 off 258 (Erbach – brigade hessoise)
Gr. v. Eberstens (12) 216m 144p 142 off 502 (brigade hessoise)
Yslors (12) 144m 36p 142 off 322 (Uslar – brigade hessoise)
Hert. Wilhelms (12) 276m 78p 142 off 496 (brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Posens (8) 540m 156p 96 off 792 (Bose ? – brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Pforts (8) 306m 84p 48 off 438 (Pforte – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Vidtstrumbs (8) 150m 24p 96 off 270 (Vitzthum – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Hert. Bernh. (12) 396m 210p 142 off 748 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Leslies (16) 360m 24p 192 off 576 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Willteust. (12) 468m 102p 142 off 712 (Wildenstein – brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Brandenstein (4) 198m – 48 off 246 (mousquetaires commandés)
Gr. v. Launst. (7) 600m – 84 off 684 (Löwenstein – mousquetaires commandés)
Joh. Hindriks (4) 180m – 48 off 228 (Henderson – réserve)
total : 8293 mousquets, 2867 piques, 3592 officiers, 13 882 hommes, 14 499 hommes avec les blessés

Cavalerie (# compagnies) – Je ne sais pas à quoi corresponde les deux chiffres, le premier correspond peut-être à l’effectif total, blessés compris, ou aux chevaux.
Uppland (4) 300 250
Ohms (8) 450 300
Södermanland (4) 250 200
Östgöta (4) 200 100
Westgöta ou Västgöta (8) 600 400
Småland (8) 600 400
Finnar (Finnois) (8) 800 500
Frans v. Talby 75 50
Cort. v. Talby 150 100
T. Albrecht Yssler 75 50
Verkermans (4) 225 150
Hert. Bernhard (12) 750 500
Rostens 270 180
Lifland (Livoniens) (8) 450 300
Bullasch (8) 180 120
Carlbergs (8) 330 220
Georg Yssler (Uslar) 240 160
Courville (4) 450 300
Golstens (Goldstein) (8) 225 150
Stecknitz 120 80
Hert. Wilhelms (12) 180 120
Anhaltiske (8) 450 300
Curländer (4) 345 230
Hofkirks (12) 525 350
Steinbachs (4) 300 200
Lauensteins (Löwenstein) (6) 300 200
Brandenstein (4) 450 300
Total 9290 6210
Dragons 600
Total 6810

 

Stéphane Thion

L’armée suédoise de Gustave Adolphe (1629-1632)

L’armée suédoise de Gustave Adolphe (1629-1632)

 

 

L’année 1630 marque un tournant dans la guerre de Trente ans : un grand capitaine, Gustave Adolphe va transformer la manière de combattre. Fort des enseignements d’Henri IV et de Maurice de Nassau, et de sa propre expérience acquise lors des guerres contre la Russie et la Pologne, le roi de Suède sera l’homme des synthèses.

Gustave Adolphe n’a pas révolutionné l’art de la guerre, mais il a su faire la synthèse parfaite des enseignements de son époque. Il a intégré les petites formations d’infanterie, s’inspirant des petits bataillons huguenots et des bataillons de Maurice de Nassau, et repris à son compte les habitudes de Coligny et Henri IV, d’intercaler des petites formations de mousquetaires commandés entre leurs escadrons de cavalerie. Il a parfaitement pris à son compte les enseignements de Nassau et de Billon en organisant des brigades d’infanterie à 3 bataillons : Le Roi de Suède avait rangé son armée sur deux lignes, avec un corps de réserve. (…) La première ligne était composée au centre de petits bataillons bien plus faciles à se mouvoir, & à se rallier que ceux de Tilly, dira Arkenholz dans son Histoire de Gustave Adolphe. Quant à la cavalerie, il a cherché à privilégier le choc, à l’instar des Condé, Coligny et Henri IV. Mais Gustave Adolphe ne s’est pas contenté de ces enseignements. Il a su les améliorer grâce à quelques apports personnels. Les deux principaux en sont le feu de salve – ne tirez votre coup que lorsque vous aurez joint l’ennemi d’assez près pour lui voir le blanc des yeux, dira Gustave Adolphe à ses mousquetaires, à Breitenfeld – et le petit canon de bataillon de 3 livres – Gustave fit avancer ses canons de cuir bouilli qui, tirant de près & fort vite, firent un effet étonnant (Arkenholz décrivant la bataille de Breitenfeld). Tournant la page des tâtonnements de ses prédécesseurs, de Maurice de Nassau à Christian IV du Danemark,  le Roi de Suède parviendra à faire des armées protestantes une implacable machine.

L’infanterie suédoise comprend, en 1630-31, 16 régiments provinciaux comptant 8 à 11 compagnies – Uppland, Närke-Värmland, Södermanland, Östgötaland, 3 régiments pour Småland, Västmanland, Dalarne, Västerbotten, Helsingland-Gestrikland, Ångermanland, 3 régiments pour Västgötaland et Österbotten plus 8 régiments et 4 compagnies finnois – 2 régiments pour Åbolän-Björneborg, 3 régiments pour Tavastehus-Nyland, 3 régiments pour Viborg-Nyslott et l’escadron du colonel Th. Kinnemunds. En 1634, le nombre de régiments d’infanterie à la disposition du Royaume de Suède est de 20 régiments à 8 compagnies, dont 7 recrutés en Finlande. À ces régiments provinciaux, s’ajoute le régiment des Gardes. La plupart de ces régiments iront en Allemagne où ils seront rapidement identifiés par le nom de leur colonel (Öfverste) plutôt que par leur province de recrutement. Le reste de l’infanterie de Gustave Adolphe sera composée de régiments mercenaires provenant des anciennes armées de Mansfeld et de Brunswick.

Le régiment d’infanterie suédois compte théoriquement 1 200 hommes, dont 1152 soldats et sous-officiers, en 8 compagnies de 150 hommes. Chaque compagnie est formée de 16 officiers et 144 hommes. Ces 144 hommes se décomposent en 18 chefs de files, dont 6 caporaux, 54 piquiers et 72 mousquetaires, soit 126 hommes du rang. Chaque caporal est à la tête d’une escouade de 18 piquiers (3 files de 6 hommes) ou 24 mousquetaires (4 files de 6 hommes), la compagnie ayant 3 escouades de 18 piques et 4 escouades de 24 mousquetaires. L’état-major de la compagnie comprend un capitaine, un lieutenant, une enseigne, deux sergents, un maître d’arme (rüstmeister), un fourrier, un chef des couleurs (führer), un secrétaire, 3 tambours et 4 servants pour les officiers. Un document de 1631-32 prévoit ainsi, pour les 1008 soldats des 8 compagnies du régiment, 576 mousquets, 576 fourchettes, 576 bandoulières, 1008 épées, 1008 pots (casques), 432 piques, 432 “colliers d’armes”  (peut-être des gorgerins protégeant le haut du corps), 48 pertuisanes et 16 tambours. Le régiment des Gardes est formé de 8 compagnies organisées sur le même pied que les régiments provinciaux. Il sera reformé, en janvier 1645, en 20 compagnies complètes pouvant former 5 escadrons. Tous les escadrons sont à 4 compagnies, et chaque compagnie à 144 hommes, officiers compris, auxquels s’ajoutent 18 passe-volants. L’état-major d’un régiment comprend un colonel, un lieutenant-colonel, un major, un quartier-maître, 2 à 4 prédicateurs, 4 barbiers, 4 prévôts, 2 secrétaires, un maître des provisions, 2 “chevaliers” des provisions et un bourreau. Cet établissement est doublé pour le régiment des Gardes à partir de 1645.

Pour combattre, le régiment d’infanterie est théoriquement scindé en 2 escadrons de 500 hommes sur 6 rangs. Ces escadrons seront en fait, sous Gustave Adolphe, regroupés par trois et disposés en flèche, pour former la brigade suédoise des années 1630.  Selon Lord Rea, la brigade de 4 escadrons des années 1629-30 se forme à partir de 2 régiments, soit 2016 hommes. Les 864 piquiers et 1152 mousquetaires sont alors regroupés en 12 divisions de 72 piquiers et 12 divisions de 96 mousquetaires. Le premier escadron de la brigade, celui en pointe, compte 216 hommes (36 files de 6 hommes), et de 192 mousquetaires (16 files de 6 hommes) en soutien, derrière le bloc de piquiers. Sur chaque flanc de cet escadron sont disposés un bloc de 216 piquiers (36 files) avec son aile de 192 mousquetaires (32 files). Trois divisions de mousquetaires (288 hommes en 48 files) sont laissées en réserve. Les divisions restantes forment un quatrième escadron en soutien, qui sera abandonné par la suite. Une brigade suédoise occupera environ 90 mètres pour 142 files, chaque homme occupant un espace de 2 pieds.

Il s’agit bien sûr de chiffres théoriques qui vont évoluer à mesure de l’avancée de la campagne. Le comte Gualdo Priorato décrit l’armée suédoise à Breitenfeld, comme composée de six formations de 1 500 hommes totalisant 72 compagnies (soit 6 brigades de 12 compagnies) : Bannier (i.e. Baner), maréchal de camp, commandait l’infanterie de la première ligne faisant 19 000 hommes distribués en 6 bataillons (brigades) de 1500 hommes chacun, des régiments Axel-Lillie, Oxenstierna, Hasever, Teuffel, Erichhausen, Hall, Hohendorf & Winckel. Chaque bataillon était précédé de 5 pièces de canon de cuir bouilli de nouvelle invention, chargées à cartouche & faciles à transporter. Ces corps vêtus de casaques bleues & jaunes marchaient sous 72 enseignes de couleurs différentes aux armes de la Suède avec cette inscription en lettres d’or : Gustavus Adolphus Rex Fidei Evangelicae Defensor. Un an plus tard, à Lützen (1632), toujours selon Gualdo, les brigades suédoises seront formées à partir d’un nombre de compagnies variable, en fonction des effectifs : venaient ensuite 4 gros bataillons d’infanterie allemande et suédoise, assez espacés entre eux pour que ceux qui étaient derrière pussent y trouver place sans confusion. C’étaient les deux brigades noire et jaune, ainsi nommées de la couleur de leurs casaques, qui marchaient sous 28 enseignes (compagnies) aux armes de Suède ; auxquelles le roi avait joint les brigades bleue et verte formées de 18 compagnies des régiments de Winckel et Relingen et de celui de Bernard de Weimar mené par son lieutenant Wildenstein. À la tête de cette infanterie était le comte Nicolas Brahe de Wisinsbourg (colonel de la brigade jaune) qui marchait quatre pas en avant la pique à la main sous 26 enseignes de différentes couleurs et chargées de devises singulières. Au corps de bataille étaient 4 autres bataillons étendus sur un large front et disposés derrière les premiers de façon à pouvoir sans confusion remplir l’intervalle d’un flanc à l’autre. C’étaient 34 compagnies d’infanterie des régiments de Stechnitz, Brandtstein, Loewenstein, Steinbach et Anhalt, les colonels à leur tête marchant la pique à la main et vêtus tous de manière à être reconnus du soldat dans la mêlée. À Lûtzen, chacune des huit brigades suédoises compte en réalité de 1100 à 2 000 hommes avec une moyenne de 1 400 à 1 500 hommes. La réalité des effectifs va faire apparaître un manque criant de piquiers au fur et à mesure de la progression d’une campagne : un régiment possède en moyenne 32% de piques en mai 1631, pour 28% en septembre de cette même année ; puis 37% de piques en août 1632 pour 26% en novembre 1632. La brigade suédoise ne survivra pas à la défaite de Nördlingen (1634). À Wittstock, en 1636, Baner disposera ses bataillons de 850 à 900 hommes de manière classique, un bloc de 47 à 50 files de 6 piques flanqué de deux ailes de 47 à 49 files de 6 mousquets.

Gualdo atteste que les régiments suédois se distinguaient par la couleur de leurs casaques : à Breitenfeld, ces corps vêtus de casaques bleues et jaunes marchaient sous 72 enseignes ; et à Lutzen, c’étaient les deux brigades noire et jaune, ainsi nommées de la couleur de leurs casaques. Arkenholz rapporte pour sa part que, à Lutzen, où le régiment des Gardes fit des prodiges de valeur, le lendemain on voyait ces habits jaunes couchés sur le ventre, dans le même ordre où ils étaient en combattant. Les régiments colorés ne sont pas une initiative suédoise : ils proviennent à l’origine des régiments de Mansfeld qui passèrent auparavant au service du Danemark. Mansfeld avait ainsi à son service, en 1622, un régiment blanc, un régiment bleu & blanc, un régiment rouge, un régiment jaune et un régiment vert. Néanmoins ces couleurs faisaient probablement référence au drapeau plutôt qu’à un quelconque uniforme. Au début des années 1620, les tenues de l’infanterie suédoise étaient comparables à leurs homologues françaises, la laine non teinte étant dominante. Mais dès 1625 les Scandinaves semblent avoir revêtus leur infanterie d’une couleur distinctive. Les Danois ont ainsi, en 1625 et 1626, un régiment rouge et un régiment bleu dont les soldats portent des casaques de ces couleurs. Fin 1627, une lettre d’un observateur britannique confirme que Gustave Adolphe a vêtu ses soldats uniformément, le rouge, le jaune, le vert et le bleu étant cités. L’armée franco-weimarienne de Longueville et Guebriant comptait encore, en 1639-40, des régiments weimariens colorés, les régiments jaune, rouge & noir. Il s’agit des anciens régiments qui étaient auparavant à la solde suédoise.

La cavalerie de Gustave Adolphe compte, en 1631, 4 régiments suédois – Uppland, Östgötaland, Småland et Västgötaland – et 4 régiments finnois – Åbolän-Björneborg, Viborg-Nyslott, Tavastehus-Nyland, et un quatrième identifié dans mes sources – tous à 8 compagnies. S’ajoutent à ce total le régiment d’Ingermanland à 6 compagnies. Les 4 régiments suédois iront en Allemagne, et seront rejoints par un cinquième créé plus tard, Södermanland, alors que les Finlandais en formeront un à 8 compagnies. La compagnie de cavalerie suédoise ou finnoise compte théoriquement 115 hommes, se décomposant en un capitaine, un lieutenant, un enseigne, 2 caporaux, un fourrier, un secrétaire, un chapelain, un prévôt, un barbier-chirurgien, un forgeron, 2 trompettes et 102 soldats. En pratique, ces effectifs seront rarement atteints, et on ne compte que 50 à 80 chevaux par compagnie pour les régiments nationaux qui combattent en Allemagne, en 1631, seul le régiment finnois parvenant à 700 chevaux pour 8 compagnies. La cavalerie de Gustave Adolphe sera donc, comme son infanterie, principalement constituée d’unités allemandes. Les régiments allemands sont de taille variable, de 4 à 12 compagnies, chaque compagnie faisant théoriquement 111 hommes dont 12 officiers et sous-officiers.

Comme le dit l’auteur du Tableau militaire (Histoire des dernières campagnes de Gustave Adolphe, de Gualdo), les Suédois n’avaient que des cuirassiers & des dragons. Leurs cuirassiers n’étaient pas aussi pesamment armés que ceux de l’empereur. Effectivement, la cavalerie suédoise et finnoise est considérée par les observateurs contemporains comme Arquebusiers à cheval, par opposition aux cuirassiers plus lourdement armés. Ainsi, une liste de 1630 énumère 36 cornettes d’arquebusiers à cheval de Suède & Finlande, 2 cornettes d’Arquebusiers à cheval allemands et 80 cornettes de cuirasses allemandes.

Les cuirassiers suédois se protègent d’une demi-cuirasse à l’épreuve du mousquet et d’un pot (casque). Selon Gualdo, la cavalerie du roi de Suède ajoute un marteau à son armement : Ils avaient des cuirasses, des pistolets, de bonnes épées et des massues en fer qui d’un côté avaient un marteau et de l’autre un crochet pour tirer à bas le cavalier ennemi par ses habits ou par les boucles de son armure.

Les dragons ont un armement plus proche de celui de l’infanterie. Selon Gualdo, Ces dragons ou mousquetaires à cheval étaient tous gens choisis, robustes & d’une valeur reconnue. Leur fonction était de soutenir la cavalerie, & quand l’occasion s’en présentait, ils mettaient pied à terre dans un poste avantageux, & faisaient feu sur l’ennemi. S’ils n’étaient pas les plus forts, ils remontaient à cheval & regagnaient l’armée. Ils servaient d’escorte aux convois, formaient une embuscade à la hâte, battaient battaient l’estrade, montaient à l’assaut, enfin, il n’y a point à la guerre de services  que cette troupe ne rendit. Ces dragons étaient armés de mousquets ordinaires, dont la mèche était tournée sur un petit bois qu’ils fichaient à la têtière de leurs chevaux. Leur épée était courte, & à l’arçon de la selle pendait une petite hache qui servait à couper le bois, à abattre des palissades, &c. Au contraire des impériaux, les dragons suédois combattaient le plus souvent à cheval, quoiqu’ils missent pied à terre au besoin. Ils composaient la cavalerie légère de Gustave-Adolphe.

La cavalerie protestante combat en escadrons disposés sur 3 rangs de profondeur selon Montecuccoli, peut-être 4 rangs au début de la campagne, comme le prétend W. Harte. L’espace occupé par le cavalier est probablement de 3 pieds de front sur 10 de hauteur comme l’indique Schildknecht. En pratique, la profondeur de l’escadron devait dépendre des effectifs réels et de l’espace disponible. Gualdo évoque, à Breitenfeld, de gros escadrons de 1 000 chevaux : Leur aile droite que Gustave commandait en personne était de 4 000 chevaux en 4 gros escadrons, 2 d’allemands & 2 de finlandais. (…) Derrière le Roi marchaient les colonels Wunsch, Todt, Soop & Steinbock qui conduisaient cette cavalerie. Entre chaque escadron il y avait un intervalle de 100 pieds ou environ rempli par 200 mousquetaires d’élite pour faire feu sur la cavalerie ennemie avant qu’elle fut à la portée du pistolet. (…) Gustave Horn maréchal de camp des armées de Gustave commandait l’aile gauche & marchait à la tête de 4 000 cuirassiers, formant comme ceux de l’aile droite quatre gros escadrons des régiments de Horn, Callenbach, Baudis & Uslar. Dans leurs étendards au nombre de 52 verts & orangés on voyait un bras qui tenait une épée avec ces mots : Si Seus Pro Nobis, Quis contra nos (Si Dieu est pour nous, qui sera contre ?). Sur d’autres où il y avait une épée & un sceptre en sautoir on lisait ces mots : Ensem Gradivus, Sceptrum Themis Ipsa Gubernat (Mars gouverne l’épée & Themis tient le sceptre).

Gustave-Adolphe privilégie la charge à l’arme blanche : le cavalier doit faire feu dès qu’il parvient à portée de pistolet, puis mettre le sabre à la main, le choc ayant été facilité par cette première décharge. À Breitenfeld, selon Gualdo, Gustave entrait dans la mêlée comme le simple officier chargeait & culbutait les impériaux à la tête de ses Finlandais. Rien n’approcha de leur intrépidité. On les voyait s’encourager l’un l’autre, donner dans les escadrons ennemis, revenir à la charge, les enfoncer, les traverser & y mettre un si grand désordre que les cuirassiers de l’empereur ne firent pas même la retraite. La charge devait se réaliser à l’épée, la pointe en avant, en visant la gorge. Mais Arkenholz rapporte que Gustave Adolphe dit à ses cavaliers, le jour de Breitenfeld : Si vos épées ne peuvent percer les cavaliers Impériaux, à cause du fer dont ils sont couverts, enfoncez-les dans le poitrail des chevaux.

Aquarelles de K.A. Wilke

Stéphane Thion

La bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631)

La bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631)

La bataille de Breitenfeld : le coup de tonnerre de Gustave Adolphe

1630. La série de victoires remportées par ses armées a consolidé la position de l’empereur Ferdinand II de Habsbourg. La Montagne blanche (1620), Wimpfen et Höchst (1622), Stadtlohn (1623), pont de Dessau et Lutter-am-Barenberg (1626), la conquête du Holstein, du Mecklembourg et de la Poméranie par Tilly et Wallenstein (1627), l’occupation du Jutland (1628) sont autant de succès qui assurent l’assise du parti catholique en Allemagne. A tel point que l’empereur Ferdinand II demande à une commission de préparer, en octobre 1628, un édit de restitution. Si cet édit n’a pas pas pour objet de modifier les libertés religieuses des princes et villes libres d’Allemagne, il veut exiger de ces princes la restitution à l’Église tous les biens ecclésiastiques qui lui avaient appartenus avant 1552. Cet édit est publié officiellement le 28 mars 1629. En parallèle, dès janvier, des pourparlers de paix avaient été engagés avec le roi du Danemark : ils vont aboutir au traité de paix de Lübeck, le 7 juin 1629, qui met fin à la phase danoise de la guerre de Trente Ans. Mais ce traité, qui préserve relativement les intérêts du Danemark grâce à la modération de Wallenstein, va mécontenter le roi de Suède. Celui-ci voit d’un mauvais œil les Impériaux prendre pied sur la Baltique. Dans le même temps, les princes catholiques, mécontents des excès provoqués par les armées impériales, réclament auprès de l’empereur le renvoi de Wallenstein, alors généralissime des armées. Ils vont obtenir gain de cause puisque le Collège électoral, réuni à Ratisbonne par l’Empereur (juillet-août 1630), décide le 13 août de révoquer Wallenstein.

Entre 1621 et 1629, l’attention et les forces armées du roi de Suède étaient mobilisées contre la Pologne, dont le roi Sigismond était cousin de Gustave-Adolphe mais de confession catholique. Le 26 septembre 1629, poussés par les représentants de la France et de l’Angleterre, Gustave-Adolphe et Sigismond signent le traité de paix d’Altmatk. Les conditions sont enfin réunies pour une intervention suédoise en Allemagne. Le 13 mai 1630, Gustave-Adolphe annonce à la diète suédoise sa volonté de se porter au secours des princes protestants allemands. Un peu moins de deux mois plus tard, il débarque près de Wolgast, dans l’ile d’Usedom à la tête d’une armée de quinze mille hommes.

L’armée suédoise : Un outil moderne

L’armée de Gustave-Adolphe, formée de paysans bien entraînés dans le respect de la discipline et des traditions religieuses se distingue par sa souplesse. Inspirée par les enseignements tactiques hollandais et français, équipée de mousquets légers et de canons légers régimentaires, les unités suédoises allient rapidité de manœuvre et puissance de feu. Sur le champ de bataille, le régiment d’infanterie est habituellement scindé en deux « escadrons » d’un peu plus de 500 hommes. Mais peu avant Breitenfeld, Gustave-Adolphe va innover, en entrainant son infanterie à former la fameuse brigade suédoise, formée de trois ou quatre escadrons. De son côté, le régiment de cavalerie suédois, composé de 500 chevaux, se déploie en deux escadrons pour combattre.

Ces hommes, endurcis par le dur climat de Scandinavie, vont être commandés par un leader exceptionnel. Tilly dira ainsi de Gustave-Adolphe qu’il est « un ennemi aussi intelligent que brave, endurci à la guerre, dans la fleur de l’âge. Ses préparatifs sont excellents, ses moyens, considérables. C’est un joueur contre lequel le fait de ne pas avoir perdu constitue déjà un grand gain ». Effectivement, du débarquement de 1630 jusqu’à la bataille de Breitenfeld, le roi de Suède va montrer de réelles qualités de stratège : grand meneur d’hommes, méthodique, rigoureux, ayant le sens de la décision, il va se révéler un adversaire à la hauteur de Tilly.

Les troupes que mobilisent le roi de Suède sont alors importantes : aux 15 000 hommes débarqués sur l’ile d’Usedom, qui ont été rejoints par 5 000 hommes des garnisons, s’ajouteront bientôt 47 000 hommes venant de Prusse, de Suède, de Finlande et de Riga. Face à Gustave-Adolphe, l’Empire aligne les 39 000 hommes non démobilisés de Wallenstein, maintenant commandés par Torquato de Conti et Savelli, et les 30 000 hommes de Tilly.

Tilly généralisme de l’armée impériale

Le 19 août 1630, Gustave-Adolphe offre la bataille à Torquato de Conti. Mais celui-ci la refuse, conscient des faiblesses de son armée dont les hommes désertent en masse. Gustave fait alors bloquer Landsberg, entreprend le « nettoyage » de la Poméranie, puis, le 25 août, parvient enfin à prendre la ville et le château de Wolgast. L’Empereur, inquiet des progrès du suédois, rappelle début septembre son armée d’Italie. Le roi de Suède en profite pour prendre Greiffenberg, le 11 septembre, et envoie un corps assiéger  Colberg (aujourd’hui, Kolobrzeg, en Pologne). Il en expédie un second en Basse-Saxe, afin d’épauler le duc de Saxe-Lauenbourg, Francis-Charles, qui avait levé un corps pour les ducs de Mecklembourg. Mi-octobre, le roi de Suède entreprend le siège de Rostock et inflige une défaite à Savelli. Ses succès en Poméranie et dans le Mecklembourg lui permettent de voir ses rangs grossir des anciens mercenaires de Mansfeld, Brunswick, de Christian IV de Danemark et même de Wallenstein. Le 22 novembre, Gustave-Adolphe envoie Falkenberg à Magdebourg pour soutenir les défenseurs. Car Tilly, tout juste nommé généralissime de l’armée impériale en remplacement de Torquato de Conti, avait envoyé Pappenheim entreprendre le blocus de la ville, alors placée sous la protection du roi de Suède.

C’est le 23 janvier 1631 qu’est signé le traité de Bärwalde entre la Suède et la France. Ce traité est important pour la Suède qui obtient ainsi de Richelieu un subside d’un million de livres pour entretenir une armée contre l’Empereur. Fin janvier, alors que Tilly avance sur Francfort-sur-l’Oder pour y joindre le corps de Schaumburg, Gustave Adolphe demande à Horn ses mouvements. Apprenant que le général impérial se dirige vers la Poméranie, il interrompt sa marche vers le sud pour revenir en Mecklembourg. Il prend alors Neubrandebourg et déloge la garnison de Treptow. Puis il assiège Demmin et prend Löitz. Pendant que Tilly hésite à intercepter les suédois, ne souhaitant pas s’éloigner de Magdebourg, Gustave-Adolphe prend Mallin, Friedland et Westrow.

Fin février, Tilly progresse entre Francfort-sur-l’Oder et le Mecklembourg. Gustave Adolphe place alors Baner à Demmin, Kniphausen à NeuBrandebourg, Ortenberg à Treptow, Horn à Friedland, lui-même restant dans les environs de Pasewalk, pour garder l’Oder et la Poméranie. Ayant appris l’abandon de Demmin, place clé du Mecklembourg, par le duc de Savelli, Tilly réagit. Il reprend Neubrandebourg le 19 mars, après cinq jours de siège. Puis il prend Friedland mais échoue devant Treptow. Gustave-Adolphe dresse alors son camp entre Treptow et Demmin. Selon Monroe, c’est là qu’il aurait entrainé son infanterie à former la brigade suédoise pour la première fois. Puis il traverse la Warthe et prend Zednick. Pendant ce temps, Tilly avance vers Demmin sans l’attaquer puis se retire vers Francfort-sur-l’Oder après avoir renforcé Landsberg. Il se décide alors à marcher sur Magdebourg. De son côté, Gustave-Adolphe est déterminé à prendre Francfort : Celle-ci tombe le 12 avril, après seulement vingt-quatre heures de siège.

La perte de Francfort-sur-l’Oder est un revers pour Tilly. Ses conséquences vont se révéler désastreuses pour le parti catholique. Car les princes protestants allemands commencent à reprendre confiance. Déjà, le duc Bernard de Saxe-Weimar se déclare pour le parti suédois. Fin janvier 1631, les Electeurs de Saxe et de Brandebourg avaient d’ailleurs convoqué à Leipzig une assemblée générale des états protestants. Cette assemblée va donner lieu, deux mois plus tard, à la signature d’une résolution dans laquelle les états évangéliques demandent la révocation de l’Edit de Restitution, le retrait des troupes impériales des places protestantes et ordonnent le recrutement d’une armée de 40 000 hommes dans l’hypothèse où l’Empereur refuserait d’accéder à leurs demandes.

Du drame de Magdebourg à la bataille de Breitenfeld

Après Francfort, c’est maintenant Landsberg qui tombe aux mains du roi de Suède. Le Mecklembourg et la Poméranie ainsi assurés, la voie vers la Silésie lui est désormais ouverte. Tilly, n’ayant pu secourir Landsberg, se concentre sur Magdebourg où il arrive fin avril. Depuis novembre, Pappenheim assiégeait la ville avec plus ou moins de succès. Apprenant le départ de Tilly, Gustave-Adolphe écrit à Falkenberg de patienter jusqu’à son arrivée. Car lui-même se trouve alors à Berlin, pour tenter de convaincre l’Electeur de Brandebourg de rejoindre son parti. Puis il rencontre l’Electeur de Saxe pour le convaincre lui aussi de former une coalition. En vain. Après plusieurs assauts, Falkenberg fait évacuer les faubourgs de Magdebourg. Le 20 mai, Tilly envoie un ultimatum à la ville. L’assaut ayant été donné, les impériaux pénètrent dans la ville. C’est le massacre. A la tuerie s’ajoute un terrible incendie. Le bilan est lourd : entre vingt et vingt-cinq mille morts selon les historiens.

Le sac de Magdebourg va marquer les esprits. Même les princes protestants les plus réticents, comme l’Electeur Georges-Guillaume de Brandebourg, vont bientôt rallier le parti suédois. Ayant pris connaissance de la nouvelle, Gustave-Adolphe quitte Postdam pour tenter d’intercepter la retraite de Tilly. Il prend Altbrandebourg et Ratenau, reconnaît le pays de Magdebourg et reprend Werben et Borg.

Début juin, après avoir échappé à une embuscade dressée par Pappenheim, Gustave-Adolphe sécurise les ponts de Dessau et de Wittemberg sur l’Elbe. Puis il obtient de Georges-Guillaume de Brandebourg la ville de Spandau, dont il a besoin comme centre de ses opérations, ainsi que l’ouverture de Custrin à ses troupes. Il retourne ensuite à Stettin par le fleuve et publie ses excuses concernant Magdebourg (22 juin).

L’Electeur de Saxe et le Landgrave de Hesse-Cassel levant des troupes, Tilly se tourne alors contre ce dernier. Il part occuper Erfurt et il envoie Fugger et Fürstenberg envahir le Hesse-Cassel. Fin juillet, quatre des meilleurs régiments impériaux de Pappenheim se font ruinés par les suédois dans le pays de Magdebourg, provoquant le retour du généralissime impérial. Le roi de Suède prend alors une forte position à Werben. Tilly marche contre lui mais, impuissant face à des suédois solidement retranchés, il préfère attendre à Womirstädt le corps de Fürstenberg. Fin juillet, Tilly avait reçu de l’Empereur l’autorisation d’agir contre l’Electeur de Saxe dont le comportement était suspect. Il part donc le 20 août pour la Saxe. Après avoir signé, le 22 août, un traité avec le Landgrave de Hesse-Cassel, Gustave-Adolphe reçoit des appels à l’aide de l’Electeur de Saxe, qui se trouve alors à Torgau. Celui-ci, après avoir passé en revue sa nouvelle armée de 20 000 hommes, doit déjà défendre les rives de l’Elbe. Il parvient à prévenir la traversée du fleuve par Fürstenberg mais pas le ravage de Misnia par Pappenheim.

Début septembre, Tilly remonte prend Merfberg, Naumburg et Zeitz puis se présente devant Leipzig, exhortant la ville à se rendre. Au même moment, Gustave Adolphe progresse vers Ratenau et Altbrandebourg. Enfin, il arrive le 10 septembre à Coswick où le feldmarschall saxon von Arnim (ou Arnheim) confère avec lui. Le 13 septembre, à Döbein, alors que Tilly investit Leipzig, Gustave-Adolphe réalise sa jonction avec l’Electeur de Saxe. Le 16 septembre, Tilly présente par letrte la bataille au roi de Suède. Acceptant le défi, le roi de Suède marche le lendemain sur Leipzig. Prévoyant, Tilly fait mettre le feu au village de Podelwitz par où les Suédois doivent passer, pour « leur en faire boire la fumée ». Puis il place le comte de Pappenheim à sa gauche et Fürstenberg à sa droite. Erwitte est en réserve avec 2 000 cavaliers. Tilly – ou plutôt Pappenheim qui lui aurait forcé la main – n’ayant cru bon d’attendre les renforts d’Aldringer, ce sont moins de 32 000 impériaux et bavarois qui vont affronter plus de 22 000 « suédois » – en réalité une majorité d’allemands – et 18 000 saxons.

De son côté, le roi de Suède met ses troupes en ordre, « prend la droite lui-même, donne la conduite de la bataille à Teuffel, la gauche à Horn ». Baner est chargé de soutenir l’aile droite, Hall, l’aile gauche et Hebron (ou Hepburn) le centre. L’armée saxonne de Jean-Georges occupe l’extrême gauche du dispositif. Arnim commande la cavalerie saxonne de l’aile droite, Bindauf la cavalerie de l’aile gauche et le duc de Saxe-Altenbourg l’infanterie au centre.

17 septembre 1631 : la bataille

Tilly avait le désavantage du nombre, mais sa position, adossée une colline, était excellente. Vers midi, le généralissime salue l’arrivée de l’armée alliée par une canonnade de ses 26 pièces d’artillerie. Les Suédois répondent alors, par un feu terrible et incessant. Que ce soit de sa propre initiative ou non, nous ne le saurons jamais. Mais vers 14 heures, Pappenheim, « qui menait la fleur de la cavalerie de Tilly », attaque l’aile du roi de Suède. Reçus par le feu des mousquetaires puis, une fois en désordre, chargés par les cavaliers suédois, les impériaux sont repoussés. Pourtant, Pappenheim ne se laisse pas abattre : laissant quelques régiments pour couvrir sa manœuvre, il entreprend de contourner l’aile droite suédoise. Gustave-Adolphe lui répond en incurvant sa ligne. Et cette seconde tentative est repoussée tout aussi vertement que la première. Vers 16 heures, les régiments de Pappenheim, épuisés par sept attaques consécutives, ne pourront résister à la contre-offensive de la droite suédoise.

Dans le même temps, Tilly avait donné l’ordre à Fürstenberg d’attaquer l’aile gauche ennemie. Celui-ci enfonce quelques escadrons saxons. La cavalerie de Bindauf rompue, l’infanterie saxonne lâche pied à son tour. Seuls, les régiments de cavalerie Arnim et Taub feront bonne figure, servant jusqu’à la fin, en soutien de l’aile gauche suédoise.

Les Saxons en déroute, Tilly a maintenant l’opportunité de prendre l’aile gauche suédoise de flanc. Malheureusement pour lui, Fürstenberg ne parvient pas à maitriser ses cavaliers qui poursuivent les fuyards et pillent les chariots. Il lui reste cependant la réserve d’Erwitte, soit cinq régiments de cavalerie, et toute son infanterie. Il fait avancer sa bataille, « en laquelle étaient ses vieux régiments accoutumés de vaincre », soutenue par les cavaliers d’Erwitte. Ayant donné l’ordre à la moitié de ses tercios de fixer le centre suédois, Tilly tente alors de déborder la gauche avec l’autre moitié de son infanterie.

Face à lui, Horn va parfaitement gérer la situation : il fait pivoter sa cavalerie à angle droit pour faire face à la menace et demande le soutien de la seconde ligne d’Hepburn. Les régiments Neu Pappenheim et Goess font maintenant face à la brigade verte écossaise d’Hepburn et à la brigade blanche allemande de Vitzthum. Après avoir fait tirer à mitraille leurs canons régimentaires, les écossais retiennent leur feu avant de délivrer une salve terrible sur la profonde formation catholique. Les vétérans de Tilly stoppent leur progression, hésitants. C’est alors qu’une seconde salve suivie d’une charge des écossais à raison des nerfs de Neu Pappenheim. C’est la déroute. Sur la droite des écossais, les brigades blanche et bleue vont obtenir un résultat comparable. Enfin, les cavaliers de Horn, bien commandés et soutenus par des unités de mousquetaires, ne feront qu’une bouchée des régiments d’Erwitte.

Tilly n’a plus ni aile droite, ni aile gauche. Et il ne lui reste qu’un seul régiment de cavalerie, Cronberg. Pire, vers 17 heures, le généralissime lui-même est blessé d’un tir de mousquet au bras et d’un coup de sabre à la tête. Heureusement pour lui, les cavaliers de Cronberg vont intervenir, parvenant à extraire leur général en chef du champ de bataille.

Il est 18 heures. Les régiments Balderon-Dietrichstein, Goess, Blankhart et Chiesa sont encore les seules unités impériales en état de combattre. Ils gagnent la bordure du bois de Linkelwald pour tenter une dernière résistance. Mais la mitraille et les salves de mousqueterie parviennent à en venir à bout.

A 19 heures, la bataille est terminée. Tilly, s’enfuit vers Halle avec ses rescapés, couvert par 1 400 cavaliers que Pappenheim est parvenu à rassembler. Les pertes sont énormes du côté catholique (7 600 tués et 9 000 prisonniers), comparées à celles des protestants (2 100 « suédois » et 3 000 saxons).

 

Ordre de bataille impérial : Tilly

(21 400 fantassins en 14 bataillons, 9 900 cavaliers en 22 escadrons et 26 canons)

Aile droite : Fürstenberg (1200 fantassins en 1 bataillon et 4100 cavaliers en 10 escadrons)

Régiment d’infanterie Wrangler (10 compagnies, 1200 hommes, 1 bataillon)

Régiment de cavalerie Cronberg (8 compagnies, 850 hommes, ligue catholique)

Régiment de cavalerie Schonberg (9 compagnies, 900 hommes, ligue catholique)

Régiment de cavalerie Baumgarten (5 compagnies, 500 hommes, ligue catholique)

Régiment de cuirassiers Alt-Saxe (10 compagnies, 300 hommes)

Régiment d’arquebusiers montés Wengersky (600 hommes)

Croates d’Isolano (950 hommes)

Soit un escadron classique avec mousquet vétéran, 7 unités de cuirassiers, dont 5 vétérans (régiments Cronberg, Schonberg et Baumbarten en 5 escadrons), et 5 unités de cavalerie légère (light horse), pistolet, vétéran.

Fürstenberg est général en chef et Isolano commande les croates.

Centre : Schonberg (18 700 fantassins en 12 bataillons et 26 canons)

Régiment d’infanterie Chiesa (12 compagnies, 1000 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Gallas (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiments d’infanterie Furstenberg et New-Saxon (10 compagnies, 1100 hommes, 1 bataillon)

Régiments d’infanterie Baldiron et Dietrichstein (11 compagnies, 1100 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Alt-Tilly (10 compagnies, 2200 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiment d’infanterie Geleen (10 compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, Bavarois)

Régiment d’infanterie Savelli (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Goess (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Blankhart (10 compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiments Comargo et Reinach (? compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiment d’infanterie Papenheim (10 compagnies, 2400 hommes, 1 bataillon, Bavarois)

Régiment d’infanterie Wahl (10 compagnies, 2200 hommes, 1 bataillon)

Artillerie : 14 canons moyens et 12 canons légers

Aile gauche : Pappenheim (1500 fantassins en 1 bataillon et 3800 cavaliers en 7 escadrons)

Régiment de cuirassiers Strozzi (5-10 compagnies, 500 hommes, Wallon)

Régiment de cuirassiers Neu-Saxon (6-10 compagnies, 600 hommes)

Régiment de cuirassiers Bernstein (8 compagnies, 400 hommes)

Régiment de cuirassiers Rangoni (5-10 compagnies, 500 hommes)

Régiment de cuirassiers Neu-Piccolomini (10 compagnies, 800 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Merode (5-10 compagnies, 500 hommes, Wallons)

Régiment d’arquebusiers à cheval Alt-Piccolomini (10 compagnies, 800 hommes)

Régiment d’infanterie Holstein (10 compagnies, 1500 hommes, 1 bataillon)

Réserve : Erwitte (2000 cavaliers en 5 escadrons)

Régiment de cavalerie Erwitte (9 compagnies, 600 hommes, la 9e compagnie est formée des gardes du corps de Tilly)

Régiment de cuirassiers Montecuccoli (9-10 compagnies, 300 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Coronini (5 compagnies, 400 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Caffarelli (5-10 compagnies, 300 hommes, Wallons)

Régiment d’arquebusiers à cheval Colloredo (6-10 compagnies, 400 hommes)

 

Ordre de bataille suédois et saxon : Gustave Adolphe

Suédois (14 742 fantassins en 7 brigades, 8 064 cavaliers en 28 escadrons et 54 canons)

Aile droite, 1er échelon : Gustave Adolphe et Baner (2 450 cavaliers en 8 escadrons et 860 mousquetaires en 3 x 4 détachements)

Régiment de cavalerie Stalhansk (4 compagnies, 350 hommes, Finnois)

Régiment de cavalerie Wunsch (4 compagnies, 350 hommes, Finnois)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Tott (12 compagnies, 800 hommes, 3 escadrons)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Soop (8 compagnies, 400 hommes, suédois du Gotland occidental)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Brahe (8 compagnies, 400 hommes, suédois du Smaland)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Sperreuter (8 compagnies, 150 hommes, suédois du Gotland oriental)

Réserve du 1er échelon : Régiment de cavalerie Rhinegrave (12 compagnies, 700 hommes en 3 escadrons)

Aile droite, 2eme échelon : Baner (950 cavaliers en 4 escadrons)

Régiment de cuirassiers Aderkas (5 compagnies, 300 hommes, Livoniens)

Régiment de cavalerie (cuirassiers ?) Domhoff (4 compagnies, 200 hommes, Courlandais)

Régiment de cavalerie Damitz (4 compagnies, 150 hommes)

Régiment de cavalerie Sperreuter (5 compagnies, 300 hommes)

Centre, 1er échelon : Teuffel (6 654 fantassins en 4 brigades et 36 canons)

Brigade jaune avec 6 canons régimentaires, Teuffel (17 compagnies, 1 698 hommes)

Brigade suédoise avec 6 canons régimentaires, Oxenstierna (23 compagnies, 1 400 hommes)

Brigade rouge avec 6 canons régimentaires, Hand (28 compagnies, 1 730 hommes)

Brigade bleue avec 6 canons régimentaires, Winckel (24 compagnies, 1 828 hommes)

Artillerie : 3 batteries de 4 canons (Torstensson)

Centre, 1er échelon réserve (1 010 fantassins en 4 détachements et 500 cavaliers en 2 escadrons)

Détachement Ramsay (6 compagnies, 350 hommes, mousquetaires écossais)

Régiment de cavalerie Ortenbourg (5 compagnies, 250 hommes, en 1 escadron)

Détachement Monro (6 compagnies, 400 hommes, mousquetaires allemands)

Régiment de cavalerie Ortenbourg (5 compagnies, 250 hommes, en 1 escadron)

Détachement Hamilton (6 compagnies, 260 hommes, mousquetaires écossais)

Centre, 2eme échelon : Hepburn (5 276 fantassins en 3 brigades et 18 canons)

Brigade noire avec 6 canons régimentaires, Thurn (17 compagnies, 1 884 hommes)

Brigade verte avec 6 à 8 canons régimentaires, Hepburn (23 compagnies, 2 194 hommes, écossais)

Brigade blanche avec 6 canons régimentaires, Vitzthum (28 compagnies, 1 198 hommes)

Centre, 2eme échelon réserve (700 cavaliers en 2 escadrons)

Régiment de cavalerie Kochtitzky (5 compagnies, 300 hommes)

Régiment de cavalerie Schaffmann (4 compagnies, 400 hommes)

Aile gauche, 1er échelon : Horn (1 250 cavaliers en 5 escadrons et 940 mousquetaires en 3 détachements)

Régiment de cavalerie Caldenbach (5 compagnies, 350 hommes, inclus la compagnie de Gardes de Horn)

Détachement de mousquetaires Waldstein (360 hommes)

Régiment de cavalerie Caldenbach (4 compagnies, 350 hommes)

Détachement de mousquetaires Oxenstierna (280 hommes, Suédois)

Régiment de cavalerie Baudissin (12 compagnies, 600 hommes en 3 escadrons de 200 cavaliers)

Détachement de mousquetaires Hand (300 hommes en 2 détachements de 150 mousquetaires, Suédois)

Aile gauche, 2eme échelon : Effern-Hall (1 050 cavaliers en 3 escadrons)

Régiment de cavalerie Effern-Hall (12 compagnies, 800 hommes en 2 escadrons de 400 cavaliers)

Régiment de cavalerie Domhoff (4 compagnies, 200 hommes, Courlandais)

Réserve du 2eme échelon : régiment de dragons Taupadel (4 compagnies, 464 hommes)

 

Aile gauche alliée (Saxons) : Jean-George de Saxe

Arnim (aile droite – 2350 cavaliers en 6 escadrons) :

Régiment de cavalerie Taube, Gardes du corps de l’Electeur (6 compagnies, 600 hommes, 2 escadrons)

Régiment de Gardes Arnim (2 compagnies, 200 hommes, 1 escadron)

Régiments de cavalerie de milice Loser et Pflugh (12 escadrons, 1550 hommes, 3 escadrons)

Saxe-Altenbourg (centre – 12 100 fantassins en 10 bataillons d’infanterie et 12 canons) :

Régiment d’infanterie Schwalbach (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Starschedel (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Loser (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Arnim (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Klitzing (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Schonberg (3 compagnies, 600 hommes, Brandebourgeois)

Mousquetaires garde (1 compagnie, 243 hommes, avec l’artillerie)

Compagnies franches de Schlieben (3 compagnies, 351 hommes, avec l’artillerie)

Artillerie (6 pièces de 6 livres et 6 pièces de 12 livres)

Bindauf (aile gauche – 2 875 cavaliers en 6 escadrons)

Régiment de cavalerie Saxe-Altenbourg (8 compagnies, 1200 hommes, 3 escadrons)

Régiment de cavalerie Bindauf (8 compagnies, 1200 hommes, 2 escadrons)

Régiment de cavalerie Steinau (3 compagnies, 475 hommes, 1 escadron)

 

Effectif total : 40 131 hommes dont 26 842 fantassins, 13 289 cavaliers et 66 canons.

 

Simuler la bataille avec LM Tercios :

Breitenfeld est une grande bataille avec des effectifs importants : n’hésitez donc pas à diviser le nombre de bataillons et d’escadrons par 2 ou 3 en fonction de vos figurines.

Armée suédoise : Les brigades d’infanterie sont escadrons modernes renforcés (modern squadron reinforced, tir de 5) sauf la brigade jaune et la brigade blanche qui sont escadrons modernes sans option reinforced (tir 4) afin de simuler les différences d’effectifs. Chaque brigade d’infanterie possède la règle regimental gun. Les détachements de mousquetaires sont Shot company option mousquetaires et commanded shot. Pour l’artillerie moyenne et lourde, référez vous à l’ordre de bataille.

Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers pour les régiments allemands, cuirassiers option cavalerie moderne* pour la cavalerie suédoise, et cuirassiers option cavalerie moderne* et fearless pour les 2 escadrons de finnois. Les 2 escadrons de cuirassiers livoniens et courlandais sont cuirassiers option lourd (heavy), les dragons sont bien-sûr dragons.

(*) Ou cavalerie moderne option déterminés (determined) si vous avez l’extension Kingdom.

Armée saxonne : Les 10 bataillons d’infanterie sont escadrons classiques avec mousquet (classic squadron musket only) option hésitant ; les régiments de cavalerie saxons sont cuirassiers modern cavalry, à l’exception des Gardes de l’Electeur (régiment Taube) qui est cuirassiers, heavy. L’artillerie est représentée par 1 unité d’artillerie moyenne.

Armée impériale : Les bataillons d’infanterie de la ligue catholique et bavarois (i.e. les bataillons comptant 2000+ hommes) sont Tercio option modernisé (i.e; avec mousquet). Les autres bataillons sont des escadrons classiques modernisés avec mousquet. Pour la cavalerie, les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers lourds (heavy), les escadrons de cavalerie sont cuirassiers (sans option), les arquebusiers à cheval sont arquebusiers montés, les croates sont light horse pistol. Pour l’artillerie, référez vous à l’ordre de bataille.

Si vous souhaitez une cohérence entre les effectifs réels des bataillons et la simulation, adaptés le niveau de stamina. Par exemple, 1 point de stamina pour 100 chevaux pour la cavalerie et 1 point de stamina pour 300 hommes pour l’infanterie (ce qui ferait des brigades suédoises à 6 points de stamina et des tercios catholiques à 7 ou 8 points !). Ou alors 1 point de stamina pour 150-200 chevaux et 600 fantassins (brigades suédoises à 3 points et tercios catholiques à 4 points de stamina, bataillons impériaux et saxons à seulement 2 points de stamina, une compagnie de mousquetaires commandés sur chaque aile suédoise à 2 points de stamina chacune).

Le plan ci-dessous vous indique les éléments de terrain et la disposition des unités. Le corps saxon est placé sur une colline, ainsi que les bataillons placés à droite de la ligne catholique.

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

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