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Catégorie : Les scénarios

La bataille de Leucate (28 septembre 1637)

La bataille de Leucate (28 septembre 1637)

Année 1637. Voilà maintenant deux ans que la France est entrée en guerre, contre l’Espagne et l’Empire Habsbourg. L’année 1635 avait bien débutée pour les armes françaises. Alors que le maréchal de la Force chasse le duc de Lorraine, les maréchaux Châtillon et Brézé battent l’armée espagnole du prince Thomas de Savoie  à Avins, le 22 mai. Mais la mauvaise entente de ces deux maréchaux et les hésitations du prince d’Orange ne permettent pas aux deux maréchaux de progresser plus loin que Maestricht. En Suisse, le duc de Rohan chasse les impériaux de Valteline en cinq mois, puis se retourne contre l’armée espagnole du Milanais qu’il bât le 10 novembre.

L’année 1636 sera plus contrastée. En Bourgogne, le prince de Condé assiège Dôle mais doit battre en retraite face aux armées du duc de lorraine et de Galas qui franchissent le Rhin. Au mois d’août, les impériaux entrent en Bourgogne et mettent le siège devant Saint-Jean-de-Losne. Le duc Bernard de Saxe-Weimar et le cardinal de la Valette viennent secourir la ville qui résiste héroïquement, obligeant les impériaux à lever le siège le 4 novembre. En Italie, le maréchal Créqui est battu par les Espagnols de Leganez le 27 février à Vespolate, mais obtient sa revanche le 22 juin, à Tornavento. C’est des Flandres que vient la principale menace : le Cardinal-Infant, ayant rassemblé une vaste armée de 30 000 fantassins et 12 000 cavaliers, pénètre en Picardie le 2 juillet et prend La Capelle, Le Catelet et Bray-sur-Somme avant de se présenter devant Corbie. Louis XIII constitue alors une nouvelle armée avec tout ce qu’il a sous la main : il lève le Ban et l’Arrière-ban et renforce ainsi l’armée de Champagne, commandée par le comte de Soissons, et celle du maréchal Brézé rentrée de Hollande. Le Cardinal-Infant fait alors le choix de la prudence et ramène son armée en Flandres pendant que les Français mettent le siège devant Corbie, qu’ils prendront le 14 novembre.

La campagne 1637 débute sous de bons auspices, grâce à la prise des îles de Lérins par l’armée navale du cardinal de Sourdis, le 15 avril. Cette année-là, Louis XIII dispose de trois armées dans le Nord du pays. La première, commandée par le cardinal de la Valette, se trouve à Cambrai. la seconde commandée par le maréchal de La Meilleraye se trouve dans le Boulonnais, la troisième commandée par le maréchal de Châtillon se trouve sur les frontières de Champagne et de Luxembourg. Début juin, le cardinal de la Valette pénètre en Flandre et prend Cateau-Cambresis et Landrecies, en juillet. Alors que le maréchal de Châtillon piétine devant le Luxembourg, le duc de Weimar inflige une défaite au duc de Lorraine le 22 Juin sur la Saône. En Bourgogne, le duc de longueville prend Saint-Amour le 2 avril puis Lons-le-Saulnier le 25 juin. En Valteline, une révolte des Grisons oblige le duc de Rohan à quitter le pays, celui-ci rejoignant alors l’armée du duc de Weimar.

Mais l’Espagne a ouvert un nouveau front. Le 29 août, les Espagnols de Cerbellon (10 000 fantassins, 2 000 cavaliers et 24 canons) se présentent devant Leucate. Malheureusement pour eux, la petite garnison de Leucate commandée par de Barry (110 hommes plus 60 paysans) va résister plus d’un mois.

Le duc d’Halluin réunit une armée

Pendant que les Espagnols élèvent des retranchements sur la montagne de Leucate, le duc d’Halluin s’active. Il écrit à la noblesse du Languedoc, aux parlements de Toulouse et Montpellier, aux villes de la province de lui porter assistance. Ne disposant que de sa compagnie de gendarmes, des régiments de Languedoc et de Castelan, ce dernier en cours de recrue et prévu à l’origine pour l’armée d’Italie, il demande aux communes du pays d’assembler des milices. Le régiment de Vitry et la compagnie de chevaux légers de Boissac, sont envoyés en renfort de Provence. Ce seront les deux seules unités non levées en Languedoc.

Mais Halluin est conscient que Leucate doit tenir pour lui donner le temps de réunir cette armée. Il envoie Saint-Aunès, fils du seigneur de Barry, à la tête de 200 hommes du régiment de Languedoc pour renforcer la place. Cette tentative ayant échoué, il envoie Fabré, capitaine d’une compagnie du régiment de Serignan, à la tête de 300 hommes de la milice de Narbonne pour renforcer Sigean.

« Attaquez vivement les Espagnols » avait dit Richelieu à Halluin, « et ne leur donnez point le temps de se fortifier en Languedoc, comme ils ont fait vers Saint-jean-de-Luz. Ils n’ont pas trois mille bons soldats. Tout le reste n’est que de la milice ramassée. Nous le savons certainement. Si on les presse vivement, on en aura raison. Je ne doute point que vous ne fassiez l’impossible en cette rencontre. Qui attaque vigoureusement les Espagnols en a raison, et qui entreprend de les réduire par la patience, n’y trouve pas son compte. »

Le 22 septembre, le duc d’Halluin effectue une revue de ses troupes. Elles sont composées de 9 000 hommes de pied et 800 cavaliers, qui seront renforcées, les jours suivants, de 1 200 hommes de pieds et 200 cavaliers. De son côté, le comte de Cerbellòn ne reste pas inactif. Début septembre, l’effectif de l’armée espagnole est estimé à 12 000 hommes de pied et 1 300 hommes de cheval.

Mais, estimant qu’il n’a pas assez d’hommes pour défendre la tranchée d’une lieue qu’il a fait creuser, il demande au duc de Cardona un renfort de 2 à 3 000 hommes de pied. En réponse, le Conseil des Cents catalan fait lever un nouveau tercio de 500 hommes, soldé pour trois mois et le Conseil d’Aragon lève un tercio de 1 000 hommes. Mais Cardona s’aperçoit vite que ces unités ne passeront pas la frontière, leur constitution ne leur permettant ni de quitter leur pays, ni de porter la pique et le mousquet. De dépit, il envoie 3 compagnies en renfort à Cerbellòn.

Le champ de bataille

Selon le Mercure Français, « Leucate est une montagne sur le bord de la mer, et à l’extrémité de la France, du côté qu’elle confronte avec la plaine de Roussillon. La figure est comme une péninsule, qui est du levant, & du midi environnée de la mer, & du couchant bordée de l’étang, que les Français appellent de Leucate, et les Espagnols de Salces, parce que l’une et l’autre de ces places se trouvent sur le bord de cet étang ; l’une dans la France, et l’autre dans le Roussillon. La tête de la montagne de Leucate qui regarde la France du côté du nord a près de 1 500 pas de front, dont il y a une grande partie qui est inaccessible pour être d’un rocher escarpé, et il n’y a que fort peu d’endroits ou la pente adoucie par la terre, qui s’est éboulée de la montagne, puisse donner accès à cavalerie ; les avenues de cette montagne sont dans une plaine, commandée de cette éminence, sans qu’il y ait une continuation pour l’aborder ; et encore ces avenues sont restreintes par les étangs de la Palme et de Leucate, lors qu’ils viennent à grossir par les pluies. »

La bataille

L’armée du duc d’Halluin compte 11 000 fantassins et 1 000 chevaux. Il ordonne alors cinq attaques :

La première attaque devra être menée sur le pont situé à droite (entre la montagne de Leucate et l’étang) par Saint-Aunès, avec son régiment (500 hommes), les milices de Narbonne (au moins 800 hommes) et de Béziers (800 hommes), et soutenue par la compagnie de volontaires commandée par Lairan/Leran (30 chevaux) et une compagnie mousquetaires à cheval de Toulouse aux ordres de Calvet (50 chevaux).

La seconde sera menée à gauche vers le port de la Franqui par le régiment de Languedoc (1200 à 1600 hommes en 2 bataillons), les milices de Jonquières, Cauvisson et de Mirepoix (500 h?) et sera soutenue par la cavalerie du marquis d’Ambre (150 volontaires), la compagnie des gendarmes de Cramail (50 chevaux) et la compagnie de chevau-légers d’Espondillan (50 chevaux).

La troisième attaque, à droite du régiment de Languedoc, sera menée par Saint-André avec son régiment (400 hommes), les milices de Nîmes (400 hommes) et de Castries (500 hommes) et sera soutenue par les compagnies de gendarmes du duc d’Halluin (100 chevaux au maximum) et les volontaires de Clermont-Sessac (50 à 60 chevaux) et de Magalasse (40 chevaux).

La quatrième attaque, à droite de Saint-André, sera menée par le régiment de Castelan (500 hommes), les milices de Montpellier (900 hommes) et de Carcassonne et sera soutenue par la cornette blanche d’Aubijoux (100 chevaux), et les compagnies de volontaires de Mirepoix, de Monssolens et de Mauléon (50 chevaux chacune pour un total de 150).

La cinquième attaque, à droite de Castelan, sera menée par les régiments de Vitry (1200 hommes), et les milices de Murviel et de Valat (plus de 300 hommes) et sera soutenue par les gardes d’Halluin (55 chevaux), une compagnie de mousquetaires à cheval de Toulouse aux ordres de Casel (50 chevaux), et les compagnies de chevau-légers de Boissac (52 chevaux), de Sainte-Croix, de Saussan et de Malves (autour de 40 chevaux par compagnie).

Une réserve formée des milices de Lodève, de Ganges et des Cévennes (au moins 1000 hommes) fut placée à la garde du camp, à droite de ces cinq corps.

Le duc d’Halluin aligne alors son armée en bataille, ses 4 canons placés au bord de l’étang de Leucate à gauche de la grange des Fenals, et fait distribuer échelles, fascines et fagots de paille aux unités de tête des attaques, afin d’abattre les retranchements ennemis, de combler les fossés, et de faire des ouvertures pour la cavalerie.

Au coucher du soleil, les cinq attaques sont lancées au signal de quatre coups de canons. « L’armée marcha vers les retranchements des ennemis avec telle gaieté, que les enfants perdus qui avaient été détachés de leurs corps, chargés comme ils étaient d’échelles et de fascines, allaient chantant des vers qu’ils avaient composés en langage du pays, contre le duc de Cardone et le comte Cerbellon » rapporte le Mercure Français de l’époque. « Il fut bien difficile de garder l’ordre en montant, parce que la nature du rocher qui était en beaucoup de lieux, resserrait les troupes dans les avenues dont l’accès était plus aisé ; et il est impossible d’exprimer le péril où nos soldats étaient durant les approches, car le feu de 6 000 mousquets, qui défendaient la ligne attaquée, fut entretenu par les Espagnols avec un si grand ordre et diligence, qu’il faut leur donner la gloire de tirer des armes à feu tous les avantages possibles. La cavalerie française n’était pas exempte de ce danger, car ayant reçu commandement de serrer les derniers rangs de l’infanterie, tous les escadrons étaient dans la portée du mousquet. Et il y avait de quoi s’émerveiller du petit nombre d’hommes que nous perdîmes en ces approches, durant lesquelles toute l’armée fut bien près d’une heure exposée au canon et au mousquet de l’ennemi, qui tirait avec d’autant plus d’assurance, qu’il était à couvert dans ses forts, et avait pour visée de si grands corps de cavalerie et d’infanterie, que les coups en semblaient infaillibles. Un vent de nord qui s’éleva fort impétueux au commencement de l’attaque, incommoda fort les mousquetaires espagnols, il portait le feu et la fumée dans leurs yeux, ce vent en langage du pays est appelé Vent droit, & le secours que nos troupes en reçurent faisait croire que la justice du ciel l’envoya pour favoriser notre bonne cause » poursuit ce journal.

L’attaque de Saint-Aunès, à droite, est repoussée, son chef ayant été blessé à la tête. Mais les quatre autres eurent plus de succès : l’infanterie repoussent les bataillons espagnols de leurs retranchements et ouvre la voie à la cavalerie qui suit.

A gauche, le régiment de Languedoc, divisé en deux bataillons, repousse ses adversaires à coups de piques et d’épée et parvient à prendre les redoutes et le fort royal de la Franqui défendu par le tercio d’Oropesa alors que les enfants perdus se faufilent par différents passages. Languedoc aurait été la première unité à pénétrer les défenses ennemies. Le bataillon des régiments de Mirepoix, Jonquières et Cauvisson suit. Alors que le régiment de Languedoc emporte les retranchements de gauche, celui de Saint-André parvient à forcer ceux qui lui sont assignés. Le régiment de Castelan en fait de même, soutenu par les milices de Carcassonne, ainsi que le régiment de Vitry.

L’infanterie a ainsi réussi à ménager un passage à la cavalerie. A droite de Languedoc et de Saint-André, une contre-attaque de cavalerie espagnole repousse des régiments de milice  sur leur soutien de cavalerie. Devant l’impossibilité de rallier ces milices, Halluin envoie ses gardes et les compagnies de volontaires d’Aubijoux et de Mirepoix pour charger la cavalerie ennemie. Les gardes, après avoir ouvert le feu à 10 pas, chargent soutenus par les deux compagnies de volontaires. Mais ces derniers se perdent en poursuivant l’ennemi dans la nuit noire. Ne parvenant toujours pas à rallier les milices de Nîmes et de Castres, Halluin passe les retranchements à la tête de la compagnie de chevau-légers de Boissac soutenu par quelques compagnies de volontaires formant un petit escadron (le tout devant faire moins de 250 chevaux). Débouchant devant l’escadron de cavalerie liégeoise de la Terraza, le duc d’Halluin le charge et le renverse.

Cerbellòn fait alors donner sa réserve : le tercio du Comte-Duc, 2 500 hommes en deux escadrons, sort du fort où il était retranché et tire par rang sur l’infanterie française mise en désordre par sa première attaque. Halluin réagit vite : il fait charger le tercio espagnol par les chevau-légers de Boissac et de quelques compagnies de volontaires, et parvient à le repousser jusqu’au fort. Il demande ensuite à Argencourt de lui envoyer les régiments de Vitry et de Languedoc qu’il avait réussi à rallier afin de déloger les espagnols du fort. Malgré la nuit, les Espagnols abattent de nombreux officiers par leur feu nourri. Mais une nouvelle charge de la cavalerie de Boissac soutient l’infanterie et les espagnols faiblissent, malgré sept de leurs piquiers qui résistèrent à douze piquiers français au cri de « Vive l’Espagne ! ». Une dernière contre-attaque de cavalerie espagnole (compagnie Marino) est mise en échec par l’increvable Boissac, les gendarmes d’Halluin et plusieurs compagnies de volontaires. Boissac y tuera même le capitaine Marino. Enfin, le tercio du Comte-Duc, malgré une résistance « inouïe » (ils se sont ralliés 8 à 10 fois autour du fort) fini par être enfoncé par les escadrons de Boissac et Sainte-Croix. Il aura fallu cinq heures pour venir à bout de l’armée espagnole. Halluin et ses gardes, Boissac, Sainte-Croix et les compagnies de volontaires qui les soutenaient firent jusqu’à neuf charges contre l’infanterie et la cavalerie espagnole. Et au bout de ces neuf charges, la compagnie de Boissac se ralliera une fois de plus en un instant au commandement de son capitaine.

Cerbellòn parviendra néanmoins à se retirer, à la faveur de la nuit, avec la plupart de ses drapeaux. Les français sont maîtres du champ de bataille, en ordre de bataille, les unités ralliées et l’arme au pied. Ils découvrent au petit matin l’ennemi en fuite. Leurs pertes atteignent 4 000 hommes tués, noyés ou blessés. Les français ont perdu 1 200 hommes dans la bataille. La compagnie de chevau-légers de Boissac, qui comptait 52 maîtres, n’en compte plus que 27, la compagnie de Sainte-Croix n’en a plus que 10 et les gendarmes d’Halluin n’en ont plus que 12. Halluin marche alors sur le camp ennemi avec sa cavalerie, y trouvant de la vaisselle d’argent, la paie de l’armée, 10 drapeaux et 2 cornettes, le parc d’artillerie et les munitions. Le duc d’Halluin gagna ce jour-là son bâton de maréchal, devenant maréchal de Schomberg.

 

Armée espagnole (Cerbellòn) : 12 000 fantassins en 10 escadrons(batailllons), 1 300 à 1 600 cavaliers, 18 canons

Remarque : le liste des unités provient principalement du Theatrum Europaeum et contient probablement quelques erreurs.

Lieutenant-général : Cerbellòn .

Aile gauche (Mortara, 5 bataillons) : un petit escadron du tercio majorquin de Francisco de Espejo dans le fort en bas de la péninsule de Leucate. Puis, à sa droite, un escadron du tercio de Villena puis un escadron du tercio du comte-duc Olivares commandé par Mortara puis un escadron du tercio de Ciudad Real. Derrière, entre ces deux escadrons, un deuxième escadron du tercio comte-duc d’Olivares.

Centre (Juan de Arce ? 2 bataillons) : Un escadron du tercio d’Aguilar (à droite du tercio de Ciudad Real) puis un escadron du tercio de Zúñiga (don Diego de Zúñiga serait en fait le mestre de camp du tercio d’Oropes ; si c’est le cas, ce tercio pourrait être celui de Fuensaldaña ou de l’Amiral de Castilla).

Aile droite (Leonardo Moles ? 3 bataillons) : un escadron du tercio napolitain (à droite du tercio de Zúñiga) puis 2 escadrons du tercio d’Oropesa.

En soutien (duc de Ciudad Real) : 15 compagnies de cavalerie formant 4 gros escadrons de 300 à 400 chevaux. De gauche à droite, 3 escadrons espagnols puis, en soutien des tercios d’Oropesa et napolitain, l’escadron des liégeois. Les 15 compagnies de cavalerie aux ordres du duc de Ciudad Real sont les compagnies du comte-duc Olivares, du comte de Bustamante, du comte Peno en Rostro, du comte d’Aguilar, du comte de Colmenar, du duc de Ciudad Real, de Fadrique Enriquez, de Francisco Marino, de Pedro Antonio de Jullio, de Juan de Terraza (commandant la cavalerie liegeoise), de Pedro Antonio de Solis, de Berbardo Soler, de Luis Galtan, d’Andrès Afilo Marino (commandant la cavalerie espagnole)  et de Pedro Royo.

Artillerie : 18 canons disposés dans les redoutes et les deux forts, sur le front espagnol.

Les 10 escadrons d’infanterie font 1 200 hommes chacun et les 4 escadrons de cavalerie font en moyenne 325 à 350 chevaux.

Pour LM Tercios, les escadrons d’infanterie sont tercios modernised. Les quatre escadrons de cavalerie sont cuirassiers large formation. L’artillerie est constituée de 3 canons moyens. L’infanterie espagnole est retranchée (covered et protected) et l’artillerie aussi (fortified).

 

Armée française (duc d’Halluin) : 11 000 fantassins en 14 bataillons, 1 000 cavaliers en 4 escadrons, 4 canons.

Extrême gauche (Le chevalier de Suze, 3 bataillons et 1 escadron de cavalerie) : 2 bataillons du régiment de Languedoc soutenu par un bataillon formé des régiments de Jonquières, Cauvisson et Mirepoix et par 1 escadron de cavalerie.

Gauche (Saint-André, 2 bataillons et 1 escadron) : 1 bataillon du régiment de Saint-André soutenu par 1 bataillon formé des milices de Nîmes et de Castres et par 1 escadron de cavalerie.

Centre (Icart, 2 bataillons et 1 escadron) : 1 bataillon du régiment de Castelan soutenu par 1 bataillon formé des milices de Montpellier et de Carcassonne et par un escadron de cavalerie.

Droite (Clermont, 3 bataillons et 1 escadron) : 1 bataillon du régiment de Vitry soutenu par 2 bataillons des régiments de Murviel et Valat et par 1 escadron de cavalerie.

Extrême droite (Saint-Aunès, 2 bataillons et 1 escadron) : 1 bataillon du régiment Saint-Aunès soutenu par 1 bataillon formé des milices de Narbonne et de Béziers et 1 escadron de cavalerie, 4 canons.

Réserve (2 bataillons) : 2 bataillons formés par les milices de Lodève, de Ganges et des Cévennes.

Les 14 bataillons font un peu moins de 785 hommes en moyenne et les quatre escadrons, 250 chevaux en moyenne.

Ci-dessus : drapeau du régiment de Languedoc (ex-Montmorency, d’après Fouré))

Ci-dessus : drapeau du régiment de Saint-André (d’après Fouré)

Pour LM Tercios, les bataillons d’infanterie sont reformed battalion modernised (musket only). Les 2 bataillons de Languedoc et le bataillon de Saint-André sont veteran alors que les 5 bataillons de milices sont raw. Pour simplifier, tous les escadrons de cavalerie sont cuirassiers. L’escadron constitué les gardes d’Halluin et les chevau-légers de Boissac et de Sainte-Croix est vétéran et élite. Les 4 canons sont représentés par une pièce d’artillerie moyenne.

Pour les dispositions du terrain et des unités, voir le plan ci-dessous.

Déploiement suggéré :

Règles spéciales : il fait nuit ! La visibilité est réduite à 2 pouces. Par ailleurs, toutes les unités d’infanterie en première ligne sont donc fortified. Pour en partie rééquilibrer, le duc d’Halluin est considéré comme commandant en chef de rang 4 alors que Cerbellon n’est que de rang 2. Les Français, en plus du duc d’Halluin, bénéficient de 5 généraux alors que les espagnols n’en bénéficient que de 3 en plus de Cerbellòn . N’hésitez pas à tester d’autres règles spéciales afin d’équilibrer la partie. il sera en effet difficile d’égaler l’exploit du duc d’Halluin…

Stéphane Thion

La bataille de Jankaw (6 mars 1645)

La bataille de Jankaw (6 mars 1645)

Au début de 1645, alors qu’Axel Lilienstern inquiète la Saxe électorale et que Koenigmark occupe la région de Brême, Torstenson pénètre en Bohême avec 16 000 hommes et 80 pièces d’artillerie. L’empereur Ferdinand réagit : Hatzfeld, remplaçant l’inefficace Gallas à la tête de l’armée, réunit des forces austro-bavaroises : le corps de Götz (8 à 10 000 hommes) est rappelé de Hongrie, des unités saxonnes et l’armée bavaroise de Mercy et de Werth (4 000 hommes) viennent renforcer les corps impériaux. Sur les ordres de l’empereur, Hatzfeld se lance à la poursuite des suédois et se présente, le 24 février 1645 à Jankaw (ou Jankowitz), à la tête de 16 000 hommes (10 000 impériaux, 5 000 bavarois et plus de 1 000 saxons). Face à une telle armée, Torstenson ne peut réunir que 15 000 hommes (8 100 cavaliers, 6 100 fantassins et 800 dragons). Torstenson reconnait dans une lettre que le terrain était très défavorable. Mais, pressé par l’ennemi qui le poursuit, il décide d’accepter la bataille.

L’aile droite impériale, est formée de cavalerie sous de Werth. Le centre, commandé par Suys, est composé de l’infanterie. L’aile gauche de cavalerie, commandée par Götz est placée derrière un bois. L’aile droite suédoise est composée de cavalerie, commandée par Wittenberg et Torstenson. L’infanterie au centre est commandée par le général Mortaigne. L’aile gauche de cavalerie est commandée par Douglas.

L’aile gauche impériale commandée par Götz prend l’offensive mais se trouve désorganisée en traversant le bois. Wittenberg traverse alors la rivière Jankowa sur sa droite , se place sur la colline Chapel, à l’extrême droite, et repousse la cavalerie impériale. Celle-ci reflue alors sur les hauteurs en laissant son commandant, Götz, mort sur le terrain. L’aile gauche impériale parvient néanmoins à se reformer en bataille sur la colline derrière le bois.  Hatzfeld avait fait suivre Götz par l’infanterie de Suys pour le soutenir. Si l’infanterie parvint à traverser le bois en bon ordre, l’artillerie ne parvint pas à suivre (9 pièces et toutes les munitions restèrent empêtré dans le bois). Les combats qui s’ensuivent dans les bois verront néanmoins la supériorité suédoise de feu annulée. Les Suédois poussent alors en avant et combattent sans relâche. Il faudra 3h30 (de 8 heures du matin à 11 heures 30), pour qu’ils parviennent à repousser l’attaque impériale. La capacité des suédois à se reformer rapidement aura été décisive. Mais si, à 11h30, Hatzfeld a ordonné la retraite, c’est pour reformer son armée sur sa seconde ligne, derrière le bois. Mais il n’a plus d’artillerie : 9 pièces (sur 26) et pratiquement toutes les munitions ont été perdues dans le bois.

Hatzfeld a fait pivoter sa ligne de front de 90° en arrière. Son aile droite, composée des rescapés démoralisés du corps de Götz et commandée par Bruay, est dorénavant appuyée sur la Jankowa. Son centre est toujours formé par l’infanterie de Suys et son aile gauche est dorénavant formée par la cavalerie de de Werth. A la grande surprise du général impérial, Torstenson fait alors placer une batterie d’artillerie, renforcée des prises ennemies, sur une colline face à la jonction de l’aile droite et du centre des impériaux. Ceux-ci, n’ayant plus aucune puissance de feu pour répondre, vont créer des sillons sanglants dans les rangs des bataillons de Suys. La première charge des escadrons de Douglas fait reculer les escadrons de Bruay derrière l’infanterie. Douglas lance alors 3 escadrons sur le brigade Zuniga qui, après avoir repoussé une première charge, rompt à la seconde. Douglas taille en pièce cette brigade et déborde toute l’aile droite impériale. Au centre, l’infanterie de Suys était parvenue à repousser l’infanterie de Mortaigne. Et sur l’aile droite impériale, de Werth a fait avancer si rapidement son aile de cavalerie qu’il parvient à surprendre la cavalerie de Wittenberg qui n’avait pas terminé de se réorganiser. De Werth parvient ainsi à repousser l’aile droite suédoise en lui infligeant de lourdes pertes. Il parviendra même à atteindre les bagages des suédois et à faire prisonnier la femme de Torstenson. Malheureusement, alors que de Werth aurait pu tourner toute l’aile droite suédoise, les bavarois ne surent résister à la tentation du pillage. Cinq escadrons seulement continueront leur marche. Mais le mal était fait. Plusieurs escadrons suédois ayant eu le temps de se reformer, et la seconde ligne étant restée intacte, Wittenberg lance une contrattaque et prennent, à leur tour, les bavarois par surprise. Ceux-ci se dispersent avec le butin qu’ils ont réussi à garder, et la femme de Torstenson est libérée. L’infanterie saxonne qui soutenait l’infanterie impériale, au centre, voyant les deux ailes impériales défaites, décide de battre en retraite, abandonnant l’infanterie impériale à son sort. A 16 heures, tout est terminé.

Ce jour-là, les suédois feront 4 000 prisonniers et six généraux impériaux dont Hatzfeld et Mercy, et prendront 77 drapeaux et étendards et 26 canons. Le maréchal Götz, le comte Bruay et le jeune Piccolomini y trouveront la mort.

Jankaw fut la dernière et la plus belle des victoires de Torstenson. Torstenson, l’un des meilleurs généraux suédois de l’époque était réputé pour son habileté à manœuvrer l’artillerie. La victoire de Jankaw fut attribuée à cette supériorité.

Armée impériale (Hatzfeld) : 10 500 cavaliers en 50 escadrons (210 chevaux par escadron), 5 000 fantassins en 6 brigades (833 hommes par bataillon), 500 croates et dragons, 26 canons, pour un total de 16 000 hommes.

Aile droite : cavalerie de de Werth (23 escadrons) :

Première ligne (Werth) : 12 escadrons bavarois formés des cuirassiers de Lapierre (2 escadrons), Alt-Kolb (2), Fleckenstein (2) et Gayling (3) et des arquebusiers à cheval d’Alt-Werth (2) et Sporck (1).

Seconde ligne (Trauditsch) : 3 escadrons impériaux formés des cuirassiers de Trauditsch (2) et de Pompeji (1).

Troisième ligne (H. Mercy) : 8 escadrons impériaux formés des cuirassiers de Jung-Nassau (2), Waldeck (2), Beck (2) et Hatzfeld (2)

Flanqueurs : croates

Centre : infanterie de Suys (6 brigades, 6 escadrons et 26 canons)

Première ligne : 6 brigades (bataillons) et 26 canons des brigades Zuniga (1000h), Zaradetzky (1000h), Suys (1000h), Holz (bavarois, 650h), Ruischenberg (bavarois, 700h) et Gil de Haas (bavarois, 650h). L’artillerie est composée de 4 pièces de 12 livres, 2 pièces de 6 livres et 20 pièces de 3 livres.

Deuxième ligne (Callenberk) : 6 escadrons saxons formés des régiments de cavalerie (demi-cuirasseirs) Callenberk (2 escadrons), Hanau (1), Schleinitz (1), Gersdorff (1) et Rukert (1).

Aile gauche : cavalerie de Götz (21 escadrons)

Première ligne (Bruay et Bassompierre) : 12 escadrons de cuirassiers impériaux de Pallavicini (3 escadrons), Henet (2), Neu-Piccolomini (3), Piccolomini (3), et pompeji (1).

Seconde ligne (Pompeji) : 9 escadrons de cuirassiers impériaux de Tapp (1 escadron), Bruay (2), Gonzaga (3), Salm (2) et Pompeji (1).

Flanqueurs : dragons.

Pour LM Tercios, les 18 bataillons d’infanterie sont classic squadron modernised, musket only.

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons de demi-cuirassés saxons sont modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusier, arquebus & pistol. Il est très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers) : si vous convenez de cette hypothèse, passez tous les régiments en modern cavalry demi-cuirassiers. Les escadrons de croates sont light horse, les régiments de dragons sont dragoons.

L’artillerie est composée d’un canon moyen et 3 canons légers.

Armée suédoise (Torstenson) : 16 000 hommes formés de 8 130 chevaux 47 escadrons de cavalerie (173 chevaux par escadron), 6 135 hommes en 8 brigades d’infanterie  (767 hommes par bataillon), 920 mousquetaires en 23 détachements et 60 canons.

Aile droite : cavalerie de Wittenberg (24 escadrons, 12 détachements de mousquetaires et 12 canons)

Première ligne (Wittenberg) : 13 escadrons et 12 détachements de 40 mousquetaires avec un canon léger de 3 livres placés entre les escadrons ; escadrons des régiments de Fritzlaw (2 escadrons), Raabe (1), Margrave (2), Karl Gustav / Courlande (2), Jordan (2), Wittenberg (2) et gardes de Torstenson (600).

Seconde ligne (Goldstein) : 11 escadrons des régiments de Wiitkopt (2), Rochow (2), Axel Lillie (1), Galbrecht (2), Goldstein (2) et Derfflinger (2).

Centre : infanterie de Mortaigne (8 bataillons/brigades et 37 canons)

Première ligne (Mortaigne) : 6 bataillons et 33 canons des régiments de Wolckmar (676h), Paikull et Seestedt (955h), Mortaigne (670h), Wrangel et Linde (810h), gardes de Torstenson (776h, ancien Alt-Blau), ribbing et Stalarm (500h). Chaque brigade a 2 ou 3 pièces de 3 livres et le front de l’infanterie est couvert de 8 pièces de 24 livres et 10 pièces de 12 livres.

Seconde ligne : 2 bataillons et 5 canons de 3 livres (2-3 par bataillon) formés des régiments Lewenhaupt et Jordan (985h) et Axl Lillie et Koppy (763h).

Aile gauche : cavalerie de Douglas (23 escadrons, 11 détachements de mousquetaires et 11 canons)

Première ligne (Douglas) : 12 escadrons et 11 détachements de 40 mousquetaires avec un canon léger de 3 livres placés entre les escadrons ; escadrons des régiments Landgrave (3 escadrons), Horn (2), Hammerstein (2), Douglas (2), d’Avangour (1) et Tideman (2).

Seconde ligne : 11 escadrons des régiments Muller (2), Pentz (1), Reuschel (2), Butler (1), Riesengrun (2), Dannenberg (1) et Reichart (2).

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie suédois sont des bataillons modern squadrons avec regimental gun. Le reste de l’artillerie est composée d’un canon lourd et deux canons moyens.

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom). Les petits détachements de mousquetaires (commanded shot) sont à simuler en les regroupant : 5-6 détachements réels de 40 hommes peuvent être simulés par une compagnie de mousquetaires command shot avec regimental gun, pour un total de 4 de ces unités (2 sur chaque aile de cavalerie).

Attention, toutes les unités d’infanterie suédoises avec regimental gun risquent de décoiffer !

Ci-dessus : plan de déploiement original.

Quelques cartes pour vous aider à préparer le terrain :

Phase d’approche :

Attaque dans le bois (les collines sont celles d’en bas sur la carte précédente) :

Ci-dessus : une autre représentation du combat sur l’aile droite.

Ci-dessous : plan simplifié d’après Guthrie (The later Thirty years War) :

Bien sûr, cela fait beaucoup de figurines à peindre : N’hésitez donc pas à diviser par 2 ou 3 ces nombres de bataillons et escadrons.

Stéphane Thion

Ordre de bataille d’après William P . Guthrie (1953).

La bataille d’Allerheim ou Nördlingen (3 août 1645)

La bataille d’Allerheim ou Nördlingen (3 août 1645)

 

Ci-dessus : Condé (qui n’est encore que duc d’Enghien en 1645)

La bataille d’Allerheim est intéressante à plus d’un titre. Elle est probablement à l’origine d’un tournant dans la carrière de deux des plus grands généraux français. Il s’agit de la troisième bataille (après les deux journées de Fribourg en 1644) qui voit le duc d’Enghien et Turenne affronter, côte à côté, un des plus grands généraux bavarois : Gaspard de Mercy. Et ce sera la troisième bataille, après ces deux journées de Fribourg, a se terminer en de demi-succès (ou demi-échecs) même si la seconde journée de Fribourg et Allerheim sont considérées comme des victoires françaises, le champ de bataille restant à Enghien et Turenne. Fribourg et Allerheim seront en effet des victoires à la Pyrrhus (voire des boucheries, il ne restera que 1500 fantassins français opérationnels le lendemain d’Allerheim) face à Mercy, excellent général et, dans les deux cas, très bien retranché. La victoire d’Allerheim est par ailleurs probablement due à la mort de ce général, dès le début de la bataille.

Ces trois batailles sont intéressantes à double titre : (1) elles révèlent la formidable énergie du futur Condé et de Turenne ainsi que leur capacité à prendre des décisions. Rocroi fut la première bataille commandée par le duc d’Enghien et il était bien conseillé. Turenne obtient son premier grand commandement en 1643, en remplacement de Guébriant à la tête de l’armée d’Allemagne. Les années 1644 et 1645 sont donc de vrais tests et ces tests, contrairement aux apparences, sont plutôt réussis ; (2) en second lieu, Enghien comme Turenne vont énormément apprendre lors de ces deux années. La superbe victoire de Condé à Lens (1648) voit le duc devenu prince refuser d’attaquer un ennemi bien retranché et l’attirer en plaine. A l’issue d’une superbe campagne, l’année 1646 verra Turenne aller à l’aide des Suédois et mettre la Bavière à genou sans livrer une seule bataille. Un exploit peu connu et exceptionnel. Jetons donc un coup d’œil à cette bataille d’Allerheim, aussi appelée seconde Nördlingen, qui aura eu un impact majeur sur les carrières de ces deux superbes commandants.

Ci-dessus : Turenne

3 août 1645 : La bataille

Après sa défaite à Fribourg le général bavarois Mercy se retire vers Dinkelpuhel. Enghien et Turenne le suivent. Les escadrons de Mercy refluent devant l’armée française. Le 3 août 1645 vers 9 heures du matin, l’armée française débouche dans la plaine de Nördlingen. Mercy qui vient d’être rejoint par le corps impérial de Gleen (6 à 7 000 hommes), est persuadé que les français n’attaqueront pas ce jour-là. Il se retranche sur une montagne, à 400 pas derrière un ruisseau et le village d’Allerheim. Il place le corps impérial sur son aile droite, ses bavarois occupant le centre, derrière le village et sur l’aile gauche. Quelques mousquetaires commandés occupent l’église du village. A midi, l’armée française débouche dans la plaine. Le déploie va prendre du temps. L’intention du duc d’Enghien est de prendre le village afin de ne pas désarticuler ses deux ailes de cavalerie.

Il est 17 heures : le duc d’Enghien fait canonner le village puis il le fait attaquer par quelques bataillons de Marsin. Les premiers retranchements sont forcés mais les mousquetaires positionnés dans le village repoussent cette attaque par une violente décharge. Le duc d’Enghien, soutenu par Turenne, lance un second puis un troisième assaut, dont il prend la tête, sans plus de succès. Enghien a deux chevaux légers sous lui. Mercy s’écrit alors : Dieu a tourné la tête aux français, ils vont être battus ! Prenant la tête de l’infanterie, il attaque à son tour le village. Mais il est tué à la tête de ses hommes. Les Bavarois, rendus fous de rage par la mort de leur général, taillent l’infanterie française en pièces. Sur l’aile gauche bavaroise, la cavalerie de Jean de Werth charge et enfonce son homologue française. Grammont tente de stopper la cavalerie bavaroise en engageant la réserve de Chabot, sans succès. Sur l’aile gauche française, Turenne gravit la colline, malgré les décharges continuelles de leur artillerie, et charge l’aile droite bavaroise.

A l’aile gauche, Turenne gravit la montagne à la tête de 8 ou 9 escadrons mais se fait accueillir par un feu nourri. Il s’aperçoit alors que le centre et l’aile droite de l’armée française sont en déroute. Heureusement, de Werth se laisse emporter inconsidérément dans sa poursuite.  Après plusieurs charges, Turenne parvient à passer la première ligne bavaroise mais Gleen s’avance à la tête de la seconde ligne.

Il reste le corps hessois de Geyso. Turenne et Enghien lancent ce corps à l’attaque. Les escadrons et bataillons de Gleen sont rompus. Turenne retourne l’artillerie contre les Bavarois et prend les derniers défenseurs de flancs. Les régiments qui s’étaient retranchés dans l’église et le cimetière se rendent, les autres se retirent. C’est alors que Jean de Werth revient avec sa cavalerie victorieuse, mais il est trop tard.

À minuit, tout est fini. A une heure, de Werth profite de la nuit pour se retirer et regagner Donauwörth avec les restes de l’armée, poursuivi par Turenne. Toute l’aile droite française a été très malmenée. Trois à quatre milles hommes sont morts sur le champ de bataille. A l’inverse, l’aile droite bavaroise et impériale a beaucoup souffert. Mais globalement, les pertes françaises sont supérieures : « On fut quelques jours sans pouvoir mettre ensemble plus de douze ou quinze cents hommes de pied de toute l’infanterie française » écrira Ramsay dans les mémoires de Turenne.

 

L’armée alliée : 7800 fantassins en 20 bataillons (390 hommes par bataillon), 9200 cavaliers en 40 escadrons (230 chevaux par escadron) et 27 canons

L’armée de Condé comptait 3 contingents : les restes de l’armée d’Allemagne de Turenne (5,000 hommes), l’armée de France de Gramont (6,000 hommes) et l’armée Hessoise de Geiso (6,000 hommes), pour un total de 17 000 hommes. L’armée alliée compte au total 7800 fantassins (20 bataillons), 9200 cavaliers (40 escadrons) et 27 canons (vraisemblablement des nouvelles pièces de 4 ou de 8 livres).

Armée de France (Enghien) : 11 bataillons d’infanterie totalisant 3 300 hommes et 17 escadrons de cavalerie formés à partir de 11 régiments, pour un total de 2 700 chevaux.

Armée d’Allemagne (Turenne) : 3 bataillons d’infanterie totalisant 1500 hommes et 13 escadrons de cavalerie formés à partir de 10 régiments de cavalerie, pour un total de 3 500 chevaux.

Armée hessoise (Geiso) : 6 régiments d’infanterie formant 6 bataillons faisant 3 000 fantassins et 10 escadrons de cavalerie formés à partir de 6 régiments, pour un total de 3 000 chevaux. L’armée Hessoise a été formée à la fin de 1631 sur le modèle suédois (en termes d’organisation et de tactique de combat).

En moyenne, les bataillons français sont à 343 hommes et les escadrons français et weimariens à moins de 207 chevaux. Les bataillons hessois sont à 500 hommes et les escadrons à 300 chevaux.

Déploiement de l’armée, de gauche à droite :

Aile gauche française (Turenne)

Première ligne : 7 escadrons de cavalerie des régiments Russwurm (weimariens, 1 esc), Mazarin (allemands, 1 esc), Taupadel (weimariens, 1 esc), Tracy (1 esc), Turenne (franco-allemands, 1 esc), Oysonville (1 esc) et Beauveau (1 esc).

Seconde ligne : 5 escadrons des dragons de Rosen (weimariens) et des régiments de cavalerie weimariens Alt-Rosen, Fleckenstein et Kanoffsky (2 escadrons).

Troisième ligne : 2 escadrons des régiments de cavalerie weimariens Ohm et Betz, et corps hessois de Geiso : 2 escadrons du régiment de cavalerie Rauchhaupt, 2 escadrons du régiment de cavalerie Schwer, 6 bataillons d’infanterie des régiments Franc, Lopez, Uffel, Wrede, Staufer et Kotz, 2 escadrons de cavalerie du régiment Bruckhurst, 2 escadrons du régiment Groot, 2 escadrons des gardes du corps de Geiso.

Centre (Enghien) :

Première ligne : 7 bataillons d’infanterie des régiments Bellenave, Oysonville, Mazarin français, Mazarin italien, Conti, Enghien et Persan.

Seconde ligne : 3 bataillons d’infanterie des régiments Gramont, Le Havre et Montausier.

Troisième ligne : 3 escadrons de gendarmes.

Aile droite (Gramont) :

Première ligne de cavalerie : 1 escadron de gardes du corps d’Enghien et 1 escadron de carabins d’Arnaud.

Seconde ligne de cavalerie :  6 escadrons des régiments de cavalerie Gramont, Mazarin (2 escadrons), et Enghien (3 escadrons).

Troisième ligne de cavalerie : 4 escadrons des régiments de cavalerie Gramont, Chambre, Boury, et La Clavière

Quatrième ligne, corps de Chabot (4 bataillons et 4 escadrons) : 2 escadrons de cavalerie weimarienne Neu-Rosen, 4 bataillons d’infanterie des régiments Trousses, Wahl (irlandais), Fabert, et de la garnison de Lorraine, et 2 escadrons du régiment de cavalerie Marsin.

Remarque : selon une carte allemande que vous trouverez ci-dessous, la cavalerie du centre et de l’aile droite française est placée de façon légèrement différente.

 

Pour LM Tercios, tous les bataillons d’infanterie alliés (y compris hessois) sont des bataillons réformés modernisés (musket only).

Les escadrons de cavalerie sont tous des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) à l’exception des escadrons de gardes et de gendarmes qui sont modern cavalry gendarmes (voir extension Kingdom) et les carabins qui sont mounted arquebusiers.

Les 27 pièces d’artillerie peuvent être simulés par 5 canons légers (light artillery).

Quelques drapeaux (supposés) de régiments d’infanterie présents à Allerheim :

Mazarin-Italien (ex-Languedoc)

Montausier

Enghien

Mazarin-français

 

Persan

Conti

 

L’armée bavaroise : 8800 fantassins en 14 bataillons (630 hommes par bataillon), 7200 cavaliers en 39 escadrons (185 chevaux par escadron) et 28 canons

L’armée bavaroise et impériale compte au total 16 000 hommes (4,500 impériaux et 11,500 bavarois) dont 8,800 fantassins, 7,200 cavaliers et 28 canons. Elle se décompose en 14 bataillons soit 630 hommes par bataillon (7 bataillons bavarois et 7 impériaux) et 39 escadrons (31 escadrons bavarois et 8 impériaux) de 185 chevaux en moyenne.

Déploiement de l’armée, de gauche à droite :

Aile gauche (de Werth) :

Première ligne : 9 escadrons de cavalerie : Lapierre (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Sporck (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Fleckenstein (cuirassiers bavarois, 2 escadrons) et de Werth (arquebusiers bavarois, 2 escadrons).

Seconde ligne : 8 escadrons de cavalerie : Sporck (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Fleckenstein (cuirassiers bavarois, 1 escadron), Salis (demi-cuirassiers bavarois, 2 compagnies), de Werth (arquebusiers bavarois, 1 escadron).

Troisième ligne à l’extrême gauche : Lapierre (dragons bavarois, 2 escadrons).

Des unités d’infanterie se trouvent dans le château d’Allerheim (à l’extrême gauche), et dans le village d’Hunnerberg (derrière les dragons de Lapierre) : 2 bataillons des régiments bavarois de Winterscheid et Puech occupaient le château d’Allerheim.

Centre (Mercy) :

Première ligne (en retrait, entre les deux premières lignes des ailes de cavalerie) : 7 bataillons : Royer (bavarois), Kolb (bavarois), Halir (impériaux), Gold (bavarois), H. de Mercy (bavarois), Cobb (bavarois), Bournonville-Hennin (impériaux polonais).

3 bataillons des régiments impériaux de Ruischenberg, Marimont et F. Mercy se trouvent dans le village d’Allerheim.

Seconde ligne (un peu en arrière des secondes lignes des ailes) : 6 escadrons de cavalerie :  Salis (demi-cuirassiers bavarois, 1 escadron), Jung-Kolb (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Gil de Haas (cuirassiers impériaux, 1 escadron), et compagnies franches bavaroises (2 escadrons).

Aile droite (Gleen) :

Première ligne : 10 escadrons de cavalerie et 2 bataillons d’infanterie : croates de Marcovich (impériaux, 1 escadron), Hollstein (cuirassiers impériaux, 2 escadrons), Hyller ou Heillen (2 escadrons), Gayling (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Cosalky (arquebusiers bavarois, 2 escadrons), Alt-Kolb (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), régiments d’infanterie Plettenberg (impériaux, 1 bataillon) et Mandesloe (impériaux, 1 bataillon).

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie : Hollstein (cuirassiers impériaux, 1 escadron), Hyller ou Heillen (1 escadron), Gayling (cuirassiers bavarois, 1 escadron), Stahl (cuirassiers bavarois, 2 escadrons), Alt-Kolb (cuirassiers bavarois, 1 escadron).

Les 28 canons se répartissent probablement en 4 demi-canons de 24, 6 demi-couleuvrines de 12, 12 faucons de 5 et 6 fauconneaux de 2-3 livres. Ils étaient déployés en 7 batteries : 1 de 6 pièces dans Allerheim, 1 de 5 sur le Weinberg, 1 de 3 dans le château, 1 de 4 pièces avec Werth, 1 de 3 pièces avec le centre d’infanterie et 2 batteries de 4 et 3 pièces avec la cavalerie de Gléen. Les 4 dernières étaient probablement les faucons et fauconneaux.

Pour LM Tercios, les 18 bataillons d’infanterie sont classic squadron modernised, musket only. Il est possible de passer les bataillons d’infanterie en large squadron afin de simuler la différence de taille moyenne entre bataillons bavaro-impériaux et franco-hessois mais cela risque de déséquilibrer la partie, l’infanterie de Mercy étant déjà bien retranchée. L’infanterie bavaroise est ainsi covered et protected et l’artillerie est fortified.

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons de demi-cuirassés sont modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les régiments d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusier, arquebus & pistol. Il est très probable que la distinction entre régiments de cuirassiers et d’arquebusiers montés ne soit plus qu’administrative et que l’ensemble des régiments soient équipé comme des demi-cuirassiers (déjà, dans les années 1630s, des régiments d’arquebusiers étaient mieux équipés que certains régiments de cuirassiers) : si vous convenez de cette hypothèse, passez tous les régiments en modern cavalry demi-cuirassiers. Les escadrons de croates sont light horse.

Les 28 pièces d’artillerie peuvent être simulées par 5 pièces d’artillerie : une heavy artillery, 3 medium artillery et une light artillery.

Bien sûr, au vu des effectifs, vous pouvez diviser les effectifs ou le nombre d’unités par 2 ou 3.

Pour les éléments du champ de bataille, je vous laisse vous inspirer des cartes ci-dessous.

 

Stéphane Thion

La bataille de Lens (20 août 1648)

La bataille de Lens (20 août 1648)

Après la prise d’Ypres, Condé campe à Béthune et fait sa jonction avec le corps d’Erlach (4 000 hommes). De son côté, l’archiduc Leopold, après avoir pris Courtrai, marche sur Lillers puis Lens. L’armée espagnole campe alors, bien retranchée derrière le ruisseau qui va à Arras.

Condé, « se réjouissant » de la présence des ennemis en plaine, traverse la Lys.

« Son altesse en marchant fit trois lignes de ses troupes qui faisaient tout au plus vingt mille hommes et tout au moins dix-huit  ; il mit à la première les gardes, Picardie et les régiments de l’armée d’Erlach et pour cavalerie tous les gendarmes tant du Roy que des princes et toutes les compagnies de gardes des généraux ; la seconde ligne était en pareille disposition et notre cavalerie légère commandée par Guiche ( ?), monsieur d’Erlach demeura pour troisième ligne et corps de réserve ; Mr de Cossé menait une bande d’artillerie. A la première ligne il les faisait marcher aussi vite que les troupes ; nous allâmes en cet équipage montrer notre armée à Mr l’archiduc qui était bien couvert de ses lignes devant lesquelles nous nous arrêtâmes à un jet de pierre près, et y demeurâmes tout le jour, les officiers d’infanterie de la première ligne jouant et sautant au « saut de l’allemand » toute la journée sans (être) autrement alarmé » écrit alors un gazetier, témoin anonyme de la bataille. Ce témoin ajoute par ailleurs que « Il est à remarquer que Mr le prince avait tant parlé des troupes d’Allemagne lesquelles ne tiraient jamais les premiers et obligeaient leurs ennemis à faire leur décharge puis à fuir devant eux que chaque officier s’était mis cela en tête, et bien que cela ne fut dit qu’à l’égard de la cavalerie, néanmoins l’infanterie s’y fit presque partout un point d’honneur de ne point tirer ».

Condé feint alors une retraite vers Béthune, pour tenter de déloger l’Archiduc. « Mr le Prince résolut quand le jour serait venu de se retirer en un village nommé Loo auquel touchait notre arrière garde afin de repaître et dit tout haut qu’en quelque temps que l’archiduc marchait, qu’il le combattrait assurément et ainsi il se mêla à l’affaire publiquement quoique pique qui contribua particulièrement au grand fait d’arme du jour suivant » témoigne le rédacteur de cette petite relation de la bataille avant de poursuivre un peu plus loin : « Voici ce coup de maître que fit notre héros (ndla : de Condé !), ce qu’il ne nous ai fait entendre par la comparaison du jeu d’escrime ou ne nous ai dit que durant que le moins docte bat du pied sans se débander le savant prend un temps et loge sa botte à plaisir ».

Beck tombe effectivement dans le panneau, et réussit à convaincre l’Archiduc de se lancer à la poursuite des Français. Le 20 août à 8 heures du matin, alors qu’elle franchit la crête d’un vallon, l’armée espagnole découvre les Français qui lui font face. Condé « ne fit que faire à gauche, en remarchant droit aux ennemis, lesquels étaient bien en bataille chacun en particulier mais n’étaient point en ordre de bataille mais en colonne pour s’y mettre ». Surpris, l’Archiduc range ses troupes en bataille. L’artillerie française ouvre le feu. Les Espagnols mettent en hâte leurs pièces en batterie. L’artillerie française, bien moins nombreuse (18 pièces contre 38) mais mieux préparée, fait des ravages dans les rangs ennemis.

L’aile droite française et la cavalerie de Lorraine s’avancent alors l’une contre l’autre. Les deux ailes se font face à 10 pas : les Lorrains ouvrent le feu. Les Français chargent et enfoncent la première ligne ennemie commandée par le prince de Salm. Ligneville engage alors sa seconde ligne, puis Condé en fait de même. Pendant ce temps, l’aile gauche connait le même dénouement : la cavalerie de Grammont attend la décharge ennemie, puis charge l’aile droite espagnole. Au même moment, l’infanterie des deux batailles, marchent l’une vers l’autre et s’arrêtent à portée de tir. Au centre de la ligne, les deux bataillons des Gardes Françaises et le bataillon des Gardes Suisses enfoncent trois bataillons ennemis. Mais Beck contre-attaque, avec infanterie et cavalerie, et écrase les trois bataillons des Gardes : « Là le régiment des gardes pour avoir fait sa salve le premier fut taillé en pièces, et le régiment de Picardie qui ne voulut point tirer défit sept régiments entre lesquels était celui qui avait tué le régiment des gardes ; les régiments qu’avait amené Erlach qui étaient Nettancourt, Vaubecourt et autres ne tirèrent non plus que Picardie » écrit notre témoin. Les escadrons de cavalerie français, en sous-nombre, viennent se reformer derrière Picardie entre deux charges.

Châtillon lance alors sa seconde ligne et ses gendarmes pour recueillir les bataillons décimés. Les Espagnols refluent. Voyant le centre espagnol repoussé, d’Erlach choisit de seconder Condé, prenant de flanc la seconde ligne des Lorrains. Tout le front espagnol lâche pied. Au centre, la seconde ligne de l’Archiduc ne peut changer le cours des choses : elle est entraînée dans la retraite. L’infanterie espagnole, dernier rempart, ne résistera pas longtemps : elle se joint à la retraite générale.

L’armée d’Espagne laisse 3 000 morts sur le terrain et 5 000 prisonniers. L’armée française compte 1 500 hommes hors de combat. Le corps des officiers des Gardes Françaises y payera un lourd tribu : les quinze capitaines présents sont tous morts ou blessés.

La victoire de Lens sera la plus achevée et donc probablement la plus belle des victoires de Condé durant la guerre de Trente ans. C’est la première bataille où le plan fut réellement précis, réglé par lui-même dans tous ses détails, et où il a réellement tiré parti de son artillerie.

Ordres de bataille :

Armée française (Condé) : 16 000 hommes en 12 bataillons d’infanterie (10 000 fantassins soit 833 hommes par bataillon) et 40 escadrons de cavalerie (6 000 chevaux, soit 150 chevaux par escadron), 18 canons légers.

Aile droite de cavalerie (Condé, Villequier et Noirmoutiers) :

Première ligne (Villequier et Noirmoutiers : 9 escadrons formés des régiments Gardes de Condé , Son Altesse Royale (duc d’Orléans, 2 escadrons), La Meilleraye (ou Grand-Maïtre), Saint-Simon, Bussy, Streif, Harcourt le Vieux et Beaujeu.

Seconde ligne (Arnaud) : 8 escadrons formés des régiments Chappes (2 escadrons), Coudray, Saarbrück Allemand, Vidame d’Amiens et La Vilette (ex-Gassion, 2 escadons).

Centre d’infanterie (Châtillon et Cossé-Brissac) :

Première ligne (Cossé-Brissac) : 2 batteries d’artillerie et 7 bataillons d’infanterie formés des régiments Picardie et Son Altesse Royale en un bataillon, Erlach-Allemand et Pernol en un bataillon, Gardes Suisses, Gardes françaises (en 2 bataillons), Gardes écossaises, Persan

Deuxième ligne (Châtillon) : 6 escadrons de Gendarmes (formés par les gendarmes de Condé, chevaux-légers de Condé, gendarmes de Choubert, gendarmes de la Reine, gendarmes du Roi, chevaux-légers du Roi, gendarmes d’Enghien, gendarmes S.A.R, gendarmes de Conti, chevau-légers de Conti, chevau-légers d’Enghien, gendarmes de Longueville, gendarmes de Marsillac).

Troisième ligne : 5 bataillons d’infanterie formés des régiments La Reine (y compris 300 hommes de la garnison de La Bassée), Erlach-français, Razilly, Mazarin-Italien, Conti et Condé.

Aile gauche de cavalerie (Gramont et La Ferté-Senneterre) :

Première ligne (La Ferté-Senneterre) : 9 escadrons formés des carabins d’Arnaud et gardes de la Ferté-Senneterre et de Gramont (un escadron), des régiments Cardinal Mazarin (2 escadrons), Gramont (2 escadrons), La Ferté-Senneterre (2 escadrons), et Biens (Allemand, ex-Zillart, 2 escadrons).

Seconde ligne (Plessis-Bellière) : 8 escadrons formés des régiments Roquelaure, Gesvres, Lillebonne,  Noirlieu (ex-Vatimont, 2 escadrons), Meille et Chemerault.

Réserve de cavalerie d’Erlach : 5 escadrons formés des régiments Erlach, Sirot, et Ruvigny.

 

Les régiments bataillons d’infanterie français sont des bataillons réformés modernisés (musket only). Les bataillons de Gardes françaises, Gardes suisses, Gardes écossaises et Picardie sont veterans. Les escadrons de cavalerie sont des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) et les escadrons de gendarmes sont modern cavalry gendarmes  (voir extension Kingdom). Les 18 canons peuvent être simulés par 3 canons légers (light artillery).

 

Armée espagnole (Archiduc Leopold secondé par Fuensaldana) : 20 000 hommes en 16 bataillons/escadrons d’infanterie (12 000 fantassins soit 750h par bataillon) et 62 escadrons de cavalerie (8 000 chevaux soit 130 chevaux par escadron), 38 canons.

Aile droite de cavalerie (Prince de Ligne et Bucquoy) :

Première ligne : 12 escadrons formés des régiments Bucquoy (Allemands), Savary (Allemands), prince de Ligne (Wallons), del Brouck (Allemand) et compagnies de Ris (Wallons) et Meinssague (Wallons).

Seconde ligne : 12 escadrons formés des compagnies Sandoy (Wallons), Scandalberg (Wallons), Erland (Wallons), Gonni (Wallons), Hurc (Wallons), Scalar (Wallons).

Centre d’infanterie (Beck et Saint-Amour) :

Première ligne : 2 escadrons de croates, 3 batteries d’artillerie, 10 escadrons/bataillons d’infanterie et 4 escadrons de cuirassiers : tercio de Solis en un escadron ;  tercios de Boniface et Desa en un escadron ; 4 escadrons du régiment de cuirassés de Salm (lorrains) ; tercios de Monroy et Beck (allemands) en un escadron ; tercios de Lannoy, La Motterie et Grosbandon (wallons) en un escadron ; 3 petits escadrons de cuirassés Saint-Amour ; tercio de Vargas (espagnols) en un escadron ; tercios de Bentivoglio et Guasco (italiens) en un escadron ; 3 petits escadrons des cuirassés de Diego ; régiment de Touvenin et tercio de Silly (lorrains) en un escadron* ; régiment de Clinchcamp (lorrains) et tercio de Marais (irlandais) en un escadron* ; 4 petits escadrons de cuirassés de Miguel (wallons) ; tercios de Sinot et Plunkett (irlandais) en un escadron* ; régiments de Remion et l’Huilier (lorrains) en un escadron*.

*Les escadrons d’infanterie marqués d’une étoile n’ont pas de piquiers.

Deuxième ligne : 2 escadrons de cuirassés (gardes de Fuensaldana et de l’Archiduc, régiment de Fuensaldana).

Troisième ligne : 6 escadrons/bataillons d’infanterie : régiments Verduisant et Gondrecourt (lorrains) en un escadron ; régiments Wanghen et Arias (allemands) en un escadron ; régiments Hous et Chastelain (allemands et lorrains) en un escadron ; régiments Berlau et Anselm (allemands et anglais) en un escadron, tercio de Toledo (espagnols) en un escadron ; tercios de Bruay et Crevecoeur (wallons) en un escadron.

Aile gauche de cavalerie (Salm et ligniville) :

Première ligne : 10 escadrons formés des régiments de Luneville (wallons), prince Louis de Savoie (wallons), Garnier (wallons), Toledo (wallons) et Bastin (wallons).

Deuxième ligne 10 escadrons formés des régiments de Jaeger de Montauban (fusiliers à cheval lorrains), Ligniville (lorrains), châtelet (lorrains), Hacquefort (lorrains), Fauge (lorrains), Mondragon (lorrains) et Montmorency (lorrains).

 

Les bataillons/escadrons d’infanterie espagnols et wallons sont tercio modernised depleted (1) et classic squadron modernised musket only (pour les régiments allemands) (1). Les quatre régiments de mousquetaires (marqués d’une*) shot company musketeers. Les escadrons de cavalerie sont des escadrons de demi-cuirassés modern cavalry demi-cuirassiers (voir extension Kingdom) sauf les quelques escadrons de gardes qui sont cuirassiers. Les escadrons de croates sont  light horse. Les 38 canons peuvent être simulés par 3 canons moyens (medium artillery) et 4 canons légers (light artillery).

(1) Les bataillons/escadrons “espagnols”semblent en réalité plus petits que les français (750 hommes par bataillon contre 833 pour les français). Et il est peu probable qu’en 1648, les tercios soient encore équipés d’arquebuses. Un tercio/régiment espagnol ou allié de 1648 serait donc mieux simulé par un classic squadron modernised musket only voire un reformed battalion modernised – la principale différence entre ces deux derniers étant le facteur de défense contre l’artillerie (4 au lieu de 3) – que par un tercio. Malheureusement la règle LM Tercio ne le prévoit pas.

Pour une meilleure simulation, je vous suggère néanmoins de jouer les escadrons/bataillonsde tercios et régiments alliés comme  reformed battalion modernised, comme leurs adversaires français.

Les bataillons d’infanterie français sont moins nombreux (12 français vs 16 espagnols) et de taille équivalente (833 hommes en moyenne pour les français et espagnols, ces derniers ayant 4 bataillons sans piquiers pouvant être comptés à 500 hommes). De même, les escadrons de cavalerie français sont moins nombreux (40 français vs 62 espagnols) mais un peu plus gros (150 chevaux en moyenne pour les français et 130 chevaux pour les Espagnols). En réalité, les escadrons de cavalerie espagnols au centre sont plus petits et ceux des ailes plus importants et probablement équivalents aux français. Pour équilibrer et prendre en compte ces différences, il vous suffit d’aligner un seul escadron de Croates (et non deux), et de ne placer que 9 escadrons de cuirassiers au centre : huit en premières lignes placés deux à deux et intercalés avec les tercios et un en seconde ligne.

Ci-dessous : disposition des bataillons et escadrons pour rejouer la bataille de Lens.

Au vu des effectifs, n’hésitez pas à diviser par 2 ou 3 le nombre d’unités.

Et pour terminer, quelques drapeaux de régiments présents à la bataille :

Ci-dessus : Gardes Françaises (deux versions correspondant à 2 compagnies différentes)

Ci-dessus : Gardes Ecossaises

Picardie

 

Persan (supposé)

Condé (supposé)

Mazarin-italien (supposé)

Stéphane Thion

 

La bataille de Nieuport (2 juillet 1600)

La bataille de Nieuport (2 juillet 1600)

Bataille de Nieuport, 2 juillet 1600 lors de la Guerre de Quatre-vingt ans par Sébastien Vrancx (1573–1647)

En 1599, le conseil des États, cherchant à profiter de la faiblesse du gouverneur des Pays-Bas espagnols, l’Archiduc Albert, conséquence des mutineries qui ont éclaté dans l’armée des Flandres, demande à Maurice de Nassau d’intervenir sur la côte maritime. Le prince d’Orange débarque alors près du Sas van Ghent et marche sur Nieuport, avec une armée de 11 à 12 000 hommes. Mais   l’Archiduc Albert va réagir rapidement, menant une force équivalente, dont 1 400 mutins (800 fantassins et 600 cavaliers), et prenant des avant-postes autour d’Oostende. Maurice de Nassau, surpris, parvient à fortifier le pont de Leffigen.

Le 2 juillet à l’aube, l’avant-garde espagnole reprend le pont de Leffigen et débouche sur les dunes de Nieuport.  Maurice de Nassau accepte la bataille. Après-midi, les Espagnols attaquent l’avant-garde hollandaise, constituée des anglais de Veer, sans parvenir à les déloger. L’Archiduc Albert lance alors son corps de bataille dans l’action mais les anglais résistent toujours. La première ligne de Maurice finit par céder, après plusieurs assauts espagnols. Mais sur le flanc gauche espagnole, la cavalerie espagnole est battue. Alors que l’infanterie espagnole progresse, Maurice de Nassau lance sa réserve : 300 cuirassés vont charger avec succès, surprenant l’infanterie espagnole qui commence à reculer. L’infanterie française et hollandaise qui accompagne cette charge de cavalerie, fait alors refluer l’infanterie espagnole.

L’Archiduc perdra 3 600 tués, blessés et prisonniers dans la bataille, Maurice de Nassau perdant pour sa part près de 2 500 hommes, dont 1 000 au pont de Leffigen.


L’armée des Pays-Bas

Général en chef : Maurice de Nassau, prince d’Orange

Avant-garde (aile gauche) – comte Louis de Nassau

Cavalerie : 3 compagnies de cuirassiers en une troupe (Louis de Nassau, Maurice de Nassau & Henri Frédéric de Nassau), 3 compagnies de cuirassiers en une troupe (Marcelis Bacx, Paul Bacx & la Salle) et 2 compagnies de carabins/arquebusiers à cheval (Penny & Battenborch), pour un total de 8 cornettes ou compagnies.

Infanterie :  3 régiments d’infanterie (deux régiments anglais, Francis et Horatius Veer, de 13 & 11 compagnies, un régiment frison, Guillaume de Nassau de 17 compagnies) et 2 compagnies de gardes (prince Mauride de Nassau & comte Hohenlo), en 9 bataillons (4 Anglais, 4 Frisons & Gardes de Nassau).

Artillerie : 2 couleuvrines.

Bataille (centre) – comte George Evrard de Solms

Cavalerie :

Cavalerie : 4 compagnies de cuirassiers (George Everard de Solms, Frédéric de Solms, Jean Bacx, Cloet) en une troupe et 3 compagnies de cuirassiers en une seconde troupe (Godard de Bale, Vere, Cecilieu), le tout faisant 7 compagnies. Cloet & Cecilieu sont peut-être des compagnies de carabins.

Infanterie : un régiment wallon (comte Henri Frédéric de Nassau à 9 compagnies), un régiment suisse à 4 compagnies suisses, un régiment français (Dommerville, à 12 compagnies), le tout en 3 bataillons.

Artillerie : 1 fauconneau.

Arrière-garde – Olivier van der Tempel

Cavalerie : 3 compagnies de cuirassiers (Harangier, Hamelthon & Couteler). Les 3 compagnies sont regroupées en un escadron (cuirassiers).

Infanterie : 3 régiments d’infanterie (Ernest de Nassau à 13 compagnies, Gistelles à 8 compagnies & Huctenbrouck à 7 compagnies), le tout en 4 bataillons (2 hollandais & 2 allemands).

 

L’armée de Maurice compte 10 000 fantassins en 17 bataillons, 1 200 cavaliers en 19 cornettes et 6-8 pièces d’artillerie. Un bataillon d’infanterie comprend 50% de piques et 50% de tireurs. Les tireurs sont équipés pour 1/3 d’arquebuses et pour 2/3 de mousquets.

Les bataillons d’infanterie sont des batailllons réformés., les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers (pistolet), les carabins/arquebusiers sont arquebusiers montés.

Echelle de réduction : Pour l’infanterie, prendre un bataillon réformé pour deux bataillons réels (8 bataillons dont 4 à l’avant-garde, 2 à la bataille et 2 à l’arrière-garde) et un escadron pour 6 compagnies/cornettes de cuirassiers/arquebusiers (3 escadrons de cavalerie soit 1 escadrons de cuirassiers à l’avant-garde, 1 escadrons de cuirassiers à la bataille et 1 escadron de cuirassiers à l’arrière garde). Pour l’artillerie, prendre deux artilleries moyenne.

 

L’armée Espagnole

Général en chef : Archiduc Albert d’Autriche

Avant-garde (aile droite) – François de Mendoza, Admirant d’Aragon

Infanterie (centre) : un escadron formé des mutins de divers tercios.

Cavalerie aile gauche : une compagnie de lanciers et une compagnie d’arquebusiers à cheval formant un escadron de lanciers.

Bataille (centre) – Archiduc Albert

Infanterie (centre) : un escadron composé des tercios de Monroy & de Villar et un escadron composé des tercios de Zapena & d’Aquino.

Cavalerie (centre) : les 3 compagnies de gardes de l’Archiduc soit 1 compagnie de cuirassiers, 1 compagnie de lanciers et 1 compagnie d’arquebusiers à cheval, formant un escadron de cuirassiers.

Artillerie : 2 couleuvrines.

Arrière-garde (aile gauche) – comte de Bucquoy

Infanterie (centre) : un escadron formé des tercios de Bostock (Irlandais), de Bucquoy et de la Bourlotte (Wallons).

Cavalerie de l’aile gauche : 4 compagnie d’arquebusiers à cheval, 4 compagnie de lanciers et 4 compagnies de cuirassiers sur 3 lignes. Soit un escadron d’arquebusiers, un de lanciers & un de cuirassiers.

 

L’armée espagnole compte 6 800 fantassins (dont 800 mutinés) en 4 escadrons de 1 600 à 1 800 hommes, 1 000 à 1 200 cavaliers (dont 600 mutinés) en 17 compagnies de 60-70 chevaux par compagnie et 4-6 pièces d’artillerie.

Les quatre escadrons espagnols sont tercios et field square (option de les passer tercios viejos field square pour équilibrer les budgets). Les cuirassiers sont cuirassiers, les lanciers sont cuirassiers avec lances, les arquebusiers montés sont arquebusiers montés.

Echelle de réduction : prendre un escadron d’infanterie (tercio) pour un réel et un escadron de cavalerie pour 6 compagnies (400 chevaux) soit 1 escadron de lanciers, 1 escadron de cuirassiers et 1 escadron d’arquebusiers montés (à répartir comme vous le souhaitez dans les différents corps). Pour l’artillerie, prendre 2 artilleries moyennes.

Pour les généraux :selon votre choix, à adapter afin d’équilibrer les budgets des deux armées.

Stéphane Thion

Rocroi 1643 : un compte rendu de Raphael Longbow

Rocroi 1643 : un compte rendu de Raphael Longbow

Ce compte-rendu a été initialement publié sur le forum des Fabulous Brush brothers

Voici un petit rapport sur nos parties découvertes de “Tercios” ainsi que sur notre partie “Rocroi 1643” de ce W-E.

La règle “Tercios” est vraiment agréable à jouer, elle se joue avec relativement peu d’unités d’où la réduction du nombre d’unités réellement présentes à Rocroi pour notre bataille. Dans Tercios les unités ont une caractéristique variable le “stamina” qui est le reflet du niveau de moral et des pertes humaines de l’unité, ce stamina est représenté par un D6 posé à côté des unités (nous les avons retirés pour les photos), les unités peuvent prendre plusieurs marqueurs : marqueur de dépassement du seuil critique de stamina, marqueur de désordre et marqueur d’ordre (ce sont les pions circulaires colorés sur les photos, nous avons floqué le dos de ces pions). Le côté aléatoire de la règle est assez bien compensé par le fait que tout jet de dés offensif entraîne un jet de dés défensif de la part de l’adversaire, cela permet de plus de na pas s’ennuyer : il y a toujours un truc à faire d’autant plus que les unités sont activées une à une à tour de rôle.

les photos sont prises à l’APN et au smartphone ce qui explique la différence de couleurs (le smartphone fait du HDR automatiquement), à vous de voir quelles photos vous préférez Smile …

Disposition initiale vue du camp français

Disposition initiale vue du camp espagnol

Les armées :

L’armée française du Duc D’Enghien: deux rangs d’infanterie + un rang de réserves et artillerie intercalée au premier rang sous le commandement De D’Espenan, cavalerie sur l’aile droite commandée par De Gassion et cavalerie sur l’aile gauche commandée par De La Ferté.

L’armée espagnole de De Melo avec ses “Tercios” au centre et l’artillerie commandés par De Fontaine, une aile droite de cavalerie sous le commandement de Albuquerque et une aile gauche de cavalerie commandée par De Issembourg.

La bataille :

La bataille débute par une grosse attaque de la cavalerie espagnole, l’aile gauche française se porte à sa rencontre mais cède sous la puissance de la charge espagnole

L’aile gauche espagnole poursuit son action jusqu’à se retrouver face à l’infanterie française, cette dernière aidée de la réserve de cavalerie arrive à tenir. L’aile droite française attaque avec succès la cavalerie espagnole de D’Albuquerque.

Les deux ailes de cavalerie espagnole cèdent rapidement sous la pression française, en particulier celle de la cavalerie de De Gassion qui arrive directement sur les arrières des espagnols

Ce qui s’ensuit c’est un encerclement des espagnols, les Tercios cèdent les uns après les autres sous la pression de toutes les forces ennemies mais causant de très lourdes pertes pour les français, les survivants espagnols se réfugient peu à peu dans les derniers Tercios encore debout : les Tercios Viejos de Alburquerque et de Garciez, les français voyant la résistance acharnée de ces unités et leur niveau de pertes arrivant à la limite du tolérable proposent une reddition avec les honneurs des espagnols, le Tercio de Garciez acceptera, celui d’Albuquerque refusera d’abord, continuera de résister avant de finalement se rendre à son tour …

La bataille du Saint-Gothard en 1664 par Mig Wanzer

La bataille du Saint-Gothard en 1664 par Mig Wanzer

Ce compte rendu a été publié pour la première fois sur le forum francophone belge “Opération zéro

Le 28 juillet 2018, Esmbel, Lotharius et votre dévoué ont pu jouer cette fameuse bataille, opposant les féroces Ottomans aux coalisés impériaux et Français.
Je vous promets un petit compte-rendu dès demain! Ce fut … une boucherie…

La description qu’en donne Wikipédia nous sert de base, ce qui est probablement très léger, j’en conviens, mais tant pis.  C’est quand même drôle  clown

Nous retenons donc que le champs de bataille est bordé de terrains escarpés, avec la présence d’une rivière et du village de Mogersdrof.  Nous représentons l’assaut frontal ottoman, après avoir franchit le Raab, sur le village de Mogersdorf et les trois pauvres régiments allemands, puis la contre-attaque des coalisés. Le scénario choisi est “Détermination”, page 68 du livre de règle. Il suffit assez simplement de détruire l’ennemi, chaque régiment rapportant 3 points de victoire, et les compagnies ou la cavalerie en rapportant 2. Le commandant en chef ennemi rapporte 1 point de victoire.

Ottomans :
L’armée ottomane est assez “classique” et équilibrée : de nombreuses unités de cavalerie légère, dont des alliés tatars, quelques unité de Sipahis, une infanterie de qualité, dont trois unités de redoutables janissaires, et une artillerie solide et efficace.
Le grand vizir Claudius Ben Pacha (Esmbel) dirige les troupes, ses propres figurines, tout à fait adaptée à la période jouée.  Un vrai ODB pour la bataille donnerait sans doute davantage de troupes, mais nous avons fait avec ce qui était disponible.

Alliés :
L’armée impériale est composée de 3 régiments classiques, avec des compagnies de piquiers, une batterie d’artillerie large, et quatre unités de cuirassiers.  Les alliés français sont constitués de 3 régiments réformés et 2 escadrons d’arquebusiers.
Le Généralissime Lotharius prend le commandement des impériaux et Allemands, tandis que le Compte de Wanzer assure le commandement du contingent français.
A nouveau, les troupes sont constituées sur base des figurines disponibles, avec “l’esprit” de la bataille, plutôt que l’ODB le plus historique possible.

Le déroulement de la bataille, par le comte de Wanzer :

“J’alignai mes régiments face au village de Morgensdorf, secondés par mes escadrons d’Harquebusiers, parés à déborder par la gauche, dans la forêt ou la droite, dans le village, afin de supporter l’infanterie de leur feu.

Le Général Lotharius m’informa au même moment de ses dispositions pour le combat : ses canons placés au centre de nos deux contingents assureraient un feu sur le village et supporteraient son centre, constitué de 3 régiments d’infanterie fatiguée.  Toute sa cavalerie cuirassée serait postée sur son aile droite, de façon à prendre l’ennemi de flanc.
Face à nous, les Ottomans du grand Vizir Claudius Ben Pacha s’étaient réorganisé quelque peu : toute la cavalerie légère et lourde s’était reprise derrière le village, face à mes troupes.

Derrière le Raab, je distinguai de fortes unités à pieds, tandis que le fracas d’au moins trois batterie se faisait entendre.

Les Ottomans avancèrent gaillardement face à mes troupes, tandis que leur infanterie tenait sa position.  Seules deux compagnies prirent place dans le village, de façon à arroser de flèches toute troupe qui s’en approchât un peu trop.  Les tirs de canons n’eurent au départ pas grand effet sur les Allemands, qui s’avancèrent rapidement vers le fleuve, leurs cuirassiers amorçant un vaste mouvement de prise de flanc.
Les premiers combats avec l’ennemi eurent lieu de mon côté du champs de bataille : les cavaliers ennemis chargèrent avec fureur – et sans doute une certaine inconscience- mon infanterie fraîche et bien commandée.  Les tirs de mousquets, retenu jusqu’au dernier moment, furent dévastateurs.  (Les ordres de tir conne un gros bonus en réaction! ) Le régiment de Carignan-Salière subit les assauts de pas moins de 4 escadrons de Delhi et Sipahis, fut finalement mis en désordre et forcé de se ré-organiser, puis de se reposer quelque peu, mais la résistance héroïque de ces brave permit de détruire pas moins de 5 escadrons de cavaliers ottomans et tatars!  Jamais je ne vis combat plus acharné ni meurtrier – et n’ai été aussi près d’être submergé par ces furieux combattants.

Le Général Lotharius me fit parvenir des nouvelles inquiétantes : si la première approche de l’ennemi avait été relativement positive, avec une charge initiale des cuirassiers plutôt efficace, ces derniers étaient maintenant empêtrés dans le gros de l’infanterie ennemie, laquelle anticipait tout mouvement par des tirs de réaction meurtriers.  L’artillerie ottomane pilonnait les allemands de tour en tour, tandis que les archers cachés dans le village malmenaient les piquiers catholiques qui cherchaient à les en déloger.

Soudain, les cavaliers ennemis s’étant repris et re-formés, ils débordèrent notre écran d’arquebusiers par la gauche, sabrant un escadron complet!  Les Ottomans exultaient et sur toute notre ligne de front, nos troupes furent prises d’un vent de découragement… (durant 2 tours, Esmbel eu une chance raisonnable aux dés – ça ne lui arrive pas souvent! – mais Lotharius connu un véritable festival de résultats médiocres!  Impossible d’activer les Cuirassiers durant 2 tours!!)  Les pertes s’amoncelant, il devint de plus en plus difficile de faire accepter les ordres à nos soldats.

Je murmurai une courte prière, clôturée d’un “amen” et d’une bordée de jurons, puis donnai l’ordre au régiment La Ferté de charger dans le village, afin de mieux soutenir les Allemands. Malheureusement, l’ennemi se cachait sans aucune fierté (j’avais surtout oublié que la ligne de vue dans le terrain difficile n’est que de 2 pouces…) et aucun résultat ne fut tiré de cette décision. Pire, j’appris de fuyards allemands qu’un régiment entier avait été exterminé par le feu d’archers et de canons! Cependant, Dieu sembla entendre mon appel, et la chance paru abandonner les Ottomans : les cuirassiers parvinrent à culbuter un régiment de janissaires, et gagna les arrières de l’ennemi.

Le soleil était couché depuis quelques minutes, et le combat acharné n’était plus possible – les troupes n’y voyaient plus. Je donnai mes ordres pour la nuit, tandis que l’ennemi, confronté aux mêmes désagrément que nous, firent de même.

La journée s’acheva ainsi, sans que nous ne puissions refouler ces envahisseurs derrière le Raab, mais nous tenions toujours notre position.

Votre Dévoué Compte de Wanzer.

Quelques photos supplémentaires :

L’armée impériale à Lützen (16 novembre 1632) selon différentes sources

L’armée impériale à Lützen (16 novembre 1632) selon différentes sources

1- L’armée impériale à Lützen selon Guthrie : 17,000 hommes (9900/10000 fantassins, 6900/7000 chevaux, 38 canons)

d’après les dessins de Holk (7 brigades de 1000 h, dont 5 en première ligne, et 6 compagnies de cavalerie mixées 2 à 2, 6 compagnies de 500 piétons et 2 escadrons soit 12 compagnies de cavalerie)

Devant l’armée : 7 canons lourds à gauche et  31 canons à droite (dont 4 + 13 canons lourds au moulin)

Aile gauche, cavalerie en échelons, du centre vers l’extérieur : Gotz KUR (9), Piccolomini KUR (11), Trcka KUR (7), Holk KUR (8), Hagen ARK (12), plus manches de mousquetaires et Croates : Beygott (5),  Corpses (10), Isolano (5), Reway (5).

Centre, 1ère ligne (infanterie) : Trcka IR (7), Kehraus IR (10), Comargo IR (11), Grana IR (8), Waldstein IR (11), Trcka DR (5) dans le moulin.

Centre, 2nd ligne :  Alt-Saxon IR (8) et Colloredo IR (7) encadrés par escadrons de Westrumb CR (2) et Tontinelli CR (4).

Centre, 3ème ligne : Mansfeld IR (5), Baden IR (8), Jg-Breuner IR (5), Jg-Breuner IR (10), Alt-Breuner IR (10), encadrés par Lohe KUR (6) et Drost ARK (5) à gauche et Westfalen KUR (10) à droite.

Aile droite, cavalerie : Hatzfeld KUR (6), Goschutz ARK (5+5), Leittersheim ARK (10), Desfurs KUR (6) plus manches de mousquetaires.

 

2- L’armée impériale à Lützen selon Brzezinski : 12,000 hommes (7000 fantassins, 4850 chevaux, 34 canons), aussi réalisé d’après les dessins de Holk (7 brigades de 1000 h, dont 5 en première ligne, et 6 compagnies de cavalerie mixées 2 à 2, 6 compagnies de 500 piétons et 2 escadrons soit 12 compagnies de cavalerie)

Aile gauche (cavalerie en échelons, flanquant les 3 lignes du centre en 4 escadrons plus croates) : Croates (Isolano 5, Beygott 5, Corpses 10, Revay 5), Gotz KUR (9), Piccolomini ARK (12), Leutersheim ARK (6), Lohe KUR (5) et Loyers ARK (5), manches de mousquetaires.

Centre 1ère ligne (infanterie et artillerie) : Comargo IR (10), GFZM Breuner IR (13), Breuner&Grana IR (10+8), Colloredo&Chiesa IR (7+?), Waldstein&Alt-Saxen IR (11+8), 34 canons (dont 17 canons lourds au moulin).

Centre 2ème ligne : Tontinelli ou Lindelo KUR (6), Westfalen KUR (10), BredaKUR/ARK en 3 escadrons.

Centre 3ème ligne (infanterie) : Baden IR (8), Jg-Breuner IR (10), en 2 bataillons, avec Compagnies de mousquetaires commandés  en soutien, derrière.

Centre 4ème ligne (cavalerie) : Goshütz ARK (5) et WestrumbARK (3) en 2 escadrons.

Aile droite (cavalerie en échelons, en 4 escadrons plus croates, du centre vers la droite) : Croates, Holk KUR (6), Trcka KUR (4) & Desfours KUR (6), Hagen ARK (13) et Drost ARK (5), manches de mousquetaires.

L’infanterie et la cavalerie de Pappenheim arrivent vers midi en renfort : régiments d’infanterie Gil de Haes, Goltz, Moriamez, Pallant, Reinach et Würzburg ; régiments de cavalerie Bönninghausen, Sparr et Lamboy, dragons, croates de Batthyanyi et Orossy.

3- Gualdo Priorato : 32,500 hommes sans Pappenheim

Aile gauche : 28 escadrons de Croates (Isolani) , 30 escadrons de cuirassiers (derrière) et 10 escadrons de Croates (encore derrière).

Centre : artillerie, 1 gros bataillon de 25 compagnies  (4 régiments : Bertaut-Waldstein, Chiesa, Colloredo, Savelli) et 7 canons  en première ligne,  2 bataillons totalisant 32 compagnies (5 régiments: Galas, Grana, Holck, Geysa, Breuner) en deuxième ligne, 1 bataillon à 22 compagnies regroupant 4 régiments (Walstein, Contrès, Fugger, Lauenbourg) en troisième ligne avec, à sa droite, 1 gros bataillon à 16 compagnies (3 régiments : Dohna, Montecuccoli, Tersica).

Aile droite : 17 canons près des moulins, 24 escadrons de Cuirassiers (régiments Gonzague, Strozzi et Coronino) avec “maniches” de mousquetaires en première ligne, suivis de 2 gros escadrons en deuxième ligne (régiments Colloredo, Reichemberg, Sparr, Schaumbourg et Officutz), suivi de 15 escadrons de dragons (Forgatz) et Croates en troisième ligne.

Remarques : Holk est un régiment de cuirassiers et non d’infanterie. Coronini & Gonzague  sont des régiments d’infanterie et non de cavalerie. Montecuccoli serait un régiment de cavalerie et non d’infanterie, de même que Tersica (Trcka), tout au moins sur cette aile.

Gualdo s’est clairement inspiré de la carte du Theatrum Europaeum pour reconstituer l’ordre de bataille impérial.

 

4- Abelinus (Theatrum Europaeum) : 40,000 hommes

Aile gauche

Première ligne : 1 troupe/compagnie (truppen) de croates, 3 escadrons de cavalerie. Seconde ligne identique (1 unité de croates et 3 escadrons de cavalerie).

Centre

Quatre gros bataillons (brigada) en losange (1-2-1). 7 canons devant le premier bataillon/brigade.

Aile gauche

2 escadrons de cavalerie l’un derrière l’autre. Derrière les moulins : 2 escadrons de cavalerie mêlés à des mousquetaires, un gros bataillon d’infanterie (brigade) puis 2 escadrons de cavalerie. 14 canons devant les 4 moulins.

 

 

Stéphane Thion

Légende :

IR : Régiment d’infanterie ; DR : régiment de Dragons ; KUR : Régiment de cuirassiers ; ARK : Régiment d’Arquebusiers à cheval.

Sources :

Abelinus, Theatrum Europaeum ;

Gualdo Priorato, L’Histoire des dernières campagnes et négociations de Gustave Adolphe en Allemagne (traduit de l’italien en 1772)

Brzezinski, Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign ;

Guthrie, Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press ;

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