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L’armée impériale à Lützen (16 novembre 1632) selon différentes sources

L’armée impériale à Lützen (16 novembre 1632) selon différentes sources

1- L’armée impériale à Lützen selon Guthrie : 17,000 hommes (9900/10000 fantassins, 6900/7000 chevaux, 38 canons)

d’après les dessins de Holk (7 brigades de 1000 h, dont 5 en première ligne, et 6 compagnies de cavalerie mixées 2 à 2, 6 compagnies de 500 piétons et 2 escadrons soit 12 compagnies de cavalerie)

Devant l’armée : 7 canons lourds à gauche et  31 canons à droite (dont 4 + 13 canons lourds au moulin)

Aile gauche, cavalerie en échelons, du centre vers l’extérieur : Gotz KUR (9), Piccolomini KUR (11), Trcka KUR (7), Holk KUR (8), Hagen ARK (12), plus manches de mousquetaires et Croates : Beygott (5),  Corpses (10), Isolano (5), Reway (5).

Centre, 1ère ligne (infanterie) : Trcka IR (7), Kehraus IR (10), Comargo IR (11), Grana IR (8), Waldstein IR (11), Trcka DR (5) dans le moulin.

Centre, 2nd ligne :  Alt-Saxon IR (8) et Colloredo IR (7) encadrés par escadrons de Westrumb CR (2) et Tontinelli CR (4).

Centre, 3ème ligne : Mansfeld IR (5), Baden IR (8), Jg-Breuner IR (5), Jg-Breuner IR (10), Alt-Breuner IR (10), encadrés par Lohe KUR (6) et Drost ARK (5) à gauche et Westfalen KUR (10) à droite.

Aile droite, cavalerie : Hatzfeld KUR (6), Goschutz ARK (5+5), Leittersheim ARK (10), Desfurs KUR (6) plus manches de mousquetaires.

 

2- L’armée impériale à Lützen selon Brzezinski : 12,000 hommes (7000 fantassins, 4850 chevaux, 34 canons), aussi réalisé d’après les dessins de Holk (7 brigades de 1000 h, dont 5 en première ligne, et 6 compagnies de cavalerie mixées 2 à 2, 6 compagnies de 500 piétons et 2 escadrons soit 12 compagnies de cavalerie)

Aile gauche (cavalerie en échelons, flanquant les 3 lignes du centre en 4 escadrons plus croates) : Croates (Isolano 5, Beygott 5, Corpses 10, Revay 5), Gotz KUR (9), Piccolomini ARK (12), Leutersheim ARK (6), Lohe KUR (5) et Loyers ARK (5), manches de mousquetaires.

Centre 1ère ligne (infanterie et artillerie) : Comargo IR (10), GFZM Breuner IR (13), Breuner&Grana IR (10+8), Colloredo&Chiesa IR (7+?), Waldstein&Alt-Saxen IR (11+8), 34 canons (dont 17 canons lourds au moulin).

Centre 2ème ligne : Tontinelli ou Lindelo KUR (6), Westfalen KUR (10), BredaKUR/ARK en 3 escadrons.

Centre 3ème ligne (infanterie) : Baden IR (8), Jg-Breuner IR (10), en 2 bataillons, avec Compagnies de mousquetaires commandés  en soutien, derrière.

Centre 4ème ligne (cavalerie) : Goshütz ARK (5) et WestrumbARK (3) en 2 escadrons.

Aile droite (cavalerie en échelons, en 4 escadrons plus croates, du centre vers la droite) : Croates, Holk KUR (6), Trcka KUR (4) & Desfours KUR (6), Hagen ARK (13) et Drost ARK (5), manches de mousquetaires.

L’infanterie et la cavalerie de Pappenheim arrivent vers midi en renfort : régiments d’infanterie Gil de Haes, Goltz, Moriamez, Pallant, Reinach et Würzburg ; régiments de cavalerie Bönninghausen, Sparr et Lamboy, dragons, croates de Batthyanyi et Orossy.

3- Gualdo Priorato : 32,500 hommes sans Pappenheim

Aile gauche : 28 escadrons de Croates (Isolani) , 30 escadrons de cuirassiers (derrière) et 10 escadrons de Croates (encore derrière).

Centre : artillerie, 1 gros bataillon de 25 compagnies  (4 régiments : Bertaut-Waldstein, Chiesa, Colloredo, Savelli) et 7 canons  en première ligne,  2 bataillons totalisant 32 compagnies (5 régiments: Galas, Grana, Holck, Geysa, Breuner) en deuxième ligne, 1 bataillon à 22 compagnies regroupant 4 régiments (Walstein, Contrès, Fugger, Lauenbourg) en troisième ligne avec, à sa droite, 1 gros bataillon à 16 compagnies (3 régiments : Dohna, Montecuccoli, Tersica).

Aile droite : 17 canons près des moulins, 24 escadrons de Cuirassiers (régiments Gonzague, Strozzi et Coronino) avec “maniches” de mousquetaires en première ligne, suivis de 2 gros escadrons en deuxième ligne (régiments Colloredo, Reichemberg, Sparr, Schaumbourg et Officutz), suivi de 15 escadrons de dragons (Forgatz) et Croates en troisième ligne.

Remarques : Holk est un régiment de KUR et non d’infanterie. Coronini & Gonzague  sont des régiments d’infanterie et non de cavalerie. Montecuccoli serait un régiment de cavalerie et non d’infanterie, de même que Tersica, tout au moins sur cette aile.

Gualdo s’est clairement inspiré de la carte du Theatrum Europaeum pour reconstituer l’ordre de bataille impérial.

 

4- Abelinus (Theatrum Europaeum) : 40,000 hommes

Aile gauche

Première ligne : 1 troupe/compagnie (truppen) de croates, 3 escadrons de cavalerie. Seconde ligne identique (1 unité de croates et 3 escadrons de cavalerie).

Centre

Quatre gros bataillons (brigada) en losange (1-2-1). 7 canons devant le premier bataillon/brigade.

Aile gauche

2 escadrons de cavalerie l’un derrière l’autre. Derrière les moulins : 2 escadrons de cavalerie mémés à des mousquetaires, un gros bataillon d’infanterie (brigade) puis 2 escadrons de cavalerie. 14 canons devant les 4 moulins.

 

 

Stéphane Thion

Légende :

IR : Régiment d’infanterie ; DR : régiment de Dragons ; KUR : Régiment de cuirassiers ; ARK : Régiment d’Arquebusiers à cheval.

Sources :

Abelinus, Theatrum Europaeum ;

Gualdo Priorato, L’Histoire des dernières campagnes et négociations de Gustave Adolphe en Allemagne (traduit de l’italien en 1772)

Brzezinski, Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign ;

Guthrie, Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press ;

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

1- OdB suédois selon Guthrie (Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press)

Effectif : 19,150 hommes (12,950 fantassins et 6,210 cavaliers, 60 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Domhoff/Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (10950 fantassins, 20 canons lourds, 24 canons légers).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1287), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte  (1748), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne : Brigade Bose (1438), brigade Knyphausen (1120), brigade Thurn (1252), brigade Mitzlaff (1546), Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne : Stalhansk CR (500), Stoop CR (400), Sack CR (200), Silversparre CR (250), Sperreuter CR (100), Stenbock CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne : Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160)

 

2- OdB suédois selon Brzezinski (Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign)

Effectif : 20,900 hommes (14,700 fantassins et 6,210 cavaliers, 50 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne (de droite à gauche) : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (12,700 fantassins).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1581), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte Weimar (2036), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Brigade duc Wilhelm/Bose (1726), brigade Knyphausen blanche (1120), brigade Thurn (1832), brigade Mitzlaff (1834). En réserve, derrière : Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne (de droite à gauche) : Stalhansk (finnois) CR (500), Västgota CR (400), Södermanland CR (200), Uppland CR (250), Östagota CR (100), Smäland CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne (de droite à gauche) : duc Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160).

Artillerie : 20 canons = 10 pièces de 3 livres sur chaque aile avec les mousquetaires commandés).

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

Voici l’ordre de bataille suédois à Lützen selon plusieurs sources d’époque :

1- L’armée suédoise à Lützen selon Abelinus (C’est à dire selon le journal de l’époque Theatrum Europaeum) :

Aile gauche (Bernard de Saxe-Weimar)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires du régiment Stüctlein avec 20 canons.

Deuxième ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Centre

Première ligne (de droite à gauche) : Wisenburg à la tête d’une ligne de 4 brigades : Brigade suédoise, brigade jaune, brigade bleue, brigade Weimar (verte), 4 batteries de 5 canons.

Deuxième ligne : Knyphausen à la tête d’une ligne de 4 brigades d’infanterie.

Aile droite (Gustave-Adolphe)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires avec 19 canons.

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Total : 20 000 hommes

2-  L’armée suédoise à Lützen selon Gualdo Priorato (contemporain des faits mais non présent à Lützen)

Aile gauche

3,000 cavaliers “goths” et finlandais en 6 escadrons et commandés par les colonels Wansleben, Ruthwin et Vitzthum. Cinq pelotons (maniche) de mousquetaires étaient distribués entre ces escadrons.

Seconde ligne : 5 escadrons, précédés de leurs colonels qui marchaient accompagnés de gentilshommes volontaires tous bien montés et bien armés.

Centre

Venaient ensuite 4 gros bataillons d’infanterie allemande et suédoise, assez espacés entre eux : c’étaient les deux brigades noire et jaune, en 28 enseignes, auxquels étaient joints les brigades bleue et verte formées de 18 compagnies des régiments de Winckel et Relingen et de celui de Bernard de Weimar en 26 enseignes.

Au corps de bataille étaient 4 autres bataillons étendus sur un large front et disposés derrière les premiers en 34 compagnies d’infanterie des régiments de Stechnitz, Brandtstein, Loewenstein, Steinbach et Anhalt.

En seconde ligne : l’arrière-garde commandée par le maréchal Kniphausen était de 52 compagnies d’infanterie partagés en 8 gros bataillons, 4 de forme carrée et 4 étendus sur un large front, composés des régiments étrangers de Mitzlaff, Geisdorf, Thurn ou la Tour, Hesse, Kniphausen, Hoffkirch et Guillaume de Weimar.

Aile droite

3,000 hommes de cavalerie allemande en 6 escadrons comme ceux de la droite, commandés par le duc Bernard de Weimar, suivis de gentilhsommes volontaires. Cinq pelotons de mousquetaires flanquaient ces escadrons et y étaient mêlés à même intention qu’à l’aile droite. C’est là qu’étaient les 22 escadrons de la garde royale, et les régiments de Karberg, Churlander (Courlandais), Wrangel (en fait, même régiment que Courlande), Wishaufen (Diesenhausen) et Courville.

5 escadrons conduits par les colonels Oemens, Boosse ou Boosen, Iseler et Agafelt ou Degenfelt, commandés par le lieutenant-général baron de Hoffkirch, étaient entremêlés de mousquetaires.

L’artillerie était distribuée sur le front de la première ligne : 26 pièces de gros canon devant l’infanterie, et 20 pièces de campagne devant chaque aile chargées à cartouche.

3L’armée suédoise à Lützen selon De La Gardie (Archives suédoises)

Effectif : 14 499 piétons (blessés compris, 13 822 sans les blessés) et 9260 cavaliers (6210 cavaliers effectifs)

Infanterie (#compagnies) # Mousquets #Piques #Officiers #Total
Guardie (1) 45m 38p 12o off (Gardes, avec rgt Nilses)
Gr. Nilses (16) 610m 324p 192 off 1221 (brigade jaune – Nils Brahe)
Winckels (16) 486m 432p 192 off 1110 (brigade bleue – old blue)
Er. Hands (8) 465m 267p 96 off 848 (brigade suédoise bleue)
Carl Hårds (8) 447m – 96 off 543 (brigade suédoise bleue)
Finnar (4) 156m – 48 off 204 (Finnar = Finnois = Finnish – brigade suédoise bleue)
Knyphausen (12) 708m 270p 142 off 1120 (brigade blanche)
Mitzlafwes (12) 342m 198p 142 off 682 (brigade Mitzlaff)
Rossows (8) 366m 168p 96 off 630 (brigade Mitzlaff)
Giersdorffs (8) 330m 96p 96 off 522 (brigade Mitzlaff)
Gr. v. Thurn (8) 240m 144p 96 off 480 (brigade Thurn)
Gr. v. Isenburg (8) 120m 54p 96 off 270 (brigade Thurn)
Gr. v. Erpack (8) 144m 18p 96 off 258 (Erbach – brigade hessoise)
Gr. v. Eberstens (12) 216m 144p 142 off 502 (brigade hessoise)
Yslors (12) 144m 36p 142 off 322 (Uslar – brigade hessoise)
Hert. Wilhelms (12) 276m 78p 142 off 496 (brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Posens (8) 540m 156p 96 off 792 (Bose ? – brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Pforts (8) 306m 84p 48 off 438 (Pforte – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Vidtstrumbs (8) 150m 24p 96 off 270 (Vitzthum – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Hert. Bernh. (12) 396m 210p 142 off 748 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Leslies (16) 360m 24p 192 off 576 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Willteust. (12) 468m 102p 142 off 712 (Wildenstein – brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Brandenstein (4) 198m – 48 off 246 (mousquetaires commandés)
Gr. v. Launst. (7) 600m – 84 off 684 (Löwenstein – mousquetaires commandés)
Joh. Hindriks (4) 180m – 48 off 228 (Henderson – réserve)
total : 8293 mousquets, 2867 piques, 3592 officiers, 13 882 hommes, 14 499 hommes avec les blessés

Cavalerie (# compagnies) – Je ne sais pas à quoi corresponde les deux chiffres, le premier correspond peut-être à l’effectif total, blessés compris, ou aux chevaux.
Uppland (4) 300 250
Ohms (8) 450 300
Södermanland (4) 250 200
Östgöta (4) 200 100
Westgöta ou Västgöta (8) 600 400
Småland (8) 600 400
Finnar (Finnois) (8) 800 500
Frans v. Talby 75 50
Cort. v. Talby 150 100
T. Albrecht Yssler 75 50
Verkermans (4) 225 150
Hert. Bernhard (12) 750 500
Rostens 270 180
Lifland (Livoniens) (8) 450 300
Bullasch (8) 180 120
Carlbergs (8) 330 220
Georg Yssler (Uslar) 240 160
Courville (4) 450 300
Golstens (Goldstein) (8) 225 150
Stecknitz 120 80
Hert. Wilhelms (12) 180 120
Anhaltiske (8) 450 300
Curländer (4) 345 230
Hofkirks (12) 525 350
Steinbachs (4) 300 200
Lauensteins (Löwenstein) (6) 300 200
Brandenstein (4) 450 300
Total 9290 6210
Dragons 600
Total 6810

 

Stéphane Thion

L’armée espagnole à Rocroi (mai 1643)

L’armée espagnole à Rocroi (mai 1643)

A Rocroi, l’armée des Flandres est commandée par don Francisco de Mello. Le duc d’Albuquerque vient d’en être nommé général de la cavalerie et Alvaro de Mello, frère de Francisco, en est le général de l’artillerie. Cette armée est scindée en plusieurs corps : l’armée de Brabant, commandée par don Andrea Cantelmo ; un corps rassemblé en Hainaut, commandé par le comte de Bucquoy ; un corps rassemblé du côté de Namur, commandé par Issembourg et un corps destiné à défendre le Luxembourg et à secourir la Bourgogne, commandé par le baron Beck. L’armée de France sera constituée à partir des corps de Bucquoy et d’Issembourg, et le comte de Fontaine sera nommé mestre de camp général de cette armée. Pour la bataille, le sergent-major de bataille, équivalent au maréchal de bataille français, sera don Jacinto de Vera.

Ci-dessus : Etat-Major espagnol à Rocroi (Aquarelle de K.A. Wilke)

L’infanterie d’Espagne

Les tercios seront, durant les guerres de Quatre-vingt et de Trente ans, le bras armé du roi d’Espagne. Et les tercios viejos en sont les unités les plus redoutées.

Un tercio compte, depuis 1632, 12 compagnies de 250 hommes, ou 15 compagnies de 200 hommes pour un tercio levé en dehors de la péninsule ibérique, soit un effectif total  de 3 000 hommes. L’ordonnance de 1632 tolère les tercios à 20 compagnies et en pratique certains auront jusqu’à 26 compagnies. Mais aucun de ces tercios n’atteindront l’effectif théorique de 3 000 hommes. Une compagnie au complet doit compter 11 officiers (un capitaine et son page, un alférez, un enseigne ou abanderado, un sergent, deux tambours, un fifre, un fourrier, un barbier et un chapelain) et 239 soldats dont 90 piquiers en cuirasse (coseletes), 89 arquebusiers et 60 mousquetaires. Dix caporaux (cabos de escuadra) font parti de ce total. La compagnie de 200 hommes doit compter, pour sa part, 70 piquiers coseletes, 90 arquebusiers et 40 mousquetaires. L’état-major permanent du tercio comprend, en plus du mestre de camp, 7 officiers supplémentaires. L’habitude prise par les fantassins de toutes nations d’alléger leur équipement, en se débarrassant de leurs cuirasses et en raccourcissant leurs piques, n’est pas du goût des autorités et l’ordonnance de 1632, modifiée l’année suivante, tente désespérément d’endiguer cette pratique. Elle prévoit cependant que les piquiers moins biens équipés soient placés dans les rangs arrières.

 

Certains tercios sont permanents, ou fixes, comme les régiment entretenus français. Les principaux tercios fixes de l’armée de terre sont (avec le nom de leur mestre de camp en 1643), les tercio viejo de los Estados de Flandes (comte de Garcies), tercio viejo de los estados de Brabante (comte de Villalba), tercio viejo de los Estados de Holanda (duc d’Albuquerque puis Baltasar Mercader), tercio fijo de Napoles (prince d’Ascoli), tercio fijo de Lombardia (Antonio de Velandia), tercio fijo de Sicilia (Francisco de Castilla), et le tercio de Saboya (Vicente Monsoriu). La Marine peut de son côté compter sur ses propres tercios stationnés en Espagne, à Naples et en Sicile.

Aux tercios purement espagnols s’ajoute l’infanterie dite des nations, levée dans les territoires dépendant de la couronne d’Espagne : Flandre, Bourgogne, Sicile, Naples et Lombardie. Les tercios italiens et bourguignons suivent la même organisation que les tercios espagnols, soit 12 compagnies de 250 hommes. Les tercios wallons suivent pour leur part l’organisation des tercios espagnols des Flandres, soit 15 compagnies de 200 hommes. Mais chaque compagnie wallonne compte théoriquement 12 officiers, 46 piquiers et 142 mousquetaires. Les règlements pour faire recrue de nation wallonne prescrivent que chaque mestre de camp doit nommer, pour chaque compagnie, un officier, deux vieux soldats et un tambour, et les envoyer aux quartiers qui leurs seront désignés. Les recrues devront être effectuées dans les pays de Hainaut, de Brabant, de Lille, de Flandre, d’Oudenarde et de Bergue. « Tous maîtres de camp soigneront sérieusement que pendant le temps de ces quarante jours, ils fassent bien ajuster les mousquets et armes à feu de leurs vieux soldats, et pour les piques ils prendront le patron de la longueur et des fers accordés avec Herscamp, marchant de Namur, dont chaque maistre de camp envoyera quérir un patron pour à l’avenant armer les piquiers de son tercio. (…) Tous les maistres de camp seront avertis qu’ils ne pourront enrôler en leurs tercios pour arquebusiers que des forts et robustes garçons, et ne soient plus jeunes que de dix-sept à dix-huit ans. » Les régiments allemands et lorrains au service de l’Espagne sont organisés sur le modèle allemand, en 10 compagnies de 250 ou 300 hommes.

Il s’agit là bien sûr d’effectifs théoriques, peut-être atteints par certains régiments nouvellement levés. En pratique, les effectifs réels s’en éloignent rapidement. En 1634, pour la campagne de Nördlingen, le tercio d’Idiaquez ne compte que 1 800 hommes pour 26 compagnies et le tercio de Fuenclara, 1 450 hommes pour 17 compagnies. De fait, les escadrons espagnols, équivalent aux bataillons français, ne dépasseront que rarement le millier d’hommes. Ils se déploient maintenant comme leurs homologues des autres nations, sur 6 à 8 rangs, les piques formant le bloc du centre, arquebuses et mousquets disposés sur leurs flancs.

Les hommes d’un tercio ne reçoivent leur solde que par tiers. Un tiers au début du mois et le second tiers quinze jours plus tard. Le troisième tiers est retenu pour l’achat de la poudre, des mèches et l’entretien ou le remplacement des équipements. Don Bernardino de Mendoza affirmait que le soldat espagnol diffère de celui des autres nations parce qu’il réclame sa solde uniquement après avoir combattu.

La cavalerie de Philippe IV

La cavalerie d’Espagne ne bénéficie pas de la même réputation que l’infanterie. Et la part des nations au sein de la cavalerie du roi d’Espagne n’en est que plus importante. La cavalerie espagnole dépend d’un capitaine général, assisté d’un lieutenant général, de quatre adjudants, et d’un fourrier-major. Mais, jusqu’à 1642, elle ne bénéficie d’aucune organisation régimentaire. Les compagnies de 25 à 40 chevaux sont regroupées de façon temporaire par des commissaires généraux. Pour combattre, elles sont réunies en escadrons commandés par le plus ancien des capitaines. La cavalerie des nations est pour sa part organisée en régiments regroupant de 5 à 10 compagnies, commandés par un colonel assisté d’un lieutenant-colonel, d’un sergent-major et d’adjudants. La cavalerie espagnole sera aussi organisée en régiments à partir de 1642, apparemment en régiments de 6 compagnies de 100 chevaux.

Les caballos corazas, similaires aux chevaux légers français, forment le corps de cette cavalerie. Comme pour leurs homologues français, l’équipement des cavaliers s’est allégé durant les années 1630, ne consistant plus qu’en une cuirasse à l’épreuve du pistolet, portée sur un buffle, deux pistolets d’arçon et une salade (ou pot). En 1648, Grammont rapporte dans ses Mémoires que les escadrons espagnols, qui s’apprêtent à recevoir la charge de la cavalerie française, « n’avaient point l’épée à la main, mais comme tous les cuirassiers espagnols portent en Flandre des mousquetons, ils les tenaient en arrêt sur la cuisse, de même que si c’eut été des lances ». Rien ne semble donc maintenant les distinguer des arquebusiers à cheval. Les compagnies de gardes, que ce soient celles du gouverneur, du général de la cavalerie ou du lieutenant général, sont probablement mieux équipées, à l’image des gendarmes français. Le gouverneur des Flandres possède deux compagnies particulières de gardes, une compagnie d’arquebusiers et une compagnie de lanciers. Les Espagnols resteront en effet la dernière nation d’Europe occidentale à utiliser des lanciers, même si on ne les trouve plus, en 1643, qu’au sein de cette compagnie de gardes.

L’artillerie

Selon Diego Ufano Velasco, l’artillerie espagnole ne compte plus, depuis 1609, que quatre calibres : le canon tirant 40 livres de balles, le demi-canon tirant 24 livres de balles, le quart de canon tirant 10 livres de balles et le quint de canon – auquel on peut substituer la quart de couleuvrine – tirant 5 livres de balles. Cette artillerie se révélera mieux servie que celle de son adversaire.

Ci-dessus et ci-dessous : 2 variantes du drapeau du tercio d’Albuquerque.

Stéphane Thion

(Illustrations de Daniel Cabrera-Pena).

La seconde bataille de Breitenfeld (2 novembre 1642)

La seconde bataille de Breitenfeld (2 novembre 1642)

Baner meurt en 1641 et Lennart Torstensson lui succède à la tête de l’armée suédoise. Son premier chantier est de remonter le moral et la discipline de ses troupes, le laissant sur la défensive, pendant que Wrangel lève des troupes en Suède. Face à lui, les impériaux, commandés par l’archiduc Leopold Wilhelm dont l’inexpérience lui avait fait adjoindre le prince Ottavio Piccolomini, essaye de le provoquer, sans succès.

Le 20 octobre 1642, Torstensson, rejoint par Wrangel et Konigsmark, met le siège devant Leipzig après avoir traversé l’Elbe. Leopold et Piccolomini se portent alors au secours de la ville à marche forcée. Mais Torstensson vient à leur rencontre, le 22 octobre, et dispose son armée à l’ouest, face aux villages de Lidenthal et Breitenfeld. L’armée impériale se déploie alors face à lui.

L’armée impériale s’établit à quelque 16 000 cavaliers (dont près de 5 000 Croates, Cosaques & Hongrois) en 71 escadrons (dont 16 escadrons de Croates, Cosaques & Hongrois), 10 000 fantassins en 10 brigades et 46 pièces d’artillerie.

L’armée suédoise s’établit à 10 000 cavaliers en 51 escadrons, à 10 000 fantassins en 11 brigades, 29 détachements de 40 mousquetaires et 70 canons (18 pièces lourdes & 52 pièces légères de bataillon).

 

L’armée Impériale

Général en chef : Archiduc Leopold Wilhelm de Habsbourg, assisté du lieutenant général prince Ottavio Piccolomini

Aile droite – H. Gonzaga

Premier échelon (Bruay) : 6 régiments de demi-cuirassiers en 13 escadrons (régiments Mislik, Alt-Piccolomini, Bruay, Montecuccoli, La Corona Traga).

Second échelon (Borneval) : 8 régiments de demi-cuirassiers en 10 escadrons (Gardes du corps de l’Archiduc, Gardes du corps de Piccolomini, régiments Spiegel, Lutthe, Wolframsdorf, Capaun, Alt-Nassau et Borneval) , 1 régiment d’arquebusiers en 1 escadron (régiment Munster).

Flanqueurs : 8 escadrons de Croates & Cosaques.

Centre – Suys

Centre-gauche (Fernemont & Webel) : 5 « brigades » (bataillons) d’infanterie en deux échelon (3 devant & 2 derrière, régiments Sax-Lauenburg, Moncado, Gardes de l’Archiduc, Fernemont et Wachenheim).

Centre-droit (C. Gonzaga) : 6 « brigades » d’infanterie en deux échelons (3 devant & 3 derrière, régiments Caretto, Enkefort, Webel, Suys, Gonzaga et Ranfft), dont une brigade wallone (régiment Suys) en premier échelon .

Artillerie :  4 pièces de 12 livres, 2 pièces de 6 livres et 20 pièces d’artillerie régimentaire (3 livres).

Réserve (Suys) : 5 régiments de demi-cuirassiers (régiments Nicola, Novery, Gissenburg, et Desfours), 1 régiment d’arquebusiers (Grodetzky) et 1 régiment de dragons  (Paconchay) en 8 escadrons sur deux échelons : 3 escadrons de demi-cuirassiers et 1 escadron d’arquebusiers en premier échelon, 3 escadrons de demi-cuirassiers et 1 escadron de dragons en second échelon.

Aile gauche – Puchheim

Premier échelon (Nicola) : 8 régiments de demi-cuirassiers en 11 escadrons (régiments Pompeji, L; Gonzaga, Vorhauer, Wintz, Jung, Jung-Heister, Alt-Heister et Nicola) et 1 régiment d’arquebusiers à cheval en 1 escadron (Madlo).

Second échelon (Schleinitz) : 6 régiments de demi-cuirassiers – dont 4 saxons – en 8 escadrons (régiments Burksdorf, Lammersdorf, régiments saxons Callenberk, Knoche, Hanau et Schleinitz), 1 régiment d’arquebusiers en 1 escadron (Warlowsky) et 2 régiments de dragons en 2 escadrons (Gall de Burke et Gallas).

Flanqueurs : 8 escadrons de Croates et Hongrois.

Pour LM Tercios :

Les demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry  (ou modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez Kingdom) et les arquebusiers montés sont mounted arquebusiers. Deux des escadrons de cuirassiers (Les gardes du corps de l’Archiduc et de Piccolomini) sont elite. Les demi-cuirassiers saxons peuvent aussi être considérés mercenaries. Les dragons sont dragoons. Croates et cosaques son light horse, pistol, mercenaries.

Les brigades d’infanterie sont tous des classic squadrons modernised, musket only. Chaque brigade d’infanterie possède la règle regimental gun.

Artillerie : les 6 canons de 6 et 12 livres sont artillerie moyenne. Prendre un canon pour 2 pièces réelles.

 

L’armée Suédoise

Général en chef : feld marshal Lennart Torstensson

Aile droite – Wittenberg

Premier échelon (Wittenberg) : 5 régiments de demi-cuirassiers allemands (Gardes du corps de Torstensson, régiments Hesse, Duval, Hoking et Kinsky)) en 14 escadrons, 13 détachements de 40 mousquetaires  avec 1 pièce d’artillerie légère par détachement.

Second échelon (Stalhansk)  : 3 régiments de demi-cuirassiers allemands (régiments Derfflinger, Wittkopt et H. Wrangel) et 1 régiment de demi-cuirassiers polonais en 10 escadrons (dont 2 escadrons de Polonais).

Centre  – Lilliehook

Centre-gauche (K.G. Wrangel) : 4 brigades d’infanterie en deux échelons (2 et 2, régiments K.G. Wrangel et Mortaigne devant, Axel Lillie et Schlieben derrière). Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Centre-droite (Mortaigne) : 4 brigades d’infanterie en deux échelons (2 et 2, régiments Lilliehook et Baner devant, Pfuhl et Jeschwitski derrière). Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Réserve en 3e échelon (Axel Lillie) : 3 brigades d’infanterie (régiments Maul, Plettenberg et Alt-Blau), 3 escadrons de demi-cuirassiers. Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Artillerie lourde et moyenne : 8 pièces de 24 livres et 10 pièces de 12 livres. Artillerie légère accompagnant l’infanterie : 19 pièces de 3 livres au total (déjà comptabilisée ci-dessus).

Aile gauche – Königsmark

Premier échelon (Schlang) : 10 régiments de demi-cuirassiers allemands en 19 escadrons (régiments Stalhansk, Wittenberg, Cratzenstein, Douglas, Billinghausen, Schulmann, Pfuhl, Seckendorf et Mitzlaff), 16 détachements de 40 mousquetaires  avec 1 pièce d’artillerie légère par détachement.

Second échelon (Königsmark)  : 2 régiments de demi-cuirassiers allemands en 5 escadrons (régiments Tiderman et Lilliehook).

Pour LM Tercios :

Les demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry (ou modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez Kingdom). les Gardes du corps de Torstensson sont elite.

Les mousquetaires commandés de l’armée suédoise sont musketeer companies, commanded shot : regrouper les 29 détachements en 4 unités de musketeer companies.

Les brigades d’infanterie sont reformed bataillons (depuis la mort de Gustave adolphe, la “brigade suédoise” n’est plus adoptée). Le régiment bleu (Alt-Blau) est veteran.

Toutes les brigades d’infanterie et les compagnies de mousquetaires disposent de la règle canon régimentaire (regimental gun), c’est à dire qu’elles ont toutes un canon léger faisant partie de l’unité.

L’artillerie se décompose en 8 pièces d’artillerie lourde et 10 pièces d’artillerie moyenne. Prendre un canon pour 2 pièces réelles.

 

Simuler cette grande bataille à LM Tercios :

Nous n’avons pas d’effectifs estimés pour cette bataille. L’armée impériale est estimée à 16 000 cavaliers pour 71 escadrons et 10000 fantassins pour 10 brigades, plus 46 pièces d’artillerie. Les escadrons sont donc en moyenne de 225 chevaux et les brigades de 1000 hommes.

L’armée suédoise est estimée à 10 000 cavaliers pour 51 escadrons et 10 000 fantassins pour 11 brigades, 29 détachements de mousquetaires et 60 pièces d’artillerie au total (y compris les 29 pièces légères accompagnant les détachements de mousquetaires). Les escadrons sont donc en moyenne de 200 chevaux et les brigades de 800 hommes. Les 29 détachements de mousquetaires sont de 40 hommes chacun.

Dans les années 1640, les armées suédoises et impériales alignèrent une cavalerie et une artillerie très nombreuse. Ici, plus de la moitié des effectifs est formée de cavalerie. Avec plus de 50 escadrons de cavalerie et  “seulement” 10-11 brigades (i.e. bataillons) de chaque côté, il vous faudra une cavalerie nombreuse. Les escadrons de cavalerie étant de petite taille (200 chevaux en moyenne), prenez une unité de cavalerie pour 2 escadrons réels. Si cela fait encore trop d’unités, divisez le nombre d’unités par deux (soit 5 bataillons d’infanterie et 12-15 unités de cavalerie de chaque côté). L’artillerie étant aussi très nombreuse, prenez une pièce d’artillerie pour 2 voire 3 pièces réelles (hors artillerie régimentaire intégrée grâce à la règle regimental gun).

 

Déploiement

Stéphane Thion

Ordre de bataille d’après William P. Guthrie

La bataille de Lutter am Barenberg (27 août 1626)

La bataille de Lutter am Barenberg (27 août 1626)

Suite à la défaite du Rhingrave à Calenberg, en juillet 1626, et la perte de Göttingen, le roi Christian IV de Danemark concentre son armée entre Wolfenbüttel et Goslar. Alors que Tilly met le siège devant Northeim, le roi du Danemark part au secours de la ville, à la tête de 16 000 fantassins, 90 cornettes de cavalerie et 25 pièces d’artillerie. Dans un premier temps, Tilly recule devant l’avant-garde danoise puis, à partir du 22 août, ayant réuni ses forces, il reprend énergiquement l’offensive. Christian, intimidé, retraite alors vers Wolfenbüttel. Le 25 août au soir, l’avant-garde catholique rejoint l’arrière-garde du roi, ce qui donne lieu à des escarmouches. Le 26 au matin, Christian IV reprend sa retraite mais, pressé de près par l’avant-garde catholique, il doit faire face et se mettre en bataille. Il est trop tôt pour Tilly, qui doit attendre son infanterie. Après une brève canonnade, les Danois reprennent leur retraite. Le 27, alors qu’il progresse vers le défilé de Walmoden, ayant à sa gauche une colline boisé et à sa droite une plaine marécageuse qui s’étend vers Langelsheim, Christian IV fait mettre son armée en bataille, derrière un ruisseau qui se jette dans la rivière Neile, son aile droite orientée vers Muhle et dominée, derrière, par le château de Lutter.
Tilly fait arrêter son avant-garde et, en attendant que toutes ses troupes rejoignent, fait canonner l’ennemi. À midi, les deux armées se font face, alignées en bataille. Tilly lance son infanterie dans le vallon et envoie sa cavalerie contourner les ailes des danois, par «deux passages étroits». Les protestants sont déployés en trois lignes, dominant l’armée catholique. Un seul pont enjambe le ruisseau de la Neile. Christian lance alors son infanterie sur celle de Tilly qui progresse vers le vallon. Les vétérans du comte soutiennent le choc et repoussent les Danois alors que la cavalerie de des Fours est parvenue à trouver un passage, lui permettant de tomber sur les arrières protestants.

 

Armée de la Ligue Catholique
Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche (cavalerie) – Oberst de Fours

• Colonne d’Erwitte : Régiments de cuirassiers Erwitte en 1 escadron (10 compagnies, 858h) et Hebersdorff en 1 escadron (7 compagnies, 622h), régiments de cavalerie Bock en 1 escadron (5 compagnies, 525h) et Cortenbach en 1 escadron (5 compagnies, 513h).

• Colonne des Fours, à l’extrême gauche : régiment d’arquebusiers à cheval des Fours en 1 escadron (10 compagnies, 600h), régiments de cuirassiers Alt-Saxe en 1 escadron (10 compagnies, 600h) et Hausmann en 1 escadron (6 compagnies, 400h) et les Croates de Peter Gall en 1 escadron (5 compagnies, 300h).

• En réserve (bout de la colonne Erwitte) : régiments de cavalerie Assenberg en 1 escadron (6 compagnies, 587h) et Westerholt en 1 escadron (6 compagnies, 400h).

• Artillerie: 3 fauconneaux (artillerie légère).

Centre – Tilly (centre-gauche et artillerie) et Anhalt (centre-droite)

• Centre-gauche : Régiments d’infanterie Alt-Tilly en 1 bataillon (8 compagnies, 2686h), Cerboni en 1 bataillon (10 compagnies, 1000h) et Colloredo en 1 bataillon (10 compagnies, 1400h). Un détachement de 200 mousquetaires pour occuper le pont.

• Centre-droit : Régiments Herbersdoff et Herliberg (18 compagnies, 3035h) en 1 bataillon commandé par Gronsfeld, Scmidt en 1 bataillon (10 compagnies, 2121h), Gallas en 1 bataillon (10 compagnies, 2000h), Fürstenberg en 1 bataillon (13 compagnies, 2279h), Jung-Tilly en 1 bataillon (6 compagnies, 1439h).

• Artillerie (devant le régiment Alt-Tilly) : 12 pièces d’artillerie réparties en 9 demi-canons et 3 demi-couleuvrines.

Aile droite – Obers Cronberg

• Régiments de cavalerie Cronberg en 1 escadron (10 compagnies, 823h), Schönberg en 1 escadron (10 compagnies, 600h), Lindlo en 1 escadron  (6 compagnies, 625h) et 1000 mousquetaires détachés des régiments d’infanterie Herbersdoff et Herliberg.

 

Armée Danoise
Général en chef : Christian IV de Danemark

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Première ligne – Fuchs

• Régiments de cavalerie Solms en 2 escadrons (6 compagnies, 400h), Uslar en 1 escadron (6 compagnies, 300h), Geest en 1 escadron (6 compagnies, 300h), Brunswick en 2 escadrons (10 compagnies, 400h), Hesse en 1 escadron (6 compagnies, 300h) et Wersabe en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Lohausen (régiment bleu danois à 20 compagnies plus 1 Leib compagnie, 3200h) en 3 bataillons, régiment Kaas en 1 bataillon (1000h) et régiment Linistrow (ou Linsdorf) en 2 bataillons (12 compagnies, 2000h).

• Artillerie : 22 canons (artillerie moyenne) sur la colline.

Seconde ligne – Christian IV de Danemark

• Régiments de cuirassiers Royal-Leib en 1 escadron (1 compagnie, 300h), Royal-Leib arquebusiers en 2 escadrons de 5 compagnies (10 compagnies, 600h), Freytag en 2 escadrons de 5 compagnies (10 compagnies, 600h) et Baudissin en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Kruse (régiment rouge danois à 20 compagnies, 2800h) en 3 bataillons, Frenkin en 1 bataillon (12 compagnies, 1000h), Riese et Rantzau en 1 bataillon (3 compagnies et 500h chacun) et Ungefugt (ou Ongewigt) en 1 bataillon (700h).

Troisième ligne – Rhingrave

• Régiments de cavalerie Erbott en 1 escadron (5 compagnies, 300h), Rhingrave en 2 escadrons (10 compagnies, 600h), et Courville en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Limbach en 1 bataillon (12 compagnies, 800h), Solms en 1 bataillon (600h), Schlammersdorf en 1 bataillon (800h), Gotzen en 1 bataillon (700h), un bataillon suédois (700h) et 1 bataillon de volontaires (700h).

 

Jouer la bataille avec LM Tercios

Les régiments de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les régiments de cavalerie sont modern cavalry (cuirassiers, option modern cavalry), les arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les Croates sont light horse,  pistol. Les escadrons de plus de 550 chevaux sont large formation.

Les bataillons d’infanterie de la Ligue Catholique sont classic squadron, large squadron pour les bataillons de 2000h et plus. Les bataillons Alt-Tilly et Gronsfeld peuvent être considérés veteran.

Les bataillons d’infanterie protestants sont reformed battalion, modernised.

Les mousquetaires détachés sont musketeers companies et skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre un pièce pour 3 ou 4 canons réels.

 

Déploiement

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

Armée du Maréchal de Châtillon, 1639-1641

Armée du Maréchal de Châtillon, 1639-1641

 

Le maréchal de Châtillon ne fut pas un grand général. Mais, selon Tallemant des Réaux, le cardinal de Richelieu lui a donné de l’emploi faute d’autre, car je ne crois pas qu’il trouvât trop bon que le maréchal fût le seul qui ne l’appelât que Monsieur, et il n’était pas persuadé qu’il fût à lui. Ainsi, Châtillon fut nommé à la tête de l’armée de Picardie avant de prendre l’armée de Champagne.

 

L’armée de Picardie en mai et juin 1639

Voici deux états de l’armée de Picardie du maréchal de Châtillon, en mai et juin 1639. Le second est tout particulièrement intéressant puisqu’il éclaire sur l’état d’équipement des compagnies de cavalerie (armées du pot et de la cuirasse ou non armées).
État de l’Armée du Roy commandée par Monsieur le Maréchal de Châtillon, du vingt-septième May mil six cent trente neuf.
INFANTERIE
 – Gardes, 10 compagnies.
 – Maréchal de Brezé, 20 compagnies.
 – Genlis.
 – Roncheroles.
 – La Saludie.
 – Verveins.
 – Mignieux.
 – Le Vidame.
 – Aubeterre.
 – Biscaras.
 – Longueval.
CAVALERIE
– Gendarmes de Monsieur.
– Gendarmes de Guiche.
 – Régiment de chevaux-légers du Comte d’Alais (11 compagnies). Compagnies Colonelle, Lauriere, Saint-Germain Beaupré, La Force, Angoulême, Francieres, La Pierre, La Courbe, Châtillon, Vieupont, Naucourt (Mousquetaires).
 – Régiment de chevaux-légers de Guiche (9 compagnies) : Compagnies de Guiche, Saint-Megrin, Hailly, Roquelaure, Linville, Ayen, Dorthe, Recy (Mousquetaires), Beaufort (Mousquetaires).
 – Régiment de chevaux-légers de la Ferté-Imbaut (8 compagnies) : Compagnies Ferté-Imbaut, Marainville, La Sale, Mosny, Choiseul, De Fontaine, Du Flos (Mousquetaires), Monchaton (Mousquetaires).
–  Régiment de chevaux-légers de Brouilly (9) : Compagnies Brouilly, Potiniere, Esclamviliers, Grand-pré, Baron de Brouilly, Chevrieres, Buqueville, et deux compagnies de mousquetaires (nom des capitaine manquant).
 – Régiment de chevaux-légers de Gesvres (8 compagnies) : Compagnies Gesvres, Bourry, Bazoche, Bouflers, Querieux (ou Curieux), Langtot, Du-Val (Mousquetaires), La-Pierre (Mousquetaires).
 – Régiment de chevaux-légers de Cursol (6 compagnies) : Compagnies Cursol, La Coste, La Fare, Puizol, Roquefou, Verdié.
 – Régiment de cavalerie étrangère Baron d’Egenfeld.
 – Régiment de cavalerie étrangère de Fittingost.
 – Régiment de cavalerie étrangère de l’Eschelle.
 – Régiment de cavalerie étrangère de Rucon.
 – Régiment de cavalerie étrangère de Sirot (3 compagnies).
 – Compagnies de carabins Recy et Monsou.
Extrait de la revue des troupes, tant de cavalerie que d’infanterie de l’Armée du Roy, commandée par Monsieur le Maréchal de Châtillon.
INFANTERIE
 – Gardes 10 compagnies : 1200 hommes, compris 100 mousquetaires envoyés à Rocroy.
 – Maréchal de Brezé, 20 compagnies, 1100 hommes.
 – La Saludie, 11 compagnies, 600 hommes.
 – Le Vidame, 19 compagnies, 700 hommes.
 – Longueval, 18 compagnies, 750 hommes.
–  Mignieux, 17 compagnies, 700 compris les 50 envoyés à Rocroy.
 – Monmège, 250 hommes.
 – Verveins, 20 compagnies, 900 compris 200 à Cateau et 50 à Rocroy.
–  Roncheroles, 19 compagnies, 800 hommes.
 – Genlis, 19 compagnies, 700 hommes.
 – Suisses, 3 compagnies, 400 hommes ; On attend pour joindre à ce corps la compagnies du colonel Molondin de 150 hommes.
Les régiments de Biscaras, d’Aubeterre et de Saint-Aubin sont absents.
Total de l’infanterie 8100 hommes. C’est sans comprendre les officiers.
CAVALERIE
– Gendarmes de Monsieur, 166 (maîtres).
– Gendarmes de Guiche ne sont arrivés.
– Régiment de chevaux-légers Colonel (Comte d’Alais, 12 compagnies) : Compagnies Colonelle (78 armés), Châtillon (50 attend recrue non armés), La Force (60 armés), Saint-Germain Beaupré (69 armés), Angoulême (67 armés), La Pierre (60 non armés), La Courbe (24 non armés), Francieres (58 non armés), Laurieres (44 non armés), Vieupont (64 arrivent aujourd’hui), Viantais (63 partie armés), Mousquetaires (de Naucourt, 61 de sac d’épée). Total du régiment : 699.
– Régiment de chevaux-légers de la Ferté-Imbaut (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (65), Marainville (67), La Salle (65), Mosny (66 armés), Choiseul (71), Des Fontaines (71), Du Flos (Mousquetaires 60), Monchaton (Mousquetaires 68). Total du régiment : 533.
– Régiment de chevaux-légers de Guiche (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (80), Saint-Megrin (48 non armés), Roquelaure (73), Dorthe (67 armés), Linville (absents), Ayen (absents), Heilly (36 n’ayant point eu de recrue à cause du capitaine), Mousquetaires (66). Total du régiment : 370.
– Régiment de chevaux-légers de Cursol : En tout 200 Maîtres non armés, les recrues ne sont arrivées.
– Régiment de chevaux-légers de Brouilly (7) : Compagnies Brouilly père (70), Brouilly fils (33), La Potiniere (55 armés), Esclamviliers (51), Grand-pré (58), Chevrieres (absents), Buqueville (absents). Total du régiment : 267 maîtres.
– Régiment de chevaux-légers de Gesvres (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (57 armés), Bourry (70), Bazoche (63), Curieux (63 non armés), Langtot (63 non armés), Bouflers (68), Mousquetaires La-Pierre (absents), Mousquetaires Du Val (54). Total du régiment : 438 maîtres.
– Carabins : Compagnies de Recy (50) et Monsou (55). Total : 105 carabins.
Total de la cavalerie française : 2778.
CAVALERIE ETRANGERE
– Régiment d’Egenfeld : 2 compagnies (148 armés), Boucy compes (60 non armés).
– Régiment de Bussy-Helmoru (5 compagnies) : Compagnies Colonelle (56), Buy (54), Raucourt (63), De Guerre (69), Balensac (52). Total du régiment : 294.
– Régiment de L’Eschelle : 6 compagnies (250 maîtres non armés, n’ont point eu de recrue).
– Régiment de Sirot (3 compagnies) : Compagnies Colonelle (60 non armés), Mommenet (32 armés), Major (7 armés). Total du régiment : 162 maîtres.
– Régiment de Fittingost : 6 compagnies (400 maîtres non armés).
Total de la cavalerie étrangère : 1314.
Total de la cavalerie tant française qu’étrangère : 4092 chevaux.
Fait à Vervins le 9 juin 1639.

Signé Châtillon.

L’armée de Picardie le 24 avril 1640

INFANTERIE

Gardes Françaises, 10 compagnies, 1500 hommes

Gardes Suisses, 5 compagnies, 800 hommes

Piémont, 20 compagnies, 1200 hommes

Bourdonné, 20 compagnies, 1200 hommes

Maréchal de Brézé, 20 compagnies, 1200 hommes

Bausse (ou Beausse), 20 compagnies, 1200 hommes

Le Vidame, 20 compagnies, 1200 hommes

Mesdavid, 20 compagnies, 1200 hommes

Canisy, 20 compagnies, 1000 hommes

Longueval, 20 compagnies, 1000 hommes

Vervins, 20 compagnies, 1000 hommes

La Feuillade, 20 compagnies, 1000 hommes

Espagny, 20 compagnies, 1000 hommes

Migene, 20 compagnies, 1000 hommes

Du Tot, 20 compagnies, 1000 hommes

Watteville Suisses, 20 compagnies, 1000 hommes

Total : 17 500 hommes (NDR: les effectif sont bien sûr théoriques)

CAVALERIE LEGERE

Régiment Colonel avec les compagnies Colonelle (60h), Angoulême (60h), Laurieres (60h), Viantez (60h), La Force (60h), Francieres (60h), Saint-Germain-Beaupré (60h), La-Pierre (60h), Vieux-Pont (60h) et Châtillon (60h)

Régiment de Praslin avec les compagnies Praslin (60h), Maître de Camp (60h), La Rente (60h), Chambort (60h), Le Moine (60h), D’Arnicourt (60h) et Brizon (60h)

Régiment de Dosmont avec les compagnies Dosmont (60h), Villequier (60h), Lannoy (60h), Fourrilles (60h), Vaudremont (60h) et Grandmont (60h)

Régiment de la Ferté-Imbaut avec les compagnies La Ferté-Imbaut (60h), Rochefort (60h), Mosny (60h), Choiseul (60h), Des Fontaines (60h) et La Salle (60h).

Régiment de la Clavière avec les compagnies La Clavière (60h), Rochefort (60h), Edouville (60h), D’Andresy (60h), Bourry (60h), et Richemont (60h)

Régiment d’Aubay avec les compagnies d’Aubay (60h), Vignoles (60h), Gueilar (60h), Ornezon (60h) et Aviargues (60h).

Total : 2400 h (NDR: effectifs tous théoriques encore !)

REGIMENTS ETRANGERS

Régiment d’Egenfeld avec les compagnies Egenfeld (60h), Mazot (60h), Ferdinand (60h), Valence (60h), Lieutenant-Colonel (60h) et Caltoff (60h)

Régiment de Seillart avec les compagnies Seillart (60h), Lieutenant-Colonel (60h), Le Major (60h), Lestoff (60h), Valentin (60h) et Flich (60h)

Régiment de Hums avec les compagnies Colonelle (60h), Lieutenant-Colonel (60h), Abraham (60h), Frederic (60h), Iambron (60h) et Depuis (60h)

Régiment de Bouillon avec les compagnies Colonelle (60h), Lieutenant-Colonel (60h), Major (60h), Bouillon (60h), Aubinei (60h) et Chaumont (60h)

Régiment Notaff avec la compagnie Notaff (60h), et 3 autres compagnies de 60h.

Total : 1620 h

Total de la cavalerie de l’armée : 4020 h (NDR: effectifs tous théoriques encore !)

 

L’armée de Champagne en mai 1641

Etat des troupes tant d’infanterie que de cavalerie dont sera composée l’armée du Roy en Champagne, commandée par monsieur le Maréchal de Châtillon

 

INFANTERIE

Régiment de Saint-Luc, 20 compagnies, 1200 hommes

Régiment de La Feuillade, 20 compagnies, 1200 hommes

Régiment de Bussy-Lamet, 20 compagnies, 1200 hommes

Régiment d’Uxelles, 20 compagnies, 1200 hommes

Régiment de Beausse (ou Bausse), 30 compagnies, 1700 hommes

Régiment de Bourgogne, 20 compagnies, 1000 hommes

Régiment de Roussillon, 20 compagnies, 1200 hommes

Régiment de Bussy-Rabutin, 20 compagnies, 1200 hommes

Régiment de Nettancourt, 20 compagnies, 1000 hommes

Régiment de Lesdiguières, 20 compagnies, 1000 hommes

Régiment de Lusignan, 20 compagnies, 1200 hommes

Total infanterie : 13 100 hommes

Régiments d’infanterie étrangers dont il manque l’effectif :

Régiment de Douglas, 23 compagnies

Régiment de Dowal, 10 compagnies

Régiment de Belins, 15 compagnies

Régiment de Fisvillian, 10 compagnies

CAVALERIE

Compagnies de gendarmes :

Gendarmes de la Reine, 150 chevaux

Gendarmes de Monsieur, 150 chevaux

Gendarmes Ecossais, 50 chevaux

Gendarmes d’Angoulême, 80 chevaux

Gendarmes d’Hallincourt, 70 chevaux

Chevaux-légers :

Compagnie de la Reine, 70 chevaux

Compagnie de Monsieur, 70 chevaux

Compagnie de Monsieur le Prince, 70 chevaux

Régiment de Praslin, 6 compagnies, 420 chevaux

Régiment de Terrail, 6 compagnies, 420 chevaux

Régiment de Brouilly, 4 compagnies, 280 chevaux

Régiment de Lignon, 3 compagnies, 210 chevaux

Régiment de Linars, 4 compagnies, 280 chevaux

Carabins :

Régiment de carabins d’Arnaud, 12 compagnies, 720 chevaux

 

Cette armée va être rejoint par les régiments d’infanterie de Piémont (1400 hommes), d’Andelot (1000 hommes espérés), le régiment de cavalerie de Roquelaure.

Il s’agit bien sûr d’effectifs théoriques.

 

L’armée de Champagne le 3 juin 1641

Extrait de la revue générale des troupes emporté par Monsieur des Touches, s’en retournant à la Cour.

INFANTERIE

Piémont, 27 compagnies, 1293 h

Saint-Luc Persan, 20 compagnies, 666 h

Bussy-Lamet, 20 compagnies, 746 h

Bausse d’Andelot (ou Beausse d’Andelot), 28 compagnies, 964 h

Du-Glas, 23 compagnies, 646 h

Cargret, 19 compagnies, 672 h

Nettancourt, 7 compagnies, 296 hommes

Uxelles, 20 compagnies, 385 hommes

Bussy-Rabutin, 19 compagnies, 636 hommes

Chalancey, 20 compagnies, 559 hommes

La Feuillade, 20 compagnies, 186 hommes

Lusignan, 17 compagnies, 96 hommes

Total : 7145 hommes

CAVALERIE

Gendarmes de la Reyne, 136 h

Gendarmes de Monsieur, 123 h

Gendarmes Ecossais, 34 hommes

Gendarmes d’Angoulême, 66 hommes

Sous-total Gendarmes : 359 h

Chevaux légers de la Reyne, 39 hommes

Chevaux légers de Monsieur, 42 hommes

Chevaux légers de Monsieur le Prince

Sous-total Chevaux légers garde : 151 h

CAVALERIE LEGERE

Régiment de Praslin avec compagnies Praslin (59), Maître de Camp (52), Chambort (56), Arnicourt (64), Le Moine (56), Radois (31) et des Reaux (59) pour un total de 374 h

Régiment de Brouilly avec compagnies Brouilly père (56), Brouilly fils (64), Esclaincullières (63) et Grand-Pré (53) pour un total de 236 h

Régiment de Lignon avec compagnies Lignon (61), du Hamel (56) et La Renouillere (61) pour un total de 178 h

Régiment de Linars avec compagnies Linars (58), Montagnac (32), Champagnac (36) et Savignac (31) pour un total de 157 h

Régiment de Roquelaure avec compagnies de Roquelaure (58), du Hamel (65), Biran (42) et Daussy (37) pour un total de 202 h

Régiment du Terrail avec compagnies du Terrail (46), Torigny (66), Chambaut (50), Ternes (14), Guron (26) et Saint-Vincent (48) pour un total de 250 h

Régiment d’Ergenfeld avec compagnies d’Ergenfeld (85), D’Ergenfeld fils (41), Calthoffe (77), Bouc (55), Lesguille (45) et Grotviet (36) pour un total de 319 h

Carabins d’Arnault avec compagnies Arnault (52), Maubuisson (41), du Pré (44), Recy (48), du Pin (39), du Clau (48), Bonnières (50), Monsou (39) et Clerget (41) pour un total de 403 h

Total de la cavalerie : 2313 h

Total de toute la cavalerie : 2632 h

C’est sans comprendre les Officiers, tant à la cavalerie qu’à l’infanterie, sinon qu’à la cavalerie, les petits Officiers sont compris.

(NDR : Il s’agit là d’effectifs réels au bout de 2 mois de campagne).

Source : Histoire de la maison de Coligny

Stéphane Thion

La bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631)

La bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631)

La bataille de Breitenfeld : le coup de tonnerre de Gustave Adolphe

1630. La série de victoires remportées par ses armées a consolidé la position de l’empereur Ferdinand II de Habsbourg. La Montagne blanche (1620), Wimpfen et Höchst (1622), Stadtlohn (1623), pont de Dessau et Lutter-am-Barenberg (1626), la conquête du Holstein, du Mecklembourg et de la Poméranie par Tilly et Wallenstein (1627), l’occupation du Jutland (1628) sont autant de succès qui assurent l’assise du parti catholique en Allemagne. A tel point que l’empereur Ferdinand II demande à une commission de préparer, en octobre 1628, un édit de restitution. Si cet édit n’a pas pas pour objet de modifier les libertés religieuses des princes et villes libres d’Allemagne, il veut exiger de ces princes la restitution à l’Église tous les biens ecclésiastiques qui lui avaient appartenus avant 1552. Cet édit est publié officiellement le 28 mars 1629. En parallèle, dès janvier, des pourparlers de paix avaient été engagés avec le roi du Danemark : ils vont aboutir au traité de paix de Lübeck, le 7 juin 1629, qui met fin à la phase danoise de la guerre de Trente Ans. Mais ce traité, qui préserve relativement les intérêts du Danemark grâce à la modération de Wallenstein, va mécontenter le roi de Suède. Celui-ci voit d’un mauvais œil les Impériaux prendre pied sur la Baltique. Dans le même temps, les princes catholiques, mécontents des excès provoqués par les armées impériales, réclament auprès de l’empereur le renvoi de Wallenstein, alors généralissime des armées. Ils vont obtenir gain de cause puisque le Collège électoral, réuni à Ratisbonne par l’Empereur (juillet-août 1630), décide le 13 août de révoquer Wallenstein.

Entre 1621 et 1629, l’attention et les forces armées du roi de Suède étaient mobilisées contre la Pologne, dont le roi Sigismond était cousin de Gustave-Adolphe mais de confession catholique. Le 26 septembre 1629, poussés par les représentants de la France et de l’Angleterre, Gustave-Adolphe et Sigismond signent le traité de paix d’Altmatk. Les conditions sont enfin réunies pour une intervention suédoise en Allemagne. Le 13 mai 1630, Gustave-Adolphe annonce à la diète suédoise sa volonté de se porter au secours des princes protestants allemands. Un peu moins de deux mois plus tard, il débarque près de Wolgast, dans l’ile d’Usedom à la tête d’une armée de quinze mille hommes.

L’armée suédoise : Un outil moderne

L’armée de Gustave-Adolphe, formée de paysans bien entraînés dans le respect de la discipline et des traditions religieuses se distingue par sa souplesse. Inspirée par les enseignements tactiques hollandais et français, équipée de mousquets légers et de canons légers régimentaires, les unités suédoises allient rapidité de manœuvre et puissance de feu. Sur le champ de bataille, le régiment d’infanterie est habituellement scindé en deux « escadrons » d’un peu plus de 500 hommes. Mais peu avant Breitenfeld, Gustave-Adolphe va innover, en entrainant son infanterie à former la fameuse brigade suédoise, formée de trois ou quatre escadrons. De son côté, le régiment de cavalerie suédois, composé de 500 chevaux, se déploie en deux escadrons pour combattre.

Ces hommes, endurcis par le dur climat de Scandinavie, vont être commandés par un leader exceptionnel. Tilly dira ainsi de Gustave-Adolphe qu’il est « un ennemi aussi intelligent que brave, endurci à la guerre, dans la fleur de l’âge. Ses préparatifs sont excellents, ses moyens, considérables. C’est un joueur contre lequel le fait de ne pas avoir perdu constitue déjà un grand gain ». Effectivement, du débarquement de 1630 jusqu’à la bataille de Breitenfeld, le roi de Suède va montrer de réelles qualités de stratège : grand meneur d’hommes, méthodique, rigoureux, ayant le sens de la décision, il va se révéler un adversaire à la hauteur de Tilly.

Les troupes que mobilisent le roi de Suède sont alors importantes : aux 15 000 hommes débarqués sur l’ile d’Usedom, qui ont été rejoints par 5 000 hommes des garnisons, s’ajouteront bientôt 47 000 hommes venant de Prusse, de Suède, de Finlande et de Riga. Face à Gustave-Adolphe, l’Empire aligne les 39 000 hommes non démobilisés de Wallenstein, maintenant commandés par Torquato de Conti et Savelli, et les 30 000 hommes de Tilly.

Tilly généralisme de l’armée impériale

Le 19 août 1630, Gustave-Adolphe offre la bataille à Torquato de Conti. Mais celui-ci la refuse, conscient des faiblesses de son armée dont les hommes désertent en masse. Gustave fait alors bloquer Landsberg, entreprend le « nettoyage » de la Poméranie, puis, le 25 août, parvient enfin à prendre la ville et le château de Wolgast. L’Empereur, inquiet des progrès du suédois, rappelle début septembre son armée d’Italie. Le roi de Suède en profite pour prendre Greiffenberg, le 11 septembre, et envoie un corps assiéger  Colberg (aujourd’hui, Kolobrzeg, en Pologne). Il en expédie un second en Basse-Saxe, afin d’épauler le duc de Saxe-Lauenbourg, Francis-Charles, qui avait levé un corps pour les ducs de Mecklembourg. Mi-octobre, le roi de Suède entreprend le siège de Rostock et inflige une défaite à Savelli. Ses succès en Poméranie et dans le Mecklembourg lui permettent de voir ses rangs grossir des anciens mercenaires de Mansfeld, Brunswick, de Christian IV de Danemark et même de Wallenstein. Le 22 novembre, Gustave-Adolphe envoie Falkenberg à Magdebourg pour soutenir les défenseurs. Car Tilly, tout juste nommé généralissime de l’armée impériale en remplacement de Torquato de Conti, avait envoyé Pappenheim entreprendre le blocus de la ville, alors placée sous la protection du roi de Suède.

C’est le 23 janvier 1631 qu’est signé le traité de Bärwalde entre la Suède et la France. Ce traité est important pour la Suède qui obtient ainsi de Richelieu un subside d’un million de livres pour entretenir une armée contre l’Empereur. Fin janvier, alors que Tilly avance sur Francfort-sur-l’Oder pour y joindre le corps de Schaumburg, Gustave Adolphe demande à Horn ses mouvements. Apprenant que le général impérial se dirige vers la Poméranie, il interrompt sa marche vers le sud pour revenir en Mecklembourg. Il prend alors Neubrandebourg et déloge la garnison de Treptow. Puis il assiège Demmin et prend Löitz. Pendant que Tilly hésite à intercepter les suédois, ne souhaitant pas s’éloigner de Magdebourg, Gustave-Adolphe prend Mallin, Friedland et Westrow.

Fin février, Tilly progresse entre Francfort-sur-l’Oder et le Mecklembourg. Gustave Adolphe place alors Baner à Demmin, Kniphausen à NeuBrandebourg, Ortenberg à Treptow, Horn à Friedland, lui-même restant dans les environs de Pasewalk, pour garder l’Oder et la Poméranie. Ayant appris l’abandon de Demmin, place clé du Mecklembourg, par le duc de Savelli, Tilly réagit. Il reprend Neubrandebourg le 19 mars, après cinq jours de siège. Puis il prend Friedland mais échoue devant Treptow. Gustave-Adolphe dresse alors son camp entre Treptow et Demmin. Selon Monroe, c’est là qu’il aurait entrainé son infanterie à former la brigade suédoise pour la première fois. Puis il traverse la Warthe et prend Zednick. Pendant ce temps, Tilly avance vers Demmin sans l’attaquer puis se retire vers Francfort-sur-l’Oder après avoir renforcé Landsberg. Il se décide alors à marcher sur Magdebourg. De son côté, Gustave-Adolphe est déterminé à prendre Francfort : Celle-ci tombe le 12 avril, après seulement vingt-quatre heures de siège.

La perte de Francfort-sur-l’Oder est un revers pour Tilly. Ses conséquences vont se révéler désastreuses pour le parti catholique. Car les princes protestants allemands commencent à reprendre confiance. Déjà, le duc Bernard de Saxe-Weimar se déclare pour le parti suédois. Fin janvier 1631, les Electeurs de Saxe et de Brandebourg avaient d’ailleurs convoqué à Leipzig une assemblée générale des états protestants. Cette assemblée va donner lieu, deux mois plus tard, à la signature d’une résolution dans laquelle les états évangéliques demandent la révocation de l’Edit de Restitution, le retrait des troupes impériales des places protestantes et ordonnent le recrutement d’une armée de 40 000 hommes dans l’hypothèse où l’Empereur refuserait d’accéder à leurs demandes.

Du drame de Magdebourg à la bataille de Breitenfeld

Après Francfort, c’est maintenant Landsberg qui tombe aux mains du roi de Suède. Le Mecklembourg et la Poméranie ainsi assurés, la voie vers la Silésie lui est désormais ouverte. Tilly, n’ayant pu secourir Landsberg, se concentre sur Magdebourg où il arrive fin avril. Depuis novembre, Pappenheim assiégeait la ville avec plus ou moins de succès. Apprenant le départ de Tilly, Gustave-Adolphe écrit à Falkenberg de patienter jusqu’à son arrivée. Car lui-même se trouve alors à Berlin, pour tenter de convaincre l’Electeur de Brandebourg de rejoindre son parti. Puis il rencontre l’Electeur de Saxe pour le convaincre lui aussi de former une coalition. En vain. Après plusieurs assauts, Falkenberg fait évacuer les faubourgs de Magdebourg. Le 20 mai, Tilly envoie un ultimatum à la ville. L’assaut ayant été donné, les impériaux pénètrent dans la ville. C’est le massacre. A la tuerie s’ajoute un terrible incendie. Le bilan est lourd : entre vingt et vingt-cinq mille morts selon les historiens.

Le sac de Magdebourg va marquer les esprits. Même les princes protestants les plus réticents, comme l’Electeur Georges-Guillaume de Brandebourg, vont bientôt rallier le parti suédois. Ayant pris connaissance de la nouvelle, Gustave-Adolphe quitte Postdam pour tenter d’intercepter la retraite de Tilly. Il prend Altbrandebourg et Ratenau, reconnaît le pays de Magdebourg et reprend Werben et Borg.

Début juin, après avoir échappé à une embuscade dressée par Pappenheim, Gustave-Adolphe sécurise les ponts de Dessau et de Wittemberg sur l’Elbe. Puis il obtient de Georges-Guillaume de Brandebourg la ville de Spandau, dont il a besoin comme centre de ses opérations, ainsi que l’ouverture de Custrin à ses troupes. Il retourne ensuite à Stettin par le fleuve et publie ses excuses concernant Magdebourg (22 juin).

L’Electeur de Saxe et le Landgrave de Hesse-Cassel levant des troupes, Tilly se tourne alors contre ce dernier. Il part occuper Erfurt et il envoie Fugger et Fürstenberg envahir le Hesse-Cassel. Fin juillet, quatre des meilleurs régiments impériaux de Pappenheim se font ruinés par les suédois dans le pays de Magdebourg, provoquant le retour du généralissime impérial. Le roi de Suède prend alors une forte position à Werben. Tilly marche contre lui mais, impuissant face à des suédois solidement retranchés, il préfère attendre à Womirstädt le corps de Fürstenberg. Fin juillet, Tilly avait reçu de l’Empereur l’autorisation d’agir contre l’Electeur de Saxe dont le comportement était suspect. Il part donc le 20 août pour la Saxe. Après avoir signé, le 22 août, un traité avec le Landgrave de Hesse-Cassel, Gustave-Adolphe reçoit des appels à l’aide de l’Electeur de Saxe, qui se trouve alors à Torgau. Celui-ci, après avoir passé en revue sa nouvelle armée de 20 000 hommes, doit déjà défendre les rives de l’Elbe. Il parvient à prévenir la traversée du fleuve par Fürstenberg mais pas le ravage de Misnia par Pappenheim.

Début septembre, Tilly remonte prend Merfberg, Naumburg et Zeitz puis se présente devant Leipzig, exhortant la ville à se rendre. Au même moment, Gustave Adolphe progresse vers Ratenau et Altbrandebourg. Enfin, il arrive le 10 septembre à Coswick où le feldmarschall saxon von Arnim (ou Arnheim) confère avec lui. Le 13 septembre, à Döbein, alors que Tilly investit Leipzig, Gustave-Adolphe réalise sa jonction avec l’Electeur de Saxe. Le 16 septembre, Tilly présente par letrte la bataille au roi de Suède. Acceptant le défi, le roi de Suède marche le lendemain sur Leipzig. Prévoyant, Tilly fait mettre le feu au village de Podelwitz par où les Suédois doivent passer, pour « leur en faire boire la fumée ». Puis il place le comte de Pappenheim à sa gauche et Fürstenberg à sa droite. Erwitte est en réserve avec 2 000 cavaliers. Tilly – ou plutôt Pappenheim qui lui aurait forcé la main – n’ayant cru bon d’attendre les renforts d’Aldringer, ce sont moins de 32 000 impériaux et bavarois qui vont affronter plus de 22 000 « suédois » – en réalité une majorité d’allemands – et 18 000 saxons.

De son côté, le roi de Suède met ses troupes en ordre, « prend la droite lui-même, donne la conduite de la bataille à Teuffel, la gauche à Horn ». Baner est chargé de soutenir l’aile droite, Hall, l’aile gauche et Hebron (ou Hepburn) le centre. L’armée saxonne de Jean-Georges occupe l’extrême gauche du dispositif. Arnim commande la cavalerie saxonne de l’aile droite, Bindauf la cavalerie de l’aile gauche et le duc de Saxe-Altenbourg l’infanterie au centre.

17 septembre 1631 : la bataille

Tilly avait le désavantage du nombre, mais sa position, adossée une colline, était excellente. Vers midi, le généralissime salue l’arrivée de l’armée alliée par une canonnade de ses 26 pièces d’artillerie. Les Suédois répondent alors, par un feu terrible et incessant. Que ce soit de sa propre initiative ou non, nous ne le saurons jamais. Mais vers 14 heures, Pappenheim, « qui menait la fleur de la cavalerie de Tilly », attaque l’aile du roi de Suède. Reçus par le feu des mousquetaires puis, une fois en désordre, chargés par les cavaliers suédois, les impériaux sont repoussés. Pourtant, Pappenheim ne se laisse pas abattre : laissant quelques régiments pour couvrir sa manœuvre, il entreprend de contourner l’aile droite suédoise. Gustave-Adolphe lui répond en incurvant sa ligne. Et cette seconde tentative est repoussée tout aussi vertement que la première. Vers 16 heures, les régiments de Pappenheim, épuisés par sept attaques consécutives, ne pourront résister à la contre-offensive de la droite suédoise.

Dans le même temps, Tilly avait donné l’ordre à Fürstenberg d’attaquer l’aile gauche ennemie. Celui-ci enfonce quelques escadrons saxons. La cavalerie de Bindauf rompue, l’infanterie saxonne lâche pied à son tour. Seuls, les régiments de cavalerie Arnim et Taub feront bonne figure, servant jusqu’à la fin, en soutien de l’aile gauche suédoise.

Les Saxons en déroute, Tilly a maintenant l’opportunité de prendre l’aile gauche suédoise de flanc. Malheureusement pour lui, Fürstenberg ne parvient pas à maitriser ses cavaliers qui poursuivent les fuyards et pillent les chariots. Il lui reste cependant la réserve d’Erwitte, soit cinq régiments de cavalerie, et toute son infanterie. Il fait avancer sa bataille, « en laquelle étaient ses vieux régiments accoutumés de vaincre », soutenue par les cavaliers d’Erwitte. Ayant donné l’ordre à la moitié de ses tercios de fixer le centre suédois, Tilly tente alors de déborder la gauche avec l’autre moitié de son infanterie.

Face à lui, Horn va parfaitement gérer la situation : il fait pivoter sa cavalerie à angle droit pour faire face à la menace et demande le soutien de la seconde ligne d’Hepburn. Les régiments Neu Pappenheim et Goess font maintenant face à la brigade verte écossaise d’Hepburn et à la brigade blanche allemande de Vitzthum. Après avoir fait tirer à mitraille leurs canons régimentaires, les écossais retiennent leur feu avant de délivrer une salve terrible sur la profonde formation catholique. Les vétérans de Tilly stoppent leur progression, hésitants. C’est alors qu’une seconde salve suivie d’une charge des écossais à raison des nerfs de Neu Pappenheim. C’est la déroute. Sur la droite des écossais, les brigades blanche et bleue vont obtenir un résultat comparable. Enfin, les cavaliers de Horn, bien commandés et soutenus par des unités de mousquetaires, ne feront qu’une bouchée des régiments d’Erwitte.

Tilly n’a plus ni aile droite, ni aile gauche. Et il ne lui reste qu’un seul régiment de cavalerie, Cronberg. Pire, vers 17 heures, le généralissime lui-même est blessé d’un tir de mousquet au bras et d’un coup de sabre à la tête. Heureusement pour lui, les cavaliers de Cronberg vont intervenir, parvenant à extraire leur général en chef du champ de bataille.

Il est 18 heures. Les régiments Balderon-Dietrichstein, Goess, Blankhart et Chiesa sont encore les seules unités impériales en état de combattre. Ils gagnent la bordure du bois de Linkelwald pour tenter une dernière résistance. Mais la mitraille et les salves de mousqueterie parviennent à en venir à bout.

A 19 heures, la bataille est terminée. Tilly, s’enfuit vers Halle avec ses rescapés, couvert par 1 400 cavaliers que Pappenheim est parvenu à rassembler. Les pertes sont énormes du côté catholique (7 600 tués et 9 000 prisonniers), comparées à celles des protestants (2 100 « suédois » et 3 000 saxons).

 

Ordre de bataille impérial : Tilly

(21 400 fantassins en 14 bataillons, 9 900 cavaliers en 22 escadrons et 26 canons)

Aile droite : Fürstenberg (1200 fantassins en 1 bataillon et 4100 cavaliers en 10 escadrons)

Régiment d’infanterie Wrangler (10 compagnies, 1200 hommes, 1 bataillon)

Régiment de cavalerie Cronberg (8 compagnies, 850 hommes, ligue catholique)

Régiment de cavalerie Schonberg (9 compagnies, 900 hommes, ligue catholique)

Régiment de cavalerie Baumgarten (5 compagnies, 500 hommes, ligue catholique)

Régiment de cuirassiers Alt-Saxe (10 compagnies, 300 hommes)

Régiment d’arquebusiers montés Wengersky (600 hommes)

Croates d’Isolano (950 hommes)

Soit un escadron classique avec mousquet vétéran, 7 unités de cuirassiers, dont 5 vétérans (régiments Cronberg, Schonberg et Baumbarten en 5 escadrons), et 5 unités de cavalerie légère (light horse), pistolet, vétéran.

Fürstenberg est général en chef et Isolano commande les croates.

Centre : Schonberg (18 700 fantassins en 12 bataillons et 26 canons)

Régiment d’infanterie Chiesa (12 compagnies, 1000 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Gallas (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiments d’infanterie Furstenberg et NewSaxon (10 compagnies, 1100 hommes, 1 bataillon)

Régiments d’infanterie Baldiron et Dietrichstein (11 compagnies, 1100 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Alt-Tilly (10 compagnies, 2200 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiment d’infanterie Geleen (10 compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, Bavarois)

Régiment d’infanterie Savelli (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Goess (10 compagnies, 900 hommes, 1 bataillon)

Régiment d’infanterie Blankhart (10 compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiments Comargo et Reinach (? compagnies, 2000 hommes, 1 bataillon, ligue catholique)

Régiment d’infanterie Papenheim (10 compagnies, 2400 hommes, 1 bataillon, Bavarois)

Régiment d’infanterie Wahl (10 compagnies, 2200 hommes, 1 bataillon)

Artillerie : 14 canons moyens et 12 canons légers

Aile gauche : Pappenheim (1500 fantassins en 1 bataillon et 3800 cavaliers en 7 escadrons)

Régiment de cuirassiers Strozzi (5-10 compagnies, 500 hommes, Wallon)

Régiment de cuirassiers Neu-Saxon (6-10 compagnies, 600 hommes)

Régiment de cuirassiers Bernstein (8 compagnies, 400 hommes)

Régiment de cuirassiers Rangoni (5-10 compagnies, 500 hommes)

Régiment de cuirassiers Neu-Piccolomini (10 compagnies, 800 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Merode (5-10 compagnies, 500 hommes, Wallons)

Régiment d’arquebusiers à cheval Alt-Piccolomini (10 compagnies, 800 hommes)

Régiment d’infanterie Holstein (10 compagnies, 1500 hommes, 1 bataillon)

Réserve : Erwitte (2000 cavaliers en 5 escadrons)

Régiment de cavalerie Erwitte (9 compagnies, 600 hommes, la 9e compagnie est formée des gardes du corps de Tilly)

Régiment de cuirassiers Montecuccoli (9-10 compagnies, 300 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Coronini (5 compagnies, 400 hommes)

Régiment d’arquebusiers à cheval Caffarelli (5-10 compagnies, 300 hommes, Wallons)

Régiment d’arquebusiers à cheval Colloredo (6-10 compagnies, 400 hommes)

 

Ordre de bataille suédois et saxon : Gustave Adolphe

Suédois (14 742 fantassins en 7 brigades, 8 064 cavaliers en 28 escadrons et 54 canons)

Aile droite, 1er échelon : Gustave Adolphe et Baner (2 450 cavaliers en 8 escadrons et 860 mousquetaires en 3 x 4 détachements)

Régiment de cavalerie Stalhansk (4 compagnies, 350 hommes, Finnois)

Régiment de cavalerie Wunsch (4 compagnies, 350 hommes, Finnois)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Tott (12 compagnies, 800 hommes, 3 escadrons)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Soop (8 compagnies, 400 hommes, suédois du Gotland occidental)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Brahe (8 compagnies, 400 hommes, suédois du Smaland)

Détachement de mousquetaires (2 compagnies, 215 hommes, 4 détachements du régiment Baner)

Régiment de cavalerie Sperreuter (8 compagnies, 150 hommes, suédois du Gotland oriental)

Réserve du 1er échelon : Régiment de cavalerie Rhinegrave (12 compagnies, 700 hommes en 3 escadrons)

Aile droite, 2eme échelon : Baner (950 cavaliers en 4 escadrons)

Régiment de cuirassiers Aderkas (5 compagnies, 300 hommes, Livoniens)

Régiment de cavalerie (cuirassiers ?) Domhoff (4 compagnies, 200 hommes, Courlandais)

Régiment de cavalerie Damitz (4 compagnies, 150 hommes)

Régiment de cavalerie Sperreuter (5 compagnies, 300 hommes)

Centre, 1er échelon : Teuffel (6 654 fantassins en 4 brigades et 36 canons)

Brigade jaune avec 6 canons régimentaires, Teuffel (17 compagnies, 1 698 hommes)

Brigade suédoise avec 6 canons régimentaires, Oxenstierna (23 compagnies, 1 400 hommes)

Brigade rouge avec 6 canons régimentaires, Hand (28 compagnies, 1 730 hommes)

Brigade bleue avec 6 canons régimentaires, Winckel (24 compagnies, 1 828 hommes)

Artillerie : 3 batteries de 4 canons (Torstensson)

Centre, 1er échelon réserve (1 010 fantassins en 4 détachements et 500 cavaliers en 2 escadrons)

Détachement Ramsay (6 compagnies, 350 hommes, mousquetaires écossais)

Régiment de cavalerie Ortenbourg (5 compagnies, 250 hommes, en 1 escadron)

Détachement Monro (6 compagnies, 400 hommes, mousquetaires allemands)

Régiment de cavalerie Ortenbourg (5 compagnies, 250 hommes, en 1 escadron)

Détachement Hamilton (6 compagnies, 260 hommes, mousquetaires écossais)

Centre, 2eme échelon : Hepburn (5 276 fantassins en 3 brigades et 18 canons)

Brigade noire avec 6 canons régimentaires, Thurn (17 compagnies, 1 884 hommes)

Brigade verte avec 6 à 8 canons régimentaires, Hepburn (23 compagnies, 2 194 hommes, écossais)

Brigade blanche avec 6 canons régimentaires, Vitzthum (28 compagnies, 1 198 hommes)

Centre, 2eme échelon réserve (700 cavaliers en 2 escadrons)

Régiment de cavalerie Kochtitzky (5 compagnies, 300 hommes)

Régiment de cavalerie Schaffmann (4 compagnies, 400 hommes)

Aile gauche, 1er échelon : Horn (1 250 cavaliers en 5 escadrons et 940 mousquetaires en 3 détachements)

Régiment de cavalerie Caldenbach (5 compagnies, 350 hommes, inclus la compagnie de Gardes de Horn)

Détachement de mousquetaires Waldstein (360 hommes)

Régiment de cavalerie Caldenbach (4 compagnies, 350 hommes)

Détachement de mousquetaires Oxenstierna (280 hommes, Suédois)

Régiment de cavalerie Baudissin (12 compagnies, 600 hommes en 3 escadrons de 200 cavaliers)

Détachement de mousquetaires Hand (300 hommes en 2 détachements de 150 mousquetaires, Suédois)

Aile gauche, 2eme échelon : Effern-Hall (1 050 cavaliers en 3 escadrons)

Régiment de cavalerie Effern-Hall (12 compagnies, 800 hommes en 2 escadrons de 400 cavaliers)

Régiment de cavalerie Domhoff (4 compagnies, 200 hommes, Courlandais)

Réserve du 2eme échelon : régiment de dragons Taupadel (4 compagnies, 464 hommes)

 

Aile gauche alliée (Saxons) : Jean-George de Saxe

Arnim (aile droite – 2350 cavaliers en 6 escadrons) :

Régiment de cavalerie Taube, Gardes du corps de l’Electeur (6 compagnies, 600 hommes, 2 escadrons)

Régiment de Gardes Arnim (2 compagnies, 200 hommes, 1 escadron)

Régiments de cavalerie de milice Loser et Pflugh (12 escadrons, 1550 hommes, 3 escadrons)

Saxe-Altenbourg (centre – 12 100 fantassins en 10 bataillons d’infanterie et 12 canons) :

Régiment d’infanterie Schwalbach (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Starschedel (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Loser (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Arnim (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Klitzing (10 compagnies, 2180 hommes, 2 bataillons)

Régiment d’infanterie Schonberg (3 compagnies, 600 hommes, Brandebourgeois)

Mousquetaires garde (1 compagnie, 243 hommes, avec l’artillerie)

Compagnies franches de Schlieben (3 compagnies, 351 hommes, avec l’artillerie)

Artillerie (6 pièces de 6 livres et 6 pièces de 12 livres)

Bindauf (aile gauche – 2 875 cavaliers en 6 escadrons)

Régiment de cavalerie Saxe-Altenbourg (8 compagnies, 1200 hommes, 3 escadrons)

Régiment de cavalerie Bindauf (8 compagnies, 1200 hommes, 2 escadrons)

Régiment de cavalerie Steinau (3 compagnies, 475 hommes, 1 escadron)

 

Effectif total : 40 131 hommes dont 26 842 fantassins, 13 289 cavaliers et 66 canons.

 

Simuler la bataille avec LM Tercios :

Breitenfeld est une grande bataille avec des effectifs importants : n’hésitez donc pas à diviser le nombre de bataillons et d’escadrons par 2 ou 3 en fonction de vos figurines.

Armée suédoise : Les brigades d’infanterie sont escadrons modernes renforcés (tir de 5) sauf la brigade jaune et la brigade blanche qui sont escadrons modernes sans option (tir 4) afin de simuler les différences d’effectifs. Chaque brigade d’infanterie possède la règle regimental gun. Les détachements de mousquetaires sont Shot company option mousquetaires et commanded shot. Pour l’artillerie moyenne et lourde, référez vous à l’ordre de bataille.

Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers pour les régiments allemands, cuirassiers option cavalerie moderne* pour la cavalerie suédoise, et cuirassiers option cavalerie moderne* et fearless pour les 2 escadrons de finnois. Les 2 escadrons de cuirassiers livoniens et courlandais sont cuirassiers option lourd (heavy), les dragons sont bien-sûr dragons.

(*) Ou cavalerie moderne option déterminés (determined) si vous avez l’extension Kingdom.

Armée saxonne : Les 10 bataillons d’infanterie sont escadrons classiques avec mousquet (classic squadron musket only) option hésitant ; les régiments de cavalerie saxons sont cuirassiers modern cavalry, à l’exception des Gardes de l’Electeur (régiment Taube) qui est cuirassiers, heavy. L’artillerie est représentée par 1 unité d’artillerie moyenne.

Armée impériale : Les bataillons d’infanterie de la ligue catholique et bavarois (i.e. les bataillons comptant 2000+ hommes) sont Tercio option modernisé (i.e; avec mousquet). Les autres bataillons sont des escadrons classiques modernisés avec mousquet. Pour la cavalerie, les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers lourds (heavy), les escadrons de cavalerie sont cuirassiers (sans option), les arquebusiers à cheval sont arquebusiers montés, les croates sont light horse pistol. Pour l’artillerie, référez vous à l’ordre de bataille.

Le plan ci-dessous vous indique les éléments de terrain et la disposition des unités.

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

L’armée du maréchal de La Force mobilisée contre le duc de Lorraine, septembre 1634

L’armée du maréchal de La Force mobilisée contre le duc de Lorraine, septembre 1634

Un petit bijou de document trouvé à la BNF, envoyé par le maréchal de la Force au roi. On y trouve la liste des compagnies et régiments ainsi que le nombre de chariots.
En 1634, une compagnie de cavalerie compte théoriquement 100 chevaux, moins de 50 dans la réalité. En 1628, Richelieu a voulu réunir les compagnies qui comptaient à peine 50 chevaux en escadrons d‘au moins 100 chevaux. Mais il ne réglementera réellement cette pratique que par l’ordonnance du 3 octobre 1634, constituant des “escadres” de 100 chevaux chacune.
Les vieux régiments d’infanterie comptent une vingtaine de compagnies et les régiments temporaires sont constitués de dix compagnies. La compagnie est théoriquement de 100 hommes, moins dans la pratique. L’année suivante Richelieu descendra la compagnie 3 officiers et 50 hommes.
Cette liste nous donne 40 compagnies de cavalerie et 25 régiments d’infanterie (dont 4 vieux).
40 compagnies totalisant 4,000 cavaliers soit plus de 95 chevaux par compagnie. Un chiffre élevé pour l’époque.
25 régiments d’infanterie totalisant 10,000 fantassins, soit 400 hommes par régiment. De l’ordre de 40 hommes par compagnie. Ce chiffre semble plus cohérent.
J’avais publié ce texte sur mon blog De Rohan à Turenne, mais il me parait utile de le partager à nouveau sur ce site.

L’ordre du départ et acheminement de l’armée du Roy, vers l’Allemagne, sous la conduite de Monsieur le Maréchal de La Force, de Vic le 17 de septembre 1634.

Avec le nombre des compagnies de cavalerie, et régiments d’infanterie de ladite armée.
A Lyon, 1634.

Monsieur le maréchal de La Force, général de l’armée du roi, dans le duché de Lorraine, et frontière d’Allemagne, ayant (contre les forces du duc de Lorraine) pris et fait rendre les villes et nombres des places de ce duché, comme aussi les plus importantes de l’Alsace à l’obéissance de sa majesté, et notamment la ville de la Motte, contre l’opinion de plusieurs, attendu la situation et forteresse inexpugnable de cette place très importante. Après donc avoir mis de bonnes garnisons dans les villes, et places de Charmes, Remiremont, Haguenau, Saverne, Biches, Vaudemont, Ville-destin, Boar, et autres lieux de conséquence pour conserver lesdites places dans l’obéissance du roi, lesquelles garnisons ont été tirées de quelques régiments de ladite armée, ainsi qu’on a fait pour la garde de la ville de Nancy, deux compagnies de chaque vieux régiments. Ormis que pour la garnison de la ville de la Motte, le sieur de Perigord (que le roi a commis pour gouverneur) a levé des compagnies suivant le pouvoir que lui en a donné sa majesté pour la garnison de cette dite place.
Toutes choses étant bien assurée, d’un côté et d’autres, ledit sieur maréchal aurait donné avis au roi, et à messieurs les ministres d’état, de tout l’ordre des affaires, tant dudit duché, que frontières d’Allemagne, et ensuite de ce qu’il aurait reçu commandement de sa majesté de s’en venir dans la ville de S. Mihel (l’une des principales de la Lorraine) où il aurait séjourné quelques temps avec madame la marquise de La Force sa belle-fille, et tout le train de leur maison.
Durant ce séjour les compagnies de cavalerie et infanterie de l’armée ont été séparées en divers lieux, mais non pas tant éloignées qu’au premier boute-selle de la trompette, et bruit du tambour toutes les troupes pouvaient être dans peu de temps sur pied, tant que les choses avaient été bien ordonnées, et le tout sans fouler le peuple, sinon que des moindres incommodités de la guerre.
Ledit sieur maréchal étant, comme dit est, dans la ville de S. Mihel pour se rafraîchir du grand travail qu’il a eu continuellement jour et nuit pendant le siège de la Motte où il a force tout ce qui pu permettre son âge, (tant que le zèle qu’il a pour le service du roi, l’a obligé de ce faire). Il aurait reçu commandement de sa majesté, de partir de ladite ville de S. Mihel, pour cheminer vers les frontières d’Allemagne, il arriva en la ville de Mers, nonobstant toutes les injures du temps, le dimanche dix-septième de septembre.
pendant son séjour dans ladite ville il envoya visiter tous les quartiers de ladite armée, et faire commandement aux chefs et officiers de faire avancer les troupes, tant de cavalerie, qu’infanterie vers Vic, et Moyen-Vic, ce qu’ils firent suivant l’ordre qui leur avait été envoyé.
Toutes choses étant prêtes, et en état de se mettre en campagne, ledit sieur maréchal (l’infatigable dans ces peines, notamment quand elles sont pour le service du roi) se rend avec la compagnie de gendarmes, commandée par monsieur de Boësse son petit-fils dans la ville de Vic, le mercredi 27 ensuivant. Dans cette ville le conseil fut tenu entre les chefs, et l’ordre arrêté pour aller vers les villes de Haguenau et Saverne, et de là suivant le cours des affaires avancer à Fribourg avec les forces suivantes savoir :

Cavalerie pour l’Avant-garde de l’armée.
La compagnie colonelle, commandée par monsieur de Bouchavane.
La comp. du maître de camp.
La comp. écossaise.
La comp. de M. de Blagny colonel.
La comp. de M. de Lorriere.
La comp. de M. des Roches-bariteaut.
La comp. de M. de la Fraizeliere.

Avec ces sept compagnies de cavalerie l’on a aussi fait joindre sept compagnies de carabins, qui sont :
La compagnie de monsieur Arnault, maître de camp, de présent gouverneur pour le roi dans l’importante ville de Philisbourg en Allemagne.
La comp. de M. d’Arrancourt.
La comp. de M. du Pré.
La comp. de M. de Courval.
La comp. de M. le marquis de Villars.
La comp. de M. de Byderan.
La comp. de M. de la Motte.

Infanterie de l’avant-garde.
Le régiment de Picardie, commandé par M. le comte de Barraut.
Le régiment de Navarre, commandé par M. de S. Simon l’aîné.
Le régiment de Varenne.
Le régiment de Vaubecourt.
Le régiment de Rambure.
Le régiment d’Alincourt.
Le régiment de Villeroy.

Corps d’armée pour la cavalerie.
La comp. des chevaux légers du Roy, qui est de 200 maîtres, commandée par M. de Contenant.
La comp. de la Reine.
La comp. de M. le Prince.
La comp. de M. le Cardinal Duc de Richelieu, commandée par M. de Mouy.
La comp. de M. le maréchal de la Force, commandée par M. le marquis de Bosse son petit fils.
La comp. de M. le baron de la Cressonière.
La comp. de M. de la Ferté de Sainneterre.
La comp. du feu chevalier de Sainneterre.
La comp. de M. le marquis de Praslin.
La comp. de M. le comte de Vattimont.
La comp. de M. le comte de Vientail.
La comp. de M. le marquis de la Valette.
La comp. de M. le marquis du Terrail.
La comp. de M. la comte de Pouillé.
La comp. de M. comte de M. de Beauveau.
La comp. de M. le marquis de Fourille.
La comp. de M. le comte de Dampierre.

Infanterie du corps d’armée.
Le régiment de Normandie.
Le régiment de Piemont.
Le régiment de M. de Tonnains.
Le régiment de M. d’Auquincourt.
Le régiment de M. le marquis d’Effiat.
Le régiment de M. le marquis de Mailleraix.
Le régiment de M. de Aunay.
Le régiment de M. de Nettencourt.
Le régiment de M. du Plessis Joygny.
Le régiment de M. de S. Etienne.
Le régiment de M. de Castelmoron.
Le régiment de M. de Bettencourt.

Cavalerie de l’Arrière-garde de l’armée.
La comp. de M. de la Blocquerie Liégeois.
La comp. de M. de Miches Liégeois.
La comp. de M. le comte de Guiche.
La comp. de M. le marquis de S. Chaumont.
La comp. de M. le marquis de Villeroy.
La comp. de M. de Fequiere, de présent ambassadeur pour le roi en Allemagne.
La comp. de M. le Premier.
La comp. de M. le commandeur de la Porte.
La comp. de M. le marquis de la Maillerais.

Infanterie de l’arrière-garde.
Le régiment de M. le colonel Elbron Écossais.
Le régiment de M. de Chasteliers-Barlot.
Le régiment de M. le baron de Montozier.
Le régiment de M. le baron de S. Hilaire..
Le régiment de M. de la Boulley.
Le régiment de M. le vicomte de Turenne.

Le lecteur me pardonnera, si les compagnies de cavalerie et régiments d’infanterie ici contenues ne sont peut-être selon le vrai ordre qu’elles doivent être, mon intention n’est point de frustrer le rang à qui il appartient.

Outre les forces ci-dessus, ledit sieur maréchal fait aussi mener dans le corps de ladite armée 27 pièces de gros canons, et 34 moyennes, 800 tant chariots que charrettes chargées de munitions de guerre, 1600 tant chariots que charrettes chargées de vivres, et de toutes choses qui sont nécessaires pour subvenir à une puissante armée.
Par la grande prévoyance du sieur Coquet, général des vivres dans ladite armée, il a à la suite d’icelle des blés et farines plus qu’il ne faut pour fournir plus de deux mois de pain d’amunition, qui ne manque d’être délivré tous les jours aux soldats dont les contrôleurs doivent apporter deux fois la semaine les quittances des compagnies du conseil.
Et pour les payes des capitaines, lieutenants, officiers, gendarmes et soldats, qui est le seul nerf de la guerre, le sieur de Gobelin maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du roi, et intendant de la justice et des finances de l’armée, y prend continuellement un tel soin, qu’à point nommé les montres sont payées par les officiers, en telle sorte qu’il n’y aucun suite de plaintes.
Cependant que ce généreux maréchal, vieux routier de la guerre, fait reconnaître quelles sont les forces des français, monsieur le marquis de la Force son fils aîné ci-devant premier maréchal de camp de ladite armée est de présent vers les Ardennes avec 14,000 hommes, savoir 4,000 de cavalerie, et 10,000 d’infanterie sous sa conduite, où il attend les commandements du roi.

La bataille de Rheinfelden (3 mars 1638)

La bataille de Rheinfelden (3 mars 1638)

 

Fin 1637, le duc Bernard de Saxe-Weimar, maintenant au service de la France, passe en Alsace, venant de Lorraine, et traverse le Rhin. Puis il traverse la montagne noire en direction de Zürich, dans l’espoir de faire des levées en Suisse. L’armée du Duc compte alors dix régi­ments de cavalerie et huit d’infanterie. Alors que son adversaire, le duc de Savelli, ayant pris ses quartiers d’hivers à Fribourg, pourvoit en hommes les villes menacées, le duc de Weimar remonte le Rhin et fait sa jonction avec le duc de Rohan qui était en Valteline. Souhaitant empêcher les Impériaux de secourir le duc Charles de Lorraine, Weimar part le 28 janvier 1638 pour Laufenburg, qu’il prend le 30 janvier. Après avoir négocier la reddition de la ville de Waldshut, le duc Bernard se porte sur Rheinfel­den, ville située plus en aval, pour en faire le siège alors que ses subordonnés Nassau et Rosen sont envoyés vers l’Est, du côté de Constance et de Lindau, pour surveiller l’ennemi.

Bernard fait bloquer les accès de Rheinfelden aux premiers jours de février puis met son artillerie en batterie. L’armée weimarienne prend alors ses quartiers d’hivers, tout en s’activant au siège. Les 22, 26 et 28 février, trois mines explosent mais la ville résiste toujours. C’est alors que les impériaux vont réagir. Le 28 février, Jean de Werth réunit ses Bavarois aux Impériaux du duc Savelli, et se présente vers 8 heures du matin avec neuf régiments de cavalerie, quatre régiments d’infanterie fai­sant près de 3 000 hommes et deux compagnies de Croates. Les troupes impériales étaient à l’aile droite sous le commandement de Savelli, et les bavaroises à gauche, sous Jean de Werth. Alors que l’aile droite du duc Bernard enfonce l’aile gauche des ennemis, les impériaux mettent la gauche weimarienne en fuite. Le duc de Rohan qui sert alors dans l’armée de Weimar, y est blessé et fait prisonnier.  Le camp weimarien est pris ainsi que plusieurs officiers, forçant le duc à lever le siège.

Cette première bataille se solde par un échec pour le duc de Wei­mar. Mais celui-ci ne se décourage pas : il lève le siège et repart pour Laufenburg et Säckingen où il prend un avant-poste impérial. Enfin, ayant reposé et restauré ses hommes, il revient sur la plaine de Rhein­felden proposer la bataille à Savelli et de Werth, le 3 mars 1638. Les deux généraux bavaro-impériaux ne peuvent réunir toutes leurs trou­pes. Il leur manque ainsi trois de leurs meilleurs régiments de cava­lerie, les cuirassiers de Lamboy & de Billehe et les demi-cuirassiers de Sperreuter. Mais Savelli organise sa défense derrière un fossé de drainage, sa droite appuyée sur le Rhin et sa gauche sur un bois, son armée disposée en trois échelons.

L’armée du duc de Weimar, progresse en bon ordre vers l’ennemi. Alors que Taupadel fixe l’aile gauche ennemie et que l’artillerie ouvre de larges sillons dans les bataillons ennemis, les deux bataillons d’infan­terie weimariens franchissent le fossé. Les trois bataillons impériaux et bavarois, déployés hâtivement et affaiblis par les tirs combinés de l’infanterie et de l’artillerie régimentaire weimarienne, lâchent alors pied en entraînant la cavalerie dans leur fuite. Malgré la bonne tenue de l’aile de Werth, qui essaye de couvrir la déroute, l’armée impériale est annihilée : les pertes sont de 500 tués et 3 000 prisonniers.

 

 

Les armées impériale et bavaroise à Rheinfelden (1638)

Général en chef : duc Frederico Savelli & feld marshall Jean de Werth (Command Rating 8)

Aile droite impériale : Savelli

1er échelon : 1 régiment d’arquebusiers à cheval bavarois (Neunech) en 2 escadrons.

2e échelon : 1 régiment de dragons bavarois diminué (Wolf) soit 1 escadron et 2 esca­drons des cuirassiers bavarois Gayling. Ces deux escadrons sont répartis face aux intervalles de l’infanterie, de part et d’autre d’Henderson.

3e échelon : 1 escadron de Croates impériaux en 2 compagnies (Rejcovics) et 1 escadron des cuirassiers bavarois Gayling, placé entre les 2 premiers escadrons de ce régiment.

Centre : Sperreuter

1er échelon : 3 régiments d’infanterie bavarois, formant 3 bataillons (1 régiment impérial, Hen­derson, et 2 régiments bavarois, Pappenheim et Gold).

2e échelon : 2 escadrons des arquebusiers bavarois de Horst, répartis face aux intervalles de l’infanterie de Gold.

Aile gauche bavaroise : Jean de Werth

1er échelon : 1 régiment d’arquebusiers à cheval bavarois (Werth) en 2 escadrons et 1 régiment d’infanterie bavarois (Wahl) formant 1 bataillon contre les bois à l’extrême gauche.

2e échelon : 2 escadrons d’arquebusiers à cheval impériaux (régiment Valois ou Salis), face aux intervalles du premier échelon, entre les escadrons de Werth et l’infanterie de Wahl.

Aucune artillerie, mais un rideau de tirailleurs, près de la moitié des mousquetaires de l’armée, a été placé derrière le fossé de drainage.

Note : Les Bavarois étaient organisés sur les mêmes lignes que les Im­périaux, en régiments d’une dizaine de compagnies, pour l’in­fanterie comme pour la cavalerie, faisant maintenant de l’ordre d’un millier d’hommes, beaucoup moins en pratique, surtout pour la cavalerie. Durant les années 1636-38, les régiments et bataillons d’infanterie impériaux comptent 600 à 900 hommes alors que les régiments de cavalerie comptent de 300+ chevaux. L’infanterie combat en bataillons disposés sur dix rangs et la cavalerie en escadrons disposés sur quatre ou cinq rangs et chargeant au trot.

Lors de la première bataille de Rheinfelden, le 28 février, l’ar­mée bavaro-impériale est estimée à près de 7 500 hommes dont 4 500 à 5 000 cavaliers en 20 escadrons et 2 500 fantassins en trois bataillons et ne dispose d’aucune pièce d’artillerie. Le 3 mars, il manquera trois des régiments de cavalerie faisant 1 500 chevaux.

Pour LM Tercios, un bataillon d’infanterie impérial ou bavarois est représenté par un escadron classique modernisé (Classic squadron option modernised), les escadrons de cuirassiers par des escadrons de cuirassiers lourds (options heavy et caracole), les escadrons d’arquebusiers à cheval par des escadrons d’arquebusiers montés et les escadrons de Croates par des escadrons de cavalerie légère avec arquebuse (light horse, options veteran & arquebus).

 

L’armée weimarienne à Rheinfelden (1638)

Général en chef : duc Bernard de Saxe-Weimar (Command Rating 9)

Aile droite : Taupadel

Cavalerie : 5 régiments de demi-cuirassiers en 10 esca­drons, sur deux échelons : 3 en première ligne (Potbus, Wurtemberg et Nassau) et 2 en seconde ligne (Tau­padel et Rhingrave), dans les intervalles.

Aile gauche : Bernard de Saxe-Weimar

Cavalerie : 5 régiments de demi-cuirassiers en 10 escadrons, sur deux échelons : 2 en première ligne (Bo­dendorf et Rosen) et 3 en seconde ligne (Kanoffsky, entre les 2 bataillons d’infanterie, Ohm, entre Bodendorf et l’in­fanterie, et Caldenbach, entre les deux régiments de cavale­rie de première ligne).

2 régiments d’infanterie (Forbus & Hattstein) en 2 bataillons au centre.

Artillerie : 8 pièces légères de bataillons (de 3 livres) et 4 pièces moyennes de 12 livres.

Note : À la mi-1637, l’armée du duc Bernard de Saxe-Weimar se com­pose de dix régiments de cavalerie faisant 5 000 chevaux et quatre régiments d’infanterie totalisant 4 000 hommes. En janvier 1638, il ne reste que 4 000 chevaux en dix régiments et 2 000 fantassins en deux régiments. Chaque régiment de cavalerie compte théoriquement huit compagnies totalisant 500 hommes alors que les régiments d’infanterie comprennent théoriquement douze com­pagnies de 100 hommes, pour un total de 1 200 hommes. Cet établissement sera rarement atteint. Les weimariens combattent comme les suédois, en « brigades » (ou bataillons) de 700 à 1 000 hommes disposés sur six rangs et en escadrons de 200 chevaux disposés sur trois rangs et chargeant au galop.

L’armée de Bernard de Saxe-Weimar à Rheinfelden est estimée à 6 000 hom­mes dont 4 000 chevaux en 20 escadrons, 2 000 fantassins en deux bataillons et 14 canons (8 pièces de bataillon de 3 livres, 4 pièces de 12 et 2 pièces de 24).

Pour LM Tercios, les 2 bataillons d’infanterie sont des escadrons modernes vétérans (modern squadron, option veteran) ; les escadrons de cavalerie sont des escadrons de  cavalerie moderne demi-cuirassiers (modern cavalry, options demi-cuirassiers). Si vous n’avez pas l’extension Kingdoms, ces escadrons sont Cuirassiers avec option Modern Cavalry (ce qui revient au même !). L’artillerie légère peut être transformée en regimental gun.

Alternative : donner à l’ensemble de la cavalerie weimarienne, l’option veteran. mais il vous faudra en faire de même avec la cavalerie bavaro-impériale pour équilibrer. Vous pouvez par ailleurs équilibrer les armées en donnant cette option à quelques  unités après calcul des budgets des deux armées.

Enfin, vous pouvez diviser le nombre d’unités par deux, pour les deux armées, si vous n’avez pas assez de figurines.

Bon jeu !

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