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Auteur : Timur le lent

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon Guthrie et Brzezinski

1- OdB suédois selon Guthrie (Battles of the Thirty Years War – Greenwood Press)

Effectif : 19,150 hommes (12,950 fantassins et 6,210 cavaliers, 60 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Domhoff/Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (10950 fantassins, 20 canons lourds, 24 canons légers).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1287), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte  (1748), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne : Brigade Bose (1438), brigade Knyphausen (1120), brigade Thurn (1252), brigade Mitzlaff (1546), Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne : Stalhansk CR (500), Stoop CR (400), Sack CR (200), Silversparre CR (250), Sperreuter CR (100), Stenbock CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne : Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160)

 

2- OdB suédois selon Brzezinski (Lützen 1632 – Osprey Military – Campaign)

Effectif : 20,900 hommes (14,700 fantassins et 6,210 cavaliers, 50 canons).

Aile gauche (2980 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons)

Première ligne (de droite à gauche) : Bernard de Weimar CR (500 en 2 esc), Carberg CR (220), Courlande CR (230), Tiesenhausen-Livoniens CR (300), Courville CR (300), 5 détachements de mousquetaires (200) avec 2 canons par détachement.

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Hoffkirch CR (350), Anhalt CR (300), Lowenstein CR (200), Brandenstein CR (300), Steinbach CR (200), Stechenitz CR (80).

Centre (12,700 fantassins).

Première ligne (de droite à gauche) : Brigade suédoise (1581), brigade jaune (1221), brigade bleue (1110), brigade verte Weimar (2036), 4 batteries de 5 canons, Henderson IR (228)

Deuxième ligne (de droite à gauche) : Brigade duc Wilhelm/Bose (1726), brigade Knyphausen blanche (1120), brigade Thurn (1832), brigade Mitzlaff (1834). En réserve, derrière : Ohm CR (300).

Aile droite (2930 chevaux, 1000 fantassins, 10 canons).

Première ligne (de droite à gauche) : Stalhansk (finnois) CR (500), Västgota CR (400), Södermanland CR (200), Uppland CR (250), Östagota CR (100), Smäland CR (400), 5 détachements de mousquetaires (200 chacun) avec 2 canons par détachement.

Seconde ligne (de droite à gauche) : duc Wilhelm Leib CR (120), Goldstein CR (150), Bulach CR (120), Beckermann CR (150), Hessois 4 CR (380), G. Uslar-hessois CR (160).

Artillerie : 20 canons = 10 pièces de 3 livres sur chaque aile avec les mousquetaires commandés).

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

L’armée suédoise à Lützen (16 novembre 1632) selon quelques sources d’époque

Voici l’ordre de bataille suédois à Lützen selon plusieurs sources d’époque :

1- L’armée suédoise à Lützen selon Abelinus (C’est à dire selon le journal de l’époque Theatrum Europaeum) :

Aile gauche (Bernard de Saxe-Weimar)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires du régiment Stüctlein avec 20 canons.

Deuxième ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Centre

Première ligne (de droite à gauche) : Wisenburg à la tête d’une ligne de 4 brigades : Brigade suédoise, brigade jaune, brigade bleue, brigade Weimar (verte), 4 batteries de 5 canons.

Deuxième ligne : Knyphausen à la tête d’une ligne de 4 brigades d’infanterie.

Aile droite (Gustave-Adolphe)

Première ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires avec 19 canons.

Seconde ligne : 6 escadrons de cavalerie mêlés à 5 détachements de mousquetaires.

Total : 20 000 hommes

2-  L’armée suédoise à Lützen selon Gualdo Priorato (contemporain des faits mais non présent à Lützen)

Aile gauche

3,000 cavaliers goths et finlandais en 6 escadrons et commandés par les colonels Wansleben, Ruthwin et Vitzthum. Cinq pelotons (maniche) de mousquetaires étaient distribués entre ces escadrons.

Seconde ligne : 5 escadrons, précédés de leurs colonels qui marchaient accompagnés de gentilshommes volontaires tous bien montés et bien armés.

Centre

Venaient ensuite 4 gros bataillons d’infanterie allemande et suédoise, assez espacés entre eux : c’étaient les deux brigades noire et jaune, en 28 enseignes, auxquels étaient joints les brigades bleue et verte formées de 18 compagnies des régiments de Winckel et Relingen et de celui de Bernard de Weimar en 26 enseignes.

Au corps de bataille étaient 4 autres bataillons étendus sur un large front et disposés derrière les premiers en 34 compagnies d’infanterie des régiments de Stechnitz, Brandtstein, Loewenstein, Steinbach et Anhalt.

En seconde ligne : l’arrière-garde commandée par le maréchal Kniphausen était de 52 compagnies d’infanterie partagés en 8 gros bataillons, 4 de forme carrée et 4 étendus sur un large front, composés des régiments étrangers de Mitzlaff, Geisdorf, Thurn ou la Tour, Hesse, Kniphausen, Hoffkirch et Guillaume de Weimar.

Aile droite

3,000 hommes de cavalerie allemande en 6 escadrons comme ceux de la droite, commandés par le duc Bernard de Weimar, suivis de gentilhsommes volontaires. Cinq pelotons de mousquetaires flanquaient ces escadrons et y étaient mêlés à même intention qu’à l’aile droite. C’est là qu’étaient les 22 escadrons de la garde royale, et les régiments de Karberg, Churlander (Courlandais), Wrangel (en fait, même régiment que Courlande), Wishaufen (Diesenhausen) et Courville.

5 escadrons conduits par les colonels Oemens, Boosse ou Boosen, Iseler et Agafelt ou Degenfelt, commandés par le lieutenant-général baron de Hoffkirch, étaient entremêlés de mousquetaires.

L’artillerie était distribuée sur le front de la première ligne : 26 pièces de gros canon devant l’infanterie, et 20 pièces de campagne devant chaque aile chargées à cartouche.

3L’armée suédoise à Lützen selon De La Gardie (Archives suédoises)

Effectif : 14 499 piétons (blessés compris, 13 822 sans les blessés) et 9260 cavaliers (6210 cavaliers effectifs)

Infanterie (#compagnies) # Mousquets #Piques #Officiers #Total
Guardie (1) 45m 38p 12o off (Gardes, avec rgt Nilses)
Gr. Nilses (16) 610m 324p 192 off 1221 (brigade jaune – Nils Brahe)
Winckels (16) 486m 432p 192 off 1110 (brigade bleue – old blue)
Er. Hands (8) 465m 267p 96 off 848 (brigade suédoise bleue)
Carl Hårds (8) 447m – 96 off 543 (brigade suédoise bleue)
Finnar (4) 156m – 48 off 204 (Finnar = Finnois = Finnish – brigade suédoise bleue)
Knyphausen (12) 708m 270p 142 off 1120 (brigade blanche)
Mitzlafwes (12) 342m 198p 142 off 682 (brigade Mitzlaff)
Rossows (8) 366m 168p 96 off 630 (brigade Mitzlaff)
Giersdorffs (8) 330m 96p 96 off 522 (brigade Mitzlaff)
Gr. v. Thurn (8) 240m 144p 96 off 480 (brigade Thurn)
Gr. v. Isenburg (8) 120m 54p 96 off 270 (brigade Thurn)
Gr. v. Erpack (8) 144m 18p 96 off 258 (Erbach – brigade hessoise)
Gr. v. Eberstens (12) 216m 144p 142 off 502 (brigade hessoise)
Yslors (12) 144m 36p 142 off 322 (Uslar – brigade hessoise)
Hert. Wilhelms (12) 276m 78p 142 off 496 (brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Posens (8) 540m 156p 96 off 792 (Bose ? – brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Pforts (8) 306m 84p 48 off 438 (Pforte – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Vidtstrumbs (8) 150m 24p 96 off 270 (Vitzthum – Wilhelm de Saxe-Weimar)
Hert. Bernh. (12) 396m 210p 142 off 748 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Leslies (16) 360m 24p 192 off 576 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Willteust. (12) 468m 102p 142 off 712 (Wildenstein – brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Brandenstein (4) 198m – 48 off 246 (mousquetaires commandés)
Gr. v. Launst. (7) 600m – 84 off 684 (Löwenstein – mousquetaires commandés)
Joh. Hindriks (4) 180m – 48 off 228 (Henderson – réserve)
total : 8293 mousquets, 2867 piques, 3592 officiers, 13 882 hommes, 14 499 hommes avec les blessés

Cavalerie (# compagnies) – Je ne sais pas à quoi corresponde les deux chiffres, le premier correspond peut-être à l’effectif total, blessés compris, ou aux chevaux.
Uppland (4) 300 250
Ohms (8) 450 300
Södermanland (4) 250 200
Östgöta (4) 200 100
Westgöta ou Västgöta (8) 600 400
Småland (8) 600 400
Finnar (Finnois) (8) 800 500
Frans v. Talby 75 50
Cort. v. Talby 150 100
T. Albrecht Yssler 75 50
Verkermans (4) 225 150
Hert. Bernhard (12) 750 500
Rostens 270 180
Lifland (Livoniens) (8) 450 300
Bullasch (8) 180 120
Carlbergs (8) 330 220
Georg Yssler (Uslar) 240 160
Courville (4) 450 300
Golstens (Goldstein) (8) 225 150
Stecknitz 120 80
Hert. Wilhelms (12) 180 120
Anhaltiske (8) 450 300
Curländer (4) 345 230
Hofkirks (12) 525 350
Steinbachs (4) 300 200
Lauensteins (Löwenstein) (6) 300 200
Brandenstein (4) 450 300
Total 9290 6210
Dragons 600
Total 6810

 

Stéphane Thion

L’armée espagnole à Rocroi (mai 1643)

L’armée espagnole à Rocroi (mai 1643)

A Rocroi, l’armée des Flandres est commandée par don Francisco de Mello. Le duc d’Albuquerque vient d’en être nommé général de la cavalerie et Alvaro de Mello, frère de Francisco, en est le général de l’artillerie. Cette armée est scindée en plusieurs corps : l’armée de Brabant, commandée par don Andrea Cantelmo ; un corps rassemblé en Hainaut, commandé par le comte de Bucquoy ; un corps rassemblé du côté de Namur, commandé par Issembourg et un corps destiné à défendre le Luxembourg et à secourir la Bourgogne, commandé par le baron Beck. L’armée de France sera constituée à partir des corps de Bucquoy et d’Issembourg, et le comte de Fontaine sera nommé mestre de camp général de cette armée. Pour la bataille, le sergent-major de bataille, équivalent au maréchal de bataille français, sera don Jacinto de Vera.

Ci-dessus : Etat-Major espagnol à Rocroi (Aquarelle de K.A. Wilke)

L’infanterie d’Espagne

Les tercios seront, durant les guerres de Quatre-vingt et de Trente ans, le bras armé du roi d’Espagne. Et les tercios viejos en sont les unités les plus redoutées.

Un tercio compte, depuis 1632, 12 compagnies de 250 hommes, ou 15 compagnies de 200 hommes pour un tercio levé en dehors de la péninsule ibérique, soit un effectif total  de 3 000 hommes. L’ordonnance de 1632 tolère les tercios à 20 compagnies et en pratique certains auront jusqu’à 26 compagnies. Mais aucun de ces tercios n’atteindront l’effectif théorique de 3 000 hommes. Une compagnie au complet doit compter 11 officiers (un capitaine et son page, un alférez, un enseigne ou abanderado, un sergent, deux tambours, un fifre, un fourrier, un barbier et un chapelain) et 239 soldats dont 90 piquiers en cuirasse (coseletes), 89 arquebusiers et 60 mousquetaires. Dix caporaux (cabos de escuadra) font parti de ce total. La compagnie de 200 hommes doit compter, pour sa part, 70 piquiers coseletes, 90 arquebusiers et 40 mousquetaires. L’état-major permanent du tercio comprend, en plus du mestre de camp, 7 officiers supplémentaires. L’habitude prise par les fantassins de toutes nations d’alléger leur équipement, en se débarrassant de leurs cuirasses et en raccourcissant leurs piques, n’est pas du goût des autorités et l’ordonnance de 1632, modifiée l’année suivante, tente désespérément d’endiguer cette pratique. Elle prévoit cependant que les piquiers moins biens équipés soient placés dans les rangs arrières.

 

Certains tercios sont permanents, ou fixes, comme les régiment entretenus français. Les principaux tercios fixes de l’armée de terre sont (avec le nom de leur mestre de camp en 1643), les tercio viejo de los Estados de Flandes (comte de Garcies), tercio viejo de los estados de Brabante (comte de Villalba), tercio viejo de los Estados de Holanda (duc d’Albuquerque puis Baltasar Mercader), tercio fijo de Napoles (prince d’Ascoli), tercio fijo de Lombardia (Antonio de Velandia), tercio fijo de Sicilia (Francisco de Castilla), et le tercio de Saboya (Vicente Monsoriu). La Marine peut de son côté compter sur ses propres tercios stationnés en Espagne, à Naples et en Sicile.

Aux tercios purement espagnols s’ajoute l’infanterie dite des nations, levée dans les territoires dépendant de la couronne d’Espagne : Flandre, Bourgogne, Sicile, Naples et Lombardie. Les tercios italiens et bourguignons suivent la même organisation que les tercios espagnols, soit 12 compagnies de 250 hommes. Les tercios wallons suivent pour leur part l’organisation des tercios espagnols des Flandres, soit 15 compagnies de 200 hommes. Mais chaque compagnie wallonne compte théoriquement 12 officiers, 46 piquiers et 142 mousquetaires. Les règlements pour faire recrue de nation wallonne prescrivent que chaque mestre de camp doit nommer, pour chaque compagnie, un officier, deux vieux soldats et un tambour, et les envoyer aux quartiers qui leurs seront désignés. Les recrues devront être effectuées dans les pays de Hainaut, de Brabant, de Lille, de Flandre, d’Oudenarde et de Bergue. « Tous maîtres de camp soigneront sérieusement que pendant le temps de ces quarante jours, ils fassent bien ajuster les mousquets et armes à feu de leurs vieux soldats, et pour les piques ils prendront le patron de la longueur et des fers accordés avec Herscamp, marchant de Namur, dont chaque maistre de camp envoyera quérir un patron pour à l’avenant armer les piquiers de son tercio. (…) Tous les maistres de camp seront avertis qu’ils ne pourront enrôler en leurs tercios pour arquebusiers que des forts et robustes garçons, et ne soient plus jeunes que de dix-sept à dix-huit ans. » Les régiments allemands et lorrains au service de l’Espagne sont organisés sur le modèle allemand, en 10 compagnies de 250 ou 300 hommes.

Il s’agit là bien sûr d’effectifs théoriques, peut-être atteints par certains régiments nouvellement levés. En pratique, les effectifs réels s’en éloignent rapidement. En 1634, pour la campagne de Nördlingen, le tercio d’Idiaquez ne compte que 1 800 hommes pour 26 compagnies et le tercio de Fuenclara, 1 450 hommes pour 17 compagnies. De fait, les escadrons espagnols, équivalent aux bataillons français, ne dépasseront que rarement le millier d’hommes. Ils se déploient maintenant comme leurs homologues des autres nations, sur 6 à 8 rangs, les piques formant le bloc du centre, arquebuses et mousquets disposés sur leurs flancs.

Les hommes d’un tercio ne reçoivent leur solde que par tiers. Un tiers au début du mois et le second tiers quinze jours plus tard. Le troisième tiers est retenu pour l’achat de la poudre, des mèches et l’entretien ou le remplacement des équipements. Don Bernardino de Mendoza affirmait que le soldat espagnol diffère de celui des autres nations parce qu’il réclame sa solde uniquement après avoir combattu.

La cavalerie de Philippe IV

La cavalerie d’Espagne ne bénéficie pas de la même réputation que l’infanterie. Et la part des nations au sein de la cavalerie du roi d’Espagne n’en est que plus importante. La cavalerie espagnole dépend d’un capitaine général, assisté d’un lieutenant général, de quatre adjudants, et d’un fourrier-major. Mais, jusqu’à 1642, elle ne bénéficie d’aucune organisation régimentaire. Les compagnies de 25 à 40 chevaux sont regroupées de façon temporaire par des commissaires généraux. Pour combattre, elles sont réunies en escadrons commandés par le plus ancien des capitaines. La cavalerie des nations est pour sa part organisée en régiments regroupant de 5 à 10 compagnies, commandés par un colonel assisté d’un lieutenant-colonel, d’un sergent-major et d’adjudants. La cavalerie espagnole sera aussi organisée en régiments à partir de 1642, apparemment en régiments de 6 compagnies de 100 chevaux.

Les caballos corazas, similaires aux chevaux légers français, forment le corps de cette cavalerie. Comme pour leurs homologues français, l’équipement des cavaliers s’est allégé durant les années 1630, ne consistant plus qu’en une cuirasse à l’épreuve du pistolet, portée sur un buffle, deux pistolets d’arçon et une salade (ou pot). En 1648, Grammont rapporte dans ses Mémoires que les escadrons espagnols, qui s’apprêtent à recevoir la charge de la cavalerie française, « n’avaient point l’épée à la main, mais comme tous les cuirassiers espagnols portent en Flandre des mousquetons, ils les tenaient en arrêt sur la cuisse, de même que si c’eut été des lances ». Rien ne semble donc maintenant les distinguer des arquebusiers à cheval. Les compagnies de gardes, que ce soient celles du gouverneur, du général de la cavalerie ou du lieutenant général, sont probablement mieux équipées, à l’image des gendarmes français. Le gouverneur des Flandres possède deux compagnies particulières de gardes, une compagnie d’arquebusiers et une compagnie de lanciers. Les Espagnols resteront en effet la dernière nation d’Europe occidentale à utiliser des lanciers, même si on ne les trouve plus, en 1643, qu’au sein de cette compagnie de gardes.

L’artillerie

Selon Diego Ufano Velasco, l’artillerie espagnole ne compte plus, depuis 1609, que quatre calibres : le canon tirant 40 livres de balles, le demi-canon tirant 24 livres de balles, le quart de canon tirant 10 livres de balles et le quint de canon – auquel on peut substituer la quart de couleuvrine – tirant 5 livres de balles. Cette artillerie se révélera mieux servie que celle de son adversaire.

Ci-dessus et ci-dessous : 2 variantes du drapeau du tercio d’Albuquerque.

Stéphane Thion

(Illustrations de Daniel Cabrera-Pena).

La bataille de Rocroi (19 mai 1643)

La bataille de Rocroi (19 mai 1643)

 

Prélude à la bataille

Louis XIII, alors très affaibli, rassemble son conseil le 20 avril,  pour annoncer qu’à sa mort, la Reine prendrait la régence du Royaume. Gaston d’Orléans, son frère, sera lieutenant général de l’État et des armées ; le prince de Condé, chef du Conseil ; le cardinal Mazarin, ministre non destituable. Alors que cette décision entraîne de nombreuses intrigues à la cour, les  Espagnols vont essayer de profiter de la situation.

Le duc d’Enghien – futur Grand Condé – vient d’être nommé général de l’armée de Picardie par le Roi. Le jeune duc est à Amiens le 20 avril où il rassemble ses troupes estimées à 25 000 hommes dont 7 000 chevaux. Il prend alors les affaires en main, logeant toutes ses troupes dans des places fermées pour éviter qu’elles ne se débandent tout en se réservant la possibilité de les concentrer rapidement. Le lendemain, il reçoit une première estimation des forces ennemies, évaluées à 15 à 16 000 hommes de pied et 6 à 7 000 chevaux. Le maréchal de Guiche, qui est à Arras, lui écrit qu’il a du mal à pénétrer le dessein de l’ennemi, mais que les troupes de Bucquoy viennent de joindre celles de Francisco de Melo. Le 25 avril, Enghien apprend que l’ennemi semble vouloir prendre l’offensive sur Arras. Le 9 mai, Enghien donne rendez-vous à toute la cavalerie sur l’Oise et à son infanterie sur la rivière Authie. Puis, ayant appris que don Francisco de Melo marchait sur Valenciennes, il décide de reporter le rendez-vous de l’armée à Ancre, ordonnant à Espenan et au marquis de Gesvres de tenir prêts leurs corps d’armée respectifs.

Le 12 mai, les événements se précipitent : alors que le jeune duc est à Moislains, sept kilomètres au nord de Péronne, il apprend que les ennemis se dirigent vers Landrecies et que le comte d’Issembourg s’est présenté sous les murs de Rocroi, avec toute sa cavalerie et 1 200 fantassins. Celui-ci sera rejoint le lendemain par don Francisco de Melo. Enghien envoie aussitôt des partis en reconnaissance au-delà de l’Escaut. Il arrive le 14 mai à Fervaques, près de Saint-Quentin, sur la Somme, où il apprend la mort du Roi. Il écrit à son père, le prince de Condé, que « les ennemis ne sont qu’à une journée de moi, et que demain nous serons en présence ». Il situe les Espagnols à Hirson et leur prête l’intention d’entrer en France par Vervins. Enghien part alors pour Foigny, au nord-est de Vervins, où il dresse le camp le 16 mai. Il assure à Mazarin qu’il marchera le lendemain sur Rocroi, assiégée depuis la veille, pensant y être le 18. Il donne alors l’ordre à Gassion et à ses 1 500 chevaux d’aller camper à Bossu dès le lendemain, lieu où il a donné rendez-vous à l’armée de Champagne du marquis de Gesvres. Gassion s’exécute, repoussant devant lui les postes avancés ennemis, et parvient à jeter un secours de 100 fusiliers du Roi et 25 ou 30 de ses gardes dans Rocroi. Enghien fait sa jonction avec Espenan et Gesvres le 17, à Brunchamel, et arrive le soir même à Bossu où il retrouve Gassion.

La place de Rocroi a été fortifiée de cinq bastions et protégée de quelques demi-lunes, c’est à dire des ouvrages avancés en forme de croissant. Le tout, défendu par un peu plus de 500 soldats, parait trop fragile aux Français qui craignent que sa prise n’ouvre la route de Paris.

Gassion avait reconnu deux défilés traversant le bois de Fors et permettant de déboucher dans la plaine au sud de Rocroi. Ces défilés qui permettent d’accéder au plateau de Rocroi sont étroits et tortueux. Le 18 mai, la voie est libre et Enghien envoie Gassion avec les Croates et les fusiliers du Roi prendre pied dans la plaine. Puis, il envoie, vers 13 heures, l’aile droite de son avant-garde, c’est à dire les régiments de cavalerie Royal, Gassion (ou mestre de camp général), Lenoncourt, Coislin et Sully pour passer le défilé. Cette avant-garde sera suivie des autres corps. Dès 14 heures, la cavalerie commence l’escarmouche avec l’ennemi pour protéger le déploiement de l’armée. Ces combats d’avant-garde dureront près de 3 heures, durant lesquelles les différents corps se mettent en bataille, au fur et à mesure de leur arrivée. Cette facilité avec laquelle l’armée française parvient à déboucher des défilés est déconcertante. Enghien a tenté sa chance et le destin lui sourit déjà.

Cependant Melo ne reste pas inactif. Il part reconnaître les meilleures positions pour recevoir l’ennemi. Il considère alors qu’il ne peut rester derrière le marais, n’ayant pas assez de place pour déployer ses bataillons d’infanterie et ses escadrons de cavalerie. Il décide donc de déployer ses troupes en rase campagne pour y retenir l’ennemi tout en continuant le siège de Rocroi. Il passe le marais et gagne une éminence qui dominait la campagne. Mais le temps lui manque, et il confie le déploiement du corps de bataille au comte Fontaine. Il est probablement entre 16 et 17 heures lorsque que La Ferté-Seneterre qui commande la gauche française, prend une malheureuse initiative : il fait traverser le marais à toute son aile cavalerie et  5 bataillons d’infanterie dans le but de jeter du secours dans Rocroi, sans en avertir le duc d’Enghien. Celui-ci stoppe alors à ses troupes, et fait combler les espaces laissés vides. L’ennemi ne se serait pas aperçu de cette fausse manœuvre. L’armée espagnole  qui progressait alors vers les lignes françaises, s’arrête à 400 pas mais ne semble pas vouloir engager le combat. Il est maintenant 17 heures. Alors que toute l’armée française se déploie, Melo place ses troupes en hauteur. Les deux armées sont à portée de mousquet et l’artillerie espagnole ouvre le feu. Un quart d’heure plus tard, l’artillerie française lui répond. Enfin, entre 18 et 19 heures, le dernier corps français, la réserve du baron de Sirot, débouche et se déploie. Il est probablement 21 heures lorsque la nuit tombe, faisant cesser la canonnade.

La bataille

Gassion commande l’aile droite avec le duc d’Enghien, la Ferté Seneterre l’aile gauche, d’Espenan l’infanterie du centre et Sirot la réserve. L’infanterie d’Espenan se retrouve donc partagée entre les deux ailes, Picardie, La Marine, Persan, les deux bataillons de Molondin, et les bataillons de seconde ligne dans les intervalles font partie de l’aile droite du duc d’Enghien.

La bataille s’engage à quatre heures du matin.  Les deux ailes marchent alors de concert. L’aile droite commandée par le duc se heurte aux mousquetaires tapis dans un repli de terrain à la lisière d’un bois : ils sont entre 500 et 1000 selon les sources. Gassion les met en fuite.

Sur l’autre aile, la cavalerie de l’Hôpital a mal préparé sa charge : la première ligne de cavalerie de La Ferté-Seneterre s’est avancée vers celle d’Issembourg mais, ayant lancé sa charge de trop loin, et malgré quelques succès ponctuels, est fermement ramenée dans ses lignes, son chef blessé et prisonnier. L’infanterie de d’Espenan aurait suivi le mouvement mais fut aussi repoussée. Les Lorrains, poursuivant les Français, tombent sur l’artillerie laissée sans protection, l’infanterie l’ayant probablement traversée pour se porter en avant. De la Barre, en charge de cette artillerie, trouve la mort en défendant ses canons, et sa batterie est prise. Le maréchal de l’Hôpital tente de rallier les fuyards, sans succès. Il se serait alors mis à la tête de la seconde ligne de cavalerie, et aurait repris en main la situation. C’est à ce moment là que le maréchal de l’Hôpital aurait envoyé l’ordre à Sirot de s’avancer avec sa réserve. Celui-ci parvient à repousser la cavalerie ennemie.

C’est sur l’autre aile que va se décider le sort de la bataille. La première ligne de l’aile droite de Gassion aligne la fleur de la cavalerie française. Les régiments Royal et Mestre-de-camp général en forment la tête, c’est à dire l’extrême droite, juste avant les Croates. Le régiment Royal, sous les ordres de François Barton vicomte de Montbas, sera un des héros de la journée. Ce régiment est l’ancien Cardinal-duc, un des douze premiers régiments organisés par le cardinal de Richelieu le 16 mai 1635. Ce 19 mai, Royal est épaulé à sa gauche par le second régiment d’élite de la cavalerie française, celui de Gassion, levé en 1633, qui a pris le titre de Mestre de camp général. Les gardes de Condé et trois régiments de cavalerie (Lenoncourt, Coislin et Sully) complètent cette première ligne, qui compte, avec les Croates de l’extrême gauche, 1 500 chevaux. La seconde ligne est composée de régiments français, liégeois et weimariens qui ont l’habitude de combattre avec le mestre de camp général. Comme à son habitude, Gassion a intercalé entre ses régiments de cavalerie des pelotons de mousquetaires.

Enghien donne l’ordre à Gassion de faire le tour du bois, avec sa première ligne de cavalerie, ce qu’il fait en s’étendant sur sa droite. C’est donc Enghien qui, à la tête de la seconde ligne, va affronter la plus grande partie de la cavalerie espagnole. Mais la manœuvre à effectuer est compliquée : les escadrons de seconde ligne doivent pendre la place de la première ligne entre les pelotons de mousquetaires. Puis c’est le choc entre Albuquerque et Enghien, avec un résultat contrasté. Deux ou trois escadrons français et deux pelotons de mousquetaires semblent rompus. Dans leur poursuite, les escadrons espagnols atteignent quelques pièces d’artillerie, les prenant pour un temps. Mais la droite de l’infanterie française est occupée par le régiment de Picardie qui repousse la cavalerie espagnole. Il semble que le futur Grand Condé a choisi de recevoir la cavalerie espagnole avec la moitié de ses escadrons, pour donner le temps à Gassion de la déborder. Et ce sont donc les escadrons de première ligne qui prirent de flanc leurs adversaires flamands, espagnols et italiens. Quelques escadrons du duc d’Albuquerque refluent entre les lignes de l’infanterie, à l’abri derrière les réconfortantes citadelles que forment les tercios, d’autres prennent la fuite. Les escadrons de Gassion chargent alors les bataillons espagnols, wallons et italiens, sans succès. Pendant ce temps, les Croates de Raab contournent la gauche d’Albuquerque, harcelant les escadrons qui se replient ou pillant les camps espagnols.

Pendant que les deux ailes de cavalerie s’affrontent, l’infanterie française s’avance vers la première ligne espagnole. Mais Espenan, inquiet du reflue français sur sa gauche, se contente d’escarmoucher avec la première ligne espagnole.

À l’aile gauche,  Sirot, après avoir réorganisé sa réserve, reçoit une nouvelle charge de la cavalerie allemande. Mais celle-ci, non soutenue par son infanterie, a perdu son entrain. D’autant plus qu’à ce moment là, Issembourg n’est plus avec ses escadrons : il tente de reformer les régiments d’infanterie allemands, les faisant pivoter pour faire face à la cavalerie de Gassion. Prise de flanc par les escadrons de Gassion, l’infanterie wallonne et allemande part en déroute. De leur côté, les trois tercios italiens préfèrent prendre la fuite, se repliant à travers les bois.

Il est 9 heures passé. « Restait cette redoutable infanterie de l’armée d’Espagne » écrira Bossuet. Alors que quelques escadrons de Gassion, ayant chassé les Wallons, les Italiens et les Allemands du champs de bataille aborde les derniers escadrons d’Issembourg, il ne reste plus que l’infanterie espagnole, resserrée en un seul corps auprès du canon. Mais Enghien sait que Beck n’est pas loin, avec 4 000 hommes en renfort. Il va donc lancer plusieurs attaques pour venir à bout de cette muraille de piques. Trois assauts s’enchaînent, avec des succès contrastés. Ces premiers assauts vont venir à bout des deux plus anciens tercios viejos, ceux de Villalba et de Velandia, dont la résistance fut exemplaire. Il ne reste alors que trois tercios, ceux de Garcies, d’Albuquerque et de Castelvi. Leur résistance va être d’autant plus héroïque. Pour en venir à bout, les attaques d’infanterie et de cavalerie sont combinées de tous côtés.  Les escadrons français viendront « 5 ou 6 fois à la décharge » sur l’infanterie espagnole « sans qu’ils la pussent rompre ». Face à cette muraille invulnérable, Enghien propose alors aux Espagnols de se rendre, en échange de sa grâce. Si cette proposition est refusée, il détruira l’escadron espagnol, qui compte alors 3 000 hommes, avec l’artillerie chargée à mitraille. Mais des trois mestres de camp restants, deux répondirent « qu’ils ne se rendaient pas et qu’ils préféraient mourir en se battant ». Les assauts reprennent donc, sans succès. Enghien, toujours inquiet d’une arrivée de Beck, fait alors une seconde offre. Et cette fois-ci, il leur « offre quartier, c’est à dire la vie sauve, et en somme une capitulation comme une place forte. Et ce qu’il leur fut demandé (ce ne pouvait être moins) est qu’abandonnant leurs armes, ils conservaient leurs vies et leurs biens » écrira un historien espagnol du XVIIe siècle. Les mestres de camp du dernier escadron vont accepter, ayant été assuré qu’ils pourront traverser la France pour retourner en Espagne « avec leurs bannières au vent, leur équipage et leurs armes ». Deux mille cinq cents Espagnols traverseront ainsi le pays jusqu’à Fontarabie. Il est probablement 10 heures. Le comte de Fontaine et les mestres de camp des deux plus anciens tercios, Villalba et Velandia, sont morts. Garcies, Castelvi et le sergent-major Peralta ont capitulé. Tout est fini.

Alors, selon Bessé, « le duc d’Enghien, voyant sa victoire entièrement assurée, se met à genoux au milieu du champ de bataille et commande à tous les siens de faire la même chose pour remercier Dieu d’un succès si avantageux. »

 

L’armée espagnole de Francisco de Melo

Aile droite espagnole : Issembourg

Cavalerie allemande : 14 escadrons pour 3000 chevaux (dont le régiment de cuirassiers de Rittburg et probablement les Gardes d’Issembourg, les régiments Savary, Vera et Donquel) soit 210-220 chevaux par escadron.

Première ligne : 6 escadrons lorrains plus un escadron de Croates.

Seconde ligne : 6 escadrons allemands plus un escadron de compagnies franches.

Centre : comte de Fontaine

Première ligne : 5 tercios Espagnols formant un bataillon chacun en première ligne avec deux pièces d’artillerie entre chaque bataillon (tercio du duc d’Albuquerque, tercio de don Antonio de Velandia, tercio du comte de Villalba, tercio du comte de Garcies et tercio sarde de Georges Castelvi), pour un effectif estimé de 5500 h

Seconde ligne : 4 tercios italiens et bourguignon formant chacun un bataillon (Strozzi, Visconti, Delli Ponti  et Philippe de la Baume, comte de Saint-Amour), pour un effectif estimé de 6500 h

Troisième ligne : 5 tercios wallons formant chacun un bataillon (prince de Ligne, Ribaucourt, la Grange, Meghem et Bassigny) pour un effectif estimé de 2500 h

Quatrième ligne : 5 régiments allemands formant chacun un bataillon (Ritberg, Frangipani, Hembise, Guasco et Rouvroy) pour un effectif estimé de 2500 h

L’ensemble de l’infanterie est estimée à 17 000 homme et 18 canons.

Aile gauche espagnole : duc d’Albuquerque

Cavalerie wallonne : 5-6 régiments en 15 escadrons pour 2000 chevaux soit 130-135 chevaux par escadron (régiments non connus, les Gardes d’Albuquerque sont probablement présents).

Première ligne : 8 escadrons wallons.

Seconde ligne : 6 escadrons wallons.

En embuscade dans le bois : 500-1000 mousquetaires.

L’armée espagnole à LM Tercios :

Les 5 tercios espagnols sont Tercios viejos modernised. Les tercios bourguignons et italiens sont tercios modernised. Les 5 tercios wallons et les 5 tercios allemands sont tercios modernised & depleted.

Les 500-1000 mousquetaires seront représentés par 2 compagnies de tireurs (shot companies, musket).

Les escadrons espagnols, allemands et de compagnies franches sont cuirassiers modern cavalry (modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez le supplément Kingdom). L’escadron de Croates est light horse, pistol. Passer les gardes d’Issembourg et d’Albuquerque (1 escadron sur chaque aile) en elite.

Représenter l’artillerie par de l’artillerie moyenne (un canon pour 3 pièces réelles par exemple).

 

 

L’armée française du duc d’Enghien

Aile droite : Duc d’Enghien et Gassion

Premier échelon, de droite à gauche (Gassion, 10 escadrons de cavalerie avec 6 manches de mousquetaires commandés) : Gardes d’Enghien, Croates de Raab, Croates de Chack, régiments Royal, Mestre-de-Camp Général, Lenoncourt, Coislin, Sully, 6 unités de 200-300 mousquetaires commandés.

Second échelon, de droite à gauche (Enghien, 5 escadrons) : régiments Roquelaure, Menneville, Sillart, Leschelle et Vamberg.

Au total : autour de 3300 chevaux (220 chevaux par escadron) et 1500 mousquetaires.

Centre : d’Espenan

Première ligne, de droite à gauche (d’Espenan, 8 bataillons) : Picardie, La Marine, Persan, 1er bataillon de Molondin, 2nd bataillon de Molondin, Bourdonné-Biscarras, Rambures et Piémont, 12 canons (pièces de 4 à 8 livres).

Seconde ligne, de droite à gauche (La Vallière, 7 bataillons) : Vervin-La Prée, Vidame, 1er bataillon de Wateville, Gardes Ecossaises, Roll, Brézé-Langeron, et Bussy-Guiche.

Troisième ligne (Sirot, 3 bataillons et 4 escadrons) : 1 bataillon formé de Harcourt, Aubeterre et Gesvres, 2nd bataillon de Wateville, Les Royaux. 4 escadrons de chevau-légers (Charost, 3 companies de Gendarmes, 3 compagnies et Sirot) sont intercalés entre ces 3 bataillons d’infanterie. Les compagnies de gendarmes réunies en deux escadrons sont La Reine, Écossais, de Longueville, d’Angoulême, de Guiche et de Vaubecourt.

Infanterie : 13 000 fantassins pour 18 bataillons et 4 escadrons de cavalerie faisant 800 à 900 chevaux.

Aile Gauche : L’Hôpital

Premier échelon, de droite à gauche (La Ferté, 8 escadrons de cavalerie avec 6 manches de mousquetaires commandés) : régiments La Clavière, Beauvau, La Ferté, Guiche, Fusiliers à cheval, 6 unités de 200-300 mousquetaires commandés.

Second échelon, de droite à gauche (l’Hôpital, 5 escadrons de cavalerie) : régiments Netaf, Coislin, Marolles, Heudicourt et Harcourt.

Au total : autour de 2800 chevaux (220 chevaux par escadron) et 1500 mousquetaires.

L’armée française à LM Tercios :

Les bataillons d’infanterie sont des bataillons réformés (reformed battalion). Les bataillons de Piémont, Picardie, La Marine, Rambures, les Gardes Ecossaises (ancien régiment écossais d’Hepburn, alors au service de la Suède) et les Royaux sont veteran.

Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers modern cavalry (modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez le supplément Kingdom). L’escadron de Croates est light horse, pistol. Passer les gardes d’Enghien en elite et les escadrons des régiments Royal et Mestre-de-Camp Général en veteran. Les 2 escadrons de gendarmes sont cuirassiers veteran ou modern cavalry gendarmes, si vous avez l’extension Kingdom. L’escadron de Croates est light horse, pistol.

Les compagnies de mousquetaires sont shot company musketeers & commanded shot.  Prendre 6 de ces compagnies (3 sur chaque aile, en première ligne, intercalées avec des escadrons de cavalerie).

Représenter l’artillerie par de l’artillerie moyenne (un canon pour 3 pièces réelles par exemple). Un quart de cette artillerie peut être passée artillerie légère.

Pour les deux armées :

Si vous n’avez pas assez de figurines, n’hésitez pas à diviser tous les effectifs par 2 ou plus.

Déploiement

 

Stéphane Thion

Source : Stéphane Thion, La bataille de Rocroi, Editions Histoire & Collections.

L’armée transylvaine de Gábor Bethlen (1618-1628)

L’armée transylvaine de Gábor Bethlen (1618-1628)

Gábor Bethlen succéda à Gábor  Bathory comme prince de Transylvanie. Calviniste, il mettra tout en oeuvre pour faire prospérer la nation hongroise et la protéger à la fois contre les Turcs et l’Empire des Habsbourg. Il interviendra ainsi dans la première phase de la Guerre de Trente Ans, jusqu’à sa mort, en 1629. Il combattra notamment au côté des états protestants révoltés contre Ferdinand II, empereur germanique mais aussi roi de Hongrie. Gábor Bethlen commencera ainsi à assiéger Vienne en 1619, avant de lever le camp par manque de soutien protestant. Il repartira en campagne en 1622, guerroyant en Haute-Hongrie, jusqu’à la paix de Presbourg, en 1626.

L’armée de Gábor Bethlen consistait en de la cavalerie, de l’infanterie et de l’artillerie mais avec une forte dominante de cavalerie. La cavalerie était armée de la lance, de l’épée, du poignard et du pistolet. L’arme principale de l’infanterie était le mousquet et le sabre. L’infanterie transylvaine de Bethlen n’était pas armée de piques. Ses troupes légères, cavaliers et piétons, étaient recrutées parmi les Hongrois (haiduks, hadjùs et Hussars), mais aussi les Turcs, Tartares, Moldaves et Valaques. Les mercenaires turques, tatares, moldaves et valaques pouvaient être nombreux. Ainsi, en 1623, Gábor Bethlen, ayant négocié avec la Porte, reçu le renfort des Turcs, qui joint avec ses troupes hongroises, transylvaines et valaques, faisait une armée de 40 000 hommes.

Les hadjùs libres étaient des bergers hongrois équipés et armés, recrutés comme mercenaires. Il servaient comme cavalerie ou infanterie légère. L’infanterie légère hadjù, privilégiait les embuscades. Leur armement était composé d’un mousquet court ou d’une carabine, d’un sabre et d’une hache. Les cavaliers hadjùs ajoutaient la lance à cette armement. Les haiduks étaient des arquebusiers hongrois. Les Hussars étaient des cavaliers hongrois réputés pour leur habileté. Les hussards hongrois privilégiait la lance et le sabre ou la hache au combat. Les hussards les mieux équipés étaient équipés d’un casque de type capeline, d’une cuirasse, d’un haubert de maille et de protège-bras.

Le prince de Transylvanie avait aussi accès au recrutement de troupes hongroises, de cosaques polonais, ainsi que de mercenaires occidentaux, notamment allemands, tchèques, moraves et silésiens. Ce sont ces derniers qui fournissaient les régiments de piquiers et mousquetaires, de dragons ou mousquetaires montés et de cuirassiers. Gábor Bethlen avait aussi l’habitude de recruter les mercenaires de son adversaire. Ce fut notamment le cas avec les troupes hongroises de Ferdinand, qui sont volontairement passées au service du prince de Transylvanie à plusieurs reprises. Les mercenaires allemands étaient les plus réputés. Lors de ses premières campagnes, ceux-ci étaient néanmoins peu nombreux, ne comptant que 4000 fantassins et 2000 cavaliers.

 

Les mercenaires de Gábor Bethlen était suppléés par le recrutement de nobles hongrois et de levées transylvaines du Comté, notamment des Székely. Les Székely formaient une grande part des armées transylvaines. Les plus riches servaient comme cavaliers alors que l’homme commun servait dans l’infanterie comme mousquetaire. Cette infanterie était vêtue de rouge, ce qui les faisaient désignés comme Trabants rouges. Les Trabants rouges devaient répondre à l’appel aux armes de leur prince et se présenter avec un mousquet et un sabre.

En termes d’organisation, les soldats transylvains étaient regroupés en  század. Mais à l’époque,  les  unités et les subdivisions n’avaient pas d’effectif stable pour l’infanterie comme pour la cavalerie. Un corps ou régiment d’infanterie pouvait compter de 2 à 3000 hommes, et était composé de 8 à 24 század. Les corps de cavalerie pouvaient compter de 5 à 8 000 cavaliers,  divisés en század de 50 à 100 hommes. Les termes század et zászló (Compagnie, Fähnlein) désignaient ainsi les subdivisions des régiments, l’équivalent de nos compagnies. Des unités de 300 et 500 hommes pour la cavalerie, et de 500 hommes pour l’infanterie, semblent constituer l’échelon supérieur au század . Le terme banderi, issu de l’ancienne noblesse, semblait encore utilisé. Il désignait peut-être des unités de cavalerie lourde. Les unités de mercenaires et les troupes permanentes du Comté étaient périodiquement soumises à des « monstres» mensuelles, au cours desquels la tenue, l’armement, et l’entrainement, étaient contrôlés.

Ci-dessus et ci-dessous : gardes de Gábor Bethlen et hadjùs hongrois/transylvaniens

En Hongrie, la cavalerie dominait largement en termes d’effectifs : le rapport entre cavaliers et fantassins était souvent de 3 ou 2 pour 1, exceptionnellement 1 pour 2.  Gábor Bethlen se reposait donc principalement sur sa cavalerie, et c’est avec elle qu’il connaitra ses plus beaux succès. Contre des positions défensives, il faisait démonter sa cavalerie lorsque nécessaire pour combattre par le feu. Mais le manque d’infanterie se faisait souvent ressentir. Ce qui lui faisait dire : S’il y a des centaines de milliers de cavaliers dans une guerre, mais pas de piétons, on ne peut faire que peu de choses, quand l’ennemi se retranche. Il reconnaissait ainsi que le fantassin pouvait combattre là où la cavalerie ne le pouvait.

Ci-dessous : cavalerie légère hongroise et croate

L’artillerie était peu nombreuse au sein de l’armée transylvaine. Les canons lourds suivaient l’armée, leur présence étant indispensable lors des sièges de places fortes. En 1623, le prince Transylvain alignera tout de même quatre batteries de 16 canons pour un siège. L’artillerie de campagne se limitait cependant en général à une vingtaine de canons. Les canons étaient tractés par des chevaux, ou par des bœufs.

L’approvisionnement des troupes était assuré grâce aux chariots du train. Ces chariots étaient tractés par des bœufs, ce qui ralentissait l’armée. Gábor Bethlen demandait à ce qu’il y ait 50 charrettes à bœufs pour 1000 hommes. Il fallait donc compter un énorme train de 1000 chariots pour une armée de 20000 hommes.

Stéphane Thion

(Aquarelles de K.A. Wilke)

 

La seconde bataille de Breitenfeld (2 novembre 1642)

La seconde bataille de Breitenfeld (2 novembre 1642)

Baner meurt en 1641 et Lennart Torstensson lui succède à la tête de l’armée suédoise. Son premier chantier est de remonter le moral et la discipline de ses troupes, le laissant sur la défensive, pendant que Wrangel lève des troupes en Suède. Face à lui, les impériaux, commandés par l’archiduc Leopold Wilhelm dont l’inexpérience lui avait fait adjoindre le prince Ottavio Piccolomini, essaye de le provoquer, sans succès.

Le 20 octobre 1642, Torstensson, rejoint par Wrangel et Konigsmark, met le siège devant Leipzig après avoir traversé l’Elbe. Leopold et Piccolomini se portent alors au secours de la ville à marche forcée. Mais Torstensson vient à leur rencontre, le 22 octobre, et dispose son armée à l’ouest, face aux villages de Lidenthal et Breitenfeld. L’armée impériale se déploie alors face à lui.

L’armée impériale s’établit à quelque 16 000 cavaliers (dont près de 5 000 Croates, Cosaques & Hongrois) en 71 escadrons (dont 16 escadrons de Croates, Cosaques & Hongrois), 10 000 fantassins en 10 brigades et 46 pièces d’artillerie.

L’armée suédoise s’établit à 10 000 cavaliers en 51 escadrons, à 10 000 fantassins en 11 brigades, 29 détachements de 40 mousquetaires et 70 canons (18 pièces lourdes & 52 pièces légères de bataillon).

 

L’armée Impériale

Général en chef : Archiduc Leopold Wilhelm de Habsbourg, assisté du lieutenant général prince Ottavio Piccolomini

Aile droite – H. Gonzaga

Premier échelon (Bruay) : 6 régiments de demi-cuirassiers en 13 escadrons (régiments Mislik, Alt-Piccolomini, Bruay, Montecuccoli, La Corona Traga).

Second échelon (Borneval) : 8 régiments de demi-cuirassiers en 10 escadrons (Gardes du corps de l’Archiduc, Gardes du corps de Piccolomini, régiments Spiegel, Lutthe, Wolframsdorf, Capaun, Alt-Nassau et Borneval) , 1 régiment d’arquebusiers en 1 escadron (régiment Munster).

Flanqueurs : 8 escadrons de Croates & Cosaques.

Centre – Suys

Centre-gauche (Fernemont & Webel) : 5 « brigades » (bataillons) d’infanterie en deux échelon (3 devant & 2 derrière, régiments Sax-Lauenburg, Moncado, Gardes de l’Archiduc, Fernemont et Wachenheim).

Centre-droit (C. Gonzaga) : 6 « brigades » d’infanterie en deux échelons (3 devant & 3 derrière, régiments Caretto, Enkefort, Webel, Suys, Gonzaga et Ranfft), dont une brigade wallone (régiment Suys) en premier échelon .

Artillerie :  4 pièces de 12 livres, 2 pièces de 6 livres et 20 pièces d’artillerie régimentaire (3 livres).

Réserve (Suys) : 5 régiments de demi-cuirassiers (régiments Nicola, Novery, Gissenburg, et Desfours), 1 régiment d’arquebusiers (Grodetzky) et 1 régiment de dragons  (Paconchay) en 8 escadrons sur deux échelons : 3 escadrons de demi-cuirassiers et 1 escadron d’arquebusiers en premier échelon, 3 escadrons de demi-cuirassiers et 1 escadron de dragons en second échelon.

Aile gauche – Puchheim

Premier échelon (Nicola) : 8 régiments de demi-cuirassiers en 11 escadrons (régiments Pompeji, L; Gonzaga, Vorhauer, Wintz, Jung, Jung-Heister, Alt-Heister et Nicola) et 1 régiment d’arquebusiers à cheval en 1 escadron (Madlo).

Second échelon (Schleinitz) : 6 régiments de demi-cuirassiers – dont 4 saxons – en 8 escadrons (régiments Burksdorf, Lammersdorf, régiments saxons Callenberk, Knoche, Hanau et Schleinitz), 1 régiment d’arquebusiers en 1 escadron (Warlowsky) et 2 régiments de dragons en 2 escadrons (Gall de Burke et Gallas).

Flanqueurs : 8 escadrons de Croates et Hongrois.

Pour LM Tercios :

Les demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry  (ou modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez Kingdom) et les arquebusiers montés sont mounted arquebusiers. Deux des escadrons de cuirassiers (Les gardes du corps de l’Archiduc et de Piccolomini) sont elite. Les demi-cuirassiers saxons peuvent aussi être considérés mercenaries. Les dragons sont dragoons. Croates et cosaques son light horse, pistol, mercenaries.

Les brigades d’infanterie sont tous des classic squadrons modernised, musket only. Chaque brigade d’infanterie possède la règle regimental gun.

Artillerie : les 6 canons de 6 et 12 livres sont artillerie moyenne. Prendre un canon pour 2 pièces réelles.

 

L’armée Suédoise

Général en chef : feld marshal Lennart Torstensson

Aile droite – Wittenberg

Premier échelon (Wittenberg) : 5 régiments de demi-cuirassiers allemands (Gardes du corps de Torstensson, régiments Hesse, Duval, Hoking et Kinsky)) en 14 escadrons, 13 détachements de 40 mousquetaires  avec 1 pièce d’artillerie légère par détachement.

Second échelon (Stalhansk)  : 3 régiments de demi-cuirassiers allemands (régiments Derfflinger, Wittkopt et H. Wrangel) et 1 régiment de demi-cuirassiers polonais en 10 escadrons (dont 2 escadrons de Polonais).

Centre  – Lilliehook

Centre-gauche (K.G. Wrangel) : 4 brigades d’infanterie en deux échelons (2 et 2, régiments K.G. Wrangel et Mortaigne devant, Axel Lillie et Schlieben derrière). Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Centre-droite (Mortaigne) : 4 brigades d’infanterie en deux échelons (2 et 2, régiments Lilliehook et Baner devant, Pfuhl et Jeschwitski derrière). Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Réserve en 3e échelon (Axel Lillie) : 3 brigades d’infanterie (régiments Maul, Plettenberg et Alt-Blau), 3 escadrons de demi-cuirassiers. Chaque brigade d’infanterie est appuyée par 2 ou 3 pièces d’artillerie légère (3 livres).

Artillerie lourde et moyenne : 8 pièces de 24 livres et 10 pièces de 12 livres. Artillerie légère accompagnant l’infanterie : 19 pièces de 3 livres au total (déjà comptabilisée ci-dessus).

Aile gauche – Königsmark

Premier échelon (Schlang) : 10 régiments de demi-cuirassiers allemands en 19 escadrons (régiments Stalhansk, Wittenberg, Cratzenstein, Douglas, Billinghausen, Schulmann, Pfuhl, Seckendorf et Mitzlaff), 16 détachements de 40 mousquetaires  avec 1 pièce d’artillerie légère par détachement.

Second échelon (Königsmark)  : 2 régiments de demi-cuirassiers allemands en 5 escadrons (régiments Tiderman et Lilliehook).

Pour LM Tercios :

Les demi-cuirassiers sont cuirassiers modern cavalry (ou modern cavalry demi-cuirassiers si vous avez Kingdom). les Gardes du corps de Torstensson sont elite.

Les mousquetaires commandés de l’armée suédoise sont musketeer companies, commanded shot : regrouper les 29 détachements en 4 unités de musketeer companies.

Les brigades d’infanterie sont reformed bataillons (depuis la mort de Gustave adolphe, la “brigade suédoise” n’est plus adoptée). Le régiment bleu (Alt-Blau) est veteran.

Toutes les brigades d’infanterie et les compagnies de mousquetaires disposent de la règle canon régimentaire (regimental gun), c’est à dire qu’elles ont toutes un canon léger faisant partie de l’unité.

L’artillerie se décompose en 8 pièces d’artillerie lourde et 10 pièces d’artillerie moyenne. Prendre un canon pour 2 pièces réelles.

 

Simuler cette grande bataille à LM Tercios :

Nous n’avons pas d’effectifs estimés pour cette bataille. L’armée impériale est estimée à 16 000 cavaliers pour 71 escadrons et 10000 fantassins pour 10 brigades, plus 46 pièces d’artillerie. Les escadrons sont donc en moyenne de 225 chevaux et les brigades de 1000 hommes.

L’armée suédoise est estimée à 10 000 cavaliers pour 51 escadrons et 10 000 fantassins pour 11 brigades, 29 détachements de mousquetaires et 60 pièces d’artillerie au total (y compris les 29 pièces légères accompagnant les détachements de mousquetaires). Les escadrons sont donc en moyenne de 200 chevaux et les brigades de 800 hommes. Les 29 détachements de mousquetaires sont de 40 hommes chacun.

Dans les années 1640, les armées suédoises et impériales alignèrent une cavalerie et une artillerie très nombreuse. Ici, plus de la moitié des effectifs est formée de cavalerie. Avec plus de 50 escadrons de cavalerie et  “seulement” 10-11 brigades (i.e. bataillons) de chaque côté, il vous faudra une cavalerie nombreuse. Les escadrons de cavalerie étant de petite taille (200 chevaux en moyenne), prenez une unité de cavalerie pour 2 escadrons réels. Si cela fait encore trop d’unités, divisez le nombre d’unités par deux (soit 5 bataillons d’infanterie et 12-15 unités de cavalerie de chaque côté). L’artillerie étant aussi très nombreuse, prenez une pièce d’artillerie pour 2 voire 3 pièces réelles (hors artillerie régimentaire intégrée grâce à la règle regimental gun).

 

Déploiement

Stéphane Thion

Ordre de bataille d’après William P. Guthrie

La bataille de Lutter am Barenberg (27 août 1626)

La bataille de Lutter am Barenberg (27 août 1626)

Suite à la défaite du Rhingrave à Calenberg, en juillet 1626, et la perte de Göttingen, le roi Christian IV de Danemark concentre son armée entre Wolfenbüttel et Goslar. Alors que Tilly met le siège devant Northeim, le roi du Danemark part au secours de la ville, à la tête de 16 000 fantassins, 90 cornettes de cavalerie et 25 pièces d’artillerie. Dans un premier temps, Tilly recule devant l’avant-garde danoise puis, à partir du 22 août, ayant réuni ses forces, il reprend énergiquement l’offensive. Christian, intimidé, retraite alors vers Wolfenbüttel. Le 25 août au soir, l’avant-garde catholique rejoint l’arrière-garde du roi, ce qui donne lieu à des escarmouches. Le 26 au matin, Christian IV reprend sa retraite mais, pressé de près par l’avant-garde catholique, il doit faire face et se mettre en bataille. Il est trop tôt pour Tilly, qui doit attendre son infanterie. Après une brève canonnade, les Danois reprennent leur retraite. Le 27, alors qu’il progresse vers le défilé de Walmoden, ayant à sa gauche une colline boisé et à sa droite une plaine marécageuse qui s’étend vers Langelsheim, Christian IV fait mettre son armée en bataille, derrière un ruisseau qui se jette dans la rivière Neile, son aile droite orientée vers Muhle et dominée, derrière, par le château de Lutter.
Tilly fait arrêter son avant-garde et, en attendant que toutes ses troupes rejoignent, fait canonner l’ennemi. À midi, les deux armées se font face, alignées en bataille. Tilly lance son infanterie dans le vallon et envoie sa cavalerie contourner les ailes des danois, par «deux passages étroits». Les protestants sont déployés en trois lignes, dominant l’armée catholique. Un seul pont enjambe le ruisseau de la Neile. Christian lance alors son infanterie sur celle de Tilly qui progresse vers le vallon. Les vétérans du comte soutiennent le choc et repoussent les Danois alors que la cavalerie de des Fours est parvenue à trouver un passage, lui permettant de tomber sur les arrières protestants.

 

Armée de la Ligue Catholique
Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche (cavalerie) – Oberst de Fours

• Colonne d’Erwitte : Régiments de cuirassiers Erwitte en 1 escadron (10 compagnies, 858h) et Hebersdorff en 1 escadron (7 compagnies, 622h), régiments de cavalerie Bock en 1 escadron (5 compagnies, 525h) et Cortenbach en 1 escadron (5 compagnies, 513h).

• Colonne des Fours, à l’extrême gauche : régiment d’arquebusiers à cheval des Fours en 1 escadron (10 compagnies, 600h), régiments de cuirassiers Alt-Saxe en 1 escadron (10 compagnies, 600h) et Hausmann en 1 escadron (6 compagnies, 400h) et les Croates de Peter Gall en 1 escadron (5 compagnies, 300h).

• En réserve (bout de la colonne Erwitte) : régiments de cavalerie Assenberg en 1 escadron (6 compagnies, 587h) et Westerholt en 1 escadron (6 compagnies, 400h).

• Artillerie: 3 fauconneaux (artillerie légère).

Centre – Tilly (centre-gauche et artillerie) et Anhalt (centre-droite)

• Centre-gauche : Régiments d’infanterie Alt-Tilly en 1 bataillon (8 compagnies, 2686h), Cerboni en 1 bataillon (10 compagnies, 1000h) et Colloredo en 1 bataillon (10 compagnies, 1400h). Un détachement de 200 mousquetaires pour occuper le pont.

• Centre-droit : Régiments Herbersdoff et Herliberg (18 compagnies, 3035h) en 1 bataillon commandé par Gronsfeld, Scmidt en 1 bataillon (10 compagnies, 2121h), Gallas en 1 bataillon (10 compagnies, 2000h), Fürstenberg en 1 bataillon (13 compagnies, 2279h), Jung-Tilly en 1 bataillon (6 compagnies, 1439h).

• Artillerie (devant le régiment Alt-Tilly) : 12 pièces d’artillerie réparties en 9 demi-canons et 3 demi-couleuvrines.

Aile droite – Obers Cronberg

• Régiments de cavalerie Cronberg en 1 escadron (10 compagnies, 823h), Schönberg en 1 escadron (10 compagnies, 600h), Lindlo en 1 escadron  (6 compagnies, 625h) et 1000 mousquetaires détachés des régiments d’infanterie Herbersdoff et Herliberg.

 

Armée Danoise
Général en chef : Christian IV de Danemark

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Première ligne – Fuchs

• Régiments de cavalerie Solms en 2 escadrons (6 compagnies, 400h), Uslar en 1 escadron (6 compagnies, 300h), Geest en 1 escadron (6 compagnies, 300h), Brunswick en 2 escadrons (10 compagnies, 400h), Hesse en 1 escadron (6 compagnies, 300h) et Wersabe en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Lohausen (régiment bleu danois à 20 compagnies plus 1 Leib compagnie, 3200h) en 3 bataillons, régiment Kaas en 1 bataillon (1000h) et régiment Linistrow (ou Linsdorf) en 2 bataillons (12 compagnies, 2000h).

• Artillerie : 22 canons (artillerie moyenne) sur la colline.

Seconde ligne – Christian IV de Danemark

• Régiments de cuirassiers Royal-Leib en 1 escadron (1 compagnie, 300h), Royal-Leib arquebusiers en 2 escadrons de 5 compagnies (10 compagnies, 600h), Freytag en 2 escadrons de 5 compagnies (10 compagnies, 600h) et Baudissin en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Kruse (régiment rouge danois à 20 compagnies, 2800h) en 3 bataillons, Frenkin en 1 bataillon (12 compagnies, 1000h), Riese et Rantzau en 1 bataillon (3 compagnies et 500h chacun) et Ungefugt (ou Ongewigt) en 1 bataillon (700h).

Troisième ligne – Rhingrave

• Régiments de cavalerie Erbott en 1 escadron (5 compagnies, 300h), Rhingrave en 2 escadrons (10 compagnies, 600h), et Courville en 1 escadron (6 compagnies, 300h).

• Régiments d’infanterie Limbach en 1 bataillon (12 compagnies, 800h), Solms en 1 bataillon (600h), Schlammersdorf en 1 bataillon (800h), Gotzen en 1 bataillon (700h), un bataillon suédois (700h) et 1 bataillon de volontaires (700h).

 

Jouer la bataille avec LM Tercios

Les régiments de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les régiments de cavalerie sont modern cavalry (cuirassiers, option modern cavalry), les arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les Croates sont light horse,  pistol. Les escadrons de plus de 550 chevaux sont large formation.

Les bataillons d’infanterie de la Ligue Catholique sont classic squadron, large squadron pour les bataillons de 2000h et plus. Les bataillons Alt-Tilly et Gronsfeld peuvent être considérés veteran.

Les bataillons d’infanterie protestants sont reformed battalion, modernised.

Les mousquetaires détachés sont musketeers companies et skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre un pièce pour 3 ou 4 canons réels.

 

Déploiement

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

En 1618, les états de Bohême se révoltent et donnent la couronne de Bohême à l’Electeur Palatin Frédéric V.  Mais, conformément au traité de paix d’Ulm, signé en 1620 à l’instigation de la France entre l’Union Protestante et la Ligue Catholique, le nouveau roi de Bohême ne peut compter que sur ses propres moyens. Ayant les mains libres, le duc Maximilien de Bavière réunit ses troupes, 22 000 hommes commandés par le feld-marschal  Tilly, et passe en Autriche, le 24 juillet 1620. Son avance est rapide et surprend les Bohémiens. C’est donc avec une armée hâtivement réunie, composée de Bohémiens, de Moraves, d’Allemands du prince d’Anhalt et de Hongrois envoyés par Bethlen Gabord que va devoir se défendre le roi Frédéric V. Tilly quitte Linz le 23 août et fait sa jonction avec l’armée impériale de Bucquoy, comptant 15 000 fantassins et 8 000 cavaliers, le 8 septembre. Au même moment, Frédéric V retire le commandement de son armée à Matthias Thurn et le confie à Christian d’Anhalt. Celui-ci décide de s’éloigner de la capitale, Prague, et de rejoindre les Hongrois de Bethlen Gabor. Mais Maximilien et Tilly décident, plutôt que de le suivre, de marcher sur Prague. Frédéric V et Christian d’Anhalt retournent sur leurs pas et, marchant parallèlement aux troupes de la Ligue, parviennent à la Montagne Blanche, à une heure de marche de Prague, dans la nuit du 7 au 8 novembre. Le 8 novembre, Tilly et Bucquoy qui avaient réunis leurs troupes la veille,  partent reconnaître les positions ennemies. Les Bohémiens ayant abandonné le pont qui franchissait le ruisseau séparant les catholiques de la Montagne Blanche, Tilly le fait franchir pas son armée. Anhalt n’en profite pas, préférant rester sur sa position défensive. Alors que Bucquoy propose de contourner la position pour marcher sur Prague, Maximilien et Tilly proposent une attaque immédiate. C’est ce plan qui est retenu et, le dimanche 8 novembre vers midi, la cavalerie impériale de Tieffenbach se lance sur l’aile gauche ennemie. Celle-ci résiste grâce à une contre-charge de sa cavalerie. Il est temps, pour Tilly, de lancer son aile dans la bataille. Cuirassiers et arquebusiers liguistes se lancent à l’assaut des lignes ennemies suivis de l’infanterie. Les redoutes sont prises, et les canons bohémiens retournés contre eux.  Anhalt n’était pas préparé à cette attaque, c’est la panique dans ses rangs. Alors que Thurn, à l’aile gauche, tente de résister avant de refluer, les Hongrois de la troisième ligne refusent de combattre. Mais la cavalerie d’Anhalt charge brillamment et enfonce l’aile gauche impériale. Tilly va reprendre la situation en main, faisant charger le régiment de Craz sur le flanc des escadrons d’Anhalt. Bucquoy lance alors son aile à l’assaut des lignes bohémiennes. Les wallons et les Italiens abordent l’infanterie ennemie qui part en déroute, suivie de la cavalerie hongroise. Malgré leurs efforts, Anhalt et Thurn ne parviendront pas à rallier leurs troupes. Les dernières unités se rendent à 14 heures. Tout est terminé. Les Bohémiens ont perdu 4 000 homes, tués, blessés et prisonniers, 100 drapeaux et 10 canons. Les Catholiques auraient perdus 800 hommes.

 

Ordre de bataille : Armée Catholique

Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche – Tilly (Ligue Catholique)

Première ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Cratz à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie de Wurzburg (régiment Bauer à 8 compagnies, 1250h), 1 escadron de cuirassiers lorrains (Marcossay à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie lorrain (Florinville à 10 compagnies, 1500h), et 1 escadron de cuirassiers allemands (Ehnatten à 5 compagnies, 400h).

Seconde ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Pappenheim à 3 compagnies, 200h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiments Hasslang et Sulz à 10 compagnies chacun, 2000h), 1 escadron de cuirassiers westphaliens (Böninghausen à 6 compagnies dont 1 d’arquebusiers, 400h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiment Herliberg à 10 compagnies, 1250h), 1 régiment de cuirassiers wallons  (Herzelles à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie autrichienne (régiments Schmidt & Rouville faisant ensemble 14 compagnies, 2000h), 1 escadron de cosaques polonais (400h au total pour 2 escadrons).

Artillerie : sur le front, 4 batteries de 2 pièces d’artillerie.

En avant de l’aile gauche : détachement de 300 mousquetaires et de cavaliers, probablement cosaques (1 ou 2 escadrons, pour observer l’aile droite ennemie.

Aile droite – Bucquoy (Impériaux)

Première ligne : 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Gaucher de 8 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie wallone (tercios Bucquoy et Verdugo faisant ensemble 45 compagnies, 3000h), 2 escadrons de cuirassiers et arquebusiers wallons (régiment Croy / La Croix à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (régiments Tieffenbach et Breuner de 10 compagnies chacun, 1700h), 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Marradas à 4 compagnies, 200h). Derrière, dans les intervalles, 1 escadron d’arquebusiers (Gaucher) et 2 escadrons d’arquebusiers autrichiens (régiment Meggau, 300h en tout)

Seconde ligne : 3 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Wallenstein à 4 ou 6 compagnies, 400h), 1 bataillon du tercio napolitain de Spinelli (31 compagnies, 2500h), 3 escadrons d’arquebusiers allemands et wallons (régiments Lobels et Areyzaga à 5 et 2 compagnies, 400h et 200h).

Troisième ligne : 2 escadrons  des cuirassiers et arquebusiers wallons (Dampierre à 2 compagnies de cuirassiers et 2 compagnies d’arquebusiers, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (Saxe et Nassau de 10 compagnies chacun), 2 escadrons d’arquebusiers allemands (Histerle à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie (Fugger à 8 compagnies, 1400h) 2 escadrons d’arquebusiers (Montecuccoli à 5 compagnies, 300h).

Artillerie : 2 batteries de 2 pièces d’artillerie (4 en tout) sur le front.

Notes : L’aile impériale impérial de Bucquoy compte théoriquement (selon Heilmann) 15 000 fantassins en 5 bataillons et 4 550 chevaux en 23 escadrons. L’aile de Tilly compte théoriquement 17 000 fantassins en 5 bataillons (escadrons) et 7 550 chevaux en 7 escadrons. Mais ces chiffres comptent des régiments à plein effectif. Il est plus raisonnable de compter 19 à 20 000 en 10 bataillons et 6 000 cavaliers en 30 escadrons. L’infanterie des deux ailes est formée en escadrons de type tercios (un bloc de piques encadré par 4 manches de mousquetaires).

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, heavy, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers. Les escadrons de plus de 450 chevaux ont l’option Large formation. Le régiment de cuirassiers de Gaucher est vétéran. Les cosaques polonais sont light horse, pistol, mercenaries.

Les bataillons d’infanterie sont classic squadrons. Les bataillons de 2000 hommes et plus sont Large squadron. Les escadrons d’infanterie wallons, napolitains (Spinelli), Brenuer-Tiefenbach, Saxon-Nassau et Fugger sont tercio. Pour le détachement de mousquetaires en avant de l’aile gauche, prendre une compagnie de tireurs (shot company, musket).

Pour l’artillerie, prendre 6 canons moyens (représentant 6 batteries de 2 pièces).

 

 

Ordre de bataille : Armée Protestante

Général en chef : Christian d’Anhalt

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux de corps : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Avant-garde (1ère ligne) –

1 bataillon d’infanterie (régiment de Thurn, 6 compagnies, 1320h), 1 escadron d’arquebusiers (Bubna & Solms, 9 compagnies, 550h), 1 escadron de cuirassiers bohémiens (4 compagnies dont 1 de la Garde royale, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers (régiment Hohenlohe à 5 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne à (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers autrichiens (Hoffkirch, 8 compagnies, 350h),  1 bataillon d’infanterie morave  (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers silésiens (4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron de cuirassiers et arquebusiers allemands (Sthirum, 4 compagnies, 400h).

Avants postes : 4 compagnies «extraordinaires» de cavalerie pour escarmoucher (500h) et 6 détachements de mousquetaires  avec l’artillerie (500h au total). Artillerie : 6 pièces d’artillerie et canons légers placés dans des redoutes sur le front.

Bataille (2nd ligne) –

1 bataillon d’infanterie  bohémienne (régiment de Thurn, 4 compagnies, 880h), 1 bataillon d’infanterie bohémien (régiment Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (régiment Künen, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron de cavalerie morave ( Borsida, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 3 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 3 compagnies, 360h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 4 compagnies, 400h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 2 compagnies, 240h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (Stubenvolls, 5 compagnies, 700h), 1 escadron de 300 hussards hongrois.

Arrière-garde (3e ligne – 1000 pas derrière)

Un corps de 4 000 Hongrois (ou Transylvaniens) en 9 escadrons (27 compagnies). Derrière, le bataillon de gardes du corps palatins (300h).

Aile droite

1 bataillon allemand (régiment de Saxe-Weimar à 7 compagnies, 600h) et 1 bataillon allemand (Jung-Anhalt à 7 compagnies, 1000h). À l’extrême gauche, 1 600 hussards hongrois (ou Transylvaniens) en 6 escadrons, disposés 1, 2 et 3.

Note :  Cet ordre de bataille provient du rapport initial du prince Christian d’Anhalt, d’après Heilmann. Selon une relation bavaroise et le Theatrum Europaeum, l’armée bohémienne compte 4 bataillons d’infanterie et 12 escadrons de cavalerie en première ligne, 3 bataillons et 5 escadrons en seconde ligne et 6 000 hongrois en réserve pour un total de 21 000 hommes et 10 pièces d’artillerie. Une des représentations du Theatrum Europaeum ne montrent que les régiments d’infanterie Jung-Anhalt, Saxe-Weimar, Thurn, Hohenlohe et Schlick et ajoute un second régiment d’Anhalt.

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les escadrons de cavalerie non désignés cuirassiers ou arquebusiers sont cuirassiers, pistol option modern cavalry. Les escadrons de plus de 450 chevaux (escadron royal, Bubna-Solm, Hohenlohe, Stubenvoll),  ont l’option Large formation. L’escadron royal peut être considéré elite. Les Hongrois/Transylvaniens sont light horse, pistol et mercenaries : prendre une unité de light horse par escadron, soit 16 unités au total. Les 4 “compagnies extraordinaires” forment une unité de light horse, pistol.

Les bataillons d’infanterie sont des reformed battalions, modernised. Regrouper les 2 petits bataillons de Pechman et le petit bataillon des gardes du corps palatin en un seul bataillon (soit un total de 1100h). Regrouper les 6 détachements de mousquetaires aux avants postes en une seule compagnie de mousquetaires qui seront shot company, musketeers, skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre 3 canons moyens et 2 canons léger (ratio de 1 pièce pour 2 canons réels).

 

Déploiement

Ci-dessous : le déploiement des armées d’après la presse de l’époque !

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

Les armées de l’Union Protestante (1618-1628)

Les armées de l’Union Protestante (1618-1628)

En 1608, furieux de la nouvelle interprétation des stipulations d’Augsbourg proposée par le parti catholique au Reichstag, les représentants des états protestants quittent l’assemblée. Ils constituent alors, le 14 mai 1608, une union défensive, appelée Union protestante, ou Union évangélique. Christian d’Anhalt pousse alors un calviniste, l’électeur palatin Frédéric V, à prendre la tête de cette Union. Suite à la défaite de l’Union protestante à la bataille de la Montagne Blanche, en 1620, Frédéric V sera surnommé le Roi d’un hiver.

En réalité, il n’existait pas une mais plusieurs armées protestantes. Matthias Thurn commanda la première armée, en 1619, mais Frédéric V en confia le commandement à son favori, Christian d’Anhalt, début 1620. Après la Montagne Blanche, Ernst von Mansfeld prit le commandement de l’armée de Frédéric V alors que Christian de Brunswick vint renforcer l’Union avec une nouvelle armée.

L’armée du Roi d’un Hiver en 1620

Les régiments bohémiens sont théoriquement à 2 000 hommes, en 10 compagnies de 200 hommes et les régiments de cavalerie à 4-5 compagnies de 100 chevaux. À la bataille de la Montagne Blanche, l’armée bohémienne de Christian d’Anhalt compte de l’ordre de 11 600 fantassins en 14 bataillons, 11 400 cavaliers en 28 escadrons et 10 canons. Cette armée a été réorganisée sur les principes hollandais, en bataillons de 1 000 hommes sur 10 rangs de profondeur et en escadrons de 400 chevaux.

Armée bohémienne de Christian d’Anhalt à la bataille de la Montagne Blanche (1620) :

Avant-Garde (1ère ligne)                  (5 bataillons et 6 escadrons)

Sthrum                                                 4 compagnies en 1 escadron

Infanterie mährisches (morave)     4 enseignes en 1 bataillon (Bierek)

Cavalerie silésienne                           4 compagnies en 1 escadron

Infanterie mährisches                       4 enseignes en 1 bataillon (Bierek)

Cavalerie autrichienne                      8 compagnies en 1 escadron

Infanterie d’Hohenlohe                    4 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie d’Hohenlohe                     5 compagnies en 1 escadron

Infanterie d’Hohenlohe                    4 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie bohémienne                      3 compagnies plus 1 compagnie royale en 1 escadron

Cavalerie de Bubna & Solms            9 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Thurn                           6 enseignes en 1 bataillon

Bataille (2nd ligne), dans les intervalles     (6 bataillons et 6 escadrons)

Cavalerie hongroise                            300 cavaliers en 1 escadron

Cavalerie de Stubenvolls märische   5 compagnies en 1 escadron

Infanterie oberennsisches                 2 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie du prince d’Anhalt             4 compagnies en 1 escadron

Infanterie oberennsisches                 3 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie du prince d’Anhalt             3 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Capliers                         3 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie mährische de Borsida       4 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Capliers                        3 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie mährische de Künen        4 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Capliers                        3 enseignes en 1 bataillon

Infanterie de Thurn                           4 enseignes en 1 bataillon

La 3e ligne, 1000 pas derrière

Réserve :                                             6000 Hongrois en 9 escadrons

Aile gauche :                                      1600 Hongrois

En 6 unités en avant du front (à 5 “sauts”) disposés en trois échelons.

Au milieu de la première ligne sont disposées 4 compagnies “extraordinaires” de cavaliers de l’avant-garde.

La relation officielle bavaroise donne 4 bataillons et 12 escadrons en première ligne, 3 bataillons et 5 escadrons en seconde ligne et 6000 hongrois en réserve, sur les ailes, pour un total de 21 000 hommes.

Ci-dessus : couleurs de frédéric de Bohême ; ci-dessous : arquebusier à cheval et infanterie (régiment du margrave de Jagendorf)

Ci-dessus : infanterie morave ; ci-dessous : cuirassiers d’Anhalt, bourguignottes et cabassets

Ci-dessous : infanterie de la ligue protestante.

Ci-dessous : étendards de compagnies d’un régiment de Frédéric de Palatinat, roi de Bohême, en 1616

L’armée de Ernst von Mansfeldt de 1620 à 1626

L’infanterie et la cavalerie de Mansfeld suivent la même organisation que celle d’Anhalt & de Thurn. Certains régiments de cavalerie, comme le Leib régiment, étaient à 1000 chevaux, en 10 compagnies de 100 chevaux, formant probablement 2 escadrons. En 1625, les escadrons ne sont plus qu’à 300 chevaux. Certains régiments d’infanterie de Mansfeld avaient des couleurs distinctives (principalement l’étendard) : en 1622, il y a ainsi les régiments blanc, bleu & blanc, rouge, bleu, jaune, et vert.

Armée de Ernest de Mansfeld en 1620 :

Régiment                                      Infanterie         Cavalerie

Ernest de Mansfeldt                      2,000

Guillaume de Saxe-Weimar         3,000                     1,000

Casimir de Loewenstein                2,000

Joachim Carpezan                          2,000

Poeblitz                                            2,000

Balthazar de Schlammersdorf      2,000

Sigismond de Brandebourg                                         1,000

Frédéric de Saxe-Altenbourg                                       500

______            ______

13,000                  2,500

Source : document des archives de Vienne cité par hurter (Ferd.III, t.IX, page 52).

En mars 1622, le comte Ernest de Mansfeldt offre à l’Infante « de conduire douze régiments d’infanterie et 5,000 chevaux, le régiment à 3,000 hommes, selon le traitement des Pays-Bas. » L’Infante répond à Mansfeldt qu’il consent « à accepter au service de Sa Majesté outre les 6,000 hommes de pied et les 1,000 chevaux, déjà précédemment agréés, encore 4,000 hommes de pied et 1,000 chevaux, soit en tout 10,000 hommes de pied et 2,000 chevaux. »

Vers 1610, jean-Jacques Walhausen prescrivait effectivement des régiments d’infanterie de 3,000 hommes, en 10 compagnies de 300 hommes.

Ci-dessous : cornette de cuirassier de Mansfeldt

Ci-dessus : infanterie de Mansfeldt (anglais, écossais, allemands)

 

L’armée de Georg Friederich von Baden-Durlach de 1620 à 1622

L’infanterie du Margrave de Bade en 1622 (bataille de Wimpfen) est organisée sur le modèle hollandais. Les régiments d’infanterie sont à 10 compagnies de 200 hommes et les régiments de cavalerie en 3-10 compagnies de 100 chevaux. À Wimpfen, les bataillons étaient de 1 400 hommes sur 10 rangs de profondeur, deux seulement étant à 800 hommes. Sa cavalerie combat en escadrons de 3 à 600 chevaux sur 6 rangs de profondeur. La spécificité de cette armée repose sur ses 70 wagons de combats, à l’image de ceux des hussites, équipés de mortiers tirant à mitraille.

L’armée du Margrave comptait, à Wimpfen (1622), 13 000 fantassins et 3000 cavaliers. L’armée de Tilly prendra à l’armée protestante de Baden-Durlach, à l’issue de la bataille de Wimpfen (1622), plus de 1200 chariots et charrettes (dont 4 chariots chargés d’échelles), 2 grands canons de 60 livres, 20 canons moyens (dont 15 de 40 livres), et 85 pièces de plus petit calibre.

Ci-dessous : infanterie et arquebusier à cheval badois

Drapeaux

Pour compléter, une série d’étendards de compagnies de l’Union Protestante (armées de Mansfeldt, Brunswick et Baden-Durlach) :

Stéphane Thion

(Aquarelles de K.A. Wilke)

L’armée française en 1648

L’armée française en 1648

 

Voilà une présentation de l’armée française en 1648 selon un document d’époque.

Des Gardes du Roy 1648-1649

Encore que les gardes du Roy soient une dépendance de sa personne royale, elles ne laissent pas d’être employées au service de l’Etat.
Les gardes qui s’approchent le plus près de la personne du Roy sont les gardes écossaises, qu’on appelle gardes de la manche, qui sont sous la charge de monsieur de Chandenier, qui a été pourvu de cette charge depuis la mort du marquis de Gesvres. Sa compagnie est composée de cent archers sous un lieutenant et quatre exempts, qui sont comme les sergents et portent le bâton dans la maison du Roy de ces cent il n’y en a que seize qui portent le hoqueton à la marche, et la hallebarde frangée d ‘or et la lame dorée ; et il y en a toujours deux derrière la chaise du Roy quand il dîne ou qu’il se trouve quelque part en cérémonie. Les mêmes gardes de la même compagnie, aussi bien que ceux des trois autres compagnies commandées par le comte de Tresmes, monsieur de Villequier, gouverneur de Boulogne, et par le comte de Charraut, fils du comte de Béthune, gouverneur de Calais, font garde devant l’antichambre du Roy, les uns avec des hallebardes, les autres avec des carabines. Les capitaines de ces gardes servent, par quartier, et quand ils sont en service ils suivent le Roy immédiatement, quelque part qu’il aille, à table, en carrosse et partout ailleurs ; la nuit ils couchent sous la chambre du Roy et gardent les clefs de la maison sous leur chevet.
Les Cent-Suisses de la garde du Roy font garde dedans la cour, et marchent devant le Roy en allant par la ville ou allant dans la cour de la maison ; ils sont tous habillés des couleurs du Roy, avec des papillotes d’argent.
La charge de grand-prévôt de l’hôtel est très belle et vaut plus de soixante mille livres de rente. Sa juridiction est sur tous les marchands et cabaretiers suivants la cour, qui doivent tous prendre lettres de lui, et faire marquer leurs poids, et mesures par un de ses lieutenants. Cette charge est à présent possédée par le marquis de Seuches.
La première porte du Louvre ou du palais où le Roy loge a ses gardes particulières, qui sont appelées gardes de la porte, et sont tous sous la charge du comte de Nogent. Ils portent le hoqueton des couleurs du Roy, avec des papillotes d’or et une clef en broderie.
Outre ceux-ci, il y en a encore qui, bien qu’ils soient au nombre de deux cens, ne laissent pas d’être appelés les Cent-Gentilshommes, parce que, lors de leur première institution, on n’en fit que cent. Ceux-ci marchent devant le Roy les jours de cérémonie, deux à deux, et le bec de corbin ou faucon à la main.
Les mousquetaires à cheval de la garde du Roy ne font garde que quand le Roy sort ; alors ils marchent à cheval devant toutes les autres gardes, deux à deux. Ils ont tous la casaque bleue avec la croix d’argent ; leur capitaine est monsieur de Treville, que le défunt Roy a avancé à celte charge à cause de son grand courage. Ils sont au nombre de cent trente et ont quarante sols par jour.
Les deux régiments des gardes françaises et suisses font garde hors du Louvre et à toutes les avenues; chacun de ces deux régiments est composé de trente compagnies, qui doivent être de deux cens hommes chacune, quoique les françaises soient le plus souvent bien faibles. Le mestre de camp du régiment des gardes françaises est le maréchal de Grammont, qui a succédé à cette charge à défunt monsieur de Rambures, qui l’avait eue après le comte de Sault, fils du duc de Créquy. Le colonel général des Suisses est monsieur le maréchal de Schomberg, qui a succédé en cette charge à défunt monsieur le maréchal de Bassompierre.
Outre cela, il y a une compagnie de gens-d’armes et une compagnie de chevaux-légers, chacune de deux cents hommes, qui servent par quartier.

Les Armées du Roy 1648-1649

Le connétable (quand il y en a un) est généralissime des armées de France, et a pour lieutenants généraux les maréchaux de France, qui commandent en chef en l’absence du connétable.
Aujourd’hui, et depuis la mort du défunt Roy, monsieur le duc d’Orléans est lieutenant général du Roy mineur par tout le royaume et en toutes ses armées. Il a ci-devant commandé en personne l’armée de Flandres, en l’absence duquel monsieur de Rantzau et defunt monsieur de Gassion ont commandé la même armée en qualité de lieutenants généraux.
L’armée de Flandres a cette année été commandée par monsieur le prince de Condé, qui a eu pour lieutenants généraux le maréchal d’Erlach et monsieur de Villequières, et pour maréchaux de camp monsieur de la Ferté-Imbaut et autres.
L’armée de Catalogne est commandée par monsieur le maréchal de Schomberg, vice-roy de cette province, qui a pour maréchaux de camp monsieur de Saint-Aulnais, le marquis Saint-Maigrin et autres.
L’armée d’Italie a été cette année commandée par le duc de Modène et le prince Thomas, qui avaient pour maréchaux de camp le mareschal du Plessis-Praslin, le marquis Ville, qui a été tué devant Crémone, et marquis de Saint-André et autres.
L’armée d’Allemagne a esté commandée par le maréchal de Turenne ; pour maréchaux de camp il y avait monsieur Taupadel et autres.

Toutes ces armées sont composées de gens-d’armes; chevaux-légers et infanterie.
Le Roy, la Reyne, monsieur le duc d’Anjou, monsieur le duc d’Orléans, tous les princes du sang et les maréchaux de France, ont chacun leurs compagnies de gens-d’armes, qui sont compagnies franches, et dont les lieutenants vont du pair avec tous les capitaines et mestres-de-camp de la cavalerie légère, en sorte qu’un lieutenant de gens-d’armes se trouvant en l’occasion, s’il est plus vieux officier qu’un mestre-de-camp, il le commande. Ces gens-d’armes ont armes complètes et sont payez pour deux chevaux, et partant obligez d’avoir avec eux un homme de service.

Les chevaux-légers n’ont qu’une cuirasse. Ils étaient aussi divisez en compagnies franches, et n’étaient commandées en l’absence du colonel et du mestre-de-camp général que par le plus ancien capitaine ; mais depuis l’an 1636 on les a réduits en des régiments commandés par des mestres-de-camp. Les étrangers qui entrèrent alors au service du Roy furent cause de ce changement. Le colonel général de la cavalerie légère est le comte d’Alets, fils du duc d’Angoulême.

Le Roy tient à ses gages environ deux cens quarante cornettes de cavalerie, distribuées en cinquante-six régiments, outre les étrangers, qui sont au nombre de douze ; le baron de Degenfeld etait colonel de la cavalerie étrangère , mais depuis sa retraite il n’y en a point eu.

Le Roy a deux cens dix régiments d’infanterie, tous sous le commandement du duc d’Espernon, qui en est colonel général ; une bonne partie de ces régiments sont composez de trente compagnies, et chaque compagnie payée à quatre-vingt-dix hommes, excepté celui des gardes, dont les compagnies sont de deux cens hommes ; ce régiment a pour mestre-de-camp monsieur le maréchal de Grammont.

Outre cela le Roy a quelques régiments étrangers à son service, qui sont : Allemands, Ecossais, Irlandais, Italiens. Liégeois et autres, particulièrement des Suisses, dont il y a six à sept mille en France. Leur colonel général était ci-devant monsieur de Bassompierre qui est mort, et maintenant c’est monsieur le maréchal de Schomberg. Il y a aussi un colonel général des Corses, qui est le fils du défunt maréchal d’Ornano, quoiqu’il n’y ait point de Corses au service du Roy.
L’armée navale a été commandée par le duc de Richelieu. fils du baron de Pontcourlay, général des galères depuis la mort du duc de Fronsac, amiral de France. Elle est composée d’environ trente vaisseaux ronds et de vingt-cinq galères.

Pour payer cette soldatesque il y a plusieurs sortes de fonds : l’un pour celle qui est tous jours entretenue et est payée par les trésoriers de l’ordinaire des guerres, et l’autre pour celle qui est payée par les trésoriers de l’extraordinaire des guerres. Les gens-d’armes suisses et régiment des gardes ont chacun leurs trésoriers et payes particulières, qui en ont encore d’autres sous eux, qui payent le rôle que les commissaires et contrôleurs des guerres leur fournissent, signent et vérifient de leurs mains, et selon la revue qu’ils en ont faite. L’armée navale et l’équipement des vaisseaux, tant de ladite armée navale que des frégates garde-côtes, sont payées par les trésoriers de la marine.

Extrait de Estat de la France comme elle estoit gouvernée en l’an 1648 et 1649.
de Séguier, d’Aligre et Barillon

 

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