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La bataille de Wimpfen (6 mai 1622)

La bataille de Wimpfen (6 mai 1622)

Nous sommes le 6 mai 2020. Il y a 398 ans exactement, Ligue catholique et Union protestante s’opposèrent sur le champs de bataille de Wimpfen.

Le 6 mai 1622, l’armée de la ligue catholique du comte jean Tzerclaes de Tilly et de don Gonsalvo de Cordoba (18 000 hommes) rencontre l’armée badoise de Georg Friedrich, margrave de Bade-Durlach (12 700 hommes).

Le comte Palatin ayant été fait roi de Bohême, l’archiduc Ferdinand, empereur du Saint-Empire germanique avait fait appel à l’armée de la ligue catholique commandée par le comte de Tilly. En 1620, la bataille de la Montagne blanche avait vu la défaite des protestants du « roi d’un hiver ».

Le 3 mai 1622, les corps réunis de Georg Friedrich, margrave de Bade-Durlach et Mansfeld, ayant fait leur jonction, totalisent plus de 25 000 hommes. Les deux hommes tentent alors d’empêcher Tilly et Cordoba de réunir leurs forces, sans succès. Face aux 18 000 hommes de la ligue catholique, le précautionneux Mansfeld ne se sent pas assez fort pour attaquer. Il pense alors rediviser les forces de l’union protestante en divisant les siennes. Le 4 mai, Il essaie donc d’attirer Cordoba vers Ladenburg et laisse le corps de Bade-Durlach, solidement retranché, à Wimpfen. Le lendemain, une fois Mansfeld assez loin, et après s’être assuré que cette manœuvre n’est pas un piège, Tilly, flairant l’opportunité, décide d’attaquer les Badois.

La position de Bade-Durlach est solide : des chariots de combats et ses chariots de bagage ont été disposés devant ses lignes en un demi-cercle de deux kilomètres de long. Son aile gauche s’appuie sur un petit bois et le village de Biberach alors qu’un plaine s’étend entre la droite des wagons et le village d’Ober Eisesheim (250 mètres plus loin), sur la rivière Neckar. Son dos est couvert par un ruisseau et des marais. Mais en se positionnant ainsi, Bade-Durlach a laissé les hauteurs à Tilly et Cordoba. Le margrave a placé autour de 2 000 mousquetaires détachés derrière les chariots plus six demi-canons et deux faucons. Le reste des mousquetaires sont placés dans les bois et dans Biberach. Cinq des six bataillons sont alignés à 50 mètres derrière les chariots. Le sixième bataillon (du régiment Helmstadt) est placé dans le village d’Ober Eisenheim. Un escadron de cavalerie est placé à l’aile gauche, deux escadrons entre les chariots et Ober Eisesheim, les six escadrons restant étant placés en réserve, derrière l’infanterie.

Tilly et Cordoba se déploient alors sur la colline boisée de Dornet Wadd, à deux portées de mousquet des chariots. Tilly occupe l’aile gauche de l’armée, avec quatre bataillons en première ligne, deux en seconde ligne, quatre escadrons de cavalerie sur sa gauche et deux escadrons en réserve. Cordoba tient l’aile droite, ses trois bataillons disposés en une ligne (son tercio wallon n’est pas présent) et sa cavalerie protégeant sa droite.

La journée du 5 mai se termine par quelques tirs d’artillerie et escarmouches de cavalerie. Le lendemain, une fois que ses hommes se sont bien rassasiés, la cavalerie commence la journée par des escarmouches et un duel d’artillerie s’engage. Des deux côtés, les boulets tracent des sillons sanglant dans les rangs profonds de l’infanterie. Vers 11 heures, Tilly lance sa première ligne pour tester les défenses ennemies. La seconde ligne et Cordoba avancent en soutien. A 100 mètres, les catholiques sont accueillis par un feu terrible de mousqueterie et d’artillerie qui les font reculer. Alors que Tilly reforme sa première ligne, Cordoba est informé que Mansfeld a soudainement fait demi-tour et approche. Fausse alerte.

Il est 12h30. Rassuré du côté de Mansfeld, Tilly ordonne une pause repas. Bade-Durlach en profite pour faire de même et rappelle ses mousquetaires placés dans le bois à droite. Grosse erreur : Cordoba en profite pour faire occuper le bois par ses propres mousquetaires. Bade-Durlach monte donc une attaque combinée de mousquetaires et de cavalerie (six escadrons) pour reprendre le bois, position qu’il sait stratégique. Les fiers vétérans espagnols repoussent plusieurs les attaques jusqu’à ce que, renforcés par les bataillons de Saxe-Weimar, les protestant parviennent à reprendre le bois.il est 14 heures. Tilly et Cordoba ont redéployé leur infanterie afin de mener un deuxième assaut sur les chariots. A peine ce déploiement terminé, le sol vibre sous l’impact de milliers de sabots qui trottent. Vers 14h15, Bade-Durlach a lancé, sur sa droite, une charge de cavalerie. Un mur de 2 700 cavaliers (sur les 3 300), alignés 250 de front sur six rangs, s’avance vers eux. Bade-Durlach mène le premier échelon, Streiff le second. Le régiment de cavalerie de Maestro qui tient l’aile gauche catholique est surpris : il est repoussé sur les escadrons d’Eynatten et de Schonberg. En un clin d’œil, l’aile gauche de la ligue se dissout. Streiff en profite pour faire pivoter ses escadrons à gauche. L’infanterie de Tilly se voit attaquée sur son front et son flanc gauche. La batterie d’artillerie la plus à gauche est prise. Le régiment le plus à gauche, Schmidt, réagit vite : il se forme en « couronne » et résiste ainsi, tel un fortin.

Alors que les bataillons de Tilly stoppent leur progression afin de faire face à la menace, Cordoba poursuit sa progression et arrive à portée de mousquet de la ligne de chariots. Le feu terrible de mousqueterie qui s’ensuit provoque la retraite des deux régiments allemands (Emden et Bauer). Mais le tercio de Naples, fidèle à sa réputation, tient le choc.

La charge de la cavalerie protestante s’étant épuisée, Cordoba prend la tête de ses cuirassiers wallons et leur ordonne de charger les escadrons de Streiff les plus proches… ce qu’ils refusent de faire ! Heureusement, sans soutien d’infanterie, les escadrons de Bade-Durlach et Streiff se dispersent peu à peu. Ainsi, face à une infanterie catholique affaiblie, Bade-Durlach ne saura profiter de l’occasion.

La résistance héroïque du tercio de Naples et du régiment de Schmidt vont laisser le temps aux catholiques de reprendre l’initiative. Tilly et Schonberg à l’aile gauche, Cordoba et Bauer à l’aile droite parviennent à rallier leurs unités. Il est 15h30 et Tilly lance sa contre-attaque. Alors que les arquebusiers montés de Neu-Herbersdorf et les cuirassiers wallons repoussent les escadrons éparpillés de  Bade-Durlach, le bataillon de Schmidt reprend les pièces d’artillerie perdue et le reste de l’infanterie repart à l’attaque du mur de chariots. Le duc Magnus de Wurtemberg, un des commandants de cavalerie protestante tombe, percé de deux coups de pistolets et les escadrons de Bade-Durlach rompent. L’infanterie catholique prend alors les chariots d’assaut. Un chariot chargé de poudre, malencontreusement placé trop en avant, explose sous les tirs, laissant un trou béant au milieu des retranchements. C’en est de trop pour les mousquetaires protestants qui refluent vers leur soutien d’infanterie. Alors que les deux bataillons protestants de droite et de gauche (Helmstadt et Goldstein) se forment en hérisson pour se protéger de la cavalerie, les trois bataillons du centre, pris sous le feu de l’artillerie que Tilly a retourné contre eux., se dissolvent. Goldstein et Helmstadt résistent encore mais ils seront bientôt débordés. La défaite est consommée : on compte 2 000 morts et 1 100 prisonniers du côté des protestants contre 600 morts et 1 200 blessés côté catholique. Dix drapueaux seront pris, plus 10 canons, 3 mortiers, 70 chariots de combat le bagage et 100 000 thalers en cash.

 

L’armée du margrave de Bade-Durlach : 9 400 fantassins en 6 bataillons, 3 300 cavaliers en 8 escadrons, 80 canons

Première ligne : chariots, 2 000 mousquetaires et 80 canons (70 sur les chariots de combats, 2 canons, 6 demi-canons et 2 faucons).

Deuxième ligne : 6 bataillons des régiments de (de gauche à droite) Goldstein, Saxe-Weimar, Bade, Wurtemberg et Helmstadt (2 bataillons dont un dans Ober Eisesheim) ; 3 escadrons de cavalerie (un à gauche de l’infanterie et deux à droite dans la plaine).

Troisième ligne : 5 escadrons de cavalerie.

Les escadrons sont formés à partie de 6 régiments de cavalerie sont – régiments de Gardes (Stein, 2 compagnies), du Rhingrave (7 compagnies), de Wurtemberg (duc Magnus, 5 compagnies), de Saxe-Weimar (4 compagnies), de Goldstein (3 compagnies) et de Streiff (10 compagnies) – plus 4 compagnies de lorrains et une compagnie de gardes du corps.

Pour LM Tercios : en enlevant les 2 000 mousquetaires, les 6 bataillons d’infanterie comptent 1233 hommes chacun et les 8 escadrons de cavalerie sont en moyenne à 412 chevaux chacun.

Les bataillons d’infanterie sont classic squadron (et non reformed bataillons) et les escadrons de cavalerie sont cuirassiers. Les 2 000 mousquetaires peuvent être organisés en 4 shot company, musketeers. Prendre 2 canons moyens pour l’artillerie et 10 canons légers pour les chariots, le tout retranché (covered et protected). Trois des 4 compagnies de mousquetaires sont à intercaler entre l’artillerie et sont donc aussi retranchées (fortified), la quatrième est à placer dans le bois de gauche.

 

L’armée de la Ligue catholique et d’Espagne (Tilly et Cordoba) : 13 000 fantassins en 9 bataillons, 5 000 cavaliers en 16 escadrons, 10 canons

Aile droite (Cordoba) : 4 000 fantassins en 3 bataillons, 2 100 cavaliers en 10 escadrons et 4 canons.

Extrême droite : 22 compagnies de cavalerie wallonne (Berenguer) en 10 escadrons sur deux ou trois lignes.

Droite : 3 bataillons d’infanterie du tercio de Naples et des régiments allemands d’Emden et de Bauer (4 000 hommes au total) et 4 canons (deux lourds et deux légers).

Aile gauche (Tilly) : 9 000 fantassins en 6 bataillons, 2 900 cavaliers en 6 gros escadrons et 6 canons (4 lourds et 2 légers).

Première ligne (de gauche à droite) : 2 escadrons de cavalerie du régiment de cavalerie Maestro, 4 bataillons d’infanterie des régiments Schmidt, Mortaigne, Haimhausen et Furstenberg. Un escadron de 200 croates.

Seconde ligne (de gauche à droite) : 2 escadrons de cavalerie des régiments Schonberg et Eynatten), 2 bataillons d’infanterie des régiments Buningen et Hohenzollern.

Troisième ligne : 2 escadrons de cavalerie, en échelon derrière les 2 bataillons de seconde ligne, des régiments d’arquebusiers Neu-Herbersdorf (à gauche) de cuirassiers Alt-Herbersdorf (à droite).

Pour LM Tercios : les 9 bataillons sont à 1445 hommes chacun, les escadrons de cavalerie de la ligue à 483 chevaux chacun et les 10 petits escadrons wallons à 210 hommes chacun. Pour simplifier, regrouper les escadrons wallons par deux et ne garder au total que 11 escadrons (au lieu de 16).

Le tercio de Naples est tercio viejo field square, les autres régiments (allemands et bavarois) sont tercio. Les escadrons de cavalerie sont cuirassiers sauf l’escadron Neu-Herbersdorf qui est mounted arquebusiers. Pour l’artillerie, prendre 2 canons moyens (un dans le corps de Cordoba et un dans le corps de Tilly).

Vue du champ de bataille (les protestants sont à gauche) :

Vision moins claire, le champ de bataille vu des lignes catholiques :

 

Stéphane Thion (d’après W. P. Guthrie)

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

En 1618, les états de Bohême se révoltent et donnent la couronne de Bohême à l’Electeur Palatin Frédéric V.  Mais, conformément au traité de paix d’Ulm, signé en 1620 à l’instigation de la France entre l’Union Protestante et la Ligue Catholique, le nouveau roi de Bohême ne peut compter que sur ses propres moyens. Ayant les mains libres, le duc Maximilien de Bavière réunit ses troupes, 22 000 hommes commandés par le feld-marschal  Tilly, et passe en Autriche, le 24 juillet 1620. Son avance est rapide et surprend les Bohémiens. C’est donc avec une armée hâtivement réunie, composée de Bohémiens, de Moraves, d’Allemands du prince d’Anhalt et de Hongrois envoyés par Bethlen Gabord que va devoir se défendre le roi Frédéric V. Tilly quitte Linz le 23 août et fait sa jonction avec l’armée impériale de Bucquoy, comptant 15 000 fantassins et 8 000 cavaliers, le 8 septembre. Au même moment, Frédéric V retire le commandement de son armée à Matthias Thurn et le confie à Christian d’Anhalt. Celui-ci décide de s’éloigner de la capitale, Prague, et de rejoindre les Hongrois de Bethlen Gabor. Mais Maximilien et Tilly décident, plutôt que de le suivre, de marcher sur Prague. Frédéric V et Christian d’Anhalt retournent sur leurs pas et, marchant parallèlement aux troupes de la Ligue, parviennent à la Montagne Blanche, à une heure de marche de Prague, dans la nuit du 7 au 8 novembre. Le 8 novembre, Tilly et Bucquoy qui avaient réunis leurs troupes la veille,  partent reconnaître les positions ennemies. Les Bohémiens ayant abandonné le pont qui franchissait le ruisseau séparant les catholiques de la Montagne Blanche, Tilly le fait franchir pas son armée. Anhalt n’en profite pas, préférant rester sur sa position défensive. Alors que Bucquoy propose de contourner la position pour marcher sur Prague, Maximilien et Tilly proposent une attaque immédiate. C’est ce plan qui est retenu et, le dimanche 8 novembre vers midi, la cavalerie impériale de Tieffenbach se lance sur l’aile gauche ennemie. Celle-ci résiste grâce à une contre-charge de sa cavalerie. Il est temps, pour Tilly, de lancer son aile dans la bataille. Cuirassiers et arquebusiers liguistes se lancent à l’assaut des lignes ennemies suivis de l’infanterie. Les redoutes sont prises, et les canons bohémiens retournés contre eux.  Anhalt n’était pas préparé à cette attaque, c’est la panique dans ses rangs. Alors que Thurn, à l’aile gauche, tente de résister avant de refluer, les Hongrois de la troisième ligne refusent de combattre. Mais la cavalerie d’Anhalt charge brillamment et enfonce l’aile gauche impériale. Tilly va reprendre la situation en main, faisant charger le régiment de Craz sur le flanc des escadrons d’Anhalt. Bucquoy lance alors son aile à l’assaut des lignes bohémiennes. Les wallons et les Italiens abordent l’infanterie ennemie qui part en déroute, suivie de la cavalerie hongroise. Malgré leurs efforts, Anhalt et Thurn ne parviendront pas à rallier leurs troupes. Les dernières unités se rendent à 14 heures. Tout est terminé. Les Bohémiens ont perdu 4 000 homes, tués, blessés et prisonniers, 100 drapeaux et 10 canons. Les Catholiques auraient perdus 800 hommes.

 

Ordre de bataille : Armée Catholique

Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche – Tilly (Ligue Catholique)

Première ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Cratz à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie de Wurzburg (régiment Bauer à 8 compagnies, 1250h), 1 escadron de cuirassiers lorrains (Marcossay à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie lorrain (Florinville à 10 compagnies, 1500h), et 1 escadron de cuirassiers allemands (Ehnatten à 5 compagnies, 400h).

Seconde ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Pappenheim à 3 compagnies, 200h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiments Hasslang et Sulz à 10 compagnies chacun, 2000h), 1 escadron de cuirassiers westphaliens (Böninghausen à 6 compagnies dont 1 d’arquebusiers, 400h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiment Herliberg à 10 compagnies, 1250h), 1 régiment de cuirassiers wallons  (Herzelles à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie autrichienne (régiments Schmidt & Rouville faisant ensemble 14 compagnies, 2000h), 1 escadron de cosaques polonais (400h au total pour 2 escadrons).

Artillerie : sur le front, 4 batteries de 2 pièces d’artillerie.

En avant de l’aile gauche : détachement de 300 mousquetaires et de cavaliers, probablement cosaques (1 ou 2 escadrons, pour observer l’aile droite ennemie.

Aile droite – Bucquoy (Impériaux)

Première ligne : 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Gaucher de 8 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie wallone (tercios Bucquoy et Verdugo faisant ensemble 45 compagnies, 3000h), 2 escadrons de cuirassiers et arquebusiers wallons (régiment Croy / La Croix à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (régiments Tieffenbach et Breuner de 10 compagnies chacun, 1700h), 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Marradas à 4 compagnies, 200h). Derrière, dans les intervalles, 1 escadron d’arquebusiers (Gaucher) et 2 escadrons d’arquebusiers autrichiens (régiment Meggau, 300h en tout)

Seconde ligne : 3 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Wallenstein à 4 ou 6 compagnies, 400h), 1 bataillon du tercio napolitain de Spinelli (31 compagnies, 2500h), 3 escadrons d’arquebusiers allemands et wallons (régiments Lobels et Areyzaga à 5 et 2 compagnies, 400h et 200h).

Troisième ligne : 2 escadrons  des cuirassiers et arquebusiers wallons (Dampierre à 2 compagnies de cuirassiers et 2 compagnies d’arquebusiers, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (Saxe et Nassau de 10 compagnies chacun), 2 escadrons d’arquebusiers allemands (Histerle à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie (Fugger à 8 compagnies, 1400h) 2 escadrons d’arquebusiers (Montecuccoli à 5 compagnies, 300h).

Artillerie : 2 batteries de 2 pièces d’artillerie (4 en tout) sur le front.

Notes : L’aile impériale impérial de Bucquoy compte théoriquement (selon Heilmann) 15 000 fantassins en 5 bataillons et 4 550 chevaux en 23 escadrons. L’aile de Tilly compte théoriquement 17 000 fantassins en 5 bataillons (escadrons) et 7 550 chevaux en 7 escadrons. Mais ces chiffres comptent des régiments à plein effectif. Il est plus raisonnable de compter 19 à 20 000 en 10 bataillons et 6 000 cavaliers en 30 escadrons. L’infanterie des deux ailes est formée en escadrons de type tercios (un bloc de piques encadré par 4 manches de mousquetaires).

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, heavy, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers. Les escadrons de plus de 450 chevaux ont l’option Large formation. Le régiment de cuirassiers de Gaucher est vétéran. Les cosaques polonais sont light horse, pistol, mercenaries.

Les bataillons d’infanterie sont classic squadrons. Les bataillons de 2000 hommes et plus sont Large squadron. Les escadrons d’infanterie wallons, napolitains (Spinelli), Brenuer-Tiefenbach, Saxon-Nassau et Fugger sont tercio. Pour le détachement de mousquetaires en avant de l’aile gauche, prendre une compagnie de tireurs (shot company, musket).

Pour l’artillerie, prendre 6 canons moyens (représentant 6 batteries de 2 pièces).

 

 

Ordre de bataille : Armée Protestante

Général en chef : Christian d’Anhalt

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux de corps : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Avant-garde (1ère ligne) –

1 bataillon d’infanterie (régiment de Thurn, 6 compagnies, 1320h), 1 escadron d’arquebusiers (Bubna & Solms, 9 compagnies, 550h), 1 escadron de cuirassiers bohémiens (4 compagnies dont 1 de la Garde royale, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers (régiment Hohenlohe à 5 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne à (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers autrichiens (Hoffkirch, 8 compagnies, 350h),  1 bataillon d’infanterie morave  (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers silésiens (4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron de cuirassiers et arquebusiers allemands (Sthirum, 4 compagnies, 400h).

Avants postes : 4 compagnies «extraordinaires» de cavalerie pour escarmoucher (500h) et 6 détachements de mousquetaires  avec l’artillerie (500h au total). Artillerie : 6 pièces d’artillerie et canons légers placés dans des redoutes sur le front.

Bataille (2nd ligne) –

1 bataillon d’infanterie  bohémienne (régiment de Thurn, 4 compagnies, 880h), 1 bataillon d’infanterie bohémien (régiment Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (régiment Künen, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron de cavalerie morave ( Borsida, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 3 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 3 compagnies, 360h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 4 compagnies, 400h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 2 compagnies, 240h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (Stubenvolls, 5 compagnies, 700h), 1 escadron de 300 hussards hongrois.

Arrière-garde (3e ligne – 1000 pas derrière)

Un corps de 4 000 Hongrois (ou Transylvaniens) en 9 escadrons (27 compagnies). Derrière, le bataillon de gardes du corps palatins (300h).

Aile droite

1 bataillon allemand (régiment de Saxe-Weimar à 7 compagnies, 600h) et 1 bataillon allemand (Jung-Anhalt à 7 compagnies, 1000h). À l’extrême gauche, 1 600 hussards hongrois (ou Transylvaniens) en 6 escadrons, disposés 1, 2 et 3.

Note :  Cet ordre de bataille provient du rapport initial du prince Christian d’Anhalt, d’après Heilmann. Selon une relation bavaroise et le Theatrum Europaeum, l’armée bohémienne compte 4 bataillons d’infanterie et 12 escadrons de cavalerie en première ligne, 3 bataillons et 5 escadrons en seconde ligne et 6 000 hongrois en réserve pour un total de 21 000 hommes et 10 pièces d’artillerie. Une des représentations du Theatrum Europaeum ne montrent que les régiments d’infanterie Jung-Anhalt, Saxe-Weimar, Thurn, Hohenlohe et Schlick et ajoute un second régiment d’Anhalt.

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les escadrons de cavalerie non désignés cuirassiers ou arquebusiers sont cuirassiers, pistol option modern cavalry. Les escadrons de plus de 450 chevaux (escadron royal, Bubna-Solm, Hohenlohe, Stubenvoll),  ont l’option Large formation. L’escadron royal peut être considéré elite. Les Hongrois/Transylvaniens sont light horse, pistol et mercenaries : prendre une unité de light horse par escadron, soit 16 unités au total. Les 4 “compagnies extraordinaires” forment une unité de light horse, pistol.

Les bataillons d’infanterie sont des reformed battalions, modernised. Regrouper les 2 petits bataillons de Pechman et le petit bataillon des gardes du corps palatin en un seul bataillon (soit un total de 1100h). Regrouper les 6 détachements de mousquetaires aux avants postes en une seule compagnie de mousquetaires qui seront shot company, musketeers, skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre 3 canons moyens et 2 canons léger (ratio de 1 pièce pour 2 canons réels).

 

Déploiement

Ci-dessous : le déploiement des armées d’après la presse de l’époque !

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.

Les armées de l’Union Protestante (1618-1628)

Les armées de l’Union Protestante (1618-1628)

En 1608, furieux de la nouvelle interprétation des stipulations d’Augsbourg proposée par le parti catholique au Reichstag, les représentants des états protestants quittent l’assemblée. Ils constituent alors, le 14 mai 1608, une union défensive, appelée Union protestante, ou Union évangélique. Christian d’Anhalt pousse alors un calviniste, l’électeur palatin Frédéric V, à prendre la tête de cette Union. Suite à la défaite de l’Union protestante à la bataille de la Montagne Blanche, en 1620, Frédéric V sera surnommé le Roi d’un hiver.

En réalité, il n’existait pas une mais plusieurs armées protestantes. Matthias Thurn commanda la première armée, en 1619, mais Frédéric V en confia le commandement à son favori, Christian d’Anhalt, début 1620. Après la Montagne Blanche, Ernst von Mansfeld prit le commandement de l’armée de Frédéric V alors que Christian de Brunswick vint renforcer l’Union avec une nouvelle armée.

L’armée du Roi d’un Hiver en 1620

Les régiments bohémiens sont théoriquement à 2 000 hommes, en 10 compagnies de 200 hommes et les régiments de cavalerie à 4-5 compagnies de 100 chevaux. À la bataille de la Montagne Blanche, l’armée bohémienne de Christian d’Anhalt compte de l’ordre de 11 600 fantassins en 14 bataillons, 11 400 cavaliers en 28 escadrons et 10 canons. Cette armée a été réorganisée sur les principes hollandais, en bataillons de 1 000 hommes sur 10 rangs de profondeur et en escadrons de 400 chevaux.

Armée bohémienne de Christian d’Anhalt à la bataille de la Montagne Blanche (1620) :

Avant-Garde (1ère ligne)                  (5 bataillons et 6 escadrons)

Sthrum                                                 4 compagnies en 1 escadron

Infanterie mährisches (morave)     4 enseignes en 1 bataillon (Bierek)

Cavalerie silésienne                           4 compagnies en 1 escadron

Infanterie mährisches                       4 enseignes en 1 bataillon (Bierek)

Cavalerie autrichienne                      8 compagnies en 1 escadron

Infanterie d’Hohenlohe                    4 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie d’Hohenlohe                     5 compagnies en 1 escadron

Infanterie d’Hohenlohe                    4 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie bohémienne                      3 compagnies plus 1 compagnie royale en 1 escadron

Cavalerie de Bubna & Solms            9 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Thurn                           6 enseignes en 1 bataillon

Bataille (2nd ligne), dans les intervalles     (6 bataillons et 6 escadrons)

Cavalerie hongroise                            300 cavaliers en 1 escadron

Cavalerie de Stubenvolls märische   5 compagnies en 1 escadron

Infanterie oberennsisches                 2 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie du prince d’Anhalt             4 compagnies en 1 escadron

Infanterie oberennsisches                 3 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie du prince d’Anhalt             3 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Capliers                         3 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie mährische de Borsida       4 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Capliers                        3 enseignes en 1 bataillon

Cavalerie mährische de Künen        4 compagnies en 1 escadron

Infanterie de Capliers                        3 enseignes en 1 bataillon

Infanterie de Thurn                           4 enseignes en 1 bataillon

La 3e ligne, 1000 pas derrière

Réserve :                                             6000 Hongrois en 9 escadrons

Aile gauche :                                      1600 Hongrois

En 6 unités en avant du front (à 5 “sauts”) disposés en trois échelons.

Au milieu de la première ligne sont disposées 4 compagnies “extraordinaires” de cavaliers de l’avant-garde.

La relation officielle bavaroise donne 4 bataillons et 12 escadrons en première ligne, 3 bataillons et 5 escadrons en seconde ligne et 6000 hongrois en réserve, sur les ailes, pour un total de 21 000 hommes.

Ci-dessus : couleurs de frédéric de Bohême ; ci-dessous : arquebusier à cheval et infanterie (régiment du margrave de Jagendorf)

Ci-dessus : infanterie morave ; ci-dessous : cuirassiers d’Anhalt, bourguignottes et cabassets

Ci-dessous : infanterie de la ligue protestante.

Ci-dessous : étendards de compagnies d’un régiment de Frédéric de Palatinat, roi de Bohême, en 1616

L’armée de Ernst von Mansfeldt de 1620 à 1626

L’infanterie et la cavalerie de Mansfeld suivent la même organisation que celle d’Anhalt & de Thurn. Certains régiments de cavalerie, comme le Leib régiment, étaient à 1000 chevaux, en 10 compagnies de 100 chevaux, formant probablement 2 escadrons. En 1625, les escadrons ne sont plus qu’à 300 chevaux. Certains régiments d’infanterie de Mansfeld avaient des couleurs distinctives (principalement l’étendard) : en 1622, il y a ainsi les régiments blanc, bleu & blanc, rouge, bleu, jaune, et vert.

Armée de Ernest de Mansfeld en 1620 :

Régiment                                      Infanterie         Cavalerie

Ernest de Mansfeldt                      2,000

Guillaume de Saxe-Weimar         3,000                     1,000

Casimir de Loewenstein                2,000

Joachim Carpezan                          2,000

Poeblitz                                            2,000

Balthazar de Schlammersdorf      2,000

Sigismond de Brandebourg                                         1,000

Frédéric de Saxe-Altenbourg                                       500

______            ______

13,000                  2,500

Source : document des archives de Vienne cité par hurter (Ferd.III, t.IX, page 52).

En mars 1622, le comte Ernest de Mansfeldt offre à l’Infante « de conduire douze régiments d’infanterie et 5,000 chevaux, le régiment à 3,000 hommes, selon le traitement des Pays-Bas. » L’Infante répond à Mansfeldt qu’il consent « à accepter au service de Sa Majesté outre les 6,000 hommes de pied et les 1,000 chevaux, déjà précédemment agréés, encore 4,000 hommes de pied et 1,000 chevaux, soit en tout 10,000 hommes de pied et 2,000 chevaux. »

Vers 1610, jean-Jacques Walhausen prescrivait effectivement des régiments d’infanterie de 3,000 hommes, en 10 compagnies de 300 hommes.

Ci-dessous : cornette de cuirassier de Mansfeldt

Ci-dessus : infanterie de Mansfeldt (anglais, écossais, allemands)

 

L’armée de Georg Friederich von Baden-Durlach de 1620 à 1622

L’infanterie du Margrave de Bade en 1622 (bataille de Wimpfen) est organisée sur le modèle hollandais. Les régiments d’infanterie sont à 10 compagnies de 200 hommes et les régiments de cavalerie en 3-10 compagnies de 100 chevaux. À Wimpfen, les bataillons étaient de 1 400 hommes sur 10 rangs de profondeur, deux seulement étant à 800 hommes. Sa cavalerie combat en escadrons de 3 à 600 chevaux sur 6 rangs de profondeur. La spécificité de cette armée repose sur ses 70 wagons de combats, à l’image de ceux des hussites, équipés de mortiers tirant à mitraille.

L’armée du Margrave comptait, à Wimpfen (1622), 13 000 fantassins et 3000 cavaliers. L’armée de Tilly prendra à l’armée protestante de Baden-Durlach, à l’issue de la bataille de Wimpfen (1622), plus de 1200 chariots et charrettes (dont 4 chariots chargés d’échelles), 2 grands canons de 60 livres, 20 canons moyens (dont 15 de 40 livres), et 85 pièces de plus petit calibre.

Ci-dessous : infanterie et arquebusier à cheval badois

Drapeaux

Pour compléter, une série d’étendards de compagnies de l’Union Protestante (armées de Mansfeldt, Brunswick et Baden-Durlach) :

Stéphane Thion

(Aquarelles de K.A. Wilke)

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