“Sur le Champ” : L’Art et la Guerre, La Reddition de Bréda




Rapport de bataille Suédois vs Impériaux par la Taverne d’Imrahil




“Sur le Champ” : La Météo, La Bataille de Narva




” La Vallée perdue” de James Clavell


[Source : Wikipedia]

La Vallée perdue (The Last Valley) est un film britannique réalisé par James Clavell, sorti en 1971.

À l’automne 1637, Vogel, un intellectuel, ancien professeur, erre dans l’Allemagne ravagée par la Guerre de Trente Ans : les mercenaires de Bernard de Saxe-Weimar (payés par la France) s’opposent aux bavarois de Jean de Werth, et tous « vivent sur le pays »… C’est la confusion totale ; Vogel essaye d’échapper aux maraudeurs de tous bords, à la famine et à la peste. Traversant une forêt, il arrive par hasard dans une vallée alpine apparemment intacte. Mais il est suivi par une compagnie de mercenaires qui entre également dans la vallée, menée par leur chef, « le Capitaine ».

[Avertissement : en lisant la suite vous connaîtrez l’ensemble de l’histoire perdant ainsi peut-être le plaisir de  sa découverte]

Le village de paysans situé dans cette vallée semble avoir été déserté temporairement par ses habitants. Vogel y est pris par les mercenaires. Menacé de mort par un des plus violents d’entre eux, et voulant sauver sa vie, il convainc subitement le Capitaine de tuer le mercenaire en question, devenu, semble-t-il, trop difficilement contrôlable (scène révélatrice de l’état d’esprit des mercenaires : le Capitaine prend le soldat à part comme pour le raisonner, et soudain lui enfonce la pointe de son casque dans la poitrine…).

Conscient de ne pas représenter grand-chose face à la soldatesque, Vogel réussi ainsi à persuader le Capitaine – on ignorera toujours son nom – qu’il peut lui être utile, et se met à son service. Il demeure cependant en sursis. La question de l’élimination des paysans à leur retour, ainsi que la mise à sac du village se pose. Avisé, bien qu’impitoyable, le Capitaine estime, sur les conseils de Vogel, plus profitable pour lui et ses hommes de passer tranquillement l’hiver dans la vallée – qui semble, jusqu’ici, avoir été miraculeusement épargnée par les malheurs de la guerre – plutôt que de la piller.

Lorsque les paysans reviennent, le Capitaine envoie Vogel comme plénipotentiaire auprès de Gruber, le notable dirigeant les habitants de la vallée, qui est resté dans les bois de la montagne, avec notamment le père Sebastian, prêtre catholique intransigeant. Malgré les réticences, notamment du prêtre – qui condamne, entre autres, l’athéisme du Capitaine et le protestantisme de certains de ses hommes -, un marché est conclu avec Gruber : les mercenaires seront nourris, logés, et pour certains même prendront femme, à condition, en échange, d’assurer la défense de la vallée contre tout intrus, jusqu’à ce que les neiges isolent la vallée du reste du monde durant l’hiver. Gruber, pragmatique, laisse même sa compagne, Erica, devenir la maîtresse du Capitaine, à la suite d’un coup de dés. Vogel, auquel le Capitaine a donné le rôle ingrat d’arbitre au sein de la nouvelle communauté, est accueilli dans une famille dévote, dont la fille, Inge, doit épouser un jeune homme du village. Inge est désirée par un mercenaire. Ce dernier tente un jour de la violer en forêt, bien que le Capitaine ait interdit de violer les villageoises, en vertu de l’accord avec Gruber. Vogel survient, et sauve Inge, mais le mercenaire, après avoir tenté de faire passer l’ancien professeur pour l’agresseur de la jeune femme, puis avoir tenté d’assassiner le Capitaine, réussit à s’enfuir. Il revient peu de temps après, dans la vallée, avec d’autres mercenaires venus de l’extérieur, pour attaquer le village, mais il est défait par le Capitaine et ses hommes, alliés aux villageois, et est éliminé. L’accord semble ainsi fonctionner, et par la suite, l’ordre règne dans la vallée, un certain équilibre s’étant installé entre soldats et villageois.

Tous passent cependant un hiver presque paisible dans la vallée isolée, à l’abri des tourments de la guerre, de la famine et des épidémies. L’équilibre est toutefois précaire, et Gruber, tout comme le Capitaine, se tient prêt à exploiter toute opportunité pour prendre le contrôle total de la situation dès que l’occasion se présentera… Erica et le Capitaine sont toutefois désormais amoureux. Inge, bien qu’elle soit promise à un autre, s’attache de plus en plus à Vogel, qui est très bienveillant avec elle mais ne désire pas cependant la ravir à son fiancé…

Lorsque vient le printemps, tout semble encore aller pour le mieux, mais un homme vient un jour au village apporter des nouvelles de l’extérieur, où l’hiver a été terrible. Les opérations militaires ont repris, et l’Histoire rattrape les occupants de la vallée. Le Capitaine décide de repartir pour la guerre, avec l’idée de revenir prochainement et retrouver notamment son amante Erica. Il laisse à Vogel la difficile tâche de garder le village avec quelques-uns de ses hommes. Vogel, du fait de son absence de foi, fait l’objet d’une grande méfiance de la part du prêtre ainsi que du très dévot père d’Inge – qui ne veut pas qu’Inge se marie avec l’ancien professeur -, et il n’a désormais plus d’utilité aux yeux de Gruber, qui pourrait l’éliminer à la moindre occasion.

Après le départ de la majorité des soldats, la situation devient rapidement difficile pour Vogel. Erica, qui pratiquait la sorcellerie en cachette, est démasquée par le prêtre, qui la condamne à être brûlée vive, après l’avoir fait torturer. Vogel, au côté d’un des mercenaires resté avec lui, réussit, sans être vu, à abréger les souffrances d’Erica avant qu’elle ne soit livrée aux flammes, tandis que le mercenaire, fou de colère, précipite finalement le prêtre avec lui dans le bûcher. Vogel, de plus en plus en danger, ne tarde pas à découvrir que Gruber cherche à l’éliminer, lui et le Capitaine, dès qu’il reviendra.

Un jour, sachant qu’une embuscade attend le Capitaine dans les bois de la montagne et que lui-même est plus que jamais en danger de mort, il finit par partir, suivi par la jeune Inge, amoureuse de lui et ne voulant pas le quitter. Dans la forêt, il finit par rencontrer le Capitaine et le prévenir de l’embuscade. Le soldat est revenu de la guerre, mais pour mourir, sa compagnie ayant été anéantie lors de la Bataille de Rheinfelden, en Argovie (le 28 février 1638, ce qui permet de dater l’action avec précision) – et lui-même étant blessé à mort. Descendu de cheval et affalé sur le bord du chemin, le Capitaine, dont la vue est troublée, croit reconnaître Erica en voyant Inge. Vogel fait signe à la jeune fille de le laisser ainsi croire qu’Erica est toujours vivante, le temps que le militaire agonisant avoue à son amante qu’il regrette de l’avoir laissée pour tout perdre à la guerre. Le Capitaine, abandonnant son image d’homme dur et cruel, dit enfin à Vogel combien la vallée où ils ont tous passé paisiblement l’hiver était merveilleuse, puis expire. Gruber apparait, avec les villageois participant à l’embuscade. Il dit à Inge de rentrer au village, mais elle refuse, souhaitant rester avec Vogel. Devant le silence du père de la jeune fille, et la résignation de son fiancé, tous deux présents, le notable n’insiste pas. Inge veut partir avec Vogel, mais l’ancien professeur, plus âgé qu’elle – et dont on a appris qu’il avait perdu femme et enfant durant la guerre, tout comme le Capitaine – ne veut pas séparer la jeune fille de son fiancé, et décide de partir seul.

Les villageois retournent à leur vie d’autrefois, tandis que Vogel, qui est quasiment le seul à avoir survécu parmi les nouveaux arrivants de l’automne précédent, s’éloigne de la vallée.




La galerie d’Oscar Victor

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La galerie de Javier Moncholi Checa

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“Sur le Champ” : L’Art de la Retraite, La Bataille de Malplaquet




“Sur le Champ” : Le Changement d’aile : La Bataille de Ramillies




La bataille de Rocroi (1643) par Kings and General




La bataille de Chocim – Khotyn en 1621 par Mig Wanzer

Ce compte rendu a été publié pour la première fois sur le forum francophone belge “Opération zéro

Contexte

Au début du XVIIème Siècle, trois grandes puissances dominent respectivement l’Europe de l’Ouest, de l’Est, et le bassin méditerranéen : le Saint-Empire Germanique, l’Union de Lituanie-Pologne et l’Empire Ottoman.  
L’Union de Lituanie-Pologne et l’Empire Ottoman se déclarent la paix, mais leurs alliés cosaques et Tatars ravagent les terres adverses… et petit à petit, la guerre totale oppose les deux grandes puissances, essentiellement en Livonie – actuelle Ukraine.
En 1621, le jeune sultan Osman II mène une expédition punitive à la rencontre de l’armée de l’Union.  A l’automne, il assiège la ville de Chocim / Khotyn, alors que l’armée alliée sous les ordres du Grand Hetman Jan Karol Chodkiewicz s’est retranchée autour du château de la ville.
Les combats autour de la ville durent depuis le 2 septembre 1621.  Plusieurs assauts turc sur les campements cosaques ont été repoussés, au prix de lourdes pertes, mais l’assaillant a réussi à encercler les troupes de l’Union par trois côtés et les provisions commencent à manquer.

Un beau document sur la bataille et son contexte, en Anglais, est disponible ici.

Les troupes en présence

D’un côté, la magnifique armée ottomane : elle est nombreuse et aguerrie, mais indisciplinée.  Elle est composée pour un quart de mercenaires Tatars, cavaliers des steppes impitoyables et cruels.  Les dissensions entre Généraux sont nombreuses, et le tout jeune Sultan Osman II n’est pas très populaire, mais il est agressif.

L’armée de l’Union, est composée de troupes redoutablement entraînées, plus disciplinées, mais nettement moins nombreuses.  Un quart est composé de troupes cosaques, la meilleure infanterie du monde d’alors, tandis que la cavalerie inclus les redoutables lanciers ailés. Leur chef est le Grand Hetman Jan Karol Chodkiewicz, vétéran des guerres contre les Suédois, héro de l’Union.

La bataille

Le matin du 7 septembre, l’armée ottomane s’élance vers ce qu’ils ont repéré comme le point faible de la défense de l’Union : la jonction entre les troupes polonaises et lituaniennes.   Les Turcs surprennent deux régiments d’infanterie pris au dépourvu, les massacrent et franchissent les fortifications de campagne, puis pillent le campement des défenseurs.  Une contre-attaque de lanciers ailés les rejette dans leurs lignes en fin d’après-midi.
Vers 23.00 heures, dix mille troupes sous la bannière du pasha Mustapha s’élancent vers le point faible pour exploiter le succès de la journée.  Le Grand Hetman Jan Karol Chodkiewicz a réuni 600 de ses cavaliers en 4 bannières (escadrons) et s’élance vers l’armée ennemie, 15 fois plus nombreuse.  Au prix de 34 tués, les fiers lanciers massacrent 500 turcs et mettent toutes les forces ennemies en déroute… c’est le sacre des fameux lanciers ailés polonais.  
La bataille dure jusqu’au 9 octobre et Chodkiewicz meurt, mais les troupes ottomanes ne parviennent pas à vaincre les défenseurs. Les deux armées s’accordent sur un accord de paix, et les soldats des deux camps fêtent la fin de cette terrible bataille ensemble, en troquant chevaux contre tissus, et buvant ensemble.  

Il est environ 23.00 heures… une nuée de guerriers ottomans et de Tatars se pressent vers les retranchements de la ville de Khotyn.  Ceux-ci, dévastés dans la matinée, n’offre plus de réelle protection aux défenseurs survivants, qui se sont replié pour lécher leurs plaies.  Heureusement, le grand Hetman s’est douté des préparatifs ennemis.   Il a rassemblé 600 cavaliers, Hussards ailés et pancernis, et fonce vers les positions à défendre.  Il a fait porter des ordres, de sorte que des renforts d’infanterie et d’artillerie soient amenés sur place.  Devant la multitude, il décide de surprendre l’ennemi, et de l’attaquer hors des fortifications, en terrain ouvert.  

Notre partie :

Notre bataille simule l’attaque miraculeuse des hussards ailés sur l’avant-garde ottomane.  Claude aligne ses superbes ottomans pour la première fois, renforcés de quelques Tatars, et je joue les Liutano-Polonais avec les redoutables Hussards ailés.  
Nous jouons le scénario 5 du livret Kingdoms, « Breaking the siege ». La surface de jeu est découpée en 4 rectangles égaux.  Celui en haut à gauche est la zone de retranchement.

L’attaquant (Ottomans) gagne 1 à 2 points (selon le type d’unité) par unité qui s’y trouve en fin de partie.  Il se déploie dans le quart de table opposé.

Le défenseur (Lituano-Polonais (Après l’avoir dit 5 fois d’affilée, on a décidé de dire les Polonais, tout court 😀 )  se déploie en premier, dans les 2 quarts de table opposés l’un à l’autre, de part et d’autre des attaquants et de la zone à défendre.

Déploiement :

Je me retrouve dans une situation intéressante : je dois défendre un quart de table du pillage des hordes turques, avec des unités parfaites pour l’assaut ! Mes cavaliers sont “invulnincibles”, rapides, et leur charge peut certainement balayer la moitié de l’armée adverse… Et ils sont très mobiles, en plus.

 

A contrario, ils sont relativement fragiles, face à de l’infanterie, j’ai deux fois moins d’unités que Claude, et le déploiement me contraint à scinder l’armée en deux.  Je choisi de placer toute ma cavalerie d’un coté, avec le Grand Hetman et, dans le quart de table opposé,  un régiment lituanien supporté par une compagnie de haiduks et une de dragons, avec une batterie légère.

En face, Claude déploie ensuite sa horde bigarrée… deux impressionnants canons lourds semblent tracer une voie vers les retranchements.

Tandis que sa cavalerie fait face à la mienne, et sa masse d’infanterie est répartie sur tout le front.  Sur sa droite, 2 unités de Tatars semblent destinées à distraire et harceler mes troupes.

Deux déflagrations tonitruantes retentissent dans la vallée du Dniepr… mais sans aucun effet sur les défenseurs du château de Khotyn. L’artillerie turque, pourtant réputée, ne semble pas avoir d’effet sur les défenseurs lituaniens. Ceux-ci se déploient avec leurs pièces légères en direction du centre du champs de bataille, tandis que dragons et haiduks se portent sur la gauche et étendent la ligne de front… mais avec l’intention de ralentir l’armée adverse. Sur la droite, l’ensemble de la cavalerie alliée se rapproche au petit trot des Turcs.
Les Ottomans ne semblent pas se presser à passer à l’action. Poursuivant leur bombardement, ils n’avancent que timidement : leur cavalerie s’avance vers leurs homologues polonais. En face des haiduks et des dragons, les fougueux Tatars tentent plusieurs assauts, mais sont repoussés par les haiduks, embusqués dans les bois.
A droite… le choc se prépare… les impressionnants hussards ailés chargent les splendides cavaliers musulmans. Le choc est brutal : un escadrons complet de Turcs est annihilé, culbuté, transpercé… Galvanisés par les ordres de leur commandant en chef, les hussards poursuivent leur assaut meurtrier vers un autre escadron… lequel déguerpi en hâte. Les Pancernis s’élancent également dans la curée, semant terreur et destruction dans les rangs ennemis : un deuxième escadrons est ainsi massacré.
L’ennemi parvient à se réorganiser, et reprend l’initiative, en s’élance vers les lignes de défense du fort. Un indescriptible vent de chaos perturbe la puissante formation de hussards ailés, qui ne parvient à se ressaisir de sa charge furieuse et piétine sur place sans engager l’ennemi…

Les rusés Ottomans parviennent alors à se faufiler entre la cavalerie polonaise en pleine furia, d’un côté, et l’infanterie lituanienne et sa misérable artillerie légère, afin de piller le campement… trois escadrons de cavalerie, dont un de Tatars, parviennent ainsi à pénétrer dans l’enceinte des fortifications et à massacrer les défenseurs et civils chargés de réparer les ouvrages endommagés.

La nuit tombe… les attaquants n’ont que partiellement réussi à investir le périmètre de défense… et subi trop de pertes que pour continuer le combat. Le soleil se couche sur une victoire mineure des défenseurs… mais les hussards ailés n’ont pas acquis la gloire qui les entourera pour plus de 400 ans aux cours de cette épisode.