La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620)

En 1618, les états de Bohême se révoltent et donnent la couronne de Bohême à l’Electeur Palatin Frédéric V.  Mais, conformément au traité de paix d’Ulm, signé en 1620 à l’instigation de la France entre l’Union Protestante et la Ligue Catholique, le nouveau roi de Bohême ne peut compter que sur ses propres moyens. Ayant les mains libres, le duc Maximilien de Bavière réunit ses troupes, 22 000 hommes commandés par le feld-marschal  Tilly, et passe en Autriche, le 24 juillet 1620. Son avance est rapide et surprend les Bohémiens. C’est donc avec une armée hâtivement réunie, composée de Bohémiens, de Moraves, d’Allemands du prince d’Anhalt et de Hongrois envoyés par Bethlen Gabord que va devoir se défendre le roi Frédéric V. Tilly quitte Linz le 23 août et fait sa jonction avec l’armée impériale de Bucquoy, comptant 15 000 fantassins et 8 000 cavaliers, le 8 septembre. Au même moment, Frédéric V retire le commandement de son armée à Matthias Thurn et le confie à Christian d’Anhalt. Celui-ci décide de s’éloigner de la capitale, Prague, et de rejoindre les Hongrois de Bethlen Gabor. Mais Maximilien et Tilly décident, plutôt que de le suivre, de marcher sur Prague. Frédéric V et Christian d’Anhalt retournent sur leurs pas et, marchant parallèlement aux troupes de la Ligue, parviennent à la Montagne Blanche, à une heure de marche de Prague, dans la nuit du 7 au 8 novembre. Le 8 novembre, Tilly et Bucquoy qui avaient réunis leurs troupes la veille,  partent reconnaître les positions ennemies. Les Bohémiens ayant abandonné le pont qui franchissait le ruisseau séparant les catholiques de la Montagne Blanche, Tilly le fait franchir pas son armée. Anhalt n’en profite pas, préférant rester sur sa position défensive. Alors que Bucquoy propose de contourner la position pour marcher sur Prague, Maximilien et Tilly proposent une attaque immédiate. C’est ce plan qui est retenu et, le dimanche 8 novembre vers midi, la cavalerie impériale de Tieffenbach se lance sur l’aile gauche ennemie. Celle-ci résiste grâce à une contre-charge de sa cavalerie. Il est temps, pour Tilly, de lancer son aile dans la bataille. Cuirassiers et arquebusiers liguistes se lancent à l’assaut des lignes ennemies suivis de l’infanterie. Les redoutes sont prises, et les canons bohémiens retournés contre eux.  Anhalt n’était pas préparé à cette attaque, c’est la panique dans ses rangs. Alors que Thurn, à l’aile gauche, tente de résister avant de refluer, les Hongrois de la troisième ligne refusent de combattre. Mais la cavalerie d’Anhalt charge brillamment et enfonce l’aile gauche impériale. Tilly va reprendre la situation en main, faisant charger le régiment de Craz sur le flanc des escadrons d’Anhalt. Bucquoy lance alors son aile à l’assaut des lignes bohémiennes. Les wallons et les Italiens abordent l’infanterie ennemie qui part en déroute, suivie de la cavalerie hongroise. Malgré leurs efforts, Anhalt et Thurn ne parviendront pas à rallier leurs troupes. Les dernières unités se rendent à 14 heures. Tout est terminé. Les Bohémiens ont perdu 4 000 homes, tués, blessés et prisonniers, 100 drapeaux et 10 canons. Les Catholiques auraient perdus 800 hommes.

 

Ordre de bataille : Armée Catholique

Général en chef : Jean Tserclaes, comte de Tilly

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Aile gauche – Tilly (Ligue Catholique)

Première ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Cratz à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie de Wurzburg (régiment Bauer à 8 compagnies, 1250h), 1 escadron de cuirassiers lorrains (Marcossay à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie lorrain (Florinville à 10 compagnies, 1500h), et 1 escadron de cuirassiers allemands (Ehnatten à 5 compagnies, 400h).

Seconde ligne : 1 escadron de cuirassiers bavarois (Pappenheim à 3 compagnies, 200h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiments Hasslang et Sulz à 10 compagnies chacun, 2000h), 1 escadron de cuirassiers westphaliens (Böninghausen à 6 compagnies dont 1 d’arquebusiers, 400h), 1 bataillon d’infanterie bavarois (régiment Herliberg à 10 compagnies, 1250h), 1 régiment de cuirassiers wallons  (Herzelles à 5 compagnies, 350h), 1 bataillon d’infanterie autrichienne (régiments Schmidt & Rouville faisant ensemble 14 compagnies, 2000h), 1 escadron de cosaques polonais (400h au total pour 2 escadrons).

Artillerie : sur le front, 4 batteries de 2 pièces d’artillerie.

En avant de l’aile gauche : détachement de 300 mousquetaires et de cavaliers, probablement cosaques (1 ou 2 escadrons, pour observer l’aile droite ennemie.

Aile droite – Bucquoy (Impériaux)

Première ligne : 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Gaucher de 8 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie wallone (tercios Bucquoy et Verdugo faisant ensemble 45 compagnies, 3000h), 2 escadrons de cuirassiers et arquebusiers wallons (régiment Croy / La Croix à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (régiments Tieffenbach et Breuner de 10 compagnies chacun, 1700h), 2 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Marradas à 4 compagnies, 200h). Derrière, dans les intervalles, 1 escadron d’arquebusiers (Gaucher) et 2 escadrons d’arquebusiers autrichiens (régiment Meggau, 300h en tout)

Seconde ligne : 3 escadrons de cuirassiers wallons (régiment Wallenstein à 4 ou 6 compagnies, 400h), 1 bataillon du tercio napolitain de Spinelli (31 compagnies, 2500h), 3 escadrons d’arquebusiers allemands et wallons (régiments Lobels et Areyzaga à 5 et 2 compagnies, 400h et 200h).

Troisième ligne : 2 escadrons  des cuirassiers et arquebusiers wallons (Dampierre à 2 compagnies de cuirassiers et 2 compagnies d’arquebusiers, 300h), 1 bataillon d’infanterie allemande (Saxe et Nassau de 10 compagnies chacun), 2 escadrons d’arquebusiers allemands (Histerle à 5 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie (Fugger à 8 compagnies, 1400h) 2 escadrons d’arquebusiers (Montecuccoli à 5 compagnies, 300h).

Artillerie : 2 batteries de 2 pièces d’artillerie (4 en tout) sur le front.

Notes : L’aile impériale impérial de Bucquoy compte théoriquement (selon Heilmann) 15 000 fantassins en 5 bataillons et 4 550 chevaux en 23 escadrons. L’aile de Tilly compte théoriquement 17 000 fantassins en 5 bataillons (escadrons) et 7 550 chevaux en 7 escadrons. Mais ces chiffres comptent des régiments à plein effectif. Il est plus raisonnable de compter 19 à 20 000 en 10 bataillons et 6 000 cavaliers en 30 escadrons. L’infanterie des deux ailes est formée en escadrons de type tercios (un bloc de piques encadré par 4 manches de mousquetaires).

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, heavy, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers. Les escadrons de plus de 450 chevaux ont l’option Large formation. Le régiment de cuirassiers de Gaucher est vétéran. Les cosaques polonais sont light horse, pistol, mercenaries.

Les bataillons d’infanterie sont classic squadrons. Les bataillons de 2000 hommes et plus sont Large squadron. Les escadrons d’infanterie wallons, napolitains (Spinelli), Brenuer-Tiefenbach, Saxon-Nassau et Fugger sont tercio. Pour le détachement de mousquetaires en avant de l’aile gauche, prendre une compagnie de tireurs (shot company, musket).

Pour l’artillerie, prendre 6 canons moyens (représentant 6 batteries de 2 pièces).

 

 

Ordre de bataille : Armée Protestante

Général en chef : Christian d’Anhalt

(Effectifs estimés entre parenthèses)

Généraux de corps : Thurn (aile gauche) et Hohenlohe (aile droite)

Avant-garde (1ère ligne) –

1 bataillon d’infanterie (régiment de Thurn, 6 compagnies, 1320h), 1 escadron d’arquebusiers (Bubna & Solms, 9 compagnies, 550h), 1 escadron de cuirassiers bohémiens (4 compagnies dont 1 de la Garde royale, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers (régiment Hohenlohe à 5 compagnies, 500h), 1 bataillon d’infanterie bohémienne à (régiment de Hohenlohe, 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers autrichiens (Hoffkirch, 8 compagnies, 350h),  1 bataillon d’infanterie morave  (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron d’arquebusiers silésiens (4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Schlick à 4 compagnies, 1000h), 1 escadron de cuirassiers et arquebusiers allemands (Sthirum, 4 compagnies, 400h).

Avants postes : 4 compagnies «extraordinaires» de cavalerie pour escarmoucher (500h) et 6 détachements de mousquetaires  avec l’artillerie (500h au total). Artillerie : 6 pièces d’artillerie et canons légers placés dans des redoutes sur le front.

Bataille (2nd ligne) –

1 bataillon d’infanterie  bohémienne (régiment de Thurn, 4 compagnies, 880h), 1 bataillon d’infanterie bohémien (régiment Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (régiment Künen, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron de cavalerie morave ( Borsida, 4 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie morave (Capliers, 3 compagnies, 800h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 3 compagnies, 300h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 3 compagnies, 360h), 1 escadron d’arquebusiers allemands (Jung-Anhalt, 4 compagnies, 400h), 1 bataillon d’infanterie silésienne (Pechmann, 2 compagnies, 240h), 1 escadron d’arquebusiers moraves (Stubenvolls, 5 compagnies, 700h), 1 escadron de 300 hussards hongrois.

Arrière-garde (3e ligne – 1000 pas derrière)

Un corps de 4 000 Hongrois (ou Transylvaniens) en 9 escadrons (27 compagnies). Derrière, le bataillon de gardes du corps palatins (300h).

Aile droite

1 bataillon allemand (régiment de Saxe-Weimar à 7 compagnies, 600h) et 1 bataillon allemand (Jung-Anhalt à 7 compagnies, 1000h). À l’extrême gauche, 1 600 hussards hongrois (ou Transylvaniens) en 6 escadrons, disposés 1, 2 et 3.

Note :  Cet ordre de bataille provient du rapport initial du prince Christian d’Anhalt, d’après Heilmann. Selon une relation bavaroise et le Theatrum Europaeum, l’armée bohémienne compte 4 bataillons d’infanterie et 12 escadrons de cavalerie en première ligne, 3 bataillons et 5 escadrons en seconde ligne et 6 000 hongrois en réserve pour un total de 21 000 hommes et 10 pièces d’artillerie. Une des représentations du Theatrum Europaeum ne montrent que les régiments d’infanterie Jung-Anhalt, Saxe-Weimar, Thurn, Hohenlohe et Schlick et ajoute un second régiment d’Anhalt.

Pour LM Tercios :

Les escadrons de cuirassiers sont cuirassiers, pistol, les escadrons d’arquebusiers à cheval sont mounted arquebusiers, les escadrons de cavalerie non désignés cuirassiers ou arquebusiers sont cuirassiers, pistol option modern cavalry. Les escadrons de plus de 450 chevaux (escadron royal, Bubna-Solm, Hohenlohe, Stubenvoll),  ont l’option Large formation. L’escadron royal peut être considéré elite. Les Hongrois/Transylvaniens sont light horse, pistol et mercenaries : prendre une unité de light horse par escadron, soit 16 unités au total. Les 4 “compagnies extraordinaires” forment une unité de light horse, pistol.

Les bataillons d’infanterie sont des reformed battalions, modernised. Regrouper les 2 petits bataillons de Pechman et le petit bataillon des gardes du corps palatin en un seul bataillon (soit un total de 1100h). Regrouper les 6 détachements de mousquetaires aux avants postes en une seule compagnie de mousquetaires qui seront shot company, musketeers, skirmishers.

Pour l’artillerie, prendre 3 canons moyens et 2 canons léger (ratio de 1 pièce pour 2 canons réels).

 

Déploiement

Ci-dessous : le déploiement des armées d’après la presse de l’époque !

 

Stéphane Thion

Ordre de bataille inspiré de “Battles of the Thirty Years War : From White Mountain to Nordlingen 1618-1635” de William P. Guthrie.